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 1813. " Cavaliers offerts"

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urvoy

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MessageSujet: 1813. " Cavaliers offerts"   Lun 11 Fév - 16:19

A la fin de 1812, début de 1813, face à l'élan national soulevant l'Allemagne et à la lassitude, au mécontentement qu'il percevait en France, Napoléon voulut susciter un mouvement qui répondit à l'élan patriotique allemand et qui put faire tomber cette assertion très répandue en Europe que la France était aussi fatiguée de son despotisme que les nations étrangères de sa domination. Il imagina de se faire offrir par les villes et les cantons de l'Empire des cavaliers montés et équipés afin de contribuer à réparer les pertes de la cavalerie qui avaient été considérables lors de la campagne de Russie.
Il suffisait de dire un mot à un seul préfet qui transmettrait ce mot à un conseiller municipal pour qu'une offre fut faite par une grande ville et imitée dans tout l'Empire.
Paris était la mieux plaçée pour prendre l'inititive, un membre du conseil municipal de Paris proposa d'offrir à l'empereur 500 cavaliers montés et équipés, la proposition fut accueillie et votée avec acclamations et portée aux Tuileries par une députation du conseil. Le récit de ce don fut immédiatement publié dans Le Moniteur et provoqua dans l' Empire une quantité de gestes identiques. A Paris succédèrent les grandes villes, puis les petites et les cantons.
Lyon offrit 120 cavaliers, Bordeaux 80, Srasbourg 100, Rouen, Lille, Nantes 50, Angers 45, Amiens, Marseille, Toulouse 30 , Metz, Rennes, Mayence 25...
Les offres faites il fallait les réaliser. L'intention avait été de gagner sur les deux plans, provoquer des engagements et obtenir le don de chevaux et d'équipements. Il se révéla difficile de trouver des volontaires, il s'en trouva mais pas suffisamment, la conscription pesant lourdement depuis plusieurs années...Bientôt un avis du ministère de l'Intérieur précisa aux préfets qu'on tenait surtout aux chevaux et à l'équipement.
Ce n'était plus dès lors qu'une affaire d'argent. Pour l'obtenir les préfets firent entre les citoyens les plus imposés une répartition des sommes nécessaires qui furent exactement perçues malgré quelques rares réclamations contre ce qui était en fait un impots déguisé.


Dernière édition par urvoy le Mar 19 Fév - 10:19, édité 7 fois
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urvoy

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MessageSujet: 1813 "Cavaliers offerts" Suite.   Mer 13 Fév - 14:01

En Bretagne, dans le Morbihan, la ville de Vannes, répondit elle aussi au ferme appel qui venait d'être
fait. Le conseil municipal réuni le 21 janvier 1813 adressa à Sa Majesté l'Empereur ce beau morceau d'éloquence:
"Sire, dans ce moment mémorable oû de tous les points de ce vaste empire chaque cité s'empresse de donner à votre personne auguste de nouvelles preuves de son amour et de son dévouement votre Majesté Impériale daignera t'elle acceuillir avec bienveillance l'hommage que vient déposer au pied du trone le conseil municipal de sa ville de Vannes ?
Sire, la honteuse défection du lâche d'Yorck (général prussien qui venait de passer du coté des Russes) a rempli vos fidèles Vénètes d'un sentiment d'horreur. Ils ont reconnus dans cette action criminelle , sans exemple dans l'Histoire, la politique constante du cabinet de Saint James, de ce cabinet perfide auteur de tous les maux qui ont désolé le Morbihan pendant un si grand nombre d'années et auquel votre génie protecteur pouvait seul mettre un terme.
Les Vénètes n'ont pas dégénéré Sire, ce sont toujours ces mêmes hommes qui subjugués par César, restèrent néanmoins fidèles à leurs chefs et qui conduits à la victoire par Duguesclin et Clisson avaient pour mot de ralliement le cri de Mort aux Anglais. Leurs ancêtres leurs ont transmi avec l'attachement le plus inviolable à leur Souverain une haine indestructible contre l'Angleterre et rien ne pourra leur paraître pénible lorsqu"ils devront satisfaire à ces deux sentiments.
A l'amour voué par tous les Français à votre Majesté Impériale les Bretons ont ajouté, Sire, la reconnaissance la plus étendue pour le calme dont ils jouissent en ce moment, calme si lontemps désiré, fruit de vos soins paternels et dont ils apprécient tout le bienfait.
Que votre Majesté, Sire, daigne en trouver la preuve dans l'offre que lui fait le conseil municipal de la ville de Vannes au nom se ses habitants de cinq cavaliers équipés et montés . Qu'elle permette à cette brigade de prendre place dans ses escadrons belliqueux et de travailler à conquérir la paix objet constant des sollicitudes de votre Majesté comme du désir de ses fidèles sujets "

Si la municipalité savait comment trouver l'argent elle se heurta au manque de volontaires, il y en eut quatre qui furent reconnus inaptes, elle constata qu'il ne fallait pas espérer en trouver d'autres et qu'il fallait prier le Préfet de permettre que ces cinq cavaliers soient pris parmi les conscrits rappelés des classes 1809 et 1810 ou autres qu'il voudrait bien indiquer, leurs chevaux et leurs équipements étant offerts par la ville de Vannes.
Ce manque de volontaires se rencontra plus ou moins fortement un peu partout et il fallut bien que le gouvernement par l'intermédiaire de ses préfets accepta ce genre de compromis. Le nombre de volontaires n'était d'ailleurs pas spontané, il avait été fixé. Le Morbihan devait offrir 119 cavaliers, répartis entre les Chasseurs à cheval de la Garde, le 1er régiment d'artillerie à cheval et le 22ème régiment de chasseurs à cheval.

Toujours dans le Morbihan, le canton de Gourin "offrit" quatre cavaliers. Il se présenta deux volontaires, les deux autre furent trouvés en "s'arrangeant" avec le préfet.
Nous allons suivre l'un d'entre eux Yves Urvoy (ou Urvois, l'hortographe varie) Cet homme né en 1788 n'avait pas été appelé lors de l'appel de sa classe en 1807. En février 1812 il s'était porté remplaçant d'un certain Le Goff. Celui ci n'ayant pas été appelé urvoy put se croire tranquille et épousa une jeune fille de Gourin en juillet 1812. Mais le décret du 11 janvier 1813 ordonnant la levée extraordinaire de 100 milles hommes sur les classes de 1809 à 1812 provoqua l'appel de Le Goff, ce qui mit alors Urvoy dans l'obligation de remplir son engagement. Le maire de Gourin bien embarassé de compléter son contingent de quatre cavaliers demanda au préfet de bien vouloir accepter au rang des "cavaliers offerts" Urvoy qui avait l'avantage d'être maréchal ferrant. " Je vous en serais, écrivit-il, infiniement obligé et vous m'arrangeriez beaucoup dans l'organisation de mes quatre cavaliers n'en ayant encore que deux..."
La demande fut acceptée puisque qu'on le retrouve dans l'Etat des hommes choisis pour monter les chevaux offerts par les cantons du départements du Morbihan. Il fut affecté au 22ème régiment de chasseurs à cheval et arriva au dépot de cette unité qui se trouvait à Poitiers le 23 février.
Le 22ème chasseurs avait alors ses deux premiers escadrons qui combattaient en Espagne tandis que les 3ème et 4ème étaient en cours de réorganisation au dépot. Yves Urvoy fut versé dans le 4ème escadron, 8ème compagnie.
Ils n'y trainènèrent pas et rejoignirent à Metz le 3ème corps de cavalerie qui au mois de mai entra en Allemagne pour une campagne oû il allait être durement éprouvé.
Le 3ème corps et avec lui les cavaliers du 22ème chasseurs participèrent aux offensives malheureuses de Oudinot et de Ney vers Berlin, à la bataille de Leipzig et enfin à la campagne de France. Yves Urvoy ne renta jamais chez lui et sa fille née le 28 mai 1813 ne connut jamais son pére.
Son acte de naissance précise que "le pére, Yves, est absent, militaire". il était en effet parti depuis le mois de février. Lors de son mariage en 1829 elle déclara ne l'avoir pas connu et ignorer absolument le lieu oû il pouvait être décédé. Que devint-il ? le registre matricule du 22ème chasseurs oû il est bien enregistré ne le précise pas. La campagne de 1813 en Allemagne fut trés meurtrière et dans la débacle oû elle finit plus d'un homme ne laissa aucune trace.
Sources, Thiers Histoire du Consulat et de l'Empire. Archives SHD Vincennes, AD Morbihan.
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