Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Exelmans..Evasion.....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Exelmans..Evasion.....   Jeu 5 Juin - 9:57

sunny .....

L'Evasion du Général Exelmans....(Sources Bernardine Melchior-Bonnet).

On ne connait pas assez cette forte personnalité de l'Empire. Si Paris a donné son nom à un important Boulevard, il reste assez méconnu, son histoire montre pourtant un tempérament et une volonté qui l'entraînèrent dans bien des aventures, toujours honorables, en tout cas.

La police du roi s'inquiétait. Depuis quatre ou cinq mois, sa Majesté Louis XVIII avait retrouvé le trône de ses pères, mais l'effervescence grandissait à travers le pays. Dans l'armée, le nombre des mécontents s'accroissait. Certains officiers se voyaient soupçonnés, généralement bien à tort, d'entretenir des relation avec l'île d'Elbe. L'ombre menaçante de Napoléon planait déjà au-dessus du royaume.

La police du roi surveille Exelmans.

Nouvellement nommé directeur de la police, le comte Beugnot rédigeait chaque jour pour le roi de longs rapports dans lesquels il relatait avec minutie les faits et gestes de ceux qu'il croyait coupables de fidélité envers "Napoléon". Parmi ces derniers le général Exelmans était jugé comme particulièrement suspect.

Pendant plus de vingt ans, ce brillant chef de cavalerie s'était fait remarquer sur tous les champs de bataille. Napoléon, qui le tutoyait, appréciait tout particulièrement sa valeur et sa fougue...."On ne saurait être plus brave que toi...." lui avait-il déclaré le lendemain d'Austerlitz.

Longtemps aide de camp de Murat, Exelmans avait, en 1808, suivi celui-ci à Madrid. Fait prisonnier en Espagne, il avait été livré aux Britanniques, mais sa captivité en Angleterre n'avait pas duré longtemps. Grâce à la complicité d'un ami Irlandais, il avait pu se sauver jusqu'à la Tamise où l'attendait un petit bateau prêt à lui faire traverser la Manche.

Mais tandis qu'il passait le fleuve à la nage, il fut repéré par des sentinelles ennemies. Il lança alors son chapeau au loin et plongea, nageant sous l'eau, tandis que les soldats qui avaient épaulés leurs fusils, prenaient pour cible le couvre-chef flottant toujours à la surface. Quleques jours plus tard, l'officier réussissait à prendre pied sur le continent.

A cette date, Murat, monté sur le trône de Naples, le fit venir auprès de lui et voulu le nommer grand écuyer, mais une loi obligeant les hauts dignitaires de la cour à se faire naturaliser napolitains, le général refusa de perdre son titre de français. Il regagna Paris et se mit de nouveau aux ordres de l'Empereur.

Bientôt les heures sombres arrivèrent, ce ne fut pas sans douleur qu'Exelmans vit la chute de l'Empire. Il continua cependant à servir la France aprés le retour de Louis XVIII, comme inspecteur général de la cavalerie. Il avait été nommé chevalier de l'ordre de Saint-Louis. Mais son caractère emporté, son excés de franchise lui avaient fait de nombreux ennemis.

Contrairement à l'opinion des policiers qui l'espionnaient, il ne participait à aucun complot, mais il manifestait une vive irritation contre les injustices que subissaient les vieux braves de Napoléon. Il craignait en outre, peut-être non sans raison, les anciens chefs vendéens auxquels il prêtait de sombres desseins contre les officiers demeurés bonapartistes. Interrogé un jour par un mouchard de Beugnot sur ses activités et celles de ses amis, il répondit...."Non, nous ne conspirons pas, mais nous avons bien le droit de nous tenir en garde contre nos ennemis".....

Par ce non.... Exelmans désignait Marmont, duc de Raguse, le maréchal pour lequel avait été forgé le verbe "raguser". La liberté de langage manifestée par le général n'incitait pas Beugnot à relâcher sa surveillance. De nombreux rapports furent mis sous les yeux de Louis XVIII. Le haut policier insistait surtout sur l'amitié régnant entre Exelmans et certains officiers supérieurs ouvertement hostiles au régime et précisait qu'il les faisait tous surveiller avec attention.....

A......Suivre.....


salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Exelmans..Evasion.....   Jeu 5 Juin - 21:34

...... sunny

Suite du précédent chapitre..... (Sources Bernardine Melchior-Bonnet).


La Lettre inerceptée.

Le 24 Novembre, Brugnot eut la joie de pouvoir raconter à sa Majesté le magnifique coup de filet qu'il venait de réussir...ses agents avaient arrêté à Nemours un certain docteur Andral médecin de Murat, qui s'en allait rejoindre à Naples son ancien maître, demeuré roi malgré la défaite de l'Empereur.

La volumineuse correspondance que le sieur Andral transportait pour Murat avait aussitôt été saisie et remise à Beugnot. Celui-ci s'était frotté les mains, l'opération a été bien dirigée puisque tout ce paquet de lettres a été surpris sur Andral au moment où il s'y attendait le moins, expliqua au roi le chef de la police. S'il y a des complots sous le tapis, il est probable qu'il s'en trouvera quelques indices dans ces lettres.

Malgré son esprit critique aiguisé, Beugnot ne put découvrir aucune trace de complot. Cependant une missive d'Exelmans à Murat retint particulièrement son attention. Il fit part de sa découverte au roi, tout en précisant que Monsieur le Comte Exelmans ne disait pas un mot de la situation intérieure de la France.

Malgré cette circonstance atténuante, le roi et Monsieur, qui n'avaient pas oublié les précédents rapports contre Exelmans virent leur irritation s'accroître. L'idée qu'un général français montrait tant d'attachement au roi de Naples les ulcéra. Ils demandèrent à voir l'original de la missive. Beugnot le leur fit immédiatement parvenir.

A vrai dire, le texte n'avait rien de criminel. Exelmans se bornait à féliciter Murat d'avoir pu garder sa couronne malgré l'hostilité d'un grand nombre d'ennemis pressés de voir sa déchéance.

" D'ailleurs, ajoutait-il, il vous eût été facile, je crois d'attirer à vous des milliers de braves officiers qui instruits sous vos yeux et à votre école, se seraient empressés de vous offrir leurs services, et auraient cru en cela payer un tribut à la reconnaissance pour les bontés que vous avez eues pour eux. Quant à moi je serais heureux de pouvoir vous prouver que je conserverai à jamais la plus vive reconnaissance des bienfaits que j'ai reçus de votre Majesté."

Toute innocence qu'elle fût, cette lettre courrouça Louis XVIII et surtout le comte d'Artois, toujours plus véhément que son frère contre la famille de Napoléon. Ils la communiquèrent au ministre de la Guerre, le général Dupont, réclamant des sanctions contre le coupable.

Le ministre tenta d'apaiser les passions, il expliqua que la France n'étant pas en guerre contre les Napolitains, le comte Exelmans n'avait commis aucun délit en écrivant à son ancien chef, et proposa de lui adresser une simple réprimande. Le roi se rendit à ces raisons.

Quelques jours plus tard, cependant Beugnot montrant trop de molesse pour un directeur de la police fut remplacé par André. A la même date Dupont détesté du comte d'Artois dut également rendre son portefeuille. Un nouveau ministre de la guerre fut nommé...le Maréchal Soult, duc de Dalmatie.

A cette nouvelle, les militaires fidèles à l'Empereur commencèrent par se réjouir. Le héros d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau était des leurs, il n'allait pas montrer trop de sévérité à l'égard d'anciens compagnons d'armes. Ils durent rapidement déchanter. Rallié avec éclat au gouvernement de Louis XVIII, le maréchal avait décidé d'afficher un zèle monarchiste d'autant plus grand qu'il avait été plus décrié dans les milieux d'extrème -droite. Il se hâta d'exhumer l'affaire Exelmans.

Dès le 7 décembre, il fit comparaître devant lui le général. Sur un ton cinglant, il lui reprocha non seulement d'avoir écrit au roi de Naples, mais aussi d'avoir propagé le bruit d'un complot monté par les Chouans contre les officiers de tendance bonapartiste. La patience n'était pas la vertu première d'Exelmans. Il se contint cependant pour répondre calmement au nouveau ministre.

"J'ai correspondu non pas avec Napoléon mais avec Murat...précisa-t-il....le roi de Naples est mon bienfaiteur, je ne puis être indifférent à ses succés ou à ses revers, quant aux Chouans que j'ai dénoncés, le fait est vrai, mais je suis sur mes gardes......Et montrant le pistolet qu'il tenait dans sa poche il ajouta......je m'en servirais même dans votre antichambre si j'y suis forcé."

Cette façon de se disculper en menaçant ses adversaires ne fut pas du tout du goût de Soult. Celui-ci médita pendant trois jours sa vengeance.......

A......Suivre.....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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ALEXANDRA

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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Jeu 5 Juin - 22:14

Bonsoir!

Exelmans est un pur héros bonapartiste!

Il fut au coeur d'une grande partie de ''agitation bonapartiste sous la Restauration, présent à l'église de Rueil pour les funérailles d'Hortense.

Et puis le 1er juillet 1815, il a montré à Rocquencourt ce qu'était la cavalerie française.

Ce nom est doux à mes oreilles.

flower
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Jeu 5 Juin - 22:36

........ sunny


Bonsoir..... Chère Alexandra....

Oui....Exelmans....un fidèle et un grand parmi les grands.....!!!!


salut

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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Ven 6 Juin - 9:34

............ sunny


Suite des précédents chapitres.... (Sources Bernardine Melchior-Bonnet).


Le Général doit quitter Paris.

Tout était calme le 10 décembre, à 11 heures et demie du soir, à l'hôtel de Duras (faubourg Saint-Honoré), résidence de la famille Exelmans, lorsqu'un employé du ministère de la Guerre frappa à la porte. Il apportait de la part du ministre la lettre suivante.....

"Général, avait écrit Soult, l'intention du roi est que vous soyez admis au traitement de demi-activité. Ce traitement vous sera payé à Bar-sur-Ornain, département de la Meuse, lieu de votre domicile...Vous voudrez bien partir sur-le-champ pour vous rendre à Bar-sur-Ornain, et me donner avis de votre départ afin que je puisse en rendre compte à sa Majesté. Recevez...etc...."

La lecture de cette missive plongea l'intéressé dans l'indignation. Etait-on revenu sous l'Ancien Régime pour qu'un officier général pût recevoir une telle lettre de cachet ?.

Malgré l'heure tardive, il courut chez son ami le Maréchal Macdonald, duc de Tarente, pour lui faire part de l'ordre inouï qui lui était envoyé. Les deux hommes discutèrent de la légalité de la décision prise par Soult. Leur conclusion fut la suivante...le général n'était plus en activité puisqu'il venait d'être mis à pied par son ministre, ayant en outre son domicile à Paris, il ne pouvait être contraint de s'exiler à Bar-sur-Ornain.

Décidé à s'expliquer avec Soult, Exelmans, sans perdre une minute, se rendit au ministère de la Guerre. Mais il était bien plus de minuit, il trouva la porte close, il dut rentrer chez lui, toujours ruminant sa colère.

Dés le lendemain matin, il repris le chemin de la rue Saint-Dominique, mais Soult n'avait aucune envie de discuter avec le bouillant officier. En vain celui-ci, installé pendant trois heures dans un salon d'attente, griffonna-t-il des billets pour demander l'honneur d'une audience...il ne fut pas reçu.

Revenu au faubourg Saint-Honoré Exelmans décida de s'expliquer par lettre. Ses amis lui ayant conseillé de se montrer diplomate, il commenca à préciser à Soult, sur un ton fort correct, qu'il était aux ordres du roi, mais qu'il avait quitté Bar-sur-Ornain depuis plus de vingt ans et que son seul domicile était son hôtel parisien où du reste son épouse, fort mal portante, était à la veille de mettre un enfant au monde et avait besoin du réconfort de sa présence.

Ces excuses furent mal prises. Très mécontent de voir qu'Exelmans refusait d'obtempérer, Soult n'hésita plus....il enjoignit au général Maison commandant le première division militaire et gouverneur de Paris de faire partir coûte que coûte celui qui avait l'audace de lui résister.

En conséquence, dès le lendemain 12 décembre, Maison envoyait un officier à l'hôtel de Duras pour réitérer à Excelmans l'ordre de se rendre à Bar-sur-Ornain. En termes secs, le général répliqua que n'étant plus en activité, il n'avait pas à obéir et qu'il resterait chez lui, puis il ferma la porte au nez de l'envoyé du gouverneur.

Furieux à son tour, Maison expédia à l'hôtel de Duras un lieutenant de gendarmerie avec deux hommes chargés de garder à vue l'irasscible général. Ainsi séquestré dans sa demeure, Exelmans sentait sa fureur croître d'heure en heure. Ses amis l'encourageaient du reste dans sa résistance. Tous les milieux bonapartistes de Paris étaient en effervescence.

Se sentant ainsi soutenu, le général écrivit de nouveau à Soult pour se plaindre du traitement qu'il subissait. Il lui répéta que son seul domicile était l'hôtel de Duras et ajouta en conclusion cette formule qui pouvait passer pour une bravade....."Votre intention a été que je me rendisse chez moi, je crois donc vous obéir en y restant.".......

A.....Suivre.....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Ven 6 Juin - 10:23

Il me smble qu'il y a une erreur au début du récit , Exelmans n'est pas parti de Naples à cause de l'affaire de la nationalité napolitaine imposée par Murat, comme beaucoup d'autres il s'en plaignit mais en fait c'est Napoléon qui le rappela en France, il entre dans les chasseurs à cheval de la GI (major à la suite) puis major des Grenadiers à cheval.
Alors qu'il était prisonnier en Angleterre , Murat le nomma grand dignitaire de l'Ordre des 2 Siciles et Caroline prit son épouse à Naples comme Dame d'Honneur.
Dans le passé, quand il venait d'être nommé général de Brigade (mai 1807), Murat le demande et l'obtient comme aide de camp auprés de lui, ce qui est rarissime dans les états majors, seul Napoléon avait des aides de camp aussi gradés.
Son descendant est trés sympathique et bon vivant.

On peut se demander ce que pensait ce brillant général devait penser en 1813 de se retrouver de Sébastiani...
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Ven 6 Juin - 11:34

........ sunny


Cher Patrice.....je ne constesterais pas bien au contraire les rectifications que tu apportes sur ce récit....surtout sur ce sujet que tu connais parfaitement....l'histoire que je retranscris est là pour apporter des faits sur les malheurs de ce grand général.... pour avoir semble-t-il eu des rapports amicaux avec Murat, ainsi que son attachement à Napoléon..

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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Ven 6 Juin - 14:21

........ sunny

Suite des précédents chapitres...(Sources Bernardine Melchior-Bonnet).


La police envahit l'hôtel de Duras.

C'en était trop, le ministre ne pouvait accepter q'on lui résistât ainsi. Après en avoir conféré avec le roi, il envoya à son adresse une note comminatoire lui enjoignant de partir. Maison essaya pourtant de calmer les esprits. Il écrivit au général une lettre plus affable, lui suggérant amicalement de choisir la voie de l'obéissance.

Mais ni la diplomatie de Maison ni la violence de Soult ne purent vaincre l'entêtement du général. Ayant entendu dire qu'on voulait l'enlever "manu militari", il se barricada au contrraire dans sa demeure. Soult, cependant préparait un coup de force. Mais il ne s'agissait plus d'envoyer Exelmans à Bar-sur-Ornain...on l'expédirait à Soissons, dans une prison militaire.

En conséquence le 20 décembre, à 3 heures du matin, le lieutenant Dayglin se présenta devant l'entrée de l'hôtel de Duras avec un détachement de huit gendarmes et de vingt hommes d'infanterie. Ayant réveillé le portier il demanda à parler aux deux soldats qui se trouvaient de garde à l'intérieur. Le serviteur répondit que la porte était verrouillée mais qu'il allait chercher M. le comte Exelmans, seul possesseur de la clef.

Quelques instants passèrent puis le général en personne arriva. Toujours à travers la porte, il déclara au lieutenant qu'il n'ouvrirait pas, mais qu'en cas de violence il ferait feu sur les assaillants.

Le maréchal de camp Grundler, chef direct de Dayglin, assistait de loin à la scène. Il donna l'ordre à son subordonné de se retirer mais le renvoya à l'hôtel de Daras dans le courant de la matinée.

Cette fois les gendarmes envahirent la maison. Grimpant quatre à quatre les marches de l'escalier, ils arrivèrent dans le cabinet du général....celui-ci se tenait debout, en grand uniforme devant sa table. Il déclara qu'il tuerait quiconque porterait la main sur lui.

Aprés une scène affreuse de résistance dans laquelle le général fut terrassé et légèrement blessé, on parvint à le désarmer.....racontera Maison lui-même à Louis XVIII. Exelmans fut gardé au secret dans sa demeure, ses visiteurs éventuels devaient être expulsés.

Pendant ce temps Mme Exelmans, toujours souffrante passait par toutes les affres de l'angoisse...et tombait plusieurs fois évanouie. On fit appeler son médecin, mais les sentinelles placées devant l'entrée, refusèrent à celui-ci d'entrer.

L'hôtel de Duras avait été mis sur pied de guerre. Le maréchal de camp Grundler demanda à son prisonnier s'il acceptait de s'en aller de bon gré à Soissons, mais Exelmans répondit....qu'il faudrait le traîner pour le faire partir.

Grundler décida donc d'attendre la nuit pour l'emmener...il craignait en effet des émeutes bonapartistes...." Je crois encore aujourd'hui qu'on ne pouvait en plein jour lier et enlever de vive force un officier général dont l'épouse est dans les douleurs de l'enfantement, sans occasionner un éclat qu'il était prudent d'éviter ".....expliquera, en guise d'excuse, le général Maison à son ministre.

La contesse Exelmans allait en effet mettre au monde une petite fille, née très frêle, et qui devait du reste mourir prématurément. Sur la priére de sa femme, que ces évènements avaient boulversée, le général consentit cependant à montrer moins d'intransigeance.

Il fit prévenir Maison qu'il accepterait de quitter Paris pour se rendre à la campagne du maréchal Moncey, lequel lui offrait l'hospitalité. Cette proposition arriva trop tard. Soult avait donné l'ordre de s'emparer la nuit suivante de la personne du général, et de le mettre en voiture de gré ou de force......

A......Suivre...

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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Ven 6 Juin - 23:10

.......... sunny

Suite des précédents chapitres...(Sources Bernardine Melchior-Bonnet).


Le Général saute le mur....


Exelmans n'avait nullement l'intention de se laisser faire. Prévenu de ce qui se tramait, il demanda à ses gardiens l'autorisation de passer dans l'appartement de sa femme. Le soir venu, ayant enlevé son uniforme, il revêtit une longue redingote sombre. Puis aidé par son beau-frère M. de Ravignan, alors en séjour chez lui, il se glissa dans le jardin.

Après avoir escaladé le mur il aboutit dans la tranquille petite rue de Duras. Une voiture l'attendait.....il y monta. Quelques instants plus tard le véhicule partait en direction de Laon où le fugitif devait trouver asile chez le baron de Freycinet.

Le lendemain, les Parisiens ne parlaient plus que de l'évasion d'Exelmans. Les Bonapartistes se réjouissaient hautement du bon tour joué à leurs ennemis. Au ministère de la Guerre, Soult tempêtait. Sur son ordre, le malheureux Dayglin et ses gendarmes avaient été envoyés à la prison de l'Abbaye. En même temps, toute la police du royaume était alertée. Le signalement du général avait été répandu à travers le pays....

"Assez grande taille, environ cinq pieds huit pouces...stature mince et émincé, cheveux blonds et rares, front découvert, yeux bleus, teint pâle, figure longue, agé d'environ 40 à 45 ans." (il en avait en réalité 39).

A l'hôtel de Duras des perquisitions en règle avaient commencé. Les gendarmes faisaient main basse sur tous les papiers, même sur ceux de M. de Ravignan. Malgré son état de santé Mme. Exelmans dut subir, ainsi que son frère, plusieurs interrogatoires. Un officier de Gendarmerie, le colonel Laborde, avait été chargé des premières recherches. Haï et méprisé de tous ses collègues, ce personnage avait dirigé la police militaire de l'Empire, et s'était jadis associé aux violences de la révolution. Ravignan le toisa avec mépris...." il vous sied biend d'être le plat valet des Bourbons, vous qui avait fait cause commune avec leurs bourreaux, sécria-t-il en le voyant fouiller dans les tiroirs du général.

Selon les consignes laissées par son mari, Mme Exelmans porta plainte devant les chambres. Avant de s'enfuir le général avait du reste lui aussi préparé une pétition destinée à être soumise aux députés.

Une commission étudia les deux notes. Quleques jours plus tard le rapporteur donnait ses conclusions, peu favorables au fugitif, et proposait le renvoi de celui-ci devant un tribunal militaire. Les chambres se rallièrent à cette suggestion.

La nouvelle des poursuites contre Exelmans avait été accueillie avec une vive émotion non seulement par les Bonapartistes, mais aussi les libéraux. Mm de Staêl et La Fayette ne cachaient pas leur sympathie pour le général. A Paris, l'effervescence politique grandissait.

Les militaires en demi-solde buvaient ouvertement dans les café à la santé de l'Empereur et de ses fidèles. Dans l'ensemble, tout le monde blâmait la brutalité de Soult.

Celui-ci continuait à montrer la même intransigeance. Au conseil royal, il proposa de faire inculper son adversaire non seulement de désobéissance, mais de correspondance avec l'ennemi, et même d'espionnage pour le compte...."du général qui régnait à Naples".

Malgré l'exagération manifeste de ces accusations, le roi plus modéré, annonça qu'il se réservait de faire grâce à l'accusé si celui-ci était condamné. Cette façon de voir ne fut pas du goût des princes. Le duc de Berry déplora l'indulgence de Sa Majesté.......

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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Sam 7 Juin - 0:49

C'est passionnant !
Amicalement
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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Sam 7 Juin - 16:07

........ sunny


Suite des précédents chapitres...(Sources Bernardine Melchior-Bonnet).


......"Mon Neveu, n'allez pas plus vite que la justice, lui répondit le roi, attendez qu'elle ait prononcé......"

Le Rapport de Soult fut finalement fort sévère..." Les faits dont M. le Lieutenant général Exelmans s'est rendu coupable sont infiniment graves ", avait écrit le ministre.

1/......"Il a entretenu une correspondance avec l'ennemi sans la permission par écrit de ses supérieurs, je dis avec l'ennemi parce que Votre Majecté n'a point reconnu Joachim Murat pour roi de Naples et que même eût-il écrit à un prince ami ou allié de votre Majesté, il serait répréhensible"....

2/....."Il a commis un acte d'espionnage en écrivant à Murat que....des milliers de braves officiers se seraient empressés de vous offir leurs services et auraient cru en cela payer un tribut à la reconnaissance pour les bontés que vous avez eues pour eux".....

3/....."Il a écrit des choses offensantes pour le gouvernement et la personne de Votre Majesté".....

4/......"Il a désobéi aux ordres que le ministre de la guerre a donnés de la part de votre Majesté".....

5/......"Enfin il a violé son serment de chevalier de l'ordre de Saint-Louis".....

Ces cinq chefs d'accusation établis, il fut décidé qu'Exelmans serait déféré devant le conseil de guerre de la 16ième division militaire à Lille. En cas d'absence de l'inculpé, on procéderait à un jugement par contumace.

Dans son refuge de Laon, le général suivait avec la plus vive attention, les nouvelles le concernant. Son renvoi devant le tribunal de Lille ne pouvait lui déplaire. Le chef de la 16ième division militaire qui devait présider le conseil de guerre, était le général Drouet d'Erlon, dont il n'ignorait pas la fidélité bonapartiste, Ayant pris conseil de ses amis, il alla se constituer prisonnier à Lille. Il fut enfermé dans la citadelle.

Exelmans porté en triomphe.

Le procés d'Exelmans s'ouvit le 23 janvier, dans cette même citadelle. Il ne lui fut pas difficile de réfuter les extravagantes accusations formulées contre lui par ordre de Soult. Les membres du tribunal pouvaient-ils supposer une seconde qu'ils avaient devant eux un espion et un traître ?...Le général n'avait pas correspondu avec l'ennemi, puisque le roi de Naples n'était pas en guerre avec la France, sa lettre ne contenait rien d'offensant pour le roi, il n'avait refusé d'obéir à aucun ordre légal, quant à la violation du serment de Saint-Louis, il ignorait même en quoi pouvait consister ce délit.

L'avocat Comte développa ces idées, en s'appuyant sur des arguments juridiques. L'accusation la plus valable...la seule que pouvait retenir un juge impartial était celle de désobéissance aux ordres supérieurs.

Le problème était le suivant....l'Etat accordait-il la demi-solde aux officiers à titre de retraite ou à titre de demi-activité ?...Dans le second cas le ministre de la Guerre pouvait conserver des droits sur eux, en particulier celui de leur assigner un lieu de résidence....leurs refus d'obtempérer deviendrait alors acte d'indisciplime.

S'élevant contre cette idée, le défenseur affirma que la distinction entre demi-activité et non-activité était illusoire, l'intéressé jouissant dans les deux cas de la moitié de la solde, l'état de de demi-activité n'était du reste déterminé par aucune loi, aucun règlement.

Allant plus loin Comte accusait le ministre d'avoir volontairement commis un acte arbitraire non seulement en voulant envoyer le général en exil, mais aussi en le faisant garder au secret dans son domicile, et surtout en donnant l'ordre de violer ce même domicile en pleine nuit, comme pour éviter l'éclat que sa résistance aurait pu occasionner.

Une si belle éloquence allait porter ses fruits, quoi qu'il en soit, lorsque, la salle évacuée, les neuf membres du tribunal durent un à un répondre aux questions qui leur étaient posées, l'unanimité fut totale....sur aucun des points de l'accusation le général Exelmans n'était reconnu coupable.

La sentence fut accueillie à Lille par des clameurs d'enthousiasme. Les officiers qui attendaient Exelmans à la sortie le portèrent en triomphe sur leurs épaules......

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Dim 8 Juin - 19:44

.......... sunny


Suite des précédents chapitres...(Sources Bernardine Melchior-Bonnet).


A Paris, les royalistes qui avaient escompté pour le général un châtiment exemplaire, baissèrent la tête. Soult humilié, rongea son frein. Tous les vieux soldats de Napoléon se réjouirent du "soufflet donné par le conseil de Guerre à Mgr. le duc de Dalmatie"....

Le gouvernement chercha le moyen de pallier cet échec. Avec beaucoup d'habileté les journalistes royalistes réussirent à tourner l'affaire du procés de Lille à la gloire de la monachie, tout en vilipendant le régime de Napoléon.

Telle est déjà l'influence de ce gouvernement juste et libre que nous devont à la magnanimité du roi, écrivait "Les Débats".

Sous les Cent-Jours.

Moins de deux mois plus tard, les Français prouvaient aux Bourbons qu'il préféraient la dureté du Corse.... à la paternelle bonté du vieux roi. Une fois de plus les Tuileries changeaient de maître.

Exelmans fut un des premiers à accourir au palais pour saluer le revenant de l'île d'Elbe. Chargé de poursuivre Louis XVIII et sa suite, alors en route pour Lille, il s'arrangea pour le pousser discrètement au-delà de la frontière.

A la reprise de la guerre, le général reçut le commandement d'un corps de cavalerie, sous les ordres du maréchal Grouchy. L'avant veille de Waterloo, celui-ci se trouvait dans un moulin avec Soult.....auquel une nouvelle volte-face avait permis de devenir chef d'état-major de l'Empereur....lorsqu'il fit appeler Exelmans.

C'était la première fois que les deux adversaires se rencontraient depuis l'affaire du procés. L'ancien ministre, assez gêné, plongea quelques instants son nez sur les cartes qu'il était en train de compulser, mais la situation ne pouvait se prolonger, levant enfin la tête, il fit semblant de s'apercervoir seulement de la présence d'Exelmans et lui tendit la main...."Bonjour, comment allez-vous ? lui dit-il d'un ton naturel.

Pour les serviteurs de l'Empereur, l'heure n'était pas de vider leurs querelles. Le général en était bien convaincu...il salua Soult, oubliant volontairement ses rancunes.

On sait qu'aprés la bataille Exelmans réussit à ramener en bon ordre ses cavaliers vers Paris, après avoir détruit deux régiments prussiens près de Versailles.

La seconde restauration trouva le général réfugié à Riom. Son nom fut inscrit sur la liste de proscription dressée le mois suivant. Les royalistes se vengeaient par là non seulement de l'empressement avec lequel Exelmans avait accueilli l'Empereur le 20 mars, mais peut-être aussi l'échec subi par le gouvernement lors de l'acquittement triomphal de Lille.

Le général passa quatre années en exil. Rentré en France grâce à la loi d'amnistie de 1819, il mena une vie retirée et tranquille.

Sous la monarchie de Juillet il redevint pair de France. A l'instar de beaucoup de ses collègues il aurait sans doute obtenu quelque poste important dans l'armée sans l'opposition de Soult, longtemps ministre de Louis-Philippe et qui, disait-on, gardait beaucoup de rancune contre l'homme qui, en 1814, avait osé lui refuser obéissance.

Désireux de réparer ce qu'il considérait comme une injustice, le prince président nomma Exelmans Maréchal de France.

Quelques mois plus tard.....exactement le 21 juillet 1852....un accident de cheval faisait disparaître de la scène du monde un des plus illustres survivants de l'épopée napoléonienne.

FIN......

Merci à Bernardine Melchiors-Bonnet....de nous avoir conté les malheurs, les souffrances morales, d'un illustre Général de l'Empire...

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Exelmans..Evasion.....   Dim 8 Juin - 19:56

Un grand merci aussi à vous Jean Baptiste de nous avoir fait partager cette lecture passionnante et très instructive à plusieurs titres.
Amicalement
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