Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Napoléon et la Marine

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puygriou bergisel

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Jeu 16 Nov - 19:38

Joséphine,


Citation :
Je rejoins la grande majorité d'entre vous, pour ré-affirmer mon aversion vis-à-vis de la perfide Albion ...
Elle a fait bien trop de mal à notre Empereur, et a prouvé un trop grand orgueil, néfaste aux projets du Grand Homme pour la France, pour que je puisse aujourd'hui lui accorder une quelconque sympathie !


Il est évident que lorsqu'on est annemi on ne se fait jamais de bien..... et je suis le premier à déplorer l'attitude des Britanniques à l'égard de Napoléon. Mais je crois aussi que l'Empereur aurait été sage d'écouter les conseils du Grand Surcouf.... Ce dernier lui a proposé une solution radicale pour mettre à genou la Grande-Bretagne .... Pour quelle raison ne l'a-t-il pas écouté ? Je pense que l'Empereur a été très mal conseillé sur ce coup-là et a manqué pour le moins de discernement. Lui qui d'habitude en avait tant : je pense qu'il n'avait pas le pied marin Wink . Mon cher Empereur tu ne pouvais être brillant en tout !


Pour le reste mon approche des britanniques est également affective, parce que ma famille l'a vécu ... et en tout cas ce sont bien des français (f minucule) qui ont dénoncé mon père et mon futur parrain aux Allemands. Dans cette comptabilité je mets tout et je regarde tout.

salut
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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Dim 3 Déc - 20:37

Il est évident que lorsqu'on est annemi on ne se fait jamais de bien..... et je suis le premier à déplorer l'attitude des Britanniques à l'égard de Napoléon. Mais je crois aussi que l'Empereur aurait été sage d'écouter les conseils du Grand Surcouf.... Ce dernier lui a proposé une solution radicale pour mettre à genou la Grande-Bretagne .... Pour quelle raison ne l'a-t-il pas écouté ? Je pense que l'Empereur a été très mal conseillé sur ce coup-là et a manqué pour le moins de discernement. Lui qui d'habitude en avait tant : je pense qu'il n'avait pas le pied marin Wink . Mon cher Empereur tu ne pouvais être brillant en tout ! (Bergisel) ...

Cher Bergisel, ce sont là bien des idées "reçues" ... comme tant d'autres intéressant notre Empereur d'ailleurs !

En effet, non seulement Napoléon fut le Chef d'Etat à avoir le plus navigué au cours de son règne, mais il avait acquis, en outre, une réelle expérience maritime, et ce grâce à une curiosité constante, (bien connu de sa personnalité), et qui frappa tous les témoins de l'époque...

Son intérêt pour le domaine maritime est confirmé par une correspondance nombreuse...
Par ailleurs, il suivra de près les campagnes de ses différents vaisseaux, ne se lassera pas de visiter ports et arsenaux, et assistera au lancement de navires.

Napoléon apparaît donc dans le domaine maritime tel que lui-même, avec sa curiosité jamais assouvie, son impatience, son côté génial d'organisateur, dotée d'un goût absolu pour le détail et d'une mémoire prodigieuse qui lui faisait retenir les noms de toutes ses frégates...

C'est certainement le "Napoléon" le moins connu qui apparaît animé d'une véritable vision maritime.
Pour Lui, en effet, la puissance de la France doit passer aussi par la Marine, sous tous ses aspects, que ce soit militaire, économique ou colonial ...

Ce passionné de la mer patronnera l'expédition Baudin, fera éditer les grands atlas maritimes des voyages de l'époque ...
Dans la galerie de sa Résidence du Grand Trianon, il prévoya d'installer toute une collection prestigieuse des modèles de vaisseaux français (nommée aujourd'hui "la collection Trianon" en mémoire de ce fait) ...

Il regrettera toujours de ne pouvoir, comme dans l'armée de terre, faire émerger une génération d'officiers généraux, s'inquiétera sans cesse de la formation des équipages ...

Bâtir une Marine à l'échelle de l'Europe, tel était le défi, et la propagande s'est fait l'écho de cette impériale préoccupation ...

A tout moment, Napoléon a montré qu'il avait une perspective globale de la puissance maritime.
Les choix comme la conduite de sa politique pourront toujours être critiqués par certains, mais personne ne pourra mettre en doute cette volonté et cette ténacité , dans ce domaine, comme dans bien d'autres, pour ne pas dire tous...

Quant au bilan, il ne faut pas oublier que Napoléon a légué à la Marine une structure administrative modernisée, des arsenaux en état de marche, ainsi qu'un corps d'officiers dont la valeur apparrut dans les décennies qui suivirent.

C'est une partie de l'Histoire napoléonienne trop souvent occultée, hélas, mais c'est à nous de combler cette ancienne lacune de l'historiographie, par la lecture d'ouvrages spécialisés. Wink


Pour le reste mon approche des britanniques est également affective, parce que ma famille l'a vécu ... et en tout cas ce sont bien des français (f minucule) qui ont dénoncé mon père et mon futur parrain aux Allemands. Dans cette comptabilité je mets tout et je regarde tout. (Bergisel) ...

A chacun son approche, effectivement ...
Mais vous faites ici état d'un tout autre registre. Wink





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puygriou bergisel

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Dim 3 Déc - 21:22

chère Impératrice... des idées reçues ? Lisez ce qui a été écrit sur Surcouf à l'époque et sa biographie. je ne dis pas que tout est juste, car chez Surcouf il y avait une propension au plaidoyer pro domo.

Mais les résultats sont là : les anglais ont maintenu leur domination maritîme.

Mon propos visait la manière de bloquer le trafic maritime britannique ce qui était bien le plus urgent. Pour le reste je ne mets pas en doute la capacité de Napoléon à envisager une perception visionnaire. Mais il ne pouvait pas être partout à la fois. Et là ce n'est pas mettre en cause ses qualités que nous connaissons tous.

Comme dans d'autres domaines, sa succession par exemple, il a été mal conseillé.

Et pour l'allusion familiale ou amicale eh bien dans mon approche des britanniques je place certaines considérations vécues. Je sais ce dont les français ont été capables de faire. Je ne peux pas m'en empêcher. pardonnez-moi mais cela compte... Et c'est bien ancré dans mon cerveau !

Alors que faisait le petit neveu de Napoléon sous l'uniforme britannique ?

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Lun 4 Déc - 18:36

chère Impératrice... des idées reçues ? Lisez ce qui a été écrit sur Surcouf à l'époque et sa biographie. je ne dis pas que tout est juste, car chez Surcouf il y avait une propension au plaidoyer pro domo.

Mais les résultats sont là : les anglais ont maintenu leur domination maritîme.



J'ai déjà lu ... Rolling Eyes

Les idées reçues, oui, elles le sont bien lorsque la plupart évoque la méconnaissance de Napoléon dans le domaine maritime.
Voilà ce que je voulais faire remarquer, et c'est bien là une évidence dans la plupart des esprits.

Quant à la domination des Anglais par les mers, la preuve n'est plus à apporter, bien sûr.
Mais cet état de fait ne devrait pas mener aux conclusions que vous avez exprimées, tout simplement. Wink





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Jean-Nic
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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Lun 4 Déc - 21:34

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Sergent LOMBART

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Lun 4 Déc - 21:39

Cool les amis sunny

Citation :
Quand au pied marin de l'Empereur, que vient faire cette remarque dans votre analyse ? Je vous rappelle que l'Empereur se destinait à la marine,

Si je ne m'abuse, c'est à l'école militaire que l'on voulait orienter Napoléon vers la marine Wink

Mais peu importe, je pense qu'IL aurait été aussi bon sur mer que sur terre cheers

serg Lombart

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puygriou bergisel

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Lun 4 Déc - 22:13

Mais lisez parmi d'autres Michel Hérubel Surcouf (Perrin) et Charles Cunat : Histoire de Robert Surcouf. Parmi d'autres sources. Un seule chose si vous acceptez de me relire il n'y a aucune attaque et aucune appréciation défavorable à l'Empereur : tout simplement il était mal entouré. ce qui ne retire rien à ses capacités techniques qu'il a suffisamment démontrées dans d'autres domaines et en d'autres cironstances. mais nous savons aussi, tous, que l'Empereur dut sa perte à son entourage. Enfin à certains éléments nauséabonds de son entourage. Soyons prudents là aussi.


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puygriou bergisel

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Mar 5 Déc - 9:52

Je vais apporter des arguments à mes propos et en préciser les sources dans lesquelles j'avais puisé lorsque j'ai écrit ce texte qui n'est que le condensé d'un autre qui servait de support à un article écrit il y a plus de deux ans et étant passé à l'examen d'un comité de lecture ....


Revenons à Bonaparte et à Napoléon et à la Marine. Car il y a plusieurs phases.


Le fil rouge : Napoléon n'a pas manqué de temps .... Ce qui lui a fait défaut : la gestion des priorités, les finances, un encadrement solide, une pensée navale pertinente (pas lui : ses amiraux, enfin ce qu'il en restait ...).


Le Consulat et l’Empire ont hérité d’une situation catastrophique en ce qui concerne la Marine. Sur le plan des effectifs la marine a perdu 1200 officiers sur 1700, pertes dues à l’émigration. Au début des années 1810 45 % des officiers ont commencé dans la marine de commerce et il ne reste plus que 2 % d’officiers issus de la marine royale ce qui est appelé le Grand Corps nom qu’on retrouve encore aujourd’hui.

Au chapitre des navires la situation est proche de la catastrophe. La Marine comptait au début de la Révolution (1793) 83 vaisseaux et 74 frégates. En 1802 la fonte est de 50 % (46 vaisseaux et 37 frégates).

Le Consulat a lancé le chantier de 15 navires mais ils sont loin d’être prêts…. Face aux 46 vaisseaux français, l’Angleterre en aligne 130 ce qui lui confère une supériorité numérique sans égal : la marine française est bloquée dans les ports et la Marine anglaise fait la loi en mer Méditerranée et aux Antilles sans jamais être sérieusement inquiétée.

A cette supériorité de fait il faut ajouter une supériorité intellectuelle : le corps des officiers de marine anglais jouit d’un potentiel optimal, intact. De plus la marine anglaise est en avance sur le plan technologique précisément dans le domaine des constructions navales et de l’artillerie embarquée.

Le mérite de Napoléon c’est d’avoir compris qu’il fallait entamer une réforme de la Marine pour réparer la saignée de la période révolutionnaire. L’électro-choc c’est la défaite d’Aboukir.

Dans un premier temps il fait appel à un ingénieur normand (encore eux….), Forfait, comme ministre la Marine. Mais Bonaparte qui a des intuitions brillantes se laisse abuser par une nécessité du moment. Forfait qui conçoit l’idée de l’invasion de l’Angleterre par des flottilles n’est pas l’homme en parfaite adéquation avec le poste. A son actif on lui doit tout de même l’organisation des préfectures maritimes qui permettent une centralisation et une diffusion parfaite des directives en direction de la Marine.

En 1802 Bonaparte fait appel à Decrès, un contre-amiral rencontré en Egypte. Decrès est-il suffisamment brillant pour demeurer à ce poste jusqu’à la fin de l’Empire ? En fait Napoléon dira plus tard qu’il n’avait personne d’autre à mettre à la tête du Ministère. On retrouve là la trace de la pénurie en cadres…. Car Decrès, fidèle à l’Empereur (ce qui est au moins une qualité), est maintenu à son poste malgré ses carences et les échecs de la marine.

La défaite de Trafalgar, si elle porte un coup irréversible aux projets maritimes de Napoléon, n’altère pas pour autant la politique visionnaire de l’Empereur. Il sait que c’est certainement sur mer que la décision sera emportée face à l’Angleterre. Il lance un projet avec comme objectif d’atteindre en 1814 un effectif de 110 vaisseaux de ligne et 85 frégates. Ce plan est de fait irréalisable car les efforts consentis sur le plan financier sont très insuffisants. Les crédits annuels alloués augmentent de 65 % entre 1806 et 1812 (165 millions je crois) alors que dans le même temps le bugdet anglais est trois fois supérieur. L’Empereur, pour diverses raisons que l’on peut toujours analyser mais qui sont avérées, ne se donne pas les moyens de sa politique de reconstruction maritime.

Sur les 100 (certains auteurs parlent de 120…) vaisseaux prévus en 1810 on en compte 55 à flot et 25 en construction : en d’autres termes, la Marine compte plus de navires en 1800 mais moins qu’en 1793. Si on met en parallèle la situation des deux Marines, l’écart s’est creusé. L’Angleterre compte plus de navires mais aussi des navires plus puissants et mieux dotés en artillerie.

La tragédie de Trafalgar, la prise des navires à Cadix et la défaite de l’Ile d’Aix vont conduire la Marine à se sédentariser dans les ports avec le corollaire : l’ennui des équipages, le manque d’entraînement…

Napoléon est parfaitement conscient de cette situation. Sa Marine bloquée dans les ports, il est bien conscient qu’il faut renforcer les défenses littorales. Il lance un vaste programme de fortifications des ports pour se prémunir d’une invasion et protéger la Marine.

L’Angleterre ne sera que relativement peu gênée, ses approvisionnements seront maintenus. C’est là qu’on peut juger la politique maritime de Napoléon. L’Empereur avait un grand dessein, nul ne peut le contester mais il n’en avait pas les moyens. Pour plusieurs raisons :

- Les équipages globalement de mauvaise qualité (ce qui ne remet pas en cause la bravoure et le dévouement, mais qui ne suffit pas à pallier les défaillances du groupe)
- La saignée de l’encadrement qui génère une absence de pensée stratégique navale (Decrès était certainement compétent et « brave » mais dénué de toute capacité innovante…)
- L’effort de guerre terrestre qui « pompe » le budget de l’Etat au détriment de la politique maritime « imaginée » par l’Empereur.
- Et, cerise sur le gâteau, le rôle néfaste de certains personnages dont l’un d’eux Talleyrand est lié plus ou moins à l’Angleterre avec laquelle il intrigue….

Pour en venir à Surcouf :

En 1803, peu après la rupture de la Paix d’Amiens, Bonaparte convoque Surcouf à Saint Cloud. Le premier Consul a eu connaissance des actes héroïques du Malouin dont l’écho lui est parvenu depuis l’Océan Indien. Il propose à l’armateur le grade de capitaine de vaisseau et le commandement de deux navires.

C’est mal connaître Surcouf qui ne mange pas de « ce pain ». Surcouf refuse tout net. Il ne s’agit pas dans son esprit de protéger sa propre situation (c’est un riche armateur…) mais une question de non-déshonneur : il est flatté, il entrevoit l’assouvissement de ses souhaits secrets mais il ne peut envisager d’être subordonné à l’Amiral Linois.

Les conditions de l’acceptation de Surcouf sont inacceptables pour Bonaparte. Mais l’entrevue ne s’achève pas ainsi. Le Premier Consul a trop d’admiration pour le Normand…. Décidemment….Il lui demande son avis sur la conduite de la guerre maritime et sur l’emploi des forces navales.

Surcouf assène un constat : l’Angleterre a perdu entre 1793 et 1797 1800 navires de plus que la France. Ce n’est pas la Marine d’Etat qui a construit cette différence mais la Course (la Marine n’ayant subi que des désastres), depuis 1797 les prises ont triplé. Surcouf expose alors au premier consul sa « doctrine » : laisser les vaisseaux et la flotte aux ports et lancer en mer des frégates qui s’attaqueraient systématiquement aux lignes de commerce…. Surcouf préconise l’abandon des batailles navales classiques le temps d’agenouiller l’Angleterre. Le premier Consul sait que Surcouf dit vrai … mais il ne peut accepter l’idée au nom de l’honneur de la Marine et des …. Amiraux.

Quelques mois plus tard Surcouf, le 19 juillet 1804, Surcouf est nommé dans l’ordre de la Légion d’Honneur.


Aller un petit tour sur mes étagères :

Masson : Histoire de la marine 1982 2 vol.
Meyer :L’Europe et la mer 1987
Taillemitte : Histoire ignorée de la marine
Cunat : Histoire de Robert Surcouf
Herubel : Surcouf
Battesti Michèle : Trafalgar, les aléas de la stratégie navale de Napoléon
Corvisier : Histoire Militaire de la France
RHA : quelques articles sur la Marine après la Révolution
Si je n’ai pas tout lu …. Il m’est arrivé d’écrire, y compris sur la marine puisque dans mes ancêtres j’ai un marin


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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Mar 5 Déc - 20:36

Surcouf assène un constat : l’Angleterre a perdu entre 1793 et 1797 1800 navires de plus que la France. Ce n’est pas la Marine d’Etat qui a construit cette différence mais la Course (la Marine n’ayant subi que des désastres), depuis 1797 les prises ont triplé. Surcouf expose alors au premier consul sa « doctrine » : laisser les vaisseaux et la flotte aux ports et lancer en mer des frégates qui s’attaqueraient systématiquement aux lignes de commerce…. Surcouf préconise l’abandon des batailles navales classiques le temps d’agenouiller l’Angleterre. Le premier Consul sait que Surcouf dit vrai … mais il ne peut accepter l’idée au nom de l’honneur de la Marine et des …. Amiraux. (Bergisel) ...



Il est toutefois à noter que représentant une activité légale, financée par des marchands d'un Etat, la course était également pratiquée par la Marine d'Etat.

Etant ainsi encadrée par les Etats, les Corsaires, dont notre célèbre Robert Surcouf, avait en maisn un document officiel l'autorisant à capturer des navires de la flotte marchande ennemie, en temps de guerre.

Bonaparte n'y fût pas hostile, et établit même un Conseil, en Mars 1800, nommé "Conseil des prises", chargé de valider chaque prise.
En cas d'erreur, l'armateur était condamné à verser des dommages et intérêts.

A ce titre, la législation du Consulat et de l'Empire reprirent l'Ordonnance de 1681 ...

En conclusion, "la guerre de course" ne fit pas toujours l'unanimité sous la Révolution et sous l'Empire.
Toutefois, si elle fut supprimée en Mai 1792, la Convention en prononça le rétablissement en 1793.

Par la suite, le Consulat et l'Empire, reprenant les arguments développés par la Convention, maintinrent la Course comme l'une de leurs stratégies maritimes.






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puygriou bergisel

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Mer 6 Déc - 9:34

Joséphine,

Citation :
Il est toutefois à noter que représentant une activité légale, financée par des marchands d'un Etat, la course était également pratiquée par la Marine d'Etat.

Etant ainsi encadrée par les Etats, les Corsaires, dont notre célèbre Robert Surcouf, avait en maisn un document officiel l'autorisant à capturer des navires de la flotte marchande ennemie, en temps de guerre.

La guerre de course n'était pas pratiquée par la Marine d'Etat...elle était permise, autorisée.... mais financée et organisée par les armateurs.

Il est certain que la Course n'a pas recueilli tous les suffrages et n'est pas toujours apparue comme pertinente pour la seule et unique raison qu'on ne l'a pas systématisée. Elle n'est jamais entrée par la grande porte dans la stratégie navale et pour cause : c'était une arme en quelque sorte privée dont les produits pour partie revenaient l'Etat... L'intérêt était là et pas ailleurs. ce que proposait Surcouf c'était de reprendre le principe de la Course en généralisant sa doctrine d'emploi. Ce que ne pouvait accepter l'Empereur qui était le chef des Armées. J'ai la faiblesse de penser que Surcouf avait la bonne recette au vu de ses résultats et de la Course en général.

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MessageSujet: Re: Napoléon et la Marine   Mer 6 Déc - 16:59

La guerre de course n'était pas pratiquée par la Marine d'Etat...elle était permise, autorisée.... mais financée et organisée par les armateurs. (Bergisel) ...


Hé si, mon Cher Bergisel ! Wink

Et pour preuve, parallèllement au fonctionnement des Corsaires privés, la Convention avait fixé comme stratégie à la Marine de guerre, d'attaquer le commerce ennemi pour tenter de ruiner son économie ...
Et ceux qu'on appelait le plus souvent "armateurs" n'étaient que des marchands d'Etat qui finançaient cette activité...

Le Capitaine corsaire qui rentrait "bredouille" de son expédition, bien que commençant toujours par le commandement d'un bâtiment, ne retrouvait pas un deuxième poste de ce type.
Il était alors renvoyé d'où il était venu : la Marine de Commerce.

Ce cas de figure représenta quand même 50% des cas ...
Quant au "Capitaine chanceux", les armateurs se le disputaient fébrilement ...

Parmi eux, nous pouvons compter Surcouf, bien sûr, mais également Delattre qui à Dunkerque réalisa soixante cinq prises entre 1793 et 1805, pour une valeur de sept millions de francs ...

Il y eût également au palmarès Bucaille, Fourny et Sauvage pour Boulogne, ou encore Bavastro en Méditerranée, où la course était également présente.
D'ailleurs sous l'Empire, on ne dénombra pas moins de 391 armements à cet effet ...

Si Marseille et Toulon furent les grandes bases de la Course, il ne faut pas oublier Gênes, Livourne et la Corse, directement intégrée à l'Empire

Les Antilles constitueront également un haut lieu de la Course où s'uniront les intérêts de plusieurs Nations, dont la France, l'Amérique, l'Espagne et l'Angleterre.

Surcouf est trop célàbre pour ne pas être cité, mais il ne fut pas le seul ...
En effet, de 1793 à 1810, il y eût 193 croisières organisées, dont 122 par des Corsaires et 71 par des bâtiments de l'Etat.

Plus de 500 navires furent capturés, pour un montant évalué à plus de cinq millions de livres sterling.

Mais la Course n'étant pas une spécificité française, tous les Alliés de l'Empire la pratiquèrent avec une législation différente.
Les Corsaires anglais pour ne prendre que cet exemple, s'attaquaient aux fausses prises ou "faux" neutres, ainsi qu'aux navires français et alliés...

Il a toujours étét délicat de tirer un bilan totalement positif de ces Courses, car en dépit d'un nombre impressionnant de navires pris, le commerce britannique ne fût pas véritablement affaibli...

Toutefois à leur actif, il est indéniable que les croisières de nos frégates françaises ont contraint les anglais à se déplacer uniquement "en convois", ce qui retarda considérablement la durée des trajets, l'allongeant facilement de plusieurs mois !

Du côté diplomatique, la pression n'est pas moindre non plus, notamment avec les Etats Unis, sous le Consulat.
Las anglais travaillant alors avec les armateurs américains, les autorités françaises déclarèrent ces navires "de bonne prise" puisqu'ils violaient la neutralité ...

Enfin, la Course fut un indiscutable moyen de survie pour une colonie coupée de la Métropole.
Comme Victor Hughes après avoir repris la Guadeloupe aux anglais en 1794 lança ses navires de guerre contre le commerce anglais, c'est au tour du Général Ernouf pour la Guadeloupe et du Gouverneur Malartic pour l'île de France, ceci après la rupture de la paix d'Amiens, en 1803 ...

Les conséquences positives furent que les revenus de ces Courses favorisèrent le maintien de la présence française, obligeant ainsi les anglais à préparer des Corps expéditionnaires en vue de la conquête de ces îles...

Si la guerre de Course n'a jamais eu la prétention d'écraser un ennemi disposant d'une évidente supériorité maritime, il est aisé de comprendre qu'elle a néanmoins obligé cet ennemi à consacrer d'importantes forces en vue de la protection de ses convois !

Dans certains ports de l'Atlantique et de la Méditerranée, elle a en outre contribué au maintien d'une activité maritime qui a supplanté le chômage de bon nombre de Marins.

Enfin, sur le plan militaire, la Course a permis de sauver des îles isolées telles la Guadeloupe et l'île de France...





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