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 3ème Régiment Suisse

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Michel

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MessageSujet: 3ème Régiment Suisse   Jeu 11 Jan - 20:30

Les Lillois, pourtant habitués à l'extrême diversité des uniformes des troupes napoléoniennes, furent éberlués lorsqu'ils virent déambuler dans leurs rues en 1806 de solides gaillards en habit rouge, coiffés d'un d'un bonnet de fourrure noire à pompon d'argent, qu'ils prirent d'abord pour des britanniques.
Il s'agissait en réalité des soldats du 3ème régiment suisse pour lequel, tranchant sur la tonalité bleue générale de l'uniforme français, voulue par l'Empereur on avait conservé la couleur écarlate de la tenue sous laquelle un millier d'hommes du régiment des gardes suisses s'étaient fait tuer pour le Roy et pour l'honneur le 10 aôut 1792.
Après quelques années de flottement, au cours desquelles se constituèrent plusieurs régiments Suisses au service de l'Angleterre, formés de volontaires et d'anciens soldats de Châteaucieux au Service de la France, le Directoire fit envahir le territoire helvétique et, par la convention du 18 novembre 1798, imposa aux cantons une levée de 18000 hommes. Ceux-ci devaient être, en principe, volontaires et signer un engagement de quatre ans renouvelable et, à défaut, de volontaires, chaque canton devait désigner quelques jeunes gens pour atteindre l'effectif qui lui était imposé. L'ensemble forma six demi-brigades réduites à trois en 1800 et leurs éléments constituèrent alors le premier des quatre régiments de 4000 hommes chacun prévus par la capitulation (traité) signée à Fribourg le 17 Septembre 1803 par le Général NEY et les commissaires des Cantons suisses.
Ce régiment fut mis sur pied le 15 mars 1805 par ordre de l'Empereur. Comme il s'était fort bien comporté dans toutes les batailles où il fut engagé, le souverain décida la création des trois autres régiments prévus par la capitulation, ceci à partir du 1er septembre 1806, le 2ème en Provence, le 3ème dans les Flandres, le 4ème en Bretagne.
Dans son esprit, ils étaient plus spécialement destinés à la garde et à la défense des côtes...
C'est donc le 3ème régiment qui vient se former à Lille, dans la 16ème division militaire, et son dépôt s'y maintiendra pendant plusieurs années. Le travail des recruteurs s'étant avéré difficile, on dut même pendant la période initiale incorporer un certain nombre de prisonniers prussiens, qu'on ne tarda pas à éliminer. Il semble .que c'est l'un des trois adjudants-majors, Philippe Louis VONDERWEID (de Fribourg) qui organisa et mit en place les premières unités, secondant avec zèle le Colonel Louis de MAY, qui .avait reçu le commandement du régiment le 12 Octobre 1806.
Un dépôt intermédiaire, rassemblant les recrues et commandé successivement par les capitaines de GRAFFENRIED puis GUYOT, s'installa à Belfort.
L'année 1807 fut employée à exercer les recrues et à former bataillons et compagnies, mais à la fin de l'année l'effectif atteignait 2711 hommes, au lieu des 4132 prévus. Il fallut accélérer le recrutement. Les quatre chefs de bataillon désignés étaient: Charles d'AFFRY (de Fribourg); Louis d'ORELLI (de Zurich) ; J. B. BUCHER (d'Unterwalden); et Jonathan de GRAFFENRIED (de Berne).
Au début de 1807, le 1er bataillon enfin passé de 312 à 600 hommes, fut envoyé au camp de Boulogne. Le 16 Mai, il y fut rejoint par le 2ème bataillon, au même effectif, le 16 Juillet, 800 hommes des 3ème et 4ème bataillons quittèrent Lille pour rejoindre les deux premiers, mais 309 soldats, atteints d'une fièvre pernicieuse, durent être envoyés dans les hôpitaux, sans doute en raison de cantonnements insalubres. Le 4ème bataillon fut alors provisoirement dissous et 300 hommes du 3ème bataillon envoyés au Camp de Bulle court, sur l'Aisne, pour y travailler au creusement du Canal de Saint-Quentin.

A suivre...
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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Ven 12 Jan - 13:55

Le 3ème Régiment Suisse en Espagne.

C'était le moment où l'armée impériale avait de gros besoins d'effectifs pour la campagne d'Espagne, qui devait se révéler si désastreuse. On fut, bien entendu, tenté d'y faire participer le contingent helvétique.
Le 3ème régiment. ayant complété ses effectifs put envoyer sur Rouen, puis Bayonne, son 1er bataillon commandé par Charles d'AFFRY et fort de 1250 hommes, marchant avec son Colonel de MAY, il atteignit l'Espagne le 29 Décembre 1807 et fut placé en réserve du corps du Général DUPONT.
L'Empereur forma alors un nouveau corps d'armée. dit "Corps d'observation des Côtes de l'Océan", aux ordres du Maréchal MONCEY. dans lequel entra le 2ème bataillon du 3ème régiment, du Commandant de GRAFFENRIED. Le Colonel en second du corps, THOMASSET, prit le commandement de ce détachement, qui était à l'effectif de 820 hommes lors de son rassemblement à Boulogne en décembre 1808. il entra en Espagne le 20 Février suivant avec la division MOUTON, qui formait l'avant-garde du corps MONCEY.
Les autres régiments y avaient également envoyé des éléments et l'ensemble du contingent helvétique dans la péninsule atteignait sept bataillons et demi. Lors de la victoire de BESSIERES à Médina Del Rio Seco, le 14 Juillet 1808, le bataillon de GRAFFENRIED resta en réserve avec deux bataillons de la jeune Garde et ne fut pas engagé.
En cette même année 1808. la défaite de BAYLEN allait amener un sort tragique pour une partie de notre armée Dans les premiers mois, la brigade POINSOT comprenait. entre autres unités le 1er bataillon du 3ème régiment sous Charles d' Affry. A l'avant-garde marchaient deux de ses compagnies d'élite (Capitaines de TAVEL et de LORBER) avec quatre compagnies françaises. Ces unités se comportèrent vaillamment pendant toute la campagne d'Andalousie, franchissant les défilés de la Sierra Morena et chassant devant elles les bandes d'insurgés. Elles furent plusieurs fois citées à l'ordre du jour pour leur bravoure et leur discipline.
Après le sac de Cordoue par nos troupes, la haine des espagnols se déchaîna. Lors de la capitulation de Général DUPONT à Baylen, le Colonel de MAY et son bataillon, encore fort de 900 hommes, ne se rendirent que par ordre du Général, alors qu'ils n'avaient pas été vaincus et malgré une protestation écrite du Colonel de May. Heureusement l'aigle du régiment avait pu être sauvé. Par chance également, le commandement d'AFFRY, déjà engagé dans les défilés avec l'avant-Garde, ne fut pas atteint par l'ordre de se rendre à Baylen et put se retirer sur Madrid avec les capitaines de TAVEL et de LORBER et 116 sous-officiers et soldats.
Le massacre des prisonniers par la population fut évité à grand-peine. Les officiers furent séparés de leurs hommes et leurs bagages pillés. Le Colonel de MAY et l'adjudant-major VONDERWEID furent envoyés sur Majorque, le chirurgien-major KASTENHOFER sur Minorque. L'aumônier CHARPENTIER et le lieutenant SCHMELZER furent soignés dans les hôpitaux de Cadix. Quant au porte-drapeau SCHULER, il parvint à s'évader, à gagner l'Algérie et rentra par l'Italie.
Parmi les morts, il y avait les capitaines Seyssel et Gwerner, les lieutenants FORRER et les deux frères FORNARO.
La plupart des sous-officiers, pressés par les Espagnols dépasser dans leurs rangs s'y refusèrent avec dignité et allèrent partager le sort de leurs hommes sur les pontons tristement célèbres de Palma.
Pendant ce temps, les éléments du 3ème régiment échappés de Baylen avec d'AFFRY étaient allés renforcer le bataillon frère de GRAFFENRIED et, sous les ordres du Colonel THOMASSET, retraitaient sur BURGOS, tout en combattant les insurgés de la vielle CASTILLE.
Rejoints par le bataillon de CASTENBERG du 2ème régiment commandé par le Colonel de CASTELLA et ne comptant plus que 640 hommes, les Suisses formèrent une brigade provisoire aux ordres de ce dernier. A Osma, le 12 Septembre, cernés par les Espagnols, ils durent se frayer un passage à la baïonnette. La brigade livra un autre combat meurtrier sur les rives de l'Ebre et, quinze jours plus tard, en présence de l'Empereur, elle prit part à la victoire de Gamonal, laquelle ouvrit
aux français les portes de BURGOS livré à un horrible pillage. Passés en revue le 11 Novembre par Napoléon et le Maréchal LANNES, qui venait d'être nommé Colonel-Général des Suisses, les deux bataillons furent chaudement félicités.
Tandis que le Maréchal SOULT s'emploie à repousser une offensive du. Général Britannique MOORE, la brigade Suisse de CASTELL. poursuit les débris de l'armée espagnole de BLAKE. Elle chasse ceux-ci jusqu'à SANTANDER et SAN-VICENTE, à travers la chaîne de Montana couverte de neige. Le froid était si rigoureux que plusieurs hommes endormis furent gelés au bivouac. Elle rejoignit alors le maréchal SOULT sur les rives du CARION mais seul le bataillon de CASTELBERG participa à la prise de LEON le 31 Décembre 1808.
Le mois suivant cette brigade fut dissoute. Le bataillon de CASTELBERG contribua à la prise de VIGO à la fin de janvier. Les deux bataillons furent ensuite réunis le 4 Février à un troisième bataillon, celui du commandant BEULER du 4ème Régiment, à Saint-Jacques de Compostelle. ils furent encore rejoints par un demi-bataillon (d'ERNST) aussi du 4ème régiment.
Les Suisses prirent une part importante à l'assaut de la ville d'Oporto, défendue par 60.000 Portugais, qui furent mis en déroute et perdirent 18.000 hommes.

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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Sam 13 Jan - 13:41

En Espagne (suite)

Bientôt pourtant SOULT, pour éviter d'être cerné au Portugal par d'importantes forces britanniques, dut se résoudre à ordonner la retraite. Celle-ci fut couverte au départ d'Oporto par une arrière-garde Suisse qui lutta avec énergie. Mais l'armée eut grand-peine à se frayer un passage à travers la montagne et par des routes défoncées. Les hommes sans chaussures, en lambeaux étaient à bout de force. Le bataillon THOMMASET du 3ème régiment avait supporté le maximum des épreuves et des combats, son Chef et le sergent MALDER reçurent la Légion d'Honneur. Plusieurs officiers qui s'étaient attardés à LISBONNE furent faits prisonniers.
Nos Lillois n'étaient pas les seuls à avoir pris les Suisses pour des anglais, les Espagnols du village d'ASTARITZ commirent .la même méprise et croyant, l'armée française entièrement prisonnière à Oporto, apportèrent aux hommes du 3ème régiment vivres et rafraîchissements, puis s'enfuirent comprenant leur erreur à l'arrivée d'autres régiments.
Les trois bataillons suisses, réduits chacun à 4 ou 500 hommes, furent alors réunis en un régiment de marche à trois bataillons, commandés respectivement par BLEULER, CASTELBERG et GRAFFENRI sous les ordres du Colonel THOMASSET. Ce régiment entra dans la brigade THOUMIN, du corps KELLERMAN, dont la mission était de contenir les populations de la Vieille CASTILLE et du Royaume de LEON. L'épreuve morale était pénible pour ces fils d'un pays si épris de liberté, contraints de se battre contre des patriotes jaloux de leur indépendance. . .
Malgré les pertes occasionnées par la maladie et des semaines de féroce guérilla contre des bandes espagnoles nombreuses et bien organisées, le 3ème régiment ne reçut pas le renfort des 42 recrues envoyées de Lille. Celui-ci fut joint à son passage à Limoges au 4ème bataillon du 4ème régiment venant de Rennes, qui arriva en Espagne le 22 juin 1810.
En mai, le Bataillon de GRAFFENRIED, du 3ème régiment, réduit à 300 hommes, occupait la ville de LEON avec quatre compagnies françaises et 200 dragons. Ce fut pour lui l'occasion d'un beau fait d'armes: grâce à la complicité des habitants, 4.000 espagnols et portugais se glissèrent dans la place par une porte de l'hôpital civil donnant sur la campagne. Les lieutenants AMIET et FUCHS firent immédiatement front avec la grand garde et les hommes disponibles. Le bataillon suisse réagit avec vigueur et repoussa les assaillants à travers les rues de la ville, tuant et blessant beaucoup de monde et faisant 150 prisonnier s, dont quatre officiers et six cadets. Il y eu 10 tués dont le capitaine HUNDBISS et 50 blessés.
En juillet, plusieurs officiers et soldats des 3ème et 4ème régiments, évadés avec un ponton depuis la rade de CADIX, parmi d'autres prisonniers français parvinrent à VALLADOLID. Après avoir été présentés au Roi JOSEPH, ils rentrèrent en France par BURGOS et BAYONNE.
C'est à ce moment que se place un épisode malheureux. Le Général SERAS, commandant en LEON et Vieille CASTILLE,fit occuper la Puebla de Sanabria, petite ville à la frontière du Portugal que venait d'évacuer sa garnison espagnole, par les 333 hommes du2ème bataillon du 3ème régiment, en ordonnant à son chef, le commandant GRAFFENRIED de se défendre "jusqu'à la dernière extrémité" contre un important contingent hispano-portugais .Bâtie sur une hauteur, répartie en ville haute et ville basse,la place était dominée par un vieux château-fort et deux églises massives et presque jointives. .Les Suisses rassemblèrent toutes les vivres possibles dont 2.000 rations de pain,mais ils manquaient d'eau potable, les puits ayant été empoisonnés ou comblés de cadavres. Outre ses 80 cartouches par homme, la garnison avait pu remettre en service six canons espagnol, mais manquait de poudre pour ceux-ci. Dès le 3 août et pendant six jours la ville fut attaquée par 10.000 hommes. La garnison résista vaillamment et se retira dans la Ville Haute, mais ses vivres s'épuisaient et le manque d'eau potable se faisait cruellement sentir. Un Caporal porteur d'un message français ne revint pas, et le 9 au soir deux mines ouvrirent une brèche dans les défenses. En outre 48 hommes excités par un tambour transfuge, désertèrent dans la nuit du 10 Août. Ils furent ultérieurement (29 mars 1811) condamnés à mort par contumace, mais le reste des soldats du bataillon (244) refusèrent de se battre contre 10.000 ennemis. A son corps défendant leur chef, Jonathan de GRAFFENRIED, dut signer la capitulation. Celle-ci était d'ailleurs honorable : les officiers conservaient leur épée et les hommes leurs effets. Ils devaient être embarqués pour la Suisse, sous réserve de ne plus servir contre les Alliés. De la Corogne, ils furent dirigés sur Portsmouth, mais n'atteignirent Morlaix qu'en novembre, après de multiples réclamations.
SERRAS arriva avec des renforts devant Puebla le 11 août (10 heures après la capitulation). Il encourut la colère de Napoléon pour le peu de hâte qu'il avait mis à secourir les Suisses. Quant à GRAFFENRIED, il fut traduit devant un Conseil de guerre qui l'acquitta (2 février 1811). THOMASSET fut rappelé en France, ainsi que de nombreux officiers dont le capitaine VONDERWEID, promu commandant.

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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Dim 14 Jan - 21:01

EN FLANDRE, et en HOLLANDE.

Cette douloureuse série de combats et d'épreuves ne concernait que la moitié du régiment, l'autre (en principe les 3ème et 4ème bataillons) était restée en Flandre sous le commandement du major WEBER.
Celui-ci, excellent officier, était le frère de Jean WEBER, Inspecteur Général des milices bernoises et Général des troupes helvétiques, tué au combat de Frauenfeld en 1798.
Sous les ordres des commandants BUCHER et d'ORELLI, les éléments instruits avaient été répartis le long des côtes de Flandre, sur lesquelles planait la menace d'un débarquement anglais. Le 17 mars 1808, le régiment dut envoyer tout son effectif disponible à BLANKENBERGHE, où cette menace se précisait. il y forma un bataillon provisoire de 437 hommes qui, rien ne s'étant produit, ne rentra à Lille que le 14 décembre, ayant perdu par les fièvres plus de 100 hommes.
Trois semaines plus tard; deux compagnies de ce bataillon repartaient pour Dunkerque où les rejoignirent le 9 janvier 1809 les grenadiers et les voltigeurs, ce qui portait l'effectif à 923 hommes.
En mai, ce bataillon, partit par alerte pour l'île de Gadzand, aux bouches de l'Escaut, où l'on annonçait comme imminente l'arrivée d'une flotte anglaise, qui ne vint pas. ..
Le 12 juillet, 200 hommes quittèrent Lille pour Gravelines, d'où ils escortèrent jusqu'à BRUGES un parc d'artillerie, puis de là, ils rejoignirent "en poste" le reste du bataillon.
L'Angleterre ayant promis à l'Autriche une importante diversion par 45.000 hommes, qui devaient débarquer aux bouches de l'Escaut, la 21ème demi-brigade y fut envoyée et le bataillon BUCHER y fut incorporé. Elle couvrit les deux rives de l'Escaut et ses fies, notamment celles de GADZAND, de BEVELAND et de WALCHEREN.
La bonne conduite et le zèle des Suisses leur valut les éloges des généraux et les capitaines GESSNER et CHAPUIS furent décorés. Quant au 4ème bataillon du régiment, il fut l'élément de base du dépôt de Lille, y recevant et instruisant les recrues arrivant de Suisse. Ses grenadiers formèrent à Lille la garde du Maréchal MONCEY, duc de CONEGLIANO, lorsqu'il vint prendre le commandement de l'armée de la tête des Flandres". Ils lui firent escorte du 21 août au 27 septembre 1809.
Le 3 juillet 1810, le 4ème bataillon gagna BRUGES et rejoignit le 3ème avec lequel il assura la garde des îles de GADZAND et de ZELANDE.
C'est à Berg-op-Zoom, sur l'Escaut, que le Colonel THOMASSET rentrant de sa campagne en Espagne, en reprit le commandement le 25 avril 1811.
A la date du 1er octobre de cette année, le 3ème régiment qui avait incorporé en cinq ans, par apports successifs, plus de 6.000 hommes, n'en comptait plus que 3.090, soit : 1.221 dans la 17ème division militaire, 629 au dépôt, 70 en Espagne, 127 en route et 1043 prisonniers des britanniques.
Son chef de corps, le Colonel de MAY (dont un frère était colonel de l'ex-régiment émigré de WATTEVILLE au service de l'Angleterre), qui ne s'était rendu à BAYLEN que sur l'ordre du Général DUPONT, parvint à obtenir son échange et fut libéré sous l'engagement de ne plus servir contre l'Angleterre et ses Alliés. Il vint donc résider à Lille, où il eut le plaisir de recevoir son adjudant-major, Charles VONDER WEID, fait prisonnier comme lui à BAYLEN sur un navire et qui danois. avait réussi à s'échapper de SELRIK, en Écosse, Très diminué par sa captivité, il ne tarda pas à prendre sa retraite.

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MessageSujet: Re: 3ème Régiment Suisse   Dim 14 Jan - 22:13

Merci mon cher Michel,

Les Suisses n'ont pas de secret pour vous Evil or Very Mad

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Michel

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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Lun 15 Jan - 14:58

Hélàs si, mon cher Sergent Lombart!

Je n'ai pas encore trouvé, entre autre, à quel endroit était leur dépôt de Lille!

salut


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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Lun 15 Jan - 15:03

LA CAMPAGNE DE RUSSIE.

Vint, hélas... pour les Suisses comme pour le reste de l'armée française, la douloureuse épreuve de la campagne de Russie.
Les quatre régiments devaient initialement faire partie du corps de DAVOUT et seraient donc allés à MOSCOU. Mais, sur une nouvelle décision, ils entrèrent dans le 2ème corps d'armée d'OUDINOT, après une réorganisation complète, destinée à les mettre sur le même pied que le reste de l'infanterie française, avec les mêmes armements et équipements.
Ce serait à partir de ce moment que les commandements, qui se faisaient jusqu'alors en allemand pour les troupes suisses se firent obligatoirement en français. Chaque régiment n'avait plus désormais qu'un colonel, un major et trois chefs de bataillon. L'effectif théorique du régiment passait de 4000 hommes à 2023, plus le bataillon de dépôt; qui, pour le 3ème, devait être transféré à COLMAR, mais fut maintenu a LILLE.
Plusieurs officiers furent admis à la retraite, d'autres furent promus. Le Colonel THOMASSET reçut le commandement effectif du régiment, dont les trois chefs de bataillon furent GRAFFENRIED, WELTNER et PEYER-IMHOF. Quant le régiment se mit en route, il était à l'effectif de 1980 hommes. Il reçut le 2 février 1812 sa compagnie d'artillerie (du lieutenant SONNAZ) à Nimègue, d'où il partit le 1er mars pour aller passer le Rhin à WESEL. Il arriva à MAGDEBOURG le 14 mars par MUNSTER, HANOVRE et BRUNSWICK.
Les quatre régiments suisses entrèrent dans la composition de la division BELLIARD où le 3ème forma avec le 128 ème de ligne la 9ème brigade du général COUTARD. Cantonnés aux environs de BRANDEBOURG, les hommes purent aller visiter BERLIN mais isolément, "par égard pour le roi de Prusse".
OUDINOT prit son commandement le 22 mai, ce qui fut l'occasion d'une grande revue à l'issue de laquelle il se déclara très satisfait de la bonne tenue et de la manoeuvre de ses troupes. Puis se fut la marche. vers l'est, à travers les campagnes si tristement pauvres de la Prusse orientale, où furent cependant opérées d'énormes réquisitions. Chaque homme reçut huit jours de vivres et 80 cartouches. Le 3ème régiment partit par une série de marches forcées de 27 lieues pour assister à une revue de l'Empereur qui n'eut lieu finalement que le 18 juin. Le souverain s'y montra mécontent du faible effectif des bataillons, amenuisés en cours de route par la désertion d'éléments allemands "incorporés par erreur"...
Le NIEMEN fut franchi sur un des trois ponts qu'avaient jetés nos sapeurs, celui de PONIEMEN, aux acclamations de la troupe saluant l'Empereur qui assistait à son passage. Le chef de bataillon J. de GRAFFENRIED avait pris le commandement du régiment en remplacement du Colonel THOMASSET, désigné comme adjudant-major du 9ème corps d'armée, de VICTOR à BERLIN. tandis que le général MERLE remplaçait à la tête de la 3ème division le Général BELLLIARD, passé à l'Etat-Major de MURAT.
Bientôt s'abattit sur la grande armée une terrible épidémie de dysenterie qui encombra les hôpitaux et les villages de la région, situation que vint encore aggraver une série d'incessants et très violents orages.
Le corps OUDINOT, détaché sur la gauche pour contenir les troupes de WITTGENSTEIN, passa la Wilia près de Janowo, puis opéra une marche concentrique de ses divisions contre le camp retranché de Drissa. La Division MERLE fut, au cours de ce mouvement, saluée par une violente canonnade menaçant surtout le parc de réserve et les équipages de l'armée qui marchaient dans son sillage. Le régiment de GRAFFENRIED, qui était chargé de protéger ce convoi, fit bonne contenance sous le feu jusqu'au soir, puis rejoignit le gros du corps d'armée, laissant en arrière-garde pour sa protection les deux compagnies d'élite de son 3ème bataillon, malheureusement privées de leurs chefs (l'un à l'hôpital, l'autre en mission à la brigade).
Le lieutenant KUNKLER, qui commandait ce petit détachement lui fit prendre position auprès du château Léopolda et il ne tarda pas à être attaqué par d'importantes forces ennemies qui franchirent la Duna en barques dans la nuit du 21 au 22 juillet. Il les accueillit avec beaucoup de sang-froid et parvint à se dégager par un feu intense et trois charges à la baïonnette entraînées par le vaillant tambour des grenadiers, PERNET.
L'ennemi repassa la rivière au moment où un régiment de la brigade COUTARD arrivait au secours de ce courageux petit détachement avec deux canons. Le brave KUNKLER, blessé, dut être remplacé par le capitaine FORRER.
L'avance de Napoléon contraignit WITTGENSTEIN à évacuer le camp de Drissa, qu'OUDINOT fit raser par la division MERLE. Celle-ci ne prit pas part à la bataille de JAKOUBOWO (31 juillet - 1er août) désastreuse pour les français qui y perdirent 5.000 hommes dont 2.000 prisonniers, et les bagages de la division LEGRAND. C'est l'arrivée des renforts du corps d'OUDINOT qui permit le repli sur POLOTSK.
Les compagnies de voltigeurs du 3ème bataillon de 3ème tenaient la ville de DISNA, où s'organisait un important hôpital. Le 2 août les russes attaquèrent le convoi des ambulances de l'armée qui s'y rendait escorté par une compagnie du 4ème régiment. Le Capitaine FORRER, avec ses deux compagnies d'élite parvint à les dégager et l'on fit sauter le pont sur la DUNA. L'hôpital fut évacué et le lendemain, malgré les cosaques, l'ensemble put gagner POLOTSK sans encombre.

A suivre...
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André Jouineau

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MessageSujet: 3e suisses   Lun 15 Jan - 15:55



slts
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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Mar 16 Jan - 13:39

POLOTSK

Tandis que le gros de l'armée poursuivait sa route vers l'est le corps d'OUDINOT livrait aux Russes de multiples combats sur la DUNA et autour de POLOTSK,.Il infligea à l'ennemi une sérieuse défaite qui valut à son chef le bâton de maréchal.
Malheureusement ses troupes étaient décimées par la dysenterie, l'absence de ravitaillement et la fraîcheur des nuits, vivement ressentie car les effets chauds n'arrivèrent que très tardivement pour remplacer les effets de toile.
Avec l'appoint du 6ème corps envoyé en renfort, l'effectif au 15 septembre n'atteignait environ que 20.000 hommes, dont 2.825 Suisses (ceux-ci avaient 1.200 malades à l'hôpital et dans les ambulances).
Les deux bataillons du 3ème régiment étaient séparés : l'un deux, celui du commandant WELTNER était aux avant-postes avec la division de cavalerie CASTEX et un régiment de cuirassiers. Le 12 octobre arriva un renfort de 1.000 à 1.200 recrues venant de France après une exténuante marche de 600 à 700 lieues.
Le 15 octobre, GOUVION-SAINT CYR, remplaçant OUDINOT blessé, dut concentrer ses faibles forces autour de POLOTSK pour résistera l'assaut des 70.000 hommes de TCHITCHAKOFF et de WITTGENSTEIN
Fébrilement furent édifiés des retranchements de campagne. Dès le 6 au matin., la cavalerie russe cherche à bousculer nos avant-postes : trois compagnies du bataillon WELTNER la contiennent un moment par un feu nourri et permettent à nos lanciers et à nos cuirassier s de se ressaisir. Pourtant il fallut rétrograder sur POLOTSK et c'est le 3ème suisse qui couvrit ce repli avec beaucoup de sang-froid, faisant front tous les cent pas, face aux charges furieuses de la cavalerie russe appuyée par de l'artillerie.
Le régiment, bien que privé de ses canons restés à POLOTSK, fit bonne contenance jusqu'au bout et fut cité à l'ordre de l'armée. Il eut grand-peine à regagner POLOTSK dans la journée du 18,car de nombreux éléments de la cavalerie russe l'avaient contraint à repasser la DUNA. C'est ce qui l'empêcha de participer au glorieux combat que livrèrent à un ennemi très supérieur en nombre les 1er et 2ème régiments suisses et le 3ème croate, à la gauche des français.
Ayant résisté héroïquement à de multiples charges de l'ennemi, ces deux régiments helvétiques avaient laissé sur le terrain 52 Officiers et 1.100 soldats tués. il leur restait à peine 700 hommes.
Pendant ces tragiques combats, le 3ème suisse rentrait à POLOTSK et y recevait 310 hommes pris sur le renfort arrivé de France. Intégré immédiatement à la défense des remparts, il fut placé avec le 4ème régiment sous les ordres du Colonel d'AFFRY. Avec l'appui de leurs canons, qui tirèrent plus de cent coups dans la journée, ils continrent par leur feu les assauts de l'infanterie du Prince JACHWYL, laquelle, attaquée en flanc par nos réserves, dut se retirer laissant 1500 morts au
pied des ouvrages.
En outre, le capitaine FORRER et le sous-lieutenant EHRLISMANN, avec quinze grenadiers du 3ème, réussirent par une action vigoureuse à empêcher l'ennemi d'emmener bon nombre de nos blessés, ainsi que 300 bavarois, qui avaient été faits prisonniers au cours de l'action.
Mais la lutte reprit bientôt : 50.000 Russes se ruèrent à l'assaut de POLOTSK, appuyés par une soixantaine de canons et de mortiers. La division MERLE couvrit la retraite du corps GOUVION-SAINT CYR, avec d'abord les quatre régiments suisses et le 3ème croate, puis avec le 4ème suisse seul, aux ordres du colonel d'AFFRY.
Ceci au prix de combats furieux, de rue en rue, de maison en maison, qui durèrent dix heures sans interruption, toute la nuit du 19 au 20 octobre. Nos derniers éléments franchirent à grand-peine la DUNA, dont les ponts avaient sauté.
WITTGENSTEIN donna un banquet dans le couvent des Jésuites qui, seul avait échappé à l'incendie et, dans son toast, il rendit hommage à la vaillance des troupes suisses et à leur chef, GOUVION-SAINT CYR, à qui un parlementaire apporta les félicitations de l'armée russe pour cette glorieuse défense.
Mais nos pertes étaient lourdes , notamment au 4ème régiment, qui avait perdu 35 officiers et près de 400 hommes. L'ensemble des quatre régiments comptait encore à peine 1.500 hommes, de leur côté les russes avaient perdu 10.000 hommes et six généraux. Cependant nos troupes étaient contraintes de recules en bon ordre pour rejoindre la Grande Armée.

A suivre...
Sources : Général Bezegher, Archives Mairie de Lille


Merci à André pour son illustration.
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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Mer 17 Jan - 13:55

LA BERESINA

Le 2ème corps d'armée avait été commandé par le Général MERLE du 24 octobre au 6 novembre, date à laquelle le Maréchal OUDlNOT put reprendre sa place malgré sa blessure. Il se joignit au 9ème corps pour rallier le gros de l'armée en retraite vers l'ouest et ils l'atteignirent vers ORCHA, gros centre de ravitaillement.
Les divisions MERLE et LOISON, bien soutenues par la cavalerie de DOUMERC repoussèrent toutes les attaques des russes lancés à leur poursuite, mais le 2ème et le 3ème régiments Suisses durent abandonner leurs canons à ORCHA., faute de chevaux et d'artilleurs. Leurs débris étaient dans un état de maigreur et de fatigue extrêmes, vêtus d'uniformes usés et souvent en lambeaux, mais ils étaient toujours animés de la même ardeur. Pressés à nouveau par l'ennemi, ils poursuivirent leur retraite avec le même ordre, le calme et la discipline des vieilles troupes. OUDINOT prit position pour protéger la retraite de l'armée mais le colonel d'AFFRY, dont le régiment était réduit à 230 hommes exténués obtint que les troupes suisses puissent se retirer vers l'ouest, en direction de GLOUBOKOYE.
GRAFFENRIED, déjà très malade, continua à suivre son 3ème régiment en s'occupant de la nourriture et du bien-être de ses hommes, mais terrassé par la fatigue et le froid, il dut partir en traîneau avec l'adjudant-major HEUSLER, laissant le commandement du régiment au chef de bataillon WELTNER, qui s'était conduit avec beaucoup de courage à POLOTSK. Les suisses reçurent le 19 novembre une bonne part des croix de la Légion d'Honneur que Napoléon accordait aux braves qui s'étaient distingués dans les combats de POLOTSK, et leur moral fut encore raffermi par une abondante distribution de vivres et de vêtements chauds pris sur un convoi russe.
Le Corps OUDINOT, grossi par la division polonaise DOMBROWSKI se heurta le 24 novembre à l'avant-garde russe du Comte PAHLEN, qui fut obligée d'évacuer BORISOFF, abandonnant un millier de tués et de prisonniers, ainsi que 1.500 chariots, mais il ne put l'empêcher de faire sauter les ponts sur la Bérésina.
La division MERLE, formée de deux maigres brigades CANDRAS et AMAY (celle-ci comprenant tous les suisses et les croates) arriva trop tard pour participer à l'action.
Le Général baron AMEIL, dans ses Mémoires, dit qu'il tenait AMEY pour un médiocre et qu'il fut promu divisionnaire plus par la bravoure de ses troupes que par sa valeur personnelle.
OUDINOT, ayant reçu l'ordre de remonter le cours de la Bérésina, mit ses troupes en marche dans la nuit du 25 au 26 novembre. La division MERLE, qui était à l'avant-garde, s'arrêta à hauteur de STUDIANKA pour protéger la construction des ponts que commençaient, avec célérité, le Général EBLE et ses 400 sapeurs, avec pour matériaux les charpentes et les colombages des maisons de STUDIANKA.
Les troupes commencèrent à franchir les ponts le 26 à deux heures de l'après-midi, après avoir défilé devant l'Empereur. Quant vint le tour de la division MERLE et des cuirassiers de DOUMERC, le 27 soir, Napoléon dit à MERLE (qui avait au début marqué une certaine défiance à l'égard du contingent helvétique et l'avait souvent gardé en réserve...) : "Général, êtes-vous content des Suisses?" Celui-ci répondit: "Oui, Sire. Si les Suisses attaquent avec autant d'ardeur qu'ils savent résister à l'ennemi, votre majesté en sera satisfaite". Napoléon dit : "Je le sais, ce sont de braves soldats." (Ceci rejoignait l'opinion du Maréchal GOUVION-SAINT CYR exprimait quelques jours plus tôt : ... "Je connais les Suisses ; un de leurs bataillons était sous mes ordres à CASTEL FRANCO... Les Français sont plus impétueux à l'attaque, mais s'il s'agit d'une retraite nous pouvons compter sur le sang-froid et la bravoure des Suisses ... ")
Les journées des 28 et 29 novembre furent à jamais mémorable pour la gloire de la division MERLE. A peine franchie la rivière, les quatre régiments suisses repoussèrent les tirailleurs russes et bivouaquèrent dans les bois couronnant les hauteurs qui la dominaient à portée de canon. La neige tombait par rafales et un vent glacial: faisait rage. La proximité de l'ennemi empêchait d'allumer des feux. Couchés dans la neige en se serrant les uns contre les autres,avec leur sac pour oreiller, les hommes attendirent le jour. Dès que celui-ci parut, les russes attaquèrent: 35.000 d'entre-eux entamèrent une lutte acharnée contre les 20.000 hommes, débris de l'armée, tentant de protéger le passage du reste de nos troupes ainsi que du flot des isolés et des traînards.
La division MERLE qui supportait le principal effort de l'ennemi ne comptait plus qu'à peine 1.500 fusils. Dès sept heures du matin, le chef de bataillon BLATTMANN, qui commandait le 1er Régiment suisse, mêlé aux restes des trois autres, parcourut le front de bataille de ses compatriotes et pria le lieutenant LEGLER d'entamer l'hymne patriotique "Unserer Leben gleicht des Reise eines Wanders in der Nacht "(Notre vie ressemble à un voyage de nuit). Tous les hommes le reprirent en choeur et les officiers firent le serment de ne point s'occuper des blessés éventuels et de combattre jusqu'au dernier homme.
Quand l'offensive russe se déchaîna, OUDINOT ordonna à la division MERLE de se porter à. la rencontre de l'ennemi, mais, blessé à ce moment, il dut passer son commandement à NEY.
Les Suisses, profitant des arbres de la forêt, se formèrent en longues lignes de tirailleurs et progressèrent, mais les tireurs russes visant surtout les officiers, le général CANDRAS et le Commandant BLATTMAN furent tués ; les généraux AMEY, DOMBROWSKI et CLAPAREDE blessés.
Pour parer à un puissant débordement de notre aile droite par l'ennemi, NEY envoya à MERLE le renfort de l'excellente légion de la Vistule, ce qui permit de conserver la forte position de AWNIKI. Les russes redoublèrent alors d'effort pour leur débordement qui menacerait les ponts. il fallut une vigoureuse charge des cavaliers de DOUMERC pour les arrêter : trois bataillons russes furent contraints de mettre bas les armes et furent faits prisonniers par les Suisses : dirigés sur KAMEN, ils y périrent presque tous de congestion par le froid en trois jours.
L'ennemi lance alors un nouvel assaut en force. Comme les Suisses sont à court de munitions, ordre est donné de charger à la baïonnette. Le tambour KUNDERT, qui bat cette charge avec entrain est blessé presqu'aussitôt, mais le capitaine REY prend sa caisse, entraînant un millier de Suisses, dont ceux du 3ème régiment, commandés par l'Adjudant-major HARTMANN.

A suivre...
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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Jeu 18 Jan - 13:17

LA BERESINA (suite)

Six fois de suite, la division MERLE et la cavalerie doivent renouveler leurs contre-attaques face à un ennemi de plus en plus mordant et nombreux, appuyé par une puissante artillerie. Le terrain est couvert de nos morts et de nos blessés. Au 3ème régiment notamment, le commandant WELTNER a une jambe emportée par un boulet.; Le commandant TONDERWEID reçoit une balle dans la gorge et tombe dans les bras de ses lieutenants. L'Aigle du 2ème régiment change trois fois de mains.
La Légion de la Vistule relève à ce moment les débris de la division, mais malgré l'action énergique de NEY, il faut se replier sur la 2ème ligne, tandis que les Russes passent la nuit dans les bois. Les Suisses aux-aussi bivouaquent pour la 3ème nuit dans la forêt de ZAWNIKI, mais ils ne sont plus que 300, dont un tiers est blessé.
"Braves Suisses..." s'écrie le Général MERLE en passant devant leur bivouac : "Vous méritez tous la Croix de la Légion d'Honneur'". Effectivement, sur le rapport qu'il en fit à l'Empereur, celui-ci leur accorda sur le champ de bataille même 62 décorations, dont 15 pour le 3ème régiment. Malheureusement, par suite de la dissolution de l'armée, ce décret ne fut pas enregistré et rares furent ceux qui obtinrent cette décoration pour des Services postérieurs, comme le lieutenant AMIEL.
L'effectif des quatre régiments, qui était de 7.605 hommes à l'entrée en campagne, était tombé à 3.000 hommes. Pourtant l'ingratitude de l'oubli et du silence s'acharna sur ces malheureux alliés : THIERS, dans son Histoire du Consulat et de l'Empire ne mentionna même pas la vaillance et le sacrifice des Suisses à la Bérésina.
Le 9ème corps reçut l'ordre d'abandonner la position de STUDIANKA et de passer sur la rive droite pour y relever la Garde, qui se retirait avec l'Empereur sans avoir tiré un seul coup de feu. Les sapeurs durent ouvrir une véritable tranchée entre les cadavres et les chariots pour livrer un passage aux troupes de VICTOR. Puis les ponts furent détruits par ordre d'EBLE le 29 vers neuf heures du matin, ce qui laissait en rive gauche, aux mains des Cosaques, un minimum de 15.000 prisonniers,
militaires ou civils.
La retraite se poursuivit par le défilé de ZEMBIN. il faut souligner, à la fin de cette horrible tragédie, la bravoure et la fidélité à leurs chefs que montrèrent là les troupes étrangères au service de la France, et plus spécialement les Suisses, dont beaucoup e servaient que pour l'honneur du drapeau et celui de leur propre pays.
NAPOLEON aurait dit à ce. sujet à METTERNICH, le 13 Juin1813, peu avant la bataille de DRESDE : "Les français ne peuvent pas se plaindre de moi. Pour les ménager, j'ai sacrifié les allemands et les polonais. J'ai perdu 300.000 hommes dans la campagne de Russie,mais dans ce nombre, il n'y avait pas plus de 30.000 français ..."
C'était peut-être là une boutade, mais bien proche de la vérité, car la Bavière avait perdu 32.000 de ses enfants et la Suisse 9.000. Effectivement, lorsque le général MAISON prit le commandement de l'arrière-garde du corps OUDINOT retraitant vers WILNO, il réunit péniblement 1.500 hommes. Ayant demandé où étaient les Suisses, il put à grand-peine réprimait son émotion devant la maigre poignée de braves qui subsistait des quatre beaux régiments ayant franchi le NIEMEN en juin: Le seul 3ème régiment comptait encore 60 hommes groupés autour de leur Aigle, avec les capitaines DONATZ, GREBER, FORRER et le lieutenant AMIEL.
L'Armée s'écoulait lentement par ZEMBIN, SMORGONI, OZMIANA, mais plusieurs officiers Suisses ne purent suivre en raison de leurs blessures et restèrent en arrière, soignés par quelques uns de leurs soldats dévoués. Ainsi le commandant WELTNER, amputé d'une jambe, dut être transporté dans une chaumière qui fut incendiée et il périt dans les flammes. Le commandant VONDERWEID, avec les officiers TSCHUDY et HOPF, blessés aussi, fut installé dans une grange de NASSIBOW, où il succomba à la terrible blessure qu'il avait reçue au cou.
Les Russes tentèrent de déborder notre colonne par le Nord et faillirent faire prisonnier le Maréchal OUDINOT dans la grange où il soignait ses blessures, vers PLESCHNITZKY : il ne fut dégagé que par l'arrivée de deux bataillons westphaliens, marchant derrière la suite de l'Empereur.
Le froid s'accentuait, atteignant -30° le 8 décembre; les oiseaux tombaient gelés et il n'y avait plus une maison où s'abriter, toutes ayant été démolies et leur charpente brûlée par les premiers fuyards. Les hommes n'avaient plus rien ni pour manger ni pour s'abriter. S'ils s'endormaient autour des feux de bivouac, on les retrouvait au matin brûlés d'un côté et gelés de l'autre... En une seule nuit, le petit détachement du 3ème régiment perdit encore quinze hommes. il est impossible de décrire en détail les souffrances, le véritable calvaire que subissaient les débris de ces troupes, ivres de fatigue et affamés, qui ne retrouvaient quelque énergie que pour faire feu sur les Cosaques.. Le 3 décembre, ceux-ci avaient encore enlevé 24 canons et fait 2.500 prisonniers, forçant les bavarois à se retirer sur WILNO.

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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Ven 19 Jan - 12:15

LA BERESINA (suite)

Le 5, à SMORGONI, NAPOLEON décida de rentrer en France avec CAULAINCOURT, LOBAU, DUROC et LEFEBVRE-DESNOUETTES.
Ce départ ne tarda pas à s'ébruiter, ajoutant encore à la confusion générale, mais l'approche de WILNO, où avaient été accumulés quantités de vivres, de vêtements et d'armes réconfortait les survivants de cet effroyable massacre.
MURAT, qui en avait reçu le commandement, y trouva un renfort de 10 à 12.000 hommes de troupes fraîches : les bavarois, la division LOISON et sa cavalerie napolitaine,que malheureusement il ne sut pas utiliser rationnellement. Au lieu de les garder jusqu'au dernier moment à l'abri dans la ville, il lança au-devant des fuyards ces éléments formés surtout de jeunes soldats non aguerris et non entraînés aux intempéries. Ceux-ci, en 48 heures d'un froid rigoureux, furent frappés de congestion et tombaient en pleurant, jonchant le sol de milliers de cadavres...
Le commandant BLEULER qui, avec son bataillon du 4ème régiment, avait amené péniblement à WILNO un convoi de prisonniers Russes et y avait trouvé un renfort de 300 Suisses amenés de France par le lieutenant MATHEY, s'était porté au-devant de l'Empereur dans les mêmes conditions que ci-dessus, ne tarda pas à être entraîné par la masse des fuyards et des recrues mourantes. il ne rentra à WILNO qu'avec une trentaine d'hommes. Il y fut rejoint par plusieurs officiers ou soldats qui s'étaient trouvés isolés au cours de la retraite, mais de nombreux camarades étaient morts en cours de route, comme le commandant de GRAFFENRIED qui, blessé de plusieurs coups de lance, avait été forcé de se rendre,ainsi que l'adjudant HEUSLER, et était mort le 6 décembre.
Le vieux Colonel RAGUETTY, du 1er régiment, avait été pris par les Cosaque et était mort le 10 décembre. Beaucoup d'autres demeuraient prisonniers des Russes. Ceux qui avaient pu gagner WILNO avaient été. affreusement déçus, car tous les approvisionnements y avaient été complètement pillés.
Heureusement, 50.000 hommes de NEY. LOISON, et de WREDE, rassemblés péniblement furent évacués en 24 heures par la route de KOWNO. Mais il avait fallu y abandonner 8.000 blessés et 12.000 traînards. Les Cosaques auraient sabré sans pitié tous les isolés trouvés dans les rues et les juifs lituaniens auraient dé fenestré ou assassiné nos blessés... (???)
Lorsque l'Etat-major Russe mit fin à ce carnage 45.000 cadavres encombraient la Ville (??). On ne pouvait les enterrer, la terre étant trop durcie par le gel et on ne réussit pas à les brûler. il fallut attendre le dégel pour s'en débarrasser.
Trésor et Archives durent être abandonnés en cours de route.
MURAT laissa le commandement au Prince EUGENE et se borna à indiquer des points de destination aux différents corps, Les Suisses, avec le 2ème corps, devaient gagner MARIENBOURG où se trouvait déjà le colonel d 'AFFRY.
Après 57 jours de marche de POLOTSK au NIEMEN , leurs officiers espéraient trouver un lit et du pain à KOWNO, dernière ville Russe, où ils arrivèrent les 16 et 17 décembre. Mais le petit dépôt de leurs régiments confié au capitaine HIRZEL, soit 150 soldats et leurs musiques renvoyés de POLOTSK. avait déjà gagné MARIENBOURG.
Leur calvaire se poursuivit donc et. bien que la poussée des Russes se fut beaucoup affaiblie, la débandade s'accentua du fait des fuyards. De nombreux officiers périrent en cours de route et ceux qui parvinrent à MARIENBOURG avec une poignée d'hommes étaient tous plus ou moins gelés. mutilés ou éclopés. On estime que. sur 400.000 hommes ayant franchi le NIEMEN en juin, seuls 20.000 à peine. "bâtis à chaux et à sable" revirent leur patrie.

A suivre...
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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Sam 20 Jan - 13:57

LA CAMPAGNE DE 1813

Au quartier général du 2ème corps. à MARIENBOURG. le Colonel d'AFFRY recueillit les quelques éléments helvétiques et tenta d'y mettre un peu d'ordre. Il y avait là initialement :
    11 hommes du 1er régiment avec le capitaine ROSSELET
    70 hommes du 2ème régiment avec le capitaine RUSCA
    87 hommes du 3ème régiment avec le capitaine THEILER
    43 hommes du 4ème régiment avec le commandant BLEULER.

Leur nombre s'accrut quelque peu de jour en jour.

Mais comme les Russes approchaient et que les Prussiens allaient s'allier avec eux, ordre fut donné le 1er janvier 1813 de gagner KUSTRIN, par Deutsch KRONE , par une marche d'une centaine de lieues. Formés en quatre compagnies provisoires, les Suisses séjournèrent quinze jours à KUSTRIN, où ils reçurent quelques recrues venant des dépôts de France. Mais il fallut y renvoyer bon nombre de survivants de l'effroyable tragédie, qui étaient inaptes à faire campagne et qui allèrent compléter leurs 3ème bataillons restés aux dépôts.
Ne restèrent à KUSTRIN que 234 hommes formés en trois compagnies aux ordres du capitaine JOSS. Quant aux rapatriés, partis le 24 Janvier de KUSTRIN , ils retrouvèrent dans les hôpitaux de BERLIN 200 de leurs camarades malades ou blessés. ils gagnèrent MAGDEBOURG, où ils reçurent pour la première fois depuis juin1812 une solde régulière et ils allèrent passer le Rhin à MAYENCE, et, de là, gagnèrent leurs dépôts respectifs.
Celui du 3ème avait été rapproché de LILLE à LANDAU ; il était commandé par le Colonel de MAY, qui n'avait pas pu prendre part à la campagne de Russie, et son effectif atteignait 629 hommes, dont 350 de retour de Russie.
BUCHER commandait le bataillon de guerre, avec l'adjudant-major KUNKLER et les capitaines DONATZ, THEILER, TAGLIOROTTI et HIRZEL.
Plusieurs officiers Suisses en surnombre passèrent dans les régiments français, d'autres furent réformés ou démissionnèrent.
Les quatre bataillons de guerre furent envoyés en Hollande et y formèrent une demi-brigade aux ordres du Colonel ABYBERG, du 2ème régiment.
Le 1er septembre 1813, le Général Baron AMEY, chargé d'organiser la défense du Royaume de Westphalie devant la menace d'une avance des Russes et des Prussiens, prit sous son commandement la demi-brigade Suisse. Celle-ci fut dirigée sur MINDEN, moins le 4ème régiment qui resta à CRONINGUE.
Les trois bataillons, avec un effectif de 1.916 hommes, formèrent le noyau du "Corps d'observation de la WESER". Le 1er bataillon, attaqué dans BREME par l'ennemi, brûla 24.000 cartouches et perdit 2 officiers et 107 hommes, mais mit 700 Russes hors de combat.
Le colonel ABYBERG, parti de MINDEN avec le 2ème bataillon pour aller au secours de BREME, dut faire demi-tour et la retraite générale fut alors décidée.
La Westphalie fut abandonnée. Les équipages du Général AMEY, du Préfet, des trois bataillons Suisses, les familles des fonctionnaires et les Caisses Publiques furent expédiés à OSNABRUCK,. sous la garde du 3ème bataillon.
Toutes les troupes reçurent l'ordre de repasser le Rhin et les régiments étrangers furent licenciés, sauf les Suisses, auxquels l'Empereur garda sa confiance. (Ceux qui étaient restés à KUSTRIN y furent assiégés et durent se rendre, faute de vivres, le 7 mars 1814).
Les trois bataillons de marche furent dispersés dans les places de la rive gauche du Rhin. Le 3ème bataillon servit d'escorte au Général AMEY jusqu'à JULIERS. Quand ce dernier partit pour prendre le commandement d'une division du corps MACDONALD, le 3ème régiment rejoignit le 2ème avec lequel il rentra à WESEL le 19 novembre 1813. Ils s'y trouvèrent à nouveau sous les ordres du Général MERLE et fournirent quelques détachements aux garnisons voisines.
Bien qu'amoindris par les maladies et quelques désertions, les Suisses se plaignirent qu'un ne les menât pas à l'ennemi. Le Général MERLE leur répondit:
"Je connais les Suisses que j'aime et que j'estime. J'aurai sans cesse présente à ma mémoire leur valeureuse conduite dans la campagne de Russie, les six assauts qu'ils ont repoussés à POLOTSK et les belles charges à la baïonnette qu'ils ont exécutées à la mémorable bataille de la Bérésina. Les braves et loyaux Suisses doivent avoir confiance en moi. Je désirerais qu'ils puissent se servir chacun de deux fusils ; je les leur ferais délivrer sur le champ..."

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MessageSujet: Le 3ème régiment suisse (suite)   Dim 21 Jan - 14:48

LA FIN.

Quand Paris fut pris par les Alliés, il restait encore à GREFELS, JULIERS, WESEL et MAESTRICHT environ un millier de soldats suisses, dont 353 du 3ème régiment.
A l'invitation des généraux MERLE et DURUTTE, ils arborèrent la cocarde blanche et déclarèrent qu'ils adhéraient sans réserve à la nouvelle dynastie.
Le Colonel de MAY à LANDAU, chercha à éviter la suppression des régiments Suisses et sollicita du Landamann REINHARDT le rappel de ses troupes pour protéger le territoire helvétique. Mais c'était trop tard. Il reçut l'ordre d'expédier à WESEL 294 hommes disponibles des 2ème, 3ème et 4ème régiments encore à LANDAU, sous le commandement du Chef de Bataillon PEYER-IMHOF, mais la place fut cernée par les Bavarois de DE WREDE , qui avait rallié les rangs alliés, et dut se rendre. Le dépôt général des quatre régiments à Besançon, où les Suisses tenaient la citadelle, dut aussi se rendre après un siège, qui leur occasionna de nouvelles pertes.
Après l'abdication de Fontainebleau, un lieutenant apporta aux Chefs des détachements suisses de Sélestat, LANDAU, MAYENCE et WESEL la décision de la Diète les libérant de leur serment à l'Empereur et les autorisant à servir les Bourbons.
Lorsque le Colonel de MAY reçut ces instructions, en présence de deux officiers, il déclara qu'en tant que Suisse il s 'y soumettrait. Mais le Général de VERRIERES, Commandant d'armes, décida de continuer à défendre la place avec deux régiments français. Une partie des officiers Suisses du 3ème régiment se rangèrent à ses ordres et refusèrent d'obéir à leur chef, ce qui valut par la suite de graves ennuis au Colonel de MAY.
En Avril 1814 les places de WESEL, JULIERS et GRONINGUE furent rendues aux hollandais, ainsi que BERG-OP-ZOOM, où le Général BIZANET, remportant une dernière victoire de l'Empire, avait infligé une cuisante défaite aux britanniques qui l'assiégeaient.
Les bataillons Suisses de guerre rentrèrent à Lille et BOUCHAIN puis furent répartis entre PARIS, METZ, AMIENS et ARRAS.
Le dépôt du 3ème régiment fut alors transféré à STRASBOURG là, le capitaine FORRER, qui ne cessait d'accuser le Colonel de MAY de trahison depuis la capitulation de LANDAU, obtint qu'une enquête fût ouverte à ce sujet, disant que le Colonel avait eu des intelligences avec un général Russe pour lui livrer la place.
Le Duc de VALMY mit de MAY aux arrêts de rigueur, malgré les protestations de celui-ci, qui se couvrait de la décision de la Diète et mit à son tour FORRER aux arrêts pour insubordination.
C'est alors que le 3ème bataillon de marche reçut l'ordre de rejoindre ARRAS, où il arriva le 27 janvier 1815 et fut réuni au 1er régiment Suisse.
Lors du débarquement de NAPOLEON au Golfe Juan le 1er mars 1815, les 2ème et 4ème régiments Suisses étaient chargés de la garde des Tuileries et, comme leur chef, le Colonel d'AFFRY, ils refusèrent de se joindre aux troupes françaises repassées au Service de l'Empereur. lis furent désarmés dans leurs casernes et y restèrent consignés
Quant aux bataillons des 1er et 3ème régiments, ils furent expédiés d'ARRAS sur PARIS dans des chariots à quatre roues, mais ils ne trouvèrent ni chefs, ni instructions au passage à AMIENS et à CHANTILLY.,
Gardant leurs fanions fleur-de-lys et leurs cocardes blanches ils traversèrent sans incident les troupes françaises et à Paris se joignirent au 2ème régiment.
Le Colonel de MAY, Violant ses arrêts, avait tenté de rejoindre ces troupes à DOULLENS, mais, ayant appris que Louis XVIII avait fui en Belgique, il suivit les équipages royaux jusqu'à Tournai, puis rentra en Suisse par FRANCFORT et FRIBOURG-en -BRISGAU.
Le 1er avril parvint enfin aux unités suisses, l'ordre de la Diète de réintégrer le territoire helvétique. La quasi-totalité des militaires de tout grade obtempéra à cet ordre, malgré les offres d'enrôlement des autorités françaises.
Pourtant le Colonel STOFFEL, Baron de l'Empire, Suisse né en Espagne et appartenant depuis douze ans à l'Etat-Major Impérial, profitant du départ du Colonel de MAY, parvint à constituer un bataillon de marche suisse, à trois compagnies, avec 37 officiers et 270 soldats, dont 92 du 3ème régiment. Ce bataillon alla s'organiser dans le Nord, puis fit partie du 3ème corps, sous VANDAMME.
Lors de la bataille de WATERLOO, il se comporta bravement à l'assaut des ponts de WAVRE, où il perdit beaucoup de monde.
Lors de la retraite, laissant ses blessés à LOUVAIN, il fut dirigé sur Orléans, puis AGEN, où il fut licencié. A leur retour en Suisse, ses survivants furent durement et impitoyablement châtié sur ordre de la Diète :
    Les officiers furent déclarés indignes de l'indigénat suisse.
    Les sous-officiers et les soldats furent déchus du droit de servir dans les troupes "capitulées". ils eurent la tête rasée et reçurent cent coups de verge sur le front des troupes.


Le 3ème régiment, pendant tous les combats de l'Empire, demeura fidèle à la devise des troupes suisses "HONNEUR ET FIDELITE qui deviendra celle de notre Légion étrangère.

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