Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Colonel de la Bédoyère........

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Colonel de la Bédoyère........   Dim 15 Juin - 14:44

.....sunny .... Autre homme.............(Sources A. Montagnon)


La destinée dramatique de LA BEDOYERE.....


Le 23 Novembre 1813, le curé de la chapelle des Missions, à Paris, bénissait le mariage du colonel Charles Huchet de la Bédoyère et de Georgine de Chastellux. Ce jour là, l'amour triomphait de la politique.

Chastellux....La Bédoyère...il ne s'agissait pas simplement de deux familles différentes mais de deux mondes opposés. Les Chastellux, de vieille noblesse morvandelle, incarnaient la fidèlité aux princes et la dynastie légitime...celle des Bourbons, et appelaient de tous leurs voeux la chute de Napoléon.

Pour Georgine comme pour les siens, la légimité était.....non seulement un dogme, une foi, une religion, mais une question d'honneur. Au contraire Charles de la Bédoyère, pourtant de vieille noblesse lui aussi n'avait pas résisté à l'appel de la gloire et au prestige de Napoléon.

En 1806, il s'était engagé aux "Gendarmes d'ordonnances", les gardes du corps du nouveau régime. Aujourd'hui, l'Empereur le comptait parmi ses officiers les plus vaillants et les plus dévoués. Tout séparait donc les Chastellux et le colonel de la Grande Armée, et comme aucun d'eux ne songeait à renier ses fidélités, il avait fallu, pour vaincre une opposition si solidement ancrée, que l'amour des deux jeunes gens fût bien fort.

La page glorieuse est tournée.....

A ces difficultés domestiques s'ajoutait la hantise d'un avenir gros de périls. En cette fin d'année 1813, où la fortune des armes semblait hésiter, les passions politiques se faisaient acerbes et plus ouvertes. Et, comme pour les porter à l'extrême, les événements se mirent brusquement à aller très vite.

A la tête d'une armée mal remise de la terrible saignée de Russie et épuisée par une campagne d'Allemagne longtemps indécise, l'Empereur, submergé par le nombre, est contraint, malgré des prodiges de valeur, à repasser la frontière et à abandonner Paris.

Pressé par les uns, abandonné par les autres, il signe son abdication à Fontainebleau le 7 avril 1814. Empereur déchu, il recevait la souveraineté de lîle d'Elbe. Peu après, Louis XVIII, le frère de Louis XVI, montait sur le trône des lys.

Désespéré, le colonel de la Bédoyère avait pendant de longues semaines dévoré son chagrin. Puis poussé par Georgine et ses parents, il avait enfin accepté de recevoir des mains du roi le commandement du 7ième régiment de ligne tenant garnison à Chambéry.

A cette date, Georgine de Chastellux, Comtesse de la Bédoyère, n'ayant plus à composer entre son amour et le respect qu'elle portait à ses propres convictions et à celles de sa famille, pouvait regarder l'avenir avec sérénité.

A......Suivre....


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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Colonel de la Bédoyère........   Lun 16 Juin - 17:29

.....sunny .... Suite du précédent chapitre...................(Sources A. Montagnon).


Le 5 mars 1815, à Chambéry, à la tombée de la nuit, un officier se présente au colonel de la Bédoyère porteur d'un pli urgent que lui adresse le général Marchand, commandant la division militaire...."Bonaparte, échappé de l'île d'Elbe et trompant la surveillance des navires anglais, vient de débarquer à proximité de Cannes et se dirige vers Grenoble...Ordre est donné au 7e de ligne de se porter à sa rencontre et de lui courir sus...".

Le premier mouvement de la Bédoyère est d'obéir à l'ordre reçu, et son régiment se dirige vers Grenoble comme il a été prescrit. Mais les soldats et les vieux officiers manquent d'enthousiasme. Et les nouvelles affluent qui achèvent de troubler les esprits. Au défilé de Laffrey, Napoléon s'est avancé seul devant ceux du 5e de ligne chargés de lui barrer la route.

....." Soldats, reconnaissez-moi, s'il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur, il peut le faire, me voilà "....

Et puis, il y a les proclamations que répand à profusion le général Cambronne envoyé en éclaireur, il y a ces phrases qui sonnent comme des appels de fanfares..."Joignez-vous à moi, et bientôt l'aigle volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame"....

Partout les soldats répondent par des cris de "Vive l'Empereur". Certains s'agenouillent devant l'idole retrouvée. A ces nouvelles, La Bédoyère est bouleversé et un violent combat se livre en lui. Le roi l'a placé à la tête d'un régiment et lui en a confié le drapeau. Son devoir de soldat lui commande de rester fidèle au dépôt qu'il a librement accepté.

Mais l'Empereur approche, impassible et grave, serré dans sa redingote grise. Et les hommes du 7e de ligne montrent clairement par leur attitude que si leur colonel hésite, eux, ils ont déjà choisi. Alors brusquement, La Bédoyère choisit lui aussi....tirant de sa poche l'ancienne aigle du régiment, il la présente à la troupe. L'enthousiasme, trop longtemps contenu, éclate dans les rangs. Et, abandonnant Grenoble, le 7e de ligne marche rejoindre Napoléon.

Deux semaines après ces événements, l'Empereur entrait au château des Tuileries. Louis XVIII, pour la seconde fois, avait pris le chemin de l'exil. Mais à Paris, Georgine, qu'une maternité proche rendait plus sensible encore, pleurait sur son bonheur perdu.

......" Ce Jeune homme est bien imprudent dit Fouché "......

Le 18 juin suivant, le vol de l'aigle est brisé à Waterloo. La Bédoyère, qui a follement payé de sa personne, reçoit ce jour-là le grade de Général sur le champ de bataille.

Mais l'avenir s'assombrit rapidement, Louis XVIII, rentré à Paris après la seconde abdication de Napoléon, n'a pas oublié ce que les royalistes appellent "la trahison de Grenoble". Sur la liste des officiers décrétés d'accusation, le nom de la Bédoyère figure immédiatement après celui du maréchal Ney. Pour l'heure, le jeune général a reçu à Riom l'hospitalité de son camarade Flahaut, le tendre ami de la reine Hortense. Mais demain......

A Paris, un fils lui est né, un fils qu'il ne connait pas et et dont la pensée ne le quitte guère. Aussi malgré les objurgations de Flahaut et de ses amis, La Bédoyère décide un jour d'aller embrasser la mère et l'enfant avant de partir pour l'exil, peut-être même de chercher à rejoindre l'Empereur sur son rocher de Sainte-Hélène.....

.....A.....Suivre....

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Colonel de la Bédoyère........   Mar 17 Juin - 9:20

.....sunny .... Suite des précédents chapitres...................(Sources A. Montagnon).


Un tel projet est d'une folle inconséquence. La police royale surveille toutes les routes. Mais La Bédoyère reste sourd à tous les conseils et à toutes les mises en garde. Et, dans le courant du mois d'août muni d'un passeport au nom de Huchet, il prends à Moulins le diligence de Paris, sans prêter attention à un étrange personnage qui s'embarque en même temps que lui....."Ce jeune homme est bien imprudent"....devait déclarer Fouché, ministre de la justice.

Imprudence qui n'allait pas tarder à porter ses fruits. Avant même que Georgine ait pu rejoindre chez un ami où il était descendu, la maison était cernée par la police assistée d'un bataillon d'infanterie prussien. Arrêté sans résistance, le général de La Bédoyère était immédiatement transféré à la prison de la Conciergerie. Le soir même Georgine pourvait écrire sur son petit carnet intime ...."Je n'en puis plus de douleur"....

Là où la passion domine il n'y a plus guère place pour la justice. Le 14 août 1815, dans la petite salle du Cherche Midi où avait pris place une foule élégante, Charles de la Bédoyère fut condamné à la peine de mort.

Longtemps les dernières paroles du condamné devaient demeurer dans la mémoire des assistants....."On attaque mon honneur en même temps que ma vie et cet honneur n'appartient pas à moi seul, une femme modèle de toutes les vertus, un fils au berceau ont droit de m'en demander compte....je veux qu'ils puissent dire, que malgré le coup qui va m'atteindre...l'honneur est intact"......

Une femme modèle de toutes les vertus.....Georgine allait fournir la preuve dans les jours qui suivirent. Pour sauver son mari, elle tenta l'impossible. Elle écrivit à la duchesse d'Angoulème, au tsar Alexandre, au duc de Wellington. Elle vit Talleyrand, le chancelier Pasquier. Elle implore même Fouché, le régiside, dont le nom seul était odieux, le roi Louis XVIII avait refusé de la recevoir.

Dans tous les grands postes de l'état, un parent, un ami, un protégé de sa famille était en place. La jeune femme croyait à la solidarité, à la pitié, à la reconnaissance. Jour après jour, elle mesura la vanité de ses espoirs. Il lui restait à traverser une dernière épreuve.

Louis XVIII ne faisait pas grâce.......

Par une chaude journée du mois d'Août, vers 3 heures de l'aprés-midi, une femme marche d'un pas nerveux le long de la Seine. Elle atteint le palais des Tuileries, s'arrête à la hauteur du pavillon qui ouvre sur les quais. Quelques instants plus tard, le roi Louis XVIII sort de ses appartements en compagnie de son ami, le duc de Blacas. Un carrosse attend dans la cour. Au moment où Louis XVIII s'apprête à y monter, la jeune femme s'élance et se jette à ses pieds. Des mots haletants sortent de ses lèvres...."Grâce ! Grâce !" Le roi a reconnu la Comtesse de La Bédoyère......" Madame je connais vos sentiments pour moi et ceux de votre famille, je regrette de vous refuser....jamais un refus ne m'a tant coûté".....

Et le roi continue sa route. Derrière lui, terrassée par l'émotion, Georgine tombe évanouie sur les pavés de la cour. Elle sera relevée par les laquais du roi.

A peu près au même moment, le général de La Bédoyère écrivait dans sa prison...." Je veux que le portrait de ma chère Georgine, que je conserverai sur moi au moment de ma mort, soit remis à mon fils"....(1)

Charles de La Bédoyère fut fusillé le 19 août 1815 à la barrière de l'école militaire. Il mourut avec le tranquille courage d'un soldat et commanda lui-même le feu du peloton d'exécution.

Georgine lui survécut jusqu'en 1871, à travers le règne de Charles X, la révolution de 1830, l'avènement de Louis-Philippe, la révolution de 1848 et second Empire. Le fils ainé de son court mariage était mort en 1867.

A Sainte-Hélène, Napoléon n'avait pas oublié son lieutenant de Grenoble et de Waterloo. Dans son testament on peut lire...." Je lègue cent mille francs aux enfants du brave La Bédoyère "......

(1)...Cette citration et celles qui précèdent sont extraites de l'ouvrage de M. Doher....(Charles de La Bédoyère, aide de Camp de l'Empereur).

FIN.....

Merci...André Montagnon...pour ce magnifique récit...sur La Bédoyère..... qui jusqu'au bout à suivi Napoléon, malgré son engagement pour le roi, son entourage familial et l'amour de son épouse, au péril de sa vie.

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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