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 Le foetus de Verneuil

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Jean-Yves
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MessageSujet: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeJeu 18 Jan - 22:44

Voici un article pâru dans "Connaissance de l'Eure n°143, janvier 2007" et retranscris ici avec l'aimable autorisation de son auteur : le docteur Pierre-Albert Martin. : Le foetus de Verneuil
Le 24 Prairial an XII (13.06.1804), un fait divers tout à fait extraordinaire suscitait une vive émotion dansla charmante ptit vile de Verneuil sur Avre et aussi dans les milieux médicaux les plus qualifiés de l'époque. Pensez-donc....un foetus humain, partiellement calcifié, venait en effet d'être découvert à l'autopsie abdominale à l'autopsie abdominale d'un jeune vernolien de 14 ans.
L'affaire fit naturellemet grand bruit et nous en trouvons notamment mention dans la "Notice historique sur la ville et les environs de Verneuil" de A. Guilmeth, publiée pour la 1ere fois en 1834 et tout récemment rééditée par l'association pour la Sauvegarde des Edifices Vernoliens.
On peut en effet lire, p.23, l'allusion suivante :
-En 1804, mourut à Verneuil le jeune Amédée Bissieu, né en cette ville le 24 avril 1790 ; devenu célèbre par l'étrange foetus trouvé dans son corps.
-et, en note, ces précisions : ce foetus placé dans l'hypocondre gauche, portait une tête de plusieur années 'existen. La place des yeux n'était indiquée que par deux cavités, dont l'une était peu sensible ; mais plusiers dents, dont sept entièrement formes et implantées dans des directions différentes, s'offraient à une faible ouverture que l'on pouvait regader come étan la bouche. Une quantité remarquable de cheveux, roulés en paquet et mêlés garnissait le cuir chevelu. Comme l'individu qui l portait, ce foetus était de sexe asculin. (Voyez le Bulletin de la Société de Médecine du département de l'Eure, an XIII, et les mémoires ou proès-verbaux des Ecoles de Médecine et de Chirurgie de Paris, même année).

(A suivre)

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Dernière édition par le Dim 28 Jan - 9:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeDim 21 Jan - 22:55

Nous ignorons si ces bulletins ou comptes-rendus sont encore consultables, mais par chance nous disposons de deux documents de référence, conservés au Musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine de Rouen et dont voici de larges extraits :
1)-Il s'agit tout d'abord d'une notice descriptive, intitulée "Phénomène curieux et très intéressant",datée du 21 messidor an XII (soit le 10 juillet 1804, moins d'un mois après le décès du jeune Vernolien) et signée de "Blanche, Docteur en Chirurgie" (sans nul doute Antoine-Louis Blanche, 1753-1816, qui fut chirurgien en chef des Hôpitaux militaires de Rouen et dont la généalogie est digne d'intérêt puisque son fils Antoine-Emmanuel-Pascal créa l'Ecole de Médecine de Rouen, son petit-fils Emmanuel, le botaniste, fonda la Société des Amis des Sciences Naturelles de Rouen, et son arrière-petit-fils fut le célèbre peintre Jacques-Emile Blanche).
Cette notice est intéressante à tous égards, ne serait-ce que par son style :
".....Il naquit d'une faible constitution ; son premier développement fut difficile. A peine put-il balbutier, qu'il se plaignit d'une gêne dans le côté gauche. Peu à peu,cete partie augmenta de volume ; les dernières fausses-côtes s'élevèrent et présentèrent à l'oeil une espèce de difformité. Il éprouvait constamment une faiblesse dans cette partie. Parvenu à l'âge où on décore les enfants de l'habit qui distingue leur sexe, les culottes l'embarrassaient. Enfin, à l'époque où il commença son instruction, on ménagea sa mémoire par crainte d'altérer sa santé. La nature l'avait doué de très heureuses dispositions ; sa famille en profita, et l'envoya à Rouen pour y alimenter son goût pour l'étude.
C'est alors que j'eus l'occasion de le voir chez un de mes amis ; dès ce temps il se plaignait d'un mouvement douloureux dans l'hypocondre gauche, dont il faisait dépendre la cause de l'existence de vers dans cette région. On le mit en pension,et ce fut quelque temps après (le 5 nivôse dernier) qu'il fut attaqué d'une douleur poignante dans le côté, accompagnée de fièvre et d'oppression. On appela le Docteur de la maison qui le saigna et le médicamenta. J'y fus appelé le 7eme jour de sa maladie. Je le trouvai en fièvre, et une tumeur considérable occupait toute l'hypocondre gauche. Nous nous concerttâmes mon collègue et moi sur le traitement à lui administrer, basés sur la croyance que nous avions qu'il existait une maladie organique.
Ce traitement dura plusieurs mois ; d'autres médecins eurent l'occasion de le voir, et tous furent d'accord qu'il succomberait. Ce jeune homme était tombé dans un état de marasme absolu. On réolut de le renvoyer dans sa famille. Le mal fit des progrès ; la tox, les crachats purulents, le dévoiement, le réduisirent dans un état tout à fait désespéré.
Quelsques semaines après être arrivé chez lui, il rendit dans une selle un flacon de cheveux, le mal empira, et il succomba le 23 prairial. Ouverture en fut faite le 24 ; on trouva une tumeur très volumineuse dans l'hypocondre gauche, contenue dans le colon ; on l'ouvrit et on trouva cette tumeur enveloppée d'une matière purulente et jaunâtre contenant une masse de cheveux et un foetus presque osseux et d'une forme très irrégulière, ce qui détermina les médecins afin d'examiner les choses plus attentivement, à enlever l'estomac, la rate, et une partie de la portion droite et transverse du colon. On procéda à l'examen des cheveux ; on examina ensuite le foetus ; la tête difforme, allongée d'arière en avant, offrait le cuir chevelu garni de cheveux ; au-dessous deux petites houpes de poil où naît à la tête des sourcils, une dépression du côté droit qui semble indiquer la place de l'orbite ; du côté gauche, un repli de la peau et une appendice cartilagineuse qui indiquent l'endroit de l'oreille,sept dent belles et compactes, qu'on peut regarder comme très anciennes ; le tronc est courbé d'arrière en avant. A la place des extrêmités supérieures, deux points osseux dénués de peau ; à la place de l'extrêmité inférieure droite, mêmes points et aussi sans peau ; l'extrêmité inférieure gauche est entière, présentant différentes courbures ; le pied n'a que trois orteils, tous trois garnis d'ongles épais et larges ; près cette extrêmité est une appendice membraneuse dans laquelle on sent quelques points durs, qui peut-être sont osseux.
(A suivre)

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MessageSujet: Re: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeLun 22 Jan - 22:36

Une espèce de cordon court qui naît de la aprtie antérieure du col, et qui s'en élargissait, va se confondre dans un corps spongieux en apparence, qui est parsemé de plaques osseuses, lisses et polies, lequel corps est adhérent à la face interne du coton.
L'ensemble de ce foetus présente au toucher une résistance véritablement osseuse, ce qui indique assez qu'il est ancien, et sans doute aussi vieux que le sujet dans l'hypcondre duquel il a été trouvé. Si on ne peut citer des faits qui viennent à l'appui de cette opinion, on en connaît au moins qui en approchent beaucoup. En effet, n'a-t-on pas vu et fréquemment observé des enfants venus au monde avec deux têtes, quatre bras : etc...ce qui milite bien en faveur de la double conception.
Pourquoi celui qui est l'objet sde nos recherches ne serait-il pas dans le même cas ? Deux germes sont lançés à la fois, et se trouvent confondus, l'un contenant un principe de développement plus actif prend la supériorité sur l'autre, l'enveloppe, l'affaiblit sans le détruire totalement.
Ce raisonnement ne paraîtra peut-être pas concluant pour tout le monde ; mais dans le champ des hypothèses, il faut, autant qu'il est possible, moissonner le meilleur grain.
Nota-Le dessin de ce phénomène a été très bien fait, d'après nature, par M. Houel, peintre de cette ville.
Nous ignorons malheureusement ce que sont devenus ce dessin et la pièce anatomique.

Le foetus de Verneuil Foetus1wn
le foetus "lithopédion", au musée Flaubert et de la médecine à Rouen.
(A suivre)

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MessageSujet: Re: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeJeu 25 Jan - 13:25

2)-L'autre document à notre disposition est le tome VIII de l'édition de Paris 1807 du traité de Gaspard Lavater sur "l'art de connaître les hommes par la physionomie", ouvrage qui connut une grande notoriété à l'époque.
Rappelons brièvement qui était lavater : pasteur et théologien de Zurich, aux interminables sermons, il s'était tourné peu à peu vers des voies plus mystiques ou occultes (notamment le Mesmerisme). Beau parleur et débordant d'imagination, il édifia de nombreuses théories irrationnelles qui eurent néanmoins un succès considérable en Allemagne (avec Zimmermann,...) et dans toute l'Europe. Parmi elles : La Physiognomonie, où les caractères des hommes, voire des animaux, sont étudiés d'après leurs conformations extérieures, le faciès ou la silhouette...(à signaler la très belle iconographie de l'ouvrage).
lavater est mort en 1801, donc antérieurement aux faits qui nous intéressent, et c'est un médecin de la Sarthe, nommé Moreau, qui a rédigé un chapitre additionnel pour cette réédition (consacré aux maladies héréditaires et aux monstres).
Voici ce qu'il écrit à propos du foetus de verneuil :
Un corps double encore plus extraordinaire est celui qui a été annoncé, il y a deux ans, avec tant de bruit et d'éclat à la curiosité publique, sous le titre d'un foetus monstrueux trouvé dans le corps d'un jeune homme de Verneui, âgé de quatorze ans.
(A suivre)l

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MessageSujet: Re: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeSam 27 Jan - 11:12

Ce jeune homme, auquel la bizarrerie de son malheur et de sa mort ont donné une sorte de célébrité, se nommait Bissieu. Son enfance fut pénible, et dès qu'il balbutia, il se plaignit de douleurs au côté. Il avait le ventre très gros, mais variable dans son volume. Son corps, par la suite, resta grêle ; sa figure était maigre et pâle. A douze ans, la santé parut devenir un peu meilleure ; mais bientôt il ressentit au côté des douleurs vives avec fièvre. Une tumeur large et saillante se manifesta à l'hypocondre gauche, et le malade mourut avec toutes les apparences d'une phtisie, le 23 prairial an 12.
Des recherches exactes sur son cadavre ont fait découvrir dans son intérieur un foetus monstrueux, ou plutôt un corps organisé du même âge que celui aux entrailles duquel il était attaché.Lorsque la nouvelle d'un phénomène aussi nouveau et aussi incompréhensible fut annoncée, le premier sentiment fut celui du doute ; le premier cri, le cri de l'incrédulité.
Un examen attentif, et les recherches cadavériques les plus exactes n'ont plus laissé aucun doute par la suite. Le foetus trouvé dans le corps de Bissieu était son frère. par un défaut d'espace suffisant, le germe de ce foetus, plus faible d'ailleurs, plus lent dans son développement que le foetus son frère,, ou même peut-être fécondé plus tard, et produit par une superfétation, a dû s'être développé à la surface des entrailles de l'individu plus fort, et dont, à cette époque de réunion, les téguments de l'abdomen n'étaient pas encore formés. On l'a trouvé renfermé dans une poche membraneuse qui a fait fonction de matrice, et qui s'était développée dans l'épaisseur du mésocolon transverse, auquel adhérait un cordon ombilical fort court.
(A suivre)

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MessageSujet: Re: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeSam 27 Jan - 13:16

Cet être monstrueux qui s'était accru dans le sein de sonfrère était d'ailleurs doué d'un organisme dont il était impossible de douter. la dissection y fit découvrir quelques traces d'orgasmes dess ens, uncerveau, une moelle épinière,des erds très volumineux, des muscles transformés en une matière fibreuse, un squeltte formé d'une colonne vertébrale,d'une partie supérieure que l'on,pouvait regardercome une tête déformée ; enfin, d'une ébauche assez imparafaite des membres ; ensemble de dispositions bien suffisant pour établir l'individualité de cette masse organisée.
La peau qui recouvrait ce corps était épaisse et ridée, parsemée de plusieurs prolongements, qui annonçaient, ainsi que le développement de plusieurs dents et la pousse d'une grande quantité de cheveux, que la vie, resserrée dans un espace trop étroit,s'était exercée à la surface, et par l'altération ou même la transformation des parties qu'elle n'a pu développer ni étendre.
tel est, sur un phénomène que l'on,pourrait appeler la merveille du dix-neuvième siècle, le résultat de nos propres observations, et d'un très long mémoire qui a été communiqué dns le temps à la société de l'ecole de Médecine de Paris par le chef des travaux anatomiques.
L'on voit aisément qu'une partie du merveilleux qui environne ce fait, et qui, à l'époque où il fut communiqué, était un objet général de curiosité et de conjectures, aurait disparu si, au lieu de le donner sous le titre de foetus trouvé dans le corps d'un jeune homme de quatorse ans, on l'eût aussitôt classé dans l'ordre des monstruosités auquel il appartient, en lui donnant simplement le nom de monstre à deux corps, dont l'un, intérieur et plus faible, s'est développé au dedand du second sous la forme d'une masse complètement orgnisée et de sexe masculin. Le phénomène ainsi annoncé aurait paru moins extraordinaire, moins isolé& dans l'histoire des faits déjà connus, et se rattacherait d'une part aux monstres à corps double, et de l'autre part aux exemples de grosses extra-utérines.
(A suivre)

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MessageSujet: Re: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeSam 27 Jan - 18:48

Bref ce triple témoignage concordant résume parfaitement l'histoire clinique du jeune Bissieu et ne laisse aucun doute sur la réalité historique de ce qu'il est convenu d'appeler "le foetus de Verneuil".
Mais quelles étaient la nature et la pathogénie exacte de celui-ci ?
L'interprétation prudente de nos auteurs qui supposent une gémellité monstrueuse avec inclusion d'un germe dans l'autre manque à la fois de preuves et de précédents connus. certes, dame nature n'est pas à une fantaisie près, et il nous souvient d'une trouvaille cauchoise amusante relatée dans Paris-Normandie, il y a quelques années d'un oeuf de poule "gigogne" avec un 2eme oeuf en réduction fixé à l'intérieur de sa coquille ! mais enfin, un foetus (qui, comme les poules ?) aurait des dents, cela est difficilement crédible.
Alors, il nous faut reconsidérer le problème à la lumière de l'embryologie moderne. Aussi avons nous interrogé notre ami le pr Bernard tardif, chirurgien des Hôpitaux de Rouen et titulaire de la Chaire d'Anatomie, qui d'emblée évoqua la probabilité d'un dysembrome (..."tumeur formée à partir de reliquats de tissus embryonnaires", dixit Le Petit Larousse). Voici ses explications :
Les cellules primordiales de la lignée germinatoire, encore appelées "gonocytes", sont décelables dès la 4eme semaine, dans la paroi du sac vitellin (c'est-à-dire en dehors du corps de l'embryon).
Elles ne montrent encore aucune différenciation sexuelle.
Tout en continuant à se multiplier, elles vont migrer en direction de la paroi de l'intestin primitif, puis, dans le mésentère, et enfin se répartir en deux contingents droit et gauche, de chaque côté de la ligne médiane pour former là l'éminence sexuelle en regard de la 10eme vertèbre dorsale.
Si le sexe chromosomiquze est masculin (xy), elles vont devenir des spermatogonies, puis des spermatocytes, futurs spermatozoïdes.
Mais un certain nombre de gonocytes peuvent se perdre en chemin en des points divers du trajet migratoire et, être alors occasionnellement et être alors occasionnellement le point de dpart de tumeurs bénignes ou malignes. On connaît ainsi des dysembryons testitulaires dans lesquels on peut trouver des ébauches de cheveux, ongles, dents et même du tissu osseux (fragments de mâchoires). Il en est demême dans les kystes dermoïdes de l'ovaire que l'on voyait parfois atteindre des dimensions considérables, chez des jeunes filles ou des jeunes femmes. Mais des dysembryomes peuvent se voir en n'importe quel point du parcours des gonocytes et par exemple dans la paroi intestinale (celle du gros intestin en particulier).
Dans le cas du foetus, ou plus exactement du pseudo-foetus de Verneuil, la localisation d'une part et les constatations anatomiques d'autres part sont en faveur d'un dysembriome très différencié. Le cas n'est pas tout à fait exceptionnel, bien que très rare avec ce degré de dévelopement.
Et le professeur de conclure joliment :
Ce n'était donc pas un frère ou une soeur du pauvre garçon, mais plutôt un enfant monstrueux de sa lignée germinatoire.
Tel est le fin mot de cette curieuse histoire enfin élucidée. Mais elle serait incomplète à nos yeux si, l'on y omettait une anecdote impliquant directement notre famille.
(A suivre)

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MessageSujet: Re: Le foetus de Verneuil   Le foetus de Verneuil Icon_minitimeDim 28 Jan - 9:52

Une imposture foetale

Rien ne ressemble plus à un foetus qu'un autre foetus, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de Lithopédion (ou foetus calcifié). Une confusion est donc toujours possible si la traçabilité d'un tel fossile n'est pas parfaitement établie.
Et c'est ce qui se produisit lorsque, vers 1900, le pharmacien de l'Hôtel-Dieu de Rouen remit à notre grand-père, professeur de clinique obstétricale, un superbe lithopédion (voir photo plus haut) d'environ 6 mois, considéré à tort comme l'authentique foetus de Verneuil. La méprise perdura un siècle durant au sein de notre famille, la pièce anatomique se transmettant de père en fils jusqu'à ce que nous-même enfassions don au musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine,dépendant du CHU de Rouen. Et là, la vérité finit par se faire jour :
-d'une part le lithopédion du Musée (nous l'appellerons dorénavant ainsi) ne correspondait pas aux descriptions de Blanche et de Moreau avec ses 2 orbites et ses 4 membres au complet, et...pas de dents !
-d'autre part la conservatrice du Musée, Mme Arlette Dubois, eu_t la bonne fortune de découvrir sa "trace" indiscutable dans la thèse du Dr Douvre ( Montpellier-1859), intitulée "Quelques recherches sur les grossesses extra-utérines et abdominales" : L'observation XIX relate un cas observé à l'Hôtel-Dieu de Rouen, service de M. Achille Flaubert, chirurgien en chef : foetus flottant dans la cabité péritonéale depuis 18ans, découvert en 1851 à l'autopsie d'une femme X de 65 ans, dont le décès est imputable à cancer du col utérin. Une lithographie jointe ne laisse aucun doute sur la similitude avec celui du musée. ce dernier a ainsi retrouvé sa place au musée Flaubert apparaît doublement légitime.
de son côté, le professeur Tardif a bien voulu nous apporter les précisions suivantes pour la compréhension du phénomène :
Les Lithopédions que l'on rencontrait de temps à autre au cours des laparotomies chez les femmes, ne sont que des produits de grossesses extra-utérines méconnues. La fécondation a été normale, dans l'ampoule de la trompe, mais à cause d'un rétrécissement pathologique de l'isthme tubaire, l'oeuf n'a pu migrer pour faire sa nidation dans la cavité utérine.
la rupture de la trompe peut alors entraîner des,symptômes plus ou moins catastrophiques, mais elle est maintenantr le plus souvent prévenue un diagnostic précoce.
Plus rarement, l'évolution peut se faire par l'expulsion de l'oeuf complet dans la cavité péritonéale. Grâce à ses villosités placentaires il va pouvoir se fixer sur le péritoine et si le site d'implantation est favorable, c'est-à-dire suffisamment vascularisé, il va continuer à vivre et à se développer pendant un temps variable, mais toujours limité le péritoine n'étant pas l'endomètre.
faute d'une symptomologie assez riche ou significative, les choses peuvent en rester là, le foetus subissant une nécrose aseptique et se chargeant de sels minéraux principalement calciques. Et c'est le hasard d'une laparotomie intercurrent (ou d'une autopsie) qui le fait découvrir.
C'est également le hasard (téputé bien faire) qui a couplé ces deux curieuses histoires de foetus. Elles sont instructives l'une et l'autre, et en quelque sorte complémentaires ; aussi y-a-t-il intérêt à ne pas les dissocier.
On retiendra, pour l'anecdote, que ces foetus, ou assimilés, ont bien trompé leur monde :
-Le premier par ses fausses allures de vrai foetus (assez troublantes d'ailleurs, et...que n'aurait-on pensé si l'hôte porteur avait été une jeune Vernolienne ?),
-le second, par sa fausse identité d'emprunt.
médicalement parlant,ces deux cas de figure peuvent paraître un peu archaïques aujourd'hui, mais ils n'en gardent pas moins un grand intérêt didactique (pour une science : l'embryologie, ne cesse de nous émerveiller). Reste à savoir si le foetus de verneuil peut encore prétendre être "la merveille du XIXe siècle" ou si on l'a totalement oublié ? On peut en tout cas tenir ce dysembyome très différencié pour un spécimen exceptionnel sans être unique en son genre !
Quant au Lithopédion "flaubertien",sa rareté et son parfait état de conservation en font...une très belle pièce de musée !
Au plan philosophique, enfin, force est d'en tirer une leçon d'humilité et de morale. Car, si belle soit la vie foetale, elle n'est pas à l'abri d'aléas non dénués parfois de bizarrerie. Ni le jeune Bissieu,ni le foetus du musée, n'ont été maîtres de leur destin. L'homme n elee sera sans doute jamais totalement, malgré les immenses progrès réalisés dans ce sens. Il importe en tout cas que nous ayons un grand respect humain pour tout ce qui touche à cette période essentielle de la vie, celle du foetus, hier encore si obscure ou ...anecdotique.

Nous remercions vivement le Pr Bernard Tardif, Mme Arlette Dubois et M. Pierre Roussel pour leur amicale contribution.

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