Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Napoléon pacifiste

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david



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MessageSujet: Napoléon pacifiste   Ven 3 Aoû - 9:57

Napoléon, homme de paix !

« On parle de mon amour pour la guerre, mais n’ai-je pas été constamment occupé à me défendre ? Ai-je remporté une seule grande victoire que je n’aie immédiatement proposé la paix ? » Napoléon Bonaparte

Parmi les légendes composées par la partialité et accréditées par l’ignorance, il en est une – et non des moins rabâchée – qui représente Napoléon comme un conquérant sanguinaire ne vivant que pour le carnage et faisant la guerre son passetemps favori, son jeu préféré. Mais comme face aux attaques mensongères et totalement « abracadabrantesques » du triste sire Ribbe, faisant de Napoléon le précurseur d’Hitler, le faiseur de génocide des noirs ou bien les calomnies d’un Caratini , les faits, pour quiconque veut les voir , se dressent devant les assertions malveillantes ou controuvées et, dans leur impassible éloquence, ils assurent à la vérité la victoire définitive sur le mensonge.

Ce n’est pas le règne du « grand Empereur » que j’essaierai de passer en revue mais je chercherai à jeter un coup d’œil rapide sur les circonstances d’où surgirent les guerres de l’Empire, sur les véritables instigateurs de ces conflits et sur le destin qu’eut fait à la France l’effacement de Napoléon dans cette lutte épique de quinze ans dont il ne fut ni l’auteur ni le maitre. La passion qui dénature les faits pour les exploiter à son profit, l’ignorance qui les juge d’après les apparences, font de Napoléon un ambitieux farouche, immolant tout à son esprit de domination. Rien de plus faux que cette peinture et, pour le prouver, il faudrait pouvoir mettre en lumière et aux yeux de tous, le caractère de l’homme privé autant que les évènements formidables s’entrechoquant autour du trône du souverain.

« Les cœurs ambitieux ne s’attendrissent pas », a dit La Harpe. Napoléon témoigna dans sa vie privée comme dans beaucoup de ses actes publics la sensibilité d’un cœur ouvert à toutes les générosités. En 1791, quiconque eut pénétré dans la misérable chambrette, habitée par le lieutenant de 22 ans, y eut trouvé le futur maitre du monde vivant de pain sec, brossant lui-même son uniforme, se refusant par économie toutes relations, convoitant un livre à une devanture pendant des semaines ou des mois, avant d’avoir pu économiser le prix, sou par sou… Et pourquoi cette âpre misère ? … Pour payer, sur sa maigre solde, la pension et l’entretien de son jeune frère Louis, le futur roi de Hollande … Cette admirable abnégation émane-t-elle d’un être ambitieux ? Napoléon rechercha toujours les joies de la famille, celle-ci d’ailleurs ne lui en étant pas toujours reconnaissante, on connait son tendre respect pour sa mère et son profond amour pour Joséphine. Et ses généraux, ses soldats, de quelle bonté ne les a-t-il pas entourés ! Le soir de Marengo, Napoléon rentre accablé et morne à son quartier général, comme un aide de camp s’en étonne, il s’écrie d’une voix entrecoupée et les yeux pleins de larmes : -« Desaix ! mais Desaix ! » La mort de son compagnon d’armes, de son ami, lui fait oublier son éclatante victoire. Après Essling, et tant que survécut Lannes , l’Empereur alla le visiter chaque jour, il voulut encore revoir son ami mort dont il contempla longuement le corps et qu’il pressa dans ses bras en pleurant à chaudes larmes. La même scène de désolation se renouvela après sa visite à Duroc agonisant.
Les simples soldats ne furent pas moins l’objet de sa paternelle sollicitude, d’ailleurs, s’ils n’eussent trouvé en lui qu’un inexorable ambitieux, les conduisant à la mort pour assouvir la soif d’une égoïste passion, ces hommes d’airain eussent-ils voué au « Petit Caporal », au « Petit Tondu », ce culte d’enthousiasme éperdu ? Non ! Ce n’est point à un ambitieux que fut jamais donné de susciter sur les champs de bataille les miracles d’héroïsme accomplis par les armées impériales. Quel orateur, quel écrivain, quel poète saurait retracer les invraisemblables envolées d’audace guerrières des soldats de l’Empereur, dans ces plaines sanglantes où, après s’être enivrés quinze ans des triomphes de la victoire, ces farouches héros de la liberté durent enfin connaître les froides terreurs de la défaite !

*

La première des sept coalitions européennes formées contre la France fut motivée par l’exécution de Louis XVI en janvier 1793. Obscur officier d’artillerie, Bonaparte était-il pour quelque chose dans ces évènements ? Il ne fut connu qu’en septembre suivant par la prise de Toulon sur les Anglais, n’étant encore que simple chef de bataillon.

C’est à l’Angleterre, ne l’oublions pas, qu’est due la longue chaîne de ces guerres qui ne doivent être judicieusement considérées que comme une guerre unique. Ainsi qu’un incendie mal éteint, cette guerre se rallumait chaque fois qu’une victoire décisive de l’Empereur mettait fin à une campagne, simple épisode de la lutte acharnée suscitée et alimentée par l’Angleterre. La Révolution française, avec ou sans Napoléon, devait être le signal d’un duel à mort entre la France et l’Europe qui le provoqua pour écraser le principe de la Révolution, afin de préserver à jamais les vieilles nations féodales. Tel est l’historique très simple de nos guerres avant et pendant l’Empire.

Il est vrai qu’en 1795, et pensant se préserver d’une nouvelle agression ou la rendre moins périlleuse, la Convention voulut porter les frontières de la France jusqu’à ses limites naturelles, était-ce une faute ? Dans tous les cas c’était donner aux risques de guerre un aliment dangereux. Toutefois, Bonaparte là encore, restait absolument en dehors des causes de ce conflit. Le 29 mars 1796, le jeune général recevait à Nice le commandement de l’armée d’Italie, on sait ce que fut cette merveilleuse campagne terminée par le traité de Campo-Formio, et dont Bonaparte, général de la République, ne fut que le glorieux instrument.

Parvenu au Consulat, Bonaparte voulut que son premier acte fût d’offrir la paix à l’Europe, était-ce une marque d’ambition ? Il écrivit au roi d’Angleterre, Georges III, une lettre où, déplorant pour les deux pays les calamités d’une guerre de huit ans, il exprimait le désir de voir cesser cette guerre qui pouvait durer longtemps pour le malheur de tous les peuples. Il écrivit dans le même sens à François II, Empereur d’Allemagne, mais cette généreuse initiative resta sans résultat, si ce n’est cette arrogante réponse de Pitt : -« l’Angleterre ne signera la paix que quand la France sera rentrée dans ses anciennes limites. »
Le Premier Consul recevait du Directoire un héritage écrasant : la Hollande, la Suisse, la Ligurie reliée à la France et des intérêts moraux ailleurs encore. Bonaparte devait-il consentir à faire l’humiliant abandon de ces conquêtes le prix de la paix ? Son honneur militaire comme son devoir de chef d’Etat le lui interdisaient. Dans ces conditions, sa première campagne personnelle ne saurait donc lui être imputée.

Nos armées débouchèrent tout à la fois en Allemagne, en Suisse et en Italie. Bonaparte entre bientôt en libérateur dans Milan et remporte ensuite, le 14 juin 1800, la victoire de Marengo sur les armées de François II. En Allemagne, le général Moreau, écrase les Autrichiens à Hohenlinden, le 3 décembre 1800. En février 1801, le traité de Lunéville, imposé à l’Autriche, termina cette brillante campagne en donnant pour frontières à la France le Rhin et l’Adige, elle assurait en outre la paix pour quatre ans, presque sur tout le continent. Un an après, en mars 1802, l’Angleterre était contrainte de signer la paix d’Amiens, cette fois voilà la France en paix, même avec sa terrible ennemie. Combien durera cette paix et par qui sera-t-elle rompue ?

Avec la duplicité inséparable de sa politique, l’Angleterre se soustrait cyniquement à l’accomplissement du traité d’Amiens, elle n’évacue ni l’Egypte, ni Malte. Le 18 février 1803, Bonaparte disait à l’ambassadeur d’Angleterre : -« Voulez-vous la paix ou la guerre ? » L’Angleterre ne cherchait que la rupture, elle éclata aussitôt. Cette reprise des hostilités est-elle du fait de Napoléon ? Le Premier Consul devait-il admettre l’inexécution d’un traité formel ? Napoléon réunit la « Grande Armée » au camp de Boulogne pour opérer sa descente en Angleterre.
Excitées et soudoyées par l’Angleterre, la Russie et l’Autriche conclurent contre nous un pacte dont Napoléon pénétra le secret … Avec son armée, Napoléon conçut le plan de la foudroyante campagne d’Austerlitz, tels sept torrents les colonnes de la Grande Armée fondirent sur l’Autriche. Seule mauvaise nouvelle au cours de cette campagne, la défaite navale de Trafalgar qui en plus de rendre, à court terme, toute descente en Angleterre impossible, eut des conséquences incalculables sur les destinées de la France. Le 2 décembre 1805, anniversaire du Sacre, Alexandre Ier et François II contemplèrent du haut du Pratzen la déroute de leurs armées écrasées par Napoléon avec des forces de plus de moitié inférieures. La bataille d’Austerlitz venait de terminer cette campagne et voyait les deux vaincus demander humblement la paix à Napoléon et le 26 décembre, le traité de Presbourg mettait fin à la troisième coalition.

La mort de Pitt, survenue en 1806, sembla détendre la situation entre la France et l’Angleterre, il y eut même des pourparlers engagés avec Fox, son successeur, pourparlers que Napoléon dirigea dans un sincère désir de paix. On sait que Fox mourut quelques mois après son rival sans que rien ne fût conclu. Alors les partisans de la guerre reprirent le pouvoir en Angleterre et déchainèrent contre la France la quatrième coalition. Napoléon pouvait-il, cette fois encore, éviter d’entrer en campagne ?

Frédéric Guillaume, qui l’année d’avant était restée dans l’expectative, lança son pays dans la guerre, sans attendre les armées Russes, Alexandre ayant rejoint la nouvelle coalition afin de venger l’affront d’Austerlitz, et envahissait la Saxe avant de marcher sur la Bavière. Le 28 septembre, Napoléon était à Mayence et le 1er octobre il passait le Rhin. Le 14 juin il battait les Prussiens à Iéna tandis que Davout, avec son seul corps d’armée, en faisait de même à Auerstaedt . L’armée Prussienne s’effondrait tel un château de carte, Napoléon entrait à Berlin et poussait son armée à la poursuite des restes des troupes de Frédéric Guillaume mais aussi à la rencontre des Russes. Le 8 février 1807, à Eylau, s’exposant avec une héroïque témérité, Napoléon battit ensemble les Russes et les Prussiens. Le 14 juin suivant, à Friedland, la Grande Armée culbutait une nouvelle fois l’armée Russe et forçait ainsi le Tsar Alexandre et le roi Frédéric Guillaume, à peu près dépossédé de ses Etats, à signer le 25 juin 1807, le traité de Tilsit.
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david



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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 3 Aoû - 9:57

(suite)

La quatrième coalition était dispersée mais l’Angleterre ne voulait laisser à Napoléon ni trêve ni merci.

Par ses conseils et par son or, notre Ennemie souleva le Portugal contre nous. Ce fut l’origine de la guerre d’Espagne, en 1808, qu’on reproche à Napoléon comme une faute. Soit. Mais cette faute, l’Empereur n’en avait pas eu l’initiative directe … Remarquons que les campagnes de Napoléon présentent un caractère défensif, quand il attaquait, ce n’était pas pour conquérir.

En janvier 1809, de retour de Madrid, Napoléon se trouva face à la cinquième coalition, insidieusement provoquée par l’Angleterre, mais ouverte par l’Autriche, qui venait d’envahir inopinément la Bavière, le prétexte était les prétendus griefs des populations allemandes contre Napoléon … Toujours Napoléon fut attaqué, toujours Napoléon eut la main forcée.

Sans suivre le grand Empereur dans ses victoires rapides et brillantes, disons seulement que le 17 avril 1809, s’étant mis à la tête de son armée, il remportait la victoire de Tann trois jours après, le 21 celle d’Abensberg, le 22 celle d’Ekmül et le 23 celle de Ratisbonne. Le 13 mai, Napoléon entrait pour la deuxième fois dans Vienne, le 21 mai avait lieu la bataille d’Essling, que l’on peut qualifier de victoire défensive. Le 5 juillet, les Autrichiens essuyaient la défaite d’Enzersdorff qui précédait le désastre de Wagram.
Le 14 octobre, la paix fut signée par un vainqueur trop généreux qui, cette fois encore, crut à la bonne foi de l’Autriche, qu’il pouvait rayer de la carte de l’Europe, et à laquelle il se contenta d’imposer l’acceptation du système continental avec toutes ses conséquences.

Le 1er avril 1810 eut lieu le mariage de Napoléon avec l’archiduchesse d’Autriche, Marie louise . Les années 1810 et 1811 s’écoulèrent, sauf pour l’Espagne, dans les douceurs de la paix que Napoléon sut employer au plus grand profit de ses magnifiques conceptions gouvernementales.
Le signal de la sixième coalition fut donnée par la Russie, d’accord avec l’Angleterre, la Russie éludait complètement les traites de Tilsit et d’Erfurt, et le Cabinet de Saint-Pétersbourg n’était qu’une succursale du Cabinet Britannique. Alors encore quel était l’agresseur d’Alexandre ou de Napoléon ???

Le 9 mars 1812, Napoléon quittant Paris commençait la sinistre campagne de Russie. Les débuts en furent heureux, bientôt Napoléon était maitre de Wilna, les victoires de Witepsk, de Krasnoë, de Smolensk, de Wiazma précédèrent celle de Borodino et l’entrée dans Moscou le 14 septembre de la même année. Napoléon séjourna dans cette ville un mois entier, dans la pensée que les vaincus solliciteraient la paix … Ce fut cette longue attente qui, retardant la retraite, la changea en désastre, par les rigueurs d’un hiver meurtrier et dont les ravages furent exceptionnels même dans ces contrées .

Le 18 décembre Napoléon rentrait à Paris, préparant aussitôt une campagne de revanche. Le 15 avril 1813, il quittait la France à la tête de la jeune armée qui remportait, le 1er mai la victoire de Lutzen sur les russes et les Prussiens, celle de Bautzen trois semaines après. Mais un nouvel ennemi entrait en scène, invisible, insaisissable, celui-là : la trahison ! Les troupes des états allemands firent défections, plusieurs généraux se détachèrent de l’Empereur, plus ou moins ostensiblement. La Victoire de Dresde fut « annulée » par le revers de Kulm mais aussi par les défaites des maréchaux Ney et Macdonald. Après Leipsick, le 18 octobre, la retraite dut commencer pour ce porter vers le Rhin et la France, non sans avoir fait payer à l’armée bavaroise sa trahison lors de la bataille d’Hanau.

De retour à Paris le 9 novembre, Napoléon n’accepta pas les conditions des Alliés qui ne voulaient laisser à la France d’autres limites que celles qu’elle avait sous Louis XVI . Dès lors, l’Europe entière se liguait contre la France que commençait à envahir sept cent mille hommes !

A la tête des « glorieux » débris de son armée, Napoléon allait durant cette « Campagne de France » accomplir l’une de ses plus belles campagnes militaires. Avec cette poignée de héros, vieux grognards et « Marie Louises », il remporte sur l’ennemi les victoires de Montmirail, Vauchamp, Champaubert, Montereau, Craonne, Reims, Saint Dizier … Mais le torrent sans cesse grossi par des renforts déborde de toutes parts, inexorablement les Alliés marchent sur Paris, refoulant devant eux les corps de Marmont et Mortier. Le 30 mars Paris tombait, la trahison planait de plus en plus sur l’Empereur.

Replié à Fontainebleau, Napoléon se préparait à reprendre l’offensive lorsque Marmont trahit poussant les autres maréchaux à demander son abdication à celui à qui ils devaient tout … Dans la cours du château le grand Empereur fit ses adieux à ses fidèles d’entre fidèles, mêmes les vieux de le vieille ne purent étouffer leurs sanglots ! Celui qui avait couvert l’Europe de ses « ailes » se retrouvait souverain d’un caillou, l’ile d’Elbe.

On se rappelle que la violence de la réaction exercée par Louis XVIII imposé à la France par les canons de l’Etranger, excita un tel mécontentement que Napoléon se trouva autorisé à quitte l’ile d’Elbe, s’il violait ainsi les traités c’était pour s’opposer à la violation du traité de Fontainebleau par Louis XVIII qui, en dépit de la convention formelle, remettait en question les actes des gouvernements républicain et impérial. Un bouleversement social eut infailliblement résulté de l’abolition de certaines lois capitales.

Le 1er mars 1815, Napoléon débarquait à Fréjus. Porté en triomphe jusqu’à Paris, le « vol de l’Aigle » ne coutant pas une goutte de sang, il trouva le même enthousiasme délirant dans les populations que dans l’armée. Il rentrait aux Tuileries le 20 mars. Son premier acte fut d’écrire à tous les souverains de l’Europe pour leur demander la paix, qu’il désirait si ardemment, aucun d’eux ne lui répondit !

Napoléon ne peut donc qu’affronter la septième coalition, aux neuf cent mille hommes qui vont marcher sur la France, il ne peut qu’en opposer que cent quatre vingt mille … Mais il calcule qu’il peut battre Wellington et Blucher en Belgique avant qu’ils ne reçoivent des renforts. A la tête de l’armée principale, il rentre en campagne le 12 juin et entre en Belgique le 15 juin. Pendant que Ney laisse passer l’occasion de mettre à mal les Anglais, Napoléon bat, sans l’écraser, Blucher à Ligny le 16 juin. Le 18 juin c’était Waterloo … Waterloo, « splendide » désastre consommé par l’erreur « technique » de Napoléon, les fautes de Ney et l’incompétence tactique de Grouchy … Avec la « Garde meurt mais ne se rend pas » commençait la fin d’un Monde !

Trois jours après le revers, Napoléon était à Paris, et comment y fut-il accueilli ? Les habitants des quartiers populaires, avec un grand nombre d’hommes de la classe moyenne, se portèrent immédiatement aux Tuileries en demandant des armes pour marcher contre l’ennemi. Napoléon est salué d’acclamations frénétiques, à la nuit close, le flot humain qui entoure les Tuileries grossissait sans cesse. De ces milliers de poitrines oppressées par l’anxiété et l’espérance jaillissait sans cesse, comme un imposant credo, le cri « Vive l’Empereur ! »

Avec quelques personnages, Napoléon s’entretenait d’une nouvelle abdication. Soudain, Lucien s’approche d’une fenêtre par laquelle montait toujours, véritable rugissement d’un peuple affolé, le cri de tous répété « Vive l’Empereur ! » - « Entendez vous ces cris dit Lucien ? On vous demande des armes, c’est vous que l’on appelle, c’est vous que l’on attend … Et il en est de même dans tout votre Empire ! »

C’était vrai. La nation jalouse de ses libertés savait que seul Napoléon pouvait les lui conserver. Il ne tenait qu’à l’Empereur de balayer les deux Chambres avec une poignée de soldat, alors, rassemblant toutes les troupes existant encore, il pouvait continuer une lutte dans laquelle, il savait devoir être soutenu par une armée et un peuple fidèles. Ce prodige, il le pouvait. Mais, après une dernière hésitation, il fit cette réponse :

« Si je le veux, les Chambres rebelles n’existeront plus dans une heure. Mais non. Je ne suis revenu de l’ile d’Elbe pour que Paris soit inondé de sang ! … »

En ce drame ultime, où donc apparait le farouche ambitieux ?

*

L’histoire qui prononce en dernier ressort, atteste que Napoléon ne fut point l’initiateur ni l’agresseur de ces luttes épiques. Malgré son prodigieux génie militaire, il ne se laissa point entrainer à la guerre par l’ivresse de ses triomphes. S’il fut le plus grand capitaine du monde, il en fut aussi le législateur le plus sage, et l’éclat de son œuvre militaire fut égalé par la splendeur de son œuvre législative et gouvernementale qu’il eût parachevée dans la paix qu’il poursuivit sans pouvoir l’atteindre. Cette œuvre intérieure, je n’ai point à la rappeler ici, elle est immense et magnifique. Il pacifia la Vendée, rappela les émigrés, fonda la Banque de France, la Légion d’Honneur, rouvrit les églises, conclut le Concordat, releva l’instruction populaire. Il élabora le Code Civil, institua le Conseil d’Etat, l’Université, la Cours des Comptes, releva l’industrie, prescrivit des améliorations et travaux nationaux de tous genres, apportant à l’exécution de ces hautes conceptions non moins d’ardeur et de complaisance qu’à l’organisation de ses campagnes militaires.

En 1812, Napoléon visitant l’Ecole Normale s’écria : « Ma plus grande victoire, c’est mon gouvernement civil ! »

Aussi grand dans la paix que dans la guerre, Napoléon ne saurait être considéré comme le buveur de sang, cette calomnie est aussi grossière qu’odieuse.

Et maintenant, que si quelques-uns de ses détracteurs rééditent leurs tirades larmoyantes sur les guerres où se décidaient les intérêts, la vie même de la France, nous leur demandons comment Napoléon pouvait il les éviter ? En cédant ? Mais en cédant quoi et à qui ? S’il l’eut fait dès le début les humiliantes concessions de territoire qui lui étaient demandées comme prétexte, à quoi eut-il abouti ? Je dis bien prétexte car l’Europe n’eut pas d’autre mobile contre nous que l’anéantissement de la liberté et la restauration des Bourbons. Donc si Bonaparte eut faibli il est certain que l’Europe s’en fut autorisée pour empiéter jusqu’à briser le Premier Consul.

Et si Bonaparte eut été aussitôt emporté par la coalition, la Restauration Bourbonienne avait toute les chances d’être définitive. A l’avènement de Bonaparte, la nation française ne connaissait de la Révolution que ses « crimes » et ses « débauches ». La France apeurée eut alors accepté la Royauté quelque peu amendée, peut-être. En 1815, il était trop tard pour les Bourbons, car Napoléon avait démontré à la France, pendant ces quinze années de lutte, que la liberté n’est ni licence, ni l’anarchie quand elle se base sur un pouvoir assez fort et assez sage pour l’adapter à une autorité loyale et vigilante.

Ce n’est donc que grâce à cette lutte titanesque que Napoléon sauva la Révolution contre elle-même à l’intérieur en même temps qu’il la sauvait à l’extérieur de l’emprise de la vieille Europe féodale …

Si les détracteurs de l’Empereur voulaient bien le reconnaitre, au lieu de l’accuser d’ambition, ils le salueraient comme le « Messie » de l’ère nouvelle dont ils se disent, pour certains, les apôtres !
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Davout

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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 21:26

Je n'ai qu'un regret:

L'empereur, pour préserver "sa" garde, sacrifia des milliers de lignard comme à la Moskova (je crois) quand il laissa massacrer le Corps de Macdonald devant les yeux de la Garde.
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david



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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 21:40

Davout a écrit:
Je n'ai qu'un regret:

L'empereur, pour préserver "sa" garde, sacrifia des milliers de lignard comme à la Moskova (je crois) quand il laissa massacrer le Corps de Macdonald devant les yeux de la Garde.

sans doute, mais sans "sa" Garde qu'aurait fait la Grande Armée à Krasnoe, si celle-ci avait donné à La Moskova et donc subit des pertes importantes ... ???, car vous savez très bien qu'une victoire plus significative à Borodino n'aurait sans doute rien donné face à la détermination d'Alexandre ...
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 21:57

Vous semblez ignorer les dizaines de bataille ou la garde n'a pas "donné" et qui furent tout de même d'éclatante victoire : Auerstaedt, FRIEDLAND...
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 22:09

Davout a écrit:
Vous semblez ignorer les dixaines de bataille ou la garde n'a pas "donné" et qui fut tout de même d'eclatante victoire: Auerstaedt, FRIEDLAND...

je n'ignore pas du tout ces batailles ...

alors pourquoi venez vous me parler de la Garde si l'armée peut se passer d'elle pour remporter la victoire ???


je ne vois pas ce que vous voulez prouver ???
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Davout

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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 22:40

Je ne cherche pas à prouver la valeur de la Grande Armée, elle avait une grande valeur au combat, mais Napoléon a trop choyé sa garde au détriment du reste de l'armée (meilleur solde, meilleur campement, meilleure nourriture...) alors qu'autrefois "ses lignard" se battaient pour une pomme de terre, ... voir devenaient cannibales (notamment durant la retraite de Russie).

Voilà le seule reproche que je ferais à Napoléon, toutefois il est vrai que sur les sept coalitions. Napoléon n'est responsable que d'une: la sixième.
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 22:47

Davout a écrit:
Je ne cherche pas à prouver la valeur de la Grande Armée, elle avait une grande valeur au combat, mais Napoléon à trop choyé sa garde au detriment du reste de l'armée (meilleur solde, meilleur campement, meilleure nourriture...) alors que operfois ses lignard se battaient pour une pomme de terre, voir devenaient cannibales (notamment durant la retraite de Russie).

Voilà le seule reproche que je ferais à Napoléon, toutefois il est vrai que sur les sept coalitions. Napoléon n'est responsable que d'une: la sixième.

comme toutes les troupes d'élites ...

même pour la sixième je ne le juge pas responsable ...
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 22:52

En revenant sur le sujet de votre topic, il est vrai que pour la majorité des personnes que je rencontre et ou je leur parle de ma passion pour l'époque 1792-1815, ils s'accordent tous à dire que Napoléon était "un être sanguinaire et aimait la guerre", alors que la majorité du temps, Napoleon ne faisait que de se défendre, voir, pratiquait une attaque "préventive" (sans vouloir dire de sottises)...
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Lun 6 Aoû - 23:00

Davout a écrit:
En revenant sur le sujet de votre topic, il est vrai que pour la majorité des personnes que je rencontre et ou je leur parle de ma passion pour l'époque 1792-1815, ils s'accordent tous à dire que Napoléon était "un être sanguinaire et aimait la guerre" alors que la majorité du temps, il ne faisait que de se défendre, voire, pratiquait une attaque "préventive" (sans vouloir dire de sottises)...

oui, des attaques préventives mais seulement lorsque tout espoir de sauver la paix était épuisé ... le fait d'attaquer était stratégique afin d'éviter à la France les affres de la guerre sur son sol ...
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Mar 7 Aoû - 1:28

Bonsoir david,

A la lecture de votre plaidoyer, touchant et criant de vérité, je m'incline avec respect ...et fierté ...

Oui, je suis fière lorsque l'on sait discerner avec subtilité et bon sens le comportement de l'Empereur, ses grandes et graves décisions, ses nobles objectifs qui l'amenaient à se préocuper bien plus du sort de sa Patrie que de sa victoire ...

S'il fût pourtant "l'enfant chéri de la victoire", jamais aucune défaite n'a pu voiler le Soleil d'Austerlitz, ni celui d'ailleurs d'autres hauts lieux...

Quant au sujet qui divise, ou qui fâche les néophytes, je veux parler de la guerre, on peut affirmer haut et fort que très peu d'hommes dans l'Histoire de tous les temps, ne l'ont connue comme Napoléon.
Car Lui ne connaissait pas seulement le mot, comme tant d'autres dans l'Histoire, mais Il connaissait aussi la chose pour avoir si souvent "accompager" ses braves sur les champs de bataille, exposant sa vie constamment, tout comme eux ...

Et ce faisant, de cette guerre à répétitions Il pouvait en mesurer tous les risques, car il en avait vu toutes les horreurs ...

Comme le souligne fort à propos David, les ignorants qui le traitent de sanguinaire, présentent de graves lacunes, et ne sauront jamais de quelle intensité fut le chagrin du Grand Homme à la mort d'un Desaix, d'un Lannes ou encore d'un Duroc ...

Nous, nous le savons, et ne nous en étonnons pas, car nous connaissons également les profondes inclinations de Napoléon, sa grande mansuétude, sa générosité si souvent exprimée à ses soldats, ses généraux, ses Maréchaux ...
Mais nous connaissons également son comportement dans la vie privée, et cette dernière nous fait encore mieux comprendre les facettes militaire et politique de son parcours hors du commun...

Enfin pour conclure sur "la guerre", et en finir une bonne fois sur les affligeantes erreurs de jugement, il faut garder à l'esprit que Napoléon avait horreur du carnage, et que l'ennemi coalisé ne cessa de l'y inviter !

Deux fois, deux années de suite, en Avril 1814 et en Juillet 1815, Il prendra la sage décision de ne pas poursuivre une guerre, dont Il avait pourtant encore les moyens, tant en soldats qu'en partisans, mais qui eût été celle de ses seuls intérêts...

Ainsi, dans chaque combat, chaque bataille, Napoléon n'y voyait nullement une finalité, mais bien plutôt un moyen de la politique, persuadé qu'Il avait toujours été, que la véritable gloire est celle qui s'attache aux travaux de la paix.






salut
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Davout

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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Mer 15 Aoû - 14:24

Pourquoi alorsd sacrifier des conscrits pour préserver "sa" garde ?

Les unités d'élite sont justement faites pour aller au charbon, et non rester en réserve.
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david



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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Mer 15 Aoû - 14:42

Davout a écrit:
Pourquoi alorsd sacrifier des conscrits pour préserver "sa" garde ?

Les unités d'élite sont justement faites pour aller au charbon, et non rester en réserve.

faux !!! les unités d'élites sont là soit pour exploiter une informations (coups de main par exemple) soit pour porter le coup de grace ou bien assurer la sécurité de l'armée en cas de défaite ... elles peuvent aussi parfois etre employées pour des actions ponctuelles sur des points précis ...
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Corso
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Mer 15 Aoû - 15:53

sunny

Désolé de ne pas partager votre point de vue, mais je pense que faire partie de la Garde n'était pas une synécure.
Faire le pied de grue à la porte des palais, avoir une tenue impeccablement entretenue, courir derrière le monarque par tous les temps, c'est pas du repos...
La garde n'avait pas besoin de donner, elle n'avait qu'à paraître.

Comme la Ligne, elle partageait au feu les mêmes risques. Mais ceux de la garde avaient 20 ans de bataille dans les mollets, et ils savaient qu'à leur simple vue, non seulement la Ligne reprenait courage, mais ceux d'en face perdaient le leur.
C'était de plus un vivier pour les sous-officiers et les gradés qui s'en allaient ensuiteau gré de leurs mutations dans les régiments de la Ligne.

Et leur comportement d'Eylau, de marcher à la bataille l'arme au bras, cette muraille humaine a du faire frémir les Russes, sans avoir besoin d'un coup de feu.
Si Napoléon avait donné la Garde à Borodino, il n'aurait jamais pu avoir ce corps qui a conservé son esprit et sa discipline sur le long chemin du retour.

Plus que tout autre l'Empereur ne mettait pas tous ses oeufs dans le même panier.

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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Mer 15 Aoû - 16:50

Propos très justes de David et de Corso. cheers

En revanche, Davout, je n'aime pas votre expression "Sacrifier des conscrits pour préserver la Garde" ...

D'une part, le but de Napoléon, dans ces périodes de guerre, n'étaient pas d'emmener ses soldats au sacrifice, mais dans le cadre de leur devoir, les exhorter à défendre l'honneur de leur Patrie.
Ce qui, dans le fond, est complètement différent.

D'autre part, comme David et Corso l'ont bien expliqué, la Garde Impériale, cette réserve sans nulle autre pareille, représentait la gloire et la majesté de l'Empire ; mais pour cela, il fallait que ceux qui la composa aient prouvé qu'ils étaient "les plus braves"... Leurs nombreuses cicatrices attestaient de leur digne passé de valeureux combattant ...

Le Général Foy disait d'eux que "nourris dans les dangers, ils avaient vécu beaucoup en peu d'années..."

La bravoure et la volonté étaient chez ses soldats d'élite, inaltérables et inébranlables.

La Garde fut également la quintessence de l'Armée napoléonienne.

Pour conclure, je citerai cette réflexion que j'aime beaucoup, du soldat suisse Jean-Louis Rieu, et qui résume si bien ce Corps d'Armée exemplaire :

"C'était une admirable chose que de voir, au milieu de tous les combats, désastres ou intempéries, un Corps toujours parfaitement tenu et discipliné, marchant et se battant comm un seul homme, dont l'âme était Napoléon" ...

Et Victor Hugo qui en cerna bien aussi la haute capacité militaire :

"La Garde, espoir suprême et suprême pensée !" ...






salut
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Jean-Nic
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Mer 15 Aoû - 22:01

L'Empereur dictant ses mémoires à Sainte-Hélène dira de Sa Garde :

"Jamais ! il n’y eu plus bel assemblage d’Hommes Intrépides et Courageux, que dans ce Corps d’émulation et de récompense, ou l’on était admis qu’avec des qualités physiques et morales longuement éprouvées ! "

Cette Garde Impériale à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir aujourd'hui, fut sans cesse l'objet de toutes les attentions de l'Empereur, Il s'en occupa avec un soin minutieux, nommant lui même les officiers et connaissant pratiquement chacun de son nom ! La Garde formait également les officiers et les cadres de La Ligne. Cette " Redoute de Granit" fut la fierté de L'Empereur durant 20 ans, et craint par toutes les armées d'Europe !

Vive la Garde et Vive l'Empereur !

salut
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Percy
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 17 Aoû - 0:40

A mon sens, ce qui est moins acceptable, c'est que les soldats de La Garde conservaient leurs privilèges lorsqu'ils étaient blessés.
Lorsqu'il s'agissait de trouver des abris destinés à servir d'hôpîtaux de campagne, on n'hésitait pas à déloger sans ménagements ceux de la ligne pour y installer ceux de la Garde.
Or, à mes yeux, face à la souffrance, tous les hommes sont égaux et nul ne doit prendre le pas sur un autre en raison du corps auquel il appartient. C'est contraire au principe même d'égalité, cet idéal républicain pour lequel tous se battaient.
Percy n'hésita pas à se plaindre de cet état de chose et je ne l'en admire que davantage.
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 17 Aoû - 17:06

Sans doute avez-vous raison, Percy, au nom des principes.

Mais les soldats de la Garde avaient le redoutable privilège de donner l'exemple au reste de l'armée au feu. Ainsi, les exemples sont nombreux d'unités de la Garde restant exposées aux tirs ennemis sans broncher et sans chercher à s'abriter, choses que l'on n'exigeait pas des autres unités.

Je dois malheureusement ajouter que toutes les armées du monde ont pratiqué le tri sélectif dans les infirmeries d'urgence proches de la ligne de front: les officiers ont le pas sur les simples recrues et on sélectionne d'abord ceux qui ont le plus de chances de s'en tirer...

Habitudes sans doute regrettables mais qui étaient bien ancrées dans les moeurs.
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 17 Aoû - 18:09

C'est également tout-à-fait mon sentiment , Bruno, et j'ajouterai qu'il ne faut pas oublier les tout-débuts de cette Garde, dont les vieux soldats qui la composaient, peu nombreux, ayant déjà traversé d'innombrables dangers, faisaient que l'opposition "Garde-Ligne" semblait sans importance.

Pour étayer encore vos propos, et contrairement à ce que déclarait Davout précédemment, la Garde prit une part active à plusieurs campagnes, dont celle de 1805, tout comme aux combats de celle de 1807 où leurs unités se retrouvèrent plus d'une fois dans la fournaise de la mitraille ... Souvenons-nous de l'attaque de la cavalerie de la Garde à Eylau ...

C'est d'ailleurs là que le général Lepique lança son mot devenu célèbre :

-"Haut les têtes, Jarnidiou l La mitraille n'est pas de la m....."

Et les exemples sont nombreux où la bravoure de ces Corps d'Elite aida à sauver l'Armée après le combat, comme à Essling où la retraite fut couverte par l'Infanterie de la Vieille Garde ...

A Wagram également, une partie de la Cavalerie de la Garde ainsi que les chevau-légers polonais avaient également été lancés, participant ainsi à la victoire finale...

Alors, si l'on prend la peine d'étudier le comportement des unités de la Garde dans les plus durs moments du combat, il devient évident que Napoléon avait su faire de ces hommes bien plus que des soldats d' élite ; ces unités étaient animées d'un esprit de sacrifice hors du commun, intimement mêlé à celui de fidélité et de bravoure sans limites pour l'Empereur.
Et si l'on considère ce dernier aspect des choses, on peut affirmer qu'il n'y eût guère d'équivalence dans toute l'Histoire au cours des XVIIIè et XIXè siècle.

La Garde réunissait tout à la fois le mérite au combat, la fermeté, le caractère exigé par ce rang, ainsi que les hautes qualités morales qui faisait d'elle "l'Exemple" à suivre, en temps de guerre , comme en temps de paix d'ailleurs ...

A partir de ces différents constats, il est facile de comprendre les attentions que leur réservait l'Empereur, en toutes circonstances.

J'avais déjà cité Heinrich Heine qui dépeignit avec tant d'exactitude l'état d'esprit de ces fameux soldats, dont la vie simple et noble se passa au service d'un seul Homme, sans réserve aucune, après qu'ils lui aient juré une fidélité qu'ils n'hésitèrent jamais à prouver dans les moments qui leur étaient réservés, c'est-à-dire les plus durs !
Mourant sous la mitraille ou percés par les baïonnettes des Prussiens, lors de la bataille de Waterloo, ils n'ont toujours eu qu'un seul cri tel une prière : "VIVE L'EMPEREUR" !

Je terminerai par ce poème d'Heinrich Heine, pour partager avec vous ce grand moment de magnanimité :

"Pose sur mon coeur le ruban
Rouge de la Légion d'Honneur ;
Place le fusil dans ma main,
Et mets l'épée à ma ceinture.

Je veux ainsi dans ma tombe gésir,
Silencieuse Garde d'honneur, attendant
Que revienne le hurlement des canons
Et le bruit des sabots des chevaux hennissants.

L'Empereur passera à cheval sur ma tombe,
On entendra le choc des sabres rutilants,
Alors je sortirai en armes de ma tombe
Et j'irai protéger l'Empereur, l'Empereur !"






salut
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Davout

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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 17 Aoû - 23:14

Code:
Pour étayer encore vos propos, et contrairement à ce que déclarait Davout précédemment, la Garde prit une part active à plusieurs campagnes, dont celle de 1805, tout comme aux combats de celle de 1807 où leurs unités se retrouvèrent plus d'une fois dans la fournaise de la mitraille ...

Comme tout passionné de l'histoire allant de 1792 à 1815, je sais que la garde fût créée en 1804 et engagée dès 1805.
Ce que je voulais dire est ceci:
C'est que nombre de batailles furent remportées grâce à la ligne.

Toutefois, je suis impressionné par le courage de la Vieille Garde à Waterloo...

Code:

général Lepique

Il me semble que l'orthographe exact est "Lepic"
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 17 Aoû - 23:27

Bonsoir Davout,

Il est vrai que la Ligne fut méritante à bien des égards et sur quasiment tous les champs de bataille.

Le propos n'est pas ici d'opposer la Ligne à la Garde dans leurs missions respectives ; je pense que l'une comme l'autre ont fait preuve de ce courage exemplaire que seul Napoléon pouvait inspirer à ses hommes.

Mais je soulignais, comme d'autres intervenants avant moi, que la Garde, bien que n'ayant pas participé à tous les combats, n'en tenaient pas pour autant le rôle le plus facile, et qu'à plusieurs reprises, c'est elle qui décidait de l'issue victorieuse d'un combat, soit en apparaissant pour impressionner l'ennemi qui alors retraitait, soit en couvrant la retraite de nos troupes, quand la victoire n'était pas complètement acquise.

Je vous remercie de m'avoir corrigée sur l'orthographe du général Lepic.
Encore une petite distraction de ma part ! Wink





salut
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Esquirol

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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Jeu 27 Sep - 22:11

Il fut un temps où le terme "pacifiste" avait dans la bouche des militaires une connotation nettement péjorative. Est-il dès lors bien judicieux de l'accoler au nom de Napoléon ? Suspect
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Jean-Yves
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 28 Sep - 21:47

Le terme "pacifiste" fut surtout péjoratif à la Belle-Epoque car c'était le temps où l'on pensait à la revanche sur les Prussiens, on voulait venger Sedan et récupérer l'Alsace-Lorraine. Quiconque se disait alors pacifiste était donc mal vu. A l'époque de Napoléon qu'en allait-il de ce terme ? C'est autre chose.

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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Ven 28 Sep - 22:17

C'est très simple. A l'époque de Napoléon, le terme n'existait pas. Son usage date seulement du début du 20e siècle si l'on se réfère aux dictionnaires.
Il ne faut d'ailleurs pas remonter à cette époque pour trouver une image pas très positive du pacifisme. Il y a à peine 20 ans, le Président François Mitterand ne déclarait-il pas : « les pacifistes sont à l’Ouest, mais les missiles eux, ils sont à l’Est » ? Depuis lors, il est vrai, le candidat Nicolas Sarkozy a fait l'éloge du socialiste Jean Jaurès, assassiné pour ses prises de position pacifiste à la veille de la Première Guerre mondiale.
Le pacifisme reste également associé dans les esprits aux peu glorieux accords de Munich de 1938, symbole de la faiblesse des démocraties européennes face à la montée des fascismes.
Sur ce dernier point, le pacifisme semble en totale contradiction avec l'attitude de Napoléon que l'on peut difficilement accuser d'avoir fait preuve de faiblesse face à ses adversaires.
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MessageSujet: Re: Napoléon pacifiste   Sam 29 Sep - 1:11

Le pacifisme, c'est le fait d'être partisan de la paix. Ce mot a eu des connotations variées selon les conjonctures. Napoléon a certainement dû être un partisan de la paix plus qu'on ne le pense.

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