Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Un peu d'uniformologie

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Corso
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MessageSujet: Un peu d'uniformologie   Jeu 9 Nov - 16:09

sunny
Bonour,
c'est peut-être un rappel pour certains, mais j'aime bien lorsqu'on parle de quelque chose, que l'on utilise le terme exact. Cela permet surtout de savoir de quoi l'on parle.

Leçon n° 1 : L'habit veste.

Il s'agit du vétement qui constitue la partie voyante de l'habit uniforme. Pour la période qui nous concerne il est réglementé par le réglement de 1786. Il est également appelé habit à la française, par opposition au règlement de 1772 qui avait imposé un uniforme de coupe étriquée inspirée par la mode prussienne.

Donc cet habit à la française, tel qu'il est reglé en 1786 est en drap blanc pour l'infanterie de ligne française, vert pour l'infanterie légère française, bleu pour les régiments Allemands et Italiens (les Rgts Suédois sont qualifiés d'Allemands) rouge pour les Suisses et les Irlandais.
La coupe est identique pour la cavalerie; de couleur bleu pour les carabiniers, cavaliers et maréchaussée, et vert pour les dragons et les Chasseurs à cheval.

Les hussards ont leur tenue bien spécifique.

L'artillerie porte également cet uniforme, à fond bleu distingué de panne noire ( velours noir) et passepoilé d'écarlate.
Ce velours ou cette panne noire se retrouve par tradition encore de nos jours sur les épaulettes du génie.

L'habit comporte sur le devant des revers boutonnée par 7 boutons de chaque côté. Il ferme au moyen d'agrafes, droit sur la poitrine, il est échancré et découvre l'abdomen. il se termine par des basque longues appelées retroussis.
Les revers peuvent se terminer en pointe (Infanterie légère ) ou perpendiculaire au devant de l'habit, ils sont dits en carrés

Pour différencier les régiments, l'habit se distingue par une couleur appelée "couleur distinctive" ou "distinctive" que l'on retrouve au col ou collet, au bas des manches, appelées parements et sur la patte de fermeture du parement, appelée patte de parements.


Exemple de parement droit avec sa patte de parement. Ici un sergent

Les parements sont appelés droit lorsqu'ils font le tour de la manche. En pointe lorsqu'ils affectent la forme d'un V renversé.
Les parements sont dits ouverts au-dessus, lorsque les boutons sont placés dans l'axe de la partie visible, ouvert en dessous, lorsque les boutons sont placés sur la partie externe du bras, ils ne sont donc pas visibles.
Par coquetterie le bouton du bas n'était pas fermé.


Ici nous avons un bel exemple de parements en pointe, ouverts en dessous sur un carabinier d'infanterie légère.

L'habit comprend également un petit galon fin, appelé passepoil, soit de la couleur distinctive que l'on retrouve au collet, aux parements, aux revers et aux pattes de parements lorsque ces éléments sont de la couleur du fond de l'habit, soit de la couleur du fond de l'habit lorsque le collet, les revers, les parements et leurs pattes sont de la couleur distinctive. (pour l'infanterie)

Non ! ce ne sont pas des garnitures !!!!!!!

Cet habit se verra transformé en 1793, où le fond devient bleu pour toute l'infanterie, tant légère que de ligne.
L'habit subi encore quelques variations en 1806, mais la coupe reste inchangée. (Passage du bleu au blanc, puis retour au bleu - retroussis simulés).
Il faudra attendre 1812 pour voir modifier la coupe de l'habit qui descend devant, et couvre l'abdomen, et le racourcissement des basques ou retroussis. Cet habit entrera en service en 1813 et ne subira aucune modification jusqu'à Charles X.

Corso

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Si je monte au Ciel, et que Napoléon n'est pas au Paradis, alors ce ne sera pas le Paradis.


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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 8:12

sunny

Leçon n° 2 : La veste ou gilet

C'est le vêtement qui se porte sous l'habit veste. Confectionné en drap également. Il ferme droit à l'aide de petits boutons d'uniformes, généralement 10 à 12, suivant la taille de l'homme. Il comprend un petit collet droit qui ne doit pas dépasser du collet de l'habit veste.
Il comprend 2 poches sur le devant fermées par un rabat. Généralement une de ces poches est simulée. Il peut être confectionné avec ou sans manches.

Il a été toléré en tenue de sortie des gilets de fantaisie avec une double rangée de boutons.
Et sous le Consulat, les futurs chasseurs à cheval de la Garde ont porté quelque temps un gilet comportant un double boutonnage.

A noter que le soldat peut faire l'exercice en veste ou en gilet.
Ce vêtement est commun à tous les soldats de l'époque, tant fantassin, que cavaliers et artilleurs.

Le gilet est généralement blanc pour l'infanterie de ligne, les cuirassiers, les dragons. certains régiments de chassseurs à cheval, car certains régiments ont une tennue à la hussarde, et portent un gilet à la hongroise.
Chamois pour la gendarmerie.
Bleu pour l'infanterie légère, l'artillerie et le génie.

Pour faire face à la pénurie on a distribué des gilets blancs à l'infanterie légère.

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 8:57

sunny

Lecon n° 3 : La Culotte

C'est le vêtement qui couvre les membres inférieurs. Dans la coupe de l'époque elle se porte collante sur les cuisses, elle remonte relativement haut sur l'abdomen, et est assez large au niveau du fessier, pour pouvoir y contenir les pans de la chemise. Elle ferme devant à l'aide de boutons par un système dit à pont. Le pont peut être petit ou grand.
La culotte descend sous le genou et ferme sur le côté extérieur au moyen de boutons et d'une patte de tissu que l'on serre au moyen d'une boucle de métal.

La braguette ou brayette existe déjà, mais on ne la trouve pas dans la coupe des vétements militaires de cette époque. Ce système de fermeture de pantalons se généralisera sous Louis-Philippe.

Généralement de drap pour le fantassin, elle est de peau pour le cavalier, en satin en tenue de cour.

LA CULOTTE HONGROISE

C'est en général le vétement du cavalier et du fantassin léger. Elle est collante et descend à la cheville.
Pour les cavaliers, un système de sous pied permet de la maintenir dans la botte.

Dans la cavalerie, elle peut comporter un galon le long de la couture extérieure, et des ornements à l'ouverture du pont, soit en forme de pique (chasseurs à cheval - lanciers - hussards ) ou de noeuds à la hongroise.


Exemple de noeud hongrois agrémentant l'ouverture d'une culotte à pont. Ici un chasseur des montagnes du 3° bataillon.

LA SUR-CULOTTE

Comme son nom l'indique c'est un vêtement qui se porte par dessus la culotte en tenue de route pour la protéger. Pour être enfilée plus facilement, elle se ferme au moyen de boutons cousus sur l'extérieur de la jambe.

LE CHARIVIARI

Il existe également un pantalon de cheval, confectionné en drap ayant une protection à l'entre jambe en cuir, appelé basane, et au bas des jambes. Cette surculotte s'appelle charivari chez les hussards.


Officier du 5° Hussard en charivari - Empéri (crédit photo Corso)

LE PANTALON DE ROUTE

Il est au fantassin, ce que le charivari est au hussard. c'est un vétement que l'on porte en route. C'est un pantalon généralement en toile, on dirait aujourd'hui feu de plancher car il monte un peu au dessus de la cheville. le bas est échancré, pour permettre le passage du pied chaussé et de la guêtre, car il est sensé se porter sur la culotte.

Il est à noter que l'Infanterie de la Garde adoptera à la fin de l'Empire un pantalon de drap bleu. Et c'est certainement avec ce pantalon, que la Vieille Garde s'est battue à (Waterloo) Ligny, ( pardon s'cusez-moi!)

LES SOUS-VETEMENTS

Dessous on porte un caleçon, en toile, qui se rapproche dans la coupe aux corsaires de nos compagnes. Il ferme devant par un bouton et par un lien en toile. Il a une braguette fermant également par un bouton. Il descend jusqu'au mollet, et ferme sur les jambes au moyen d'un lien.

LES BAS

Ils montent haut sur la cuisse. Comme l'élastique n'existe pas encore, après l'avoir tendu sur la jambe, on le maintient avec les liens des jambes du caleçon, et l'on porte la culotte par dessus.
Ils sont confectionnés en laine, coton, ou en soie. Les soldats en perçoivent des blancs pour l'été, et des noirs pour l'hiver.
En tenue de sortie pour faire le galant ou le joli coeur, on s'autorise à porter des bas de couleur fantaisie.

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 14:41

sunny

Leçon n° 4 : LA CHEMISE

C'est le vêtement que l'on porte sous le gilet ou la veste. Elle est en toile. Elle s'enfile par le col. Sa coupe est ample. Ses pans sont longs et descendent bas sur les cuisses. (Rappelez-vous les chemises et les bonnets de nuit de vos grands-pères)
Dans sa forme elle a peu changé par rapport à nos chemises actuelles. elles sont serrées par des manchettes au bas de la manche.
La chemise de troupe comprend un petit collet, mais la mode autorisera le port de chemises civiles et l'on verra les cols de chemise dépasser de la cravate et du collet de l'habit.

Le COL ou CRAVATE.

C'est un bande de tissu noir bordé d'un passepoil blanc que l'on enroule autour du cou et qui se fixe sur la nuque au moyen d'une boucle à ardillons. Pour être plus rigide elle peut avoir dans sa doublue une basane de cuir. Cette cravate est censéee recouvrir le col de la chemise


Bel exemple du port réglementaire du col ou cravate.
(Coll. perso)

Là aussi toutes les fantaisies se sont permises, car l'on verra des bandes de soie ou de mousseline enroulées autour du cou.

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Jean-Yves
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 15:02

Hé bien ! merci pour toutes ces précisions, Corso !

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Pour en savoir plus sur notre association, visitez notre site :
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 17:36

A ce propos, force est de constater que, de 1803 à 1815, ces uniformes ont varié, tant dans leurs formes, que dans leurs couleurs et détails...

Il est donc quasiment impossible de mémoriser avec précision tous les uniformes du Consulat et de l'Empire.

En revanche, il est nécessaire de connaître les définitions si aimablement rappellées par notre Ami Corso.

Merci à lui. Wink





salut
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André Jouineau



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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 22:17

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 22:37

sunny
Je ne pouvais avoir meilleur allié pour illustrer mon propos qu'André Jouineau.
Merci.

Très chère Joséphine

Ce ne sont que quelques petits détails qui varient en fonction des modes ou de la mode. Pour l'infanterie, les uniformes sont identiques, les numéros permettent de distinguer les unités. Il y en a bien qui font de la résistance et qui se distinguent par quelques détails, le 25° Léger qui conserve les basques longues, et dont l'uniforme est distingué par des poches à la soubise par exemple.

Mais je reviendrai plus en détail sur les autres formations.

Corso

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Nyckten
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Ven 10 Nov - 22:43

Citation :
Je ne pouvais avoir meilleur allié pour illustrer mon propos qu'André Jouineau.
Si, moi, quand mon scanner fonctionnera Laughing
salut
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André Jouineau



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MessageSujet: les dessous du soldat   Sam 11 Nov - 0:47

Il y aura bien entendu une suite , car ce n'est pas en calecon et en chemise qu' ils parcouraient l' Europe à pied .

Je ne pense pas qu' un scanner soit utile, l'image peut se récuperer en l'état et être lue par un logiciel "standard" de lecture d'images, voire imprimée avec une jet d'encre 4 couleurs (comme les stylos).

Slts
André Jouineau
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Sam 11 Nov - 9:53

sunny

Lecçon n° 5 : LE SURTOUT

C'est un vétement généralement en usage dans la cavalerie pour la troupe, et toléré dans l'infanterie pour les officiers.
Il affecte la coupe de l'habit veste, il est de la couleur du drap du fond de l'uniforme, il n'a pas de revers et ferme droit devant au moyen de boutons d'uniforme.
Ce vétement est porté en route ou pour l'exercice pour économiser l'habit veste.
Chez les officiers d'infanterie, sont port est toléré en petite tenue du matin.

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Sam 11 Nov - 11:03

sunny

Leçon n° 6 : LES SOULIERS

La troupe fait usage de souliers. Ils ont peu variés dans leur forme à celles de nos actuelles chaussures. Elles affecteraient même la forme des actuelles chaussures basses réglementaires. Si ce n'est que le bout est carré.
Elles peuvent se fermer soit à l'aide d'une boucle de métal, soit à l'aide d'un lacet. Elles sont faites en cuir noirci, la semelle est cloutée.
Ces chaussures font l'objet de multiples controverses, car à l'exception de Vincent Bourgeot qui en possède une paire, aucun musée n'en expose.
La légende veut qu'elles n'aient ni pied gauche, ni pied droit. C'est un fait certain que pour des facilités de fabrication et pour accélerer la productiion et le gaspillage on ait opté pour cette façon. On ne remplaçait que le soulier usagé au lieu de la paire.
Mais ce n'est pas pour cela que l'on ne connaissait pas la notion de pied gauche et pied droit.
Les bottes sont la pour nous prouver le contraire, de même que les fouilles effectuées dernièrement à Vilnius.
Ce que l'on sait surtout, c'est qu'elles sont la raison d'une des plus grandes colères de l'Empereur, car on avait livré à l'armée des chaussures de mauvaise qualité.

Il est à noter également que l'on a fait un grand usage de chaussures autrichiennes et prussiennes, prises dans les magasins de l'ennemi.
En Espagne, on fera un grand usage d'espadrilles.

LES GUETRES

Les soldats qui combattent à pied font usage de guêtres. (Fantassins, artilleurs, sapeurs du génie, dragons à pied, gendarmes). Elles sont censées protéger la jambe du soldat et éviter l'intrusion de corps étrangers dans la chaussure. Elles sont confectionnées en forte toile ou en drap.
Le soldat en perçoit deux paires, une paire de blanche pour l'été et la parade, et une paire de noire pour l'hiver.
Les soldats punis sont reconnaissable car pour les différencier dans les rangs, ils portent une guêtre de couleur différente. On dit alors qu'ils ont mis un pied dans l'encre.
Dans la ligne
Elles montent au dessus du genou, se ferment au moyen de boutons( de 18 à 24) soit en bois recouvert de tissu de la couleur du fond de la guêtre, soit en bois, en os ou en métal doré. Une patte de serrage permet de la maintenir serrée sous le genou.



fusilier d'infanterie de ligne, début de l'Empire.
(Coll. perso tirée d'une suite originale conservée à l'Empéri)


Avec l'introduction de l'habit modèle de 1812, on verra un raccourcissement des guêtres

Dans la légère
les guêtres montent moins haut sur la jambe. On a vu plusieurs types de guêtres, soit elles montent sous le genou, soit s'arrêtent à mi-mollet. Le devant est découpé en coeur (forme des bottes de la cavalerie légère) et garni d'une galon de couleur appelé tresse et d'un gland, soit droites.
On trouve les même particularités que pour les boutons. Si on utilise des boutons de métal, ils sont généralement argentés.



Chasseur d'infanterie légère. Il nous montre son habit-veste à basques courtes, ses parements en pointes, sa culotte et ses guêtres courtes.
(Coll. perso tirée d'une suite originale conservée à l'Empéri)


Je ne trouve rien de plus moche en resconstitution que les guêtres qui tire-bouchonnent sur les chaussures. Au contraire elles doivent galber la jambe, et avantager ainsi son porteur. Il a ete fait usage à l'époque de prothèse pour accentuer le galbe du mollet. (ben oui ! z'avaient pas encore inventer la bicyclette)



LES BOTTES

Elles sont portées par tous les officiers, et par l'ensemble de la cavalerie.
Suivant l'usage de cette dernière, les bottes sont différentes.

Dans l'infanterie légère, les officiers utilisent traditionnellement les bottes noires de cavalerie légères, dite à la hussarde, mais on trouve également les bottes dites à l'anglaise.
Les officiers d'infanterie de ligne, feront plutôt usage de ces bottes noires à revers fauves, dite à l'anglaise.


Type de bottes à l'anglaise ( crédit photo Latour)

Quand ils sont montés, les officiers d'infanterie portent la botte montant haut sur les genoux, appelées bottes à l'écuyère. Elles sont également en cuir noir.

Pour la cavalerie :

Il est donc fait usage pour la cavalerie légère (hussards, chasseurs à cheval, chevaux-légers lanciers, artillerie à cheval) de bottes dites à la hussarde, montante sous le genou, le devant est découpé en coeur, et la pliure du cou de pied comprend des coutures assurant des plis d'aisance. Le haut de la botte à la hussarde est garni d'une tresse et d'un gland.


botte à la hongroise, ici au pied d'un husard du 1er Régiment.
(Coll. perso tirée d'une suite originale conservée à l'Empéri)


Mon camarade Hervé, en Hussard du 4° Régiment.
Des bottes de couleur, notamment rouges et vertes furent portées par certains officiers de cavalerie légère.


Détail de bottes à la hussarde. On distingue les plis du coup de pied - Empéri (crédit photo Corso)

Les cuirassiers, carabiniers, gendarmes, dragons, grenadiers à cheval, font usage de bottes fortes, dites à l'écuyère. Elles protègent le genou.


Type de botte à l'écuyère au pied d'un cuirassier
(Coll. perso tirée d'une suite originale conservée à l'Empéri)

Les lanciers Polonais et les Lanciers Hollandais de la Garde, les mamelucks, font usage de bottines.

On trouve également des bottes dites à la Souvorov, du nom de ce général russe qui les a popularisées. Ce sont des bottes affectant la forme des bottes à la hussarde, mais ne possédant pas les coutures sur le coup de pied.

Corso

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Sam 11 Nov - 14:01

sunny
Je poursuis avec la rubrique Coiffures, et je crois que l'on aura fait le tour du vestiaire Napoléonien.
Je pense que vous aurez là les bases du glossaire uniformologique. Vous pourrez ensuite comprendre et vous imaginer une tenue sans la voir.

Quels types de coiffure allons nous rencontrer.

- le chapeau qui est la coiffure commune avant l'introduction du shako.

- Le bonnet à poil qui coiffe les soldats des compagnies d'élite de l'infanterie de ligne ( grenadiers) de l'infanterie légère (carabiniers), les sapeurs (infanterie de Ligne et légère) et dans la cavalerie de ligne les carabiniers et les dragons (compagnie d'élite et sapeurs), dans l'infanterie de la Garde, grenadiers & chasseurs à pied, les grenadiers à cheval, la Gendarmerie d'élite et l'artillerie de la garde.

- Le colback qui est un bonnet à poil de taille moins imposante, pour les chasseurs à cheval et l'artillerie légère.

- le bonnet de police, coiffure de repos commun à toutes les armes du moins dans sa coupe.

- le chapska coiffure d'inspiration polonaise des lanciers de la Garde Impériale

- Sous l'empire il sera fait usage de plusieurs type de coiffures. Mais un seul va émerger durant cette période, c'est le shako. Il subsiste encore de nos jours sous une forme réduite, c'est le képi.
Il sera porté parallément avec d'autres coiffures, mais le shako distingue le soldat des campagnes napoléoniennes. Sous l'empire il subira quelques modifications, au gré des modes, cylindriques, tronconiques, rouleau pour la cavalerie légère. Nous l'étudierons plus en détail.

- les casques.

Leçon n° 7 : Les Coiffures

Sachez qu'une coiffure comporte plusieurs parties :

La calotte : C'est la partie supérieure de la coiffure.
Le turban : c'est la partie de la coiffure qui fait le tour de la tête.
La visière : la partie qui se trouve à l'avant de la coiffure et qui protège les yeux.
le couvre-nuque : la partie arrière d'une coiffure qui protège la nuque.
La jugulaire : c'est l'accessoire qui passe sous le cou et qui permet de maintenir la coiffure sur la tête.
Bombe : Correspond à la calotte pour les casques.
Cimier : partie décorative située sur la bombe des casques.
Marmouset : Ornement de casque fixé sur le devant du cimier. Composé d'un noyau en bois et recouvert de crin.
Crinière : Protection confectionnée à partir de crin de queue de cheval, fixée sur le cimier, elle protège le cavalier des coups de sabre.(dragons & cuirassiers)
Chenille : Ornementation en crin visible sur le cimier des casques des carabiniers et des chevaux légers lanciers français.
Porte plumet : accesoire de metal ou de cuir, fixé sur le turban ou la bombe d"une coiffure, généralement sur le côté gauche, et servant à fixer le plumet.

L INFANTERIE

LE CHAPEAU

Confectionné en feutre de laine noire, il est dit tricorne dans le règlement de 1786. C'est un chapeau de forme ronde dont on a relevé et agrafé les bords. Le devant formant une petite pointe. Il est garni d'une cocarde(blanche) au dessus de l'oeil gauche, maintenue à la coiffure par un cordonnet de laine noire appelé ganse. Derrière la cocarde, est cousu un petit fourreau de cuir noir, permettant d'y ficher un pompon.
Avec le temps, la corne du devant a diminué, les bords se sont relevés et le chapeau n'a plus formé que deux pointes, d'où son appellation de bicorne.
Il se porte en bataille, c'est à dire les pointes parallèles à la ligne des épaules (comme Napoléon) ou en colonne.
Il sera peu à peu remplacé en 1806 par le shako. Mais il sera encore porté par les bataillons de guerre de certains régiments en 1809.


Les 2 manières de porter le chapeau
(crédit photo Latour)

LE CASQUE

L'infanterie de ligne a fait usage en 1791, d'un casque de cuir bouilli, certainement inspiré des coiffures des insurgents américains. Cette coiffure impopulaire en raison de l'odeur nauséabonde qui s'en dégage sera vite abandonnée. Mais on le retrouve encore durant la 1ère campagne d'Italie. Un exemplaire de ce casque est conservé au musée de l'Empéri.

LE BONNET DE POLICE

C'est une coiffure de repos, que l'on porte en corvée, au bivouac, ou en salle de police quand on est puni. Il est dit taillé à la dragonne, car ce sont les Dragons qui en ont imposé la mode. C'est un bonnet pointu terminé par un gland, confectionné généralement en drap du fond de l'habit. Il est fabriqué à partir du drap des habits usés. Généralement on entre la pointe du bonnet dans le turban, de manière à laisser pendre sur le devant le gland.
Le devant du turban porte généralement un attribut découpé en drap de laine pour la troupe, brodé de fils de métal pour les officiers.
C'est une coiffure commune à tous les corps de troupe.


Chasseur à cheval de la GI en bonnet de police.
(Crédit photo Corso)

LES CASQUES
Sous l'empire seules quelques unités spécifiques seront équipées d'un casque :Les sapeurs du génie. Le génie de la Garde Impériale, Le corps des Sapeurs-Pompiers de Paris. Et dans la cavalerie les Dragons, les Cuirassiers, les Carabiniers, les Chevau-légers lanciers français.

Honneur aux anciens, commençons :

LES DRAGONS
portent traditionnellement un casque de laiton, surmonté d'un cimier de même métal. il est garni d'un turban en peau de veau marin (phoque) tacheté à la peinture noire imitation panthère, et d'une visière de cuir noirci. Le cimier est orné sur son devant d'un marmouset de crin noir, et d'une crinière de crin noir flottante, sensée protégée la nuque du cavalier des coups de sabre. Le cimier est décoré sur les côtés d'un décor à palmettes et le devant est orné d'une tête de gorgone.
Jugulaires de cuir recouvertes d' écailles de cuivre, et fixées au turban au moyen de rosaces de cuivre. Un porte plumet de cuivre est fixé au turban, sur le côté gauche de la coiffure, en avant de la rosace.


Officier de Dragons - Empéri (Crédit photo Corso)

Vers la fin de l'Empire, la bombe affectera une forme très en arrière, lui donnant celle d'un casque à l'antique ou à la grecque, d'où son appelattion de casque à la Minerve.

Les dragons de la garde toucheront un modèle élaboré à partir de ce type de casque, mais d'une confection hautement soignée.
Pour les officiers, toutes les parties en cuivre sont généralement dorées, et il est fait usage de vrai peau de panthère.

LES CUIRASSIERS,
créés en 1801, par cuirassement de 12 régiments de cavalerie, sont équipés d'un casque resemblant par sa forme à celui des dragons. Il est conçu en fer, il comprend également un turban de cuir recouvert de peau de vache. La bombe est surmonté d'un cimier de cuivre ornementé sur les côtés de palmettes. Le devant du cimier est décoré d'une tête de gorgone et comprend généralement le n° du régiment. Le cimier est orné sur le devant d'un marmouset de crin noir, et d'une crinière flottante de crin de queue de cheval à l'arrière. la jugulaire de cuir recouvertes d'écailles de cuivre et fixées sur le turban à l'aide de deux rosaces du même métal estampées d'une étoile.
Un porte plumet de cuivre est fixé sur le côté gauche du turban en avant de la rosace. On y fixe un plumet écarlate.
Pour les officiers, la bombe est argentée.


Officiers de Cuirassiers - Benigni (Coll. part. Corso)

LES CARABINIERS
Le cuirassement de cette cavalerie d'élite en 1809, amena pour cette unité un changement radical de l'uniforme, dont on prétend que la nouvelle impératrice ne serait pas étrangère.
Nos carabiniers abandonnèrent leur bonnet à poil et coiffèrent un casque de cuivre jaune, avec visière, couvre-nuque et cimier du même métal. Sur le cimier est fixée une chenille de crin écarlate.
Un bandeau de métal blanc, sur lequel est fixé un "N couronné" est posé sur le devant de la bombe. Jugulaires de cuir, recouvertes d'écailles de métal blanc fixés à la bombe au moyen d'une rosace en forme de disque à rayons, au centre de laquelle se trouve une petite étoile de cuivre.


Carabinier - Empéri (crédit photo Corso)

LES CHEVAUX-LEGERS LANCIERS
Créés par décret du 18 juin 1811. Ils sont équipés d'un casque de dragon en cuivre, sur lequel on a fixé une chenille de crin noir en lieu et place de la queue flottante en crin. Pour palier l'absence de queue, on a fixé à l'arrière du casque un couvre nuque pour protéger le cavalier. Le cimier reprend les mêmes décors à palmettes et la tête de gorgone sur le devant identique aux casques des dragons et cuirassiers.


Officier de Chevau-léger lancier français - Empéri (Crédit photo Corso)

(à suivre...)

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Sam 11 Nov - 14:36

Mon cher Corso,

Permettez, je salut chapeau bas votre connaissance des uniformes du 1er Empire, grâce à vous j'ai appris pas mal de choses. Plusieurs questions; A part la Garde, qui je pense devait être correctement vêtue, est-ce que les autres Unités composant l'Armée étaient habillées de façon uniforme? Un soldat ayant sa coiffure abîmée dans une attaque, la lui changeait-on? Ou bien devait-il se débrouillé seul?
Une question un peu plus personnelle; Sur votre avatar, le personnage porte une décoration, est-elle du 1er Empire et que représente-t-elle?
Merci pour les réponses.

Cordialement.
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Sam 11 Nov - 14:44

sunny
Merci
je crois que tout passionné aime faire partager sa passion. Pour moi c'est ça. Echanger et partager le savoir. La passion de l'uniforme. Je dois surement à cette passion mon métier.
La petite médaille je l'ai trouvée à Iéna, c'est la comémoration de Iéna 2006. Ici je la porte à Laruns en hommage à Guindey.
Dans ses mémoires, le capitaine François raconte qu'à Jaffa, ayant passé sa journée à couvrir les sapeurs qui creusaient les tranchées, en tirant sur les Turcs sur les creneaux, constatant le soir au camp, que son uniforme était déchiré par des balles étailt allé en récupérer un sur un mort.
Aux ambulances les infirmiers recupéraient sur les agonisants et les morts les pièces d'équipement et d'uniformes qui pouvaient encore être utilisés.
Corso

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Sam 11 Nov - 21:13

Corso

J'ai deux petites questions :

- Le charivari se portait sur comme une sur-culotte ou comme une culotte classique ?

-
Citation :
On trouve également des bottes dites à la Souvorov, du nom de ce général russe qui les a popularisées. Ce sont des bottes affectant la forme des bottes à la hussarde, mais ne possédant pas les coutures sur le coup de pied.

Je ne vois pas très bien la nuance avec une botte classique. Aurais-tu un exemple visuel ? Merci Wink

Stéphane
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Sam 11 Nov - 21:20

sunny

Il est porté en tenue de route ou de campagne pour préserver la culotte hongroise. Il est sensé se porter par dessus, mais il peut également se porter seul.

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Mar 14 Nov - 2:08

Ce ne sont que quelques petits détails qui varient en fonction des modes ou de la mode (Corso) ...

Bien sûr, Cher Corso, mais lorsqu'il s'agit de détails par centaine, au sein des différentes compagnies, la tâche de mémorisation reste délicate.

Pour exemples, chaque bataillon des Compagnies de Voltigeurs se distinguaient par le collet de l'habit, les épaulettes, ainsi que le plumet ou pompon du chapeau ...

De même, différencier par la plume les uniformes fabuleux de la Garde et ceux des différents corps de cavalerie, n'est guère évident.

Ou encore les diverses particularités des uniformes de l'infanterie légère ...

Car, ainsi que je le soulignais plus haut, entre 1803 et 1815, tous ces uniformes ont vu leur couleur, leur coupe et divers détails se modifier.
D'ailleurs on reconnaît à cela un oeil expert, lorsque visualisant un uniforme il en associe aussitôt l'année.
Et je ne doute pas un seul instant que vous fassiez partie de cette catégorie ... Wink


A propos des chaussures, l'on avait coutume de dire qu'une paire s'usait "de Fontainebleau à Poitiers" ...

Lorsque les fantassins, partis de Boulogne, le 30 Août sont arrivés le 25 Septembre à Spire, au sud de Mannheim, ils avaient parcouru à pied sept cents kilomètres, et leurs chaussures étaient en loques.

Comme le souligne notre ami Corso, c'était pour Napoléon un problème primordial, et pour en réquisitionner ou en faire confectionner, il avait dicté des centaines d'ordre, tout le temps que sa Grande Armée eût à balayer l'Europe.

Un grand merci à vous, Cher Corso, pour cette panoplie très instructive, riche en détails divers et très bien illustrée ; excellent travail !

Nous accueillerons également avec plaisir les couleurs promises par André Jouineau, sur l'esquisse qu'il a mis en ligne. Wink






salut
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Corso
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Mar 14 Nov - 8:51

sunny

bonjour

Aujourd'hui nous allons voir les différents type de bonnets à poils rencontré dans l'armée impériale.

Dans l'infanterie c'est la marque distinctive pour reconnaîtres les soldats d'élite que sont les grenadiers dans la ligne et les carabiniers dans la légère, mais egalement les sapeurs. Confectionnés en fourrure d'ours et appellés familèrement oursins
Leur mensuration sont sensiblement identiques.


Grenadier à pied de la Garde.


Sapeur du 4° régiment Suisse

Celui des grenadiers se distingue de celui des carabiniers, car il porte sur le devant une plaque de cuivre estampée d'un décor à grenade. La calotte du bonnet confectionnée en drap, est appelée "cul de singe". Ce cul de singe est divisé en 4 quartiers par une croix blanche et chaque quartier alternant de couleur bleu et rouge, soit à fond uni rouge avec grenade brodée de couleur blanche.


Officier des Chasseurs à pied de la Garde - Emperi - (Crédit photo Corso)

Dans la cavalerie, on va retrouver ce bonnet à poil chez les grenadiers à cheval de la Garde, et chez les carabiniers avant leur cuirassement.
Egalement confectionnés en fourrure d'ours.
Ces deux coiffures également imposantes par leur hauteur sont moins hautes que les fantassins en raison de la prise au vent.


Grenadier à cheval de la Garde

Un autre type de bonnet à poil rencontré cete fois ci dans la Garde, c'est celui de la Gendarmerie d'élite et de l'artillerie de la Garde.
Confectionnés également à partir de fourrure d'ours, ce bonnet est équipé d'une visière de cuir sur le devant.


Enfin le dernier type de bonnet à poil rencontré est le colback. De taille plus réduite que ses prédécesseurs. En poil d'ours également, la calotte est recouverte d'une chausse de drap appelée flamme.
C'est le bonnet des chasseurs à cheval de la garde, et de l'artillerie légère, également la compagnie d'élite des hussards et des chasseurs à cheval de la ligne.


Chasseur à cheval de la Garde


Corso

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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Mar 14 Nov - 13:15

Bonjour à tous,

Mon cher Corso je viens avec mes questions sur les uniformes et leurs accessoires.
La plaque que porte l'officier des chasseurs à pied de la Garde, s'appelle un hausse col, je crois, mais qu'elle était son utilité?? Cette plaque à traversée les âges et les armées, puisqu'on la retrouve dans l'armée allemande plus spécialement dans la feldgendarmerie pendant la dernière guerre, avait-elle encore la même signification??
Les bonnets à poils de la Grande Armées, sont-ils apparus avant ou après ceux des horses guards britanniques??.
Merci pour les réponses.

Cordialement.
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André Jouineau



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MessageSujet: les hausses-col   Mar 14 Nov - 15:52

Cela remonte au Moyen Age et s'était une pièce d'armure appelé gorgerin, à la disparition decelles-ci puis des plastrons de cuirasse, seul est resté cette pièce devenue hausse-col et l'attribut exclusif des officiers des troupes à pied. il est porté uniquement lorsque l'officier est en service et subsistera jusqu' au début de la IIIe République. on le trouve également dans la plupart des armées d' Europe. il possède des ornements reproduisant les chiffres des différents types de gouvernement et des subdivisions d'arme.

Le bonnet à poil remonte à l'ancienne monarchie. Il était l'attribut particulier des grenadiers (fantassin qui lançait la grenade). Les formes ont évolué au cours de l'histoire et se termine avec la fin du Second Empire (cf Grenadier de la Garde) qui ne l'ont pas porté durant la campagne de 70 car trop encombrant.
Quant aux anglais durant le règne de Georges III, portaient le chapeau ou la mitre.
Slts
André Jouineau
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Mar 14 Nov - 16:47

Bonjour,

Merci, mon cher André Jouineau pour cette réponse qui me satisfait pleinement.

Cordialement.
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Jean-Nic
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Mar 14 Nov - 20:33

Citation :
Les bonnets à poils de la Grande Armées, sont-ils apparus avant ou après ceux des horses guards britanniques??.

C'est en souvenir d'avoir battu la Grande Armée et particulièrement la Garde Impériale à Waterloo, que les britaniques adoptèrent le bonnet à poils ! ( bande de voleurs ! Mad )

salut
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Mar 14 Nov - 22:15

Pardonnez-moi, Messieurs, si je repasse du bonnet à la botte (Wink ), mais je voulais vous faire part de celles que porta l'Empereur sur la fin de son épopée, en 1815.

Jacques, son bottier, lui livra entre autres souliers et pantoufles, sept paires de bottes à grands contreforts, au prix unitaire de 560 Frs.

Or, ces bottes, à grands contreforts, devaient aller à Ligny, puis à Waterloo, et, enfin ... à Sainte Hélène ...

Pour terminer sur une note plus souriante, je vais ici vous conter la petite anecdote survenu au Général Savary, alors qu'il se trouvait à Saint-Pétersbourg, en mission extraordinaire...

Au cours d'un dîner, le Duc de Ravigo surprit les propos d'un officier anglais, qui, évoquant l'Egypte perdue pour nous, faisait preuve d'une grande malveillance pour les troupes françaises.

Excédé, Savary prit la parole, et lança cette boutade à l'anglais désobligeant :

"-Nous avons perdu l'Egypte parce que l'Empereur n'y était plus ; s'il eût envoyé une de ses bottes, c'eût été assez pour vous mettre en fuite !"






salut
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stephane
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Jeu 14 Déc - 23:35

Bonsoir

Quel est la différence fondamentale entre un frac et l'habit classique ? Une illustration serait la bienvenue sunny

Merci bcp

Stéphane
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MessageSujet: Re: Un peu d'uniformologie   Aujourd'hui à 2:07

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