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 1815 une année mouvementée à l'Ile Bourbon ( Réunion)

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Davin

Davin

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Date d'inscription : 18/02/2007

1815 une année mouvementée à l'Ile Bourbon ( Réunion) Empty
MessageSujet: 1815 une année mouvementée à l'Ile Bourbon ( Réunion)   1815 une année mouvementée à l'Ile Bourbon ( Réunion) Icon_minitimeDim 23 Juin - 11:51

L‘ île Bourbon (Réunion) a été prise par les Anglais en 1810. D’après les traités, ils doivent nous la rendre au début 1815, tandis qu’ ils annexent l’ île Maurice ( île de France) .

Le 30 mars 1815, à Port-Louis, capitale de l'ancienne Isle de France, a lieu une première entrevue entre  nouveau gouverneur de Bourbon, nommé par ordonnance royale du 27 juillet 1814, Athanase Hyacinthe Bouvet de Lozier et l'Anglais Robert Townsend Farquhar,son homologue britannique depuis 1810, pour fixer les modalités pratiques de la rétrocession.

  Bouvet de Lozier,  né en 1769, est le fils d’un ancien intendant de l’ile Bourbon. Envoyé dans l’Océan Indien avec le grade de maréchal de camp, il a fait sa carrière militaire dans l’émigration à l’armée de Condé. Impliqué dans les conspirations de Cadoudal contre le Premier Consul, il est capturé, et dénonce le général Moreau. Condamné à mort, sa peine est commuée en déportation. Il s’évade en 1813 et rejoint l’Angleterre.

   Le 2 Avril,  le gouverneur arrive à Bourbon, avec une division navale composée de la frégate  « l'Africaine » et des flûtes « la Loire », « la Salamandre » et «  l'Éléphant », commandée par le capitaine de vaisseau Jurien. Il emmène avec lui quelques troupes et surtout des finances pour remettre en route la colonie.

  Le 6 Avril la reprise de possession est faite avec solennité. A neuf heures du matin, les troupes françaises se rangent en bataille sur la place d'armes de Saint-Denis, face à leurs homologues anglaises. Les officiers de la marine, ceux de l'administration et les principaux habitants se rendent sur la place pour être spectateurs de la cérémonie. Deux majors anglais, le major Cullen et le capitaine Elliot, et l'inspecteur de police M. Pitois, maintiennent le bon ordre.
Un grand pavillon blanc est  hissé à l'instant où l’Union Jack est amené. L'un et l'autre sont salués de vingt et un coup de canon par les batteries de terre et par la frégate « l'Africaine ». Tous les bâtiments mouillés en rade se pavoisent. Le major William Carrol, ayant proclamé la remise de l'île Bourbon à la France, Athanase Hyacinthe Bouvet proclame à son tour Bourbon terre française. " Jurons d'être fidèles au Roi ", lance-t-il à la foule assemblée sur la place d'Armes à Saint-Denis.
MM. Bouvet ( commandant gouverneur ) et Marchand ( commissaire ordonnateur ) adressent une proclamation aux colons :
" Le Roi nous a nommés pour reprendre possession de cette île que le malheur des temps avait séparée de la France, et pour reporter parmi vous ce pavillon sans tache, symbole de justice, à la vue duquel l'Europe entière en armes a cessé de combattre, à l'ombre duquel on a vu croître et prospérer cette belle colonie !
Sous l'autorisation de son légitime souverain, la France n'a plus d'ennemis ; ses anciens rivaux sont devenus ses amis les plus sincères ; l'accueil fait au pavillon français, lors de notre passage au Cap, celui qu'il vient d'éprouver à son arrivée dans ces mers, sont des nouvelles preuves des sentiments qui animent la France et l'Angleterre.
Ils sont garants de l'harmonie parfaite qui existera désormais entre les représentants et les autres sujets de Leurs Majestés très chrétienne et Britannique dans cette partie du monde.
Bourbon, devenu le point intermédiaire des rapports commerciaux entre la France et les Indes, acquiert aujourd'hui une plus grande importance : sous ce nouvel aspect le gouvernement a connu ses besoins, il y a pourvu dans sa sagesse.
Vous aussi, sujets éloignés mais non moins chéris de Louis le Désiré, vous jouirez donc de nouveau du bonheur qui, sous les lois des Bourbons, fut constamment notre partage.
Habitants de Bourbon, officiers, soldats, dans ce jour solennel qui nous rappelle d'aussi grands souvenirs, jurons d'être à jamais fidèles au Roi sous le sceptre duquel nous sommes tous enfin réunis après tant d'orages, et remercions le Dieu des armées d'avoir rendu l'Europe en paix, à la France son roi légitime, à Bourbon son maître et ses lois !
Vive le Roi ! "

   Rendue à Louis XVIII , l'île retrouve ses institutions d'avant 1789. Bouvet de Lozier a pour mission de rétablir les lois et ordonnances régissant la colonie avant la Révolution. La nouvelle administration de la colonie est mise en place : à côté du gouverneur, commandant militaire pour le Roi, il y a un commissaire-ordonnateur, Marchand, chef de l'administration civile.

   Le 12 juillet 1815, la nouvelle du retour de Napoléon parvient à Bourbon, alors que dans les faits il a déjà abdiqué après Waterloo, le 22 Juin !

Bouvet fait alors la proclamation suivante aux habitants de l'île.
" L’Europe était en paix, Bonaparte quitte l'exil qu'il avait sollicité. L'Europe reprend son attitude guerrière. Si nous ne pouvons considérer que nos intérêts, je vous dirais ; éloignés, restons tranquilles spectateurs d'une lutte où tous nos efforts ne peuvent rien. Mais hésiter est un crime. Vive le roi ! Vivent les Bourbons ! Que ce cri de l'honneur et de la justice soit à jamais dans nos cœurs et dans notre bouche. "


Bien que l’attachement au régime des Bourbons et la volonté de conserver l’ile au Roi soient évidents les Anglais comptent en profiter pour soutirer une fois de plus l’ile des mains de la France. Ils demandent à Bouvet de Lozier la restitution de l'île, courageusement Bouvet refuse. L'escadre anglaise commandée par Arthur Farquhar, commence alors un blocus de Bourbon  (Note 1)

Le 26 Août un aviso amène des instructions de l’ ex Empereur. Bouvet fait emprisonner l’équipage.

Si la population reste calme , il existe un petit parti bonapartiste surtout parmi les fonctionnaires.
Le gouverneur de Maurice ré adresse, le 4 octobre, à celui de Bourbon, la proposition de remettre provisoirement cette colonie en la possession de l’Angleterre. Cette dépêche est apportée au général Bouvet par une escadre qui se présente  devant la rade de Saint-Denis.

Bouvet convoque extraordinairement, quelques jours plus tard, les principaux fonctionnaires publics et plusieurs habitants pour délibérer sur cette proposition, qui est unanimement rejetée. " Nous préférons la guerre, dirent-ils, à la honte d'une semblable demande. Nous avons résolu et promis de seconder de tous nos moyens les efforts du général pour repousser l'injuste agression de l'ennemi, et de nous imposer avec plaisir les privations qu'un état de guerre peut entraîner avec lui. "


Il met la milice sur le pied de guerre et y enrôle tous les volontaires : compagnies d'élite, volontaires de Bourbon, dragons ou artillerie coloniale.
" Nous sommes en mesure de résister, et, quoi qu'il arrive, fidèles au roi, à l'honneur, au devoir, nous périrons ou triompherons dans la gloire. "
" Aux armes, habitants de Bourbon !
J'ai fait mon possible pour éviter la guerre, mais on veut dicter des lois; on ose me demander de livrer aux Anglais la colonie dont le roi m'a confié le commandement. Plutôt périr mille fois ! Dans cette circonstance, j'aurais voulu vous réunir tous auprès de moi, et du moins j'ai pu appeler les principaux de la colonie, les notables de toutes les classes, dans le Conseil il n'y a eu qu'une voix. Repousser l'injustice par la force. En effet, quel Français pourrait hésiter, quand le roi, l'honneur et la patrie l'appellent aux combats ! »

"MM. les commandants de quartiers, de paroisse et de poste empêcheront toute communication avec l'ennemi et le repousseront de tous leurs moyens. ".

Les Anglais ne tentent pas d’attaque directe et continuent leur  blocus naval.
Le danger anglais ne disparaît que le 28 octobre 1815 quand arrive la nouvelle officielle de la seconde abdication de Napoléon, et le retour de Louis XVIII. Ce même jour Arthur Farquhar met fin au blocus de l'île Bourbon.
Bouvet de Lozier restera gouverneur de l’ile jusqu’ en 1817.

Note 1 : on peut noter que dans les mêmes circonstance aux Antilles , les autorités de la Martinique vont se donner aux forces anglaises, déporter une partie des forces sur place et obliger celles qui reste à arborer la cocarde britannique !



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