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 Les Mamelouks de Napoléon....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Les Mamelouks de Napoléon....   Mar 24 Juin - 9:41

...... sunny ......1er chapitre......A Marseille...Massacre des "Harkis" de Napoléon...(Sources Pierre Miquel)...


Les harkis de Napoléon, ce sont les mamelouks. Leurs familles résident à Marseille, et les Marseillais ne les aiment pas. A l'issue des Cent Jours, ces immigrés vont subir un véritable progrom polito-raciste.

Ils ont à la tête des turbans multicolores, ils portent de vastes culottes bouffantes, des poignards courbes et des cimeterres à poignée dorée. Ils n'ont pas de drapeau, mais une sorte d'enseigne où pendent des crinières de cheval, comme les hordes tartares. Ils aiment les dorures, les selles bien bordées et chevaux nerveux. Ce sont les mamelouks de l'Empereur.

Il les a levés, bien sur, en Egypte, une compagnie d'abord parmi les déserteurs du Pacha Ibrahim ou du bey Murad. Comme ils n'étaient pas assez nombreux, on a incorporé avec eux des Circassiens, des Arméniens, des Georgiens qui avaient toutes les raisons de quitter leur pays....ils étaient persécutés pour leur foi et menacés d'esclavage.

En Egypte, ils ne sont qu'une cinquantaine à caracoler autour de Bonaparte. Ils ont servi d'éclaireurs aux cavaliers de l'armée, ils ont renseigné sur les villages de fellahs, les itinéraires sur le Nil, les oasis du désert. Ils ont accompagnés les hussards dans leurs raids en Nubie. Mais très vite, ils constituent l'escorte du général en chef et apparaissent, aux yeux de toute l'armée, comme des cavaliers d'élite.

A ce titre, ils entrent en 1804 dans la Garde Impériale. Quand Napoléon organise ce corps en juillet de le même année, il rattache la compagnie des mamelouks au régiment des chasseurs de la garde à cheval, qui constituent déjà son escorte...les mamelouks sont alors cent vingt-quatre. A ce titre, ils se couvrent de gloire à Austerlitz, chargent avec les chasseurs sur le plateau de Pratzen et enlèvent aux Russes beaucoup de drapeaux.

Le prestige des mamelouks est tel qu'ils subsistent en tant que corps, même quand les hommes recrutés en Egypte ont disparu au cours des batailles. Ils sont encore une centaine de 1806 à 1810, brusquement, en 1813, la compagnie passe à deux cent cinquante cavaliers, elle est convertie en escadron.

Les anciens d'Egypte sont rares parmi les cavaliers à turbans. Ils sont désormés recrutés un peu partout en Europe ou dans la France du Sud. Les recrues sont attirées par les soldes et les avantages d'un corps d'élite. Mais les véritables mamelouks ne sont plus que dix-huit en 1814.

Ils étaient follement dévoués à la personne de l'Empereur. Certains avaient quitté leur pays pour le suivre, faisant venir avec eux leur famille. Un Georgien du nom de Roustan était le garde du corps personnel de Napoléon. Il passait la nuit en travers de sa porte.....Un des mamelouks était Français, il avait le nom Saint-Denis mais se faisait appeler Ali.

Leurs familles formaient une petite colonie à Marseille, où elles s'étaient installées depuis 1801 à la suite de la Capitulation du Caire. L'article 12 de cet accord stipulait, en effet, que tout habitant de l'Egypte serait libre de suivre l'armées française, et même de quitter le pays. Les Egyptiens engagés dans l'escorte du général en avaient profité pour faire émigrer leurs parents....

A..... Suivre.....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Les Mamelouks de Napoléon....   Mar 24 Juin - 21:12

....... sunny..... 2è... Chapitre.........(Sources Pierre Miquel)...


Napoléon, à leur intention, avait d'abord crée un dépôt à Melun. Mais les Egyptiens préféraient Marseille, pour d'évidentes raisons climatiques. Quand les hommes étaient en guerre, suivant toutes les grandes batailles de l'armée impériale, les femmes, les enfants, les vieillards se rassemblaient dans ce quartier proche du port que l'on appelait la colonie des Egyptiens.

Les familles y vivaient mal...elles touchaient de petites pensions impériales et ne pouvaient guère exercer d'activité. Le dépôt de Marseille était devenu, pour les habitants de la ville, le souk symbolique de l'Empire, qu'ils détestaient.

Car les Marseillais, qui avaient beaucoup fait parler d'eux sous la Révolution française, étaient devenus royalistes. En 1814, la foule avait crié dans la ville....." Vive le Roi ! "....dès l'annonce de la capitulation de l'armée impériale. Les monuments du cours Bonaparte avaient été renversés. Le blocus continental avait autrefois ruiné le port de Marseille. La colère contre le régime n'avait cessé de s'accroître. Tous les griefs s'accumulaient.

Le port désert, la ville manquait d'approvisionnement. Le blé venu d'Orient, les vins et les tissus de Grèce et de Turquie, les bijoux, les soieries, les épices dont les Marseillais étaient friands, tout manquait sur le port, plus de profit pour les négociants et les commerçants, les armateurs avaient le drapeau en berne. Ils n'avaient plus envie de suivre le char impérial.

Les populations Marseillaises, aussi catholiques que celles d'Aix-en-Provence, étaient en outre choquées par la politique religieuse de l'Empereur. L'arrestation du pape, mis en résidence surveillée à Savone, les avait indignés. Puisqu'il y avait deux clergés en France, les Marseillais avaient choisi leur camp, ils étaient pour le pape, contre l'Empereur.

La prolongation des guerres, la hausse continue des impôts, le départ des conscrits à l'armée étaient impopulaires et provoquaient des réactions hostiles. Plus un homme, plus un sou !... Bonaparte...était désormais haï sur le Vieux-Port.

Quand il avait débarqué de l'île d'Elbe, en mars 1815, Masséna avait envoyé un contingent de Marseillais pour le poursuivre sur la route des Alpes. Napoléon n'avait pas osé passer par la vallée du Rhône, qu'il savait trop royaliste. A Marseille, il avait dû installer une garnison musclée pendant les Cent-Jours, pour contenir une population instable, qui pouvait devenir du jour au lendemain factieuse.

Il avait été impossible d'y lever des troupes. A l'annonce de la défaite de Waterloo, la petite colonies des mamelouks avait tremblé...les soldats qui arrachaient leur cocarde tricolores étaient applaudis par la foule. Ceux qui là conservaient étaient hués, lapidés, insultés. Les drapeaux blancs sortaient aux fenêtres. Marseille affichait ses couleurs....Comment empêcher les excès de la Terreur blanche.

Sous chaque pavé poussait à Marseille une fleur de lys....devait dire le général Brune, lui même massacré un peu plus tard à Avignon. Le 25 juin, un dimanche, la foule en délire arracha tous les drapeaux aux couleurs de l'Empire qui décoraient cafés et restaurants. Dans le café Ricard, un buste de Napoléon, en plâtre, fut jeté sur le trottoir, brisé, piétiné.

Une patrouille de chasseurs à cheval avait dû charger pour se dégager. La foule s'était rassemblée en hurlants "Vengeance"....Dans leur souk, les Egyptiens entendaient l'écho formidable de ces affrontements. On lançait sur les soldats des pierres, des bouteilles...les hommes s'armaient, prenaient des fusils. D'autres avaient en main de solides gourdins, ou des sabres.

Le tocsin sonnait au clocher des Accoules, comme dans toutes les églises des quartiers de Marseille. On mobilisait les hommes pour la contre-révolution.

Le général Verdier commande encore la place, il dispose de 1000 hommes du 13e de ligne, de 150 du 14e de chasseurs à cheval de 200 retraités et officiers en demi-solde embataillonnés. Va-t-il résister ? Il se pose des questions...la Restauration est inévitable, pourquoi vouloir à tout prix maintenir l'ordre contre une population royaliste ?

Le préfet et le lieutenant de police partagent son avis. Le commandant de la garde nationale Borelli est un royaliste. Il représente au préfet qu'il a intérêt à faire disparaître la troupe de la rue, pour éviter toute provocation, et de remplacer les soldats par des gardes nationaux marseillais....ils suffiront au maintien de l'ordre.

Verdier accepte, les soldats hués par la populace, regagnent les casernes et le fort Saint-Jean. Désormais, les mamelouks peuvent craindre le pire...Marseille est livré aux royalistes......

....A....Suivre....

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MessageSujet: Les Mamelouks de Napoléon....   Mer 25 Juin - 8:58

......... sunny.........3è... Chapitre.........(Sources Pierre Miquel)...


Ils organisent aussitôt des farandoles dans les rues pour célèbrer leur victoire. Ils dansent, ils illuminent. Si l'on trouve dans les estaminets des soldats isolés, on leur fait un mauvais parti. Les officiers en retraite, les fameux demi-solde, sont aussi menacés.

Bientôt on s'en prend aux "suspects" de Bonapartisme, aux artisans, aux bourgeois. Un agent de police arrêté dans une auberge est tué à coups de sabre. On sort son cadavre, pour l'exposer dans le ruisseau. Les archives de la ville fourmillent de récits d'exécution de cette nature. Un officier est poursuivi dans une cave. On le découvre caché entre deux tonneaux. Il est tué à coups de sabre par un tambour de la garde nationale, le rapport précise que le tambour a vrillé l'arme dans la blessure, donnant dit-il, "un tour de clé".

Dans la nuit, le général Verdier décide d'évacuer complètement la ville. Il n'a plus aucune envie d'assurer la responsabilité du maintien de l'ordre. Il forme les troupes en colonnes, elles défilent dans la rue de Rome. Les Marseillais tirent des coups de fusil. Dans la campagne, sur la route de Toulon, les soldats de Verdier ne peuvent se défendre dans la nuit....il y a cent morts au cours de la retraite.

A Marseille, dans cette nuit du 25 au 26 juin, Borelli se concerte avec trois autres royalistes, Casimir Rostan, Bruniquel et Candolle....ils forment un comité royal provisoire, pour prendre en main la situation.

Ils ne parviennent pas à la dominer. Au petit matin du 26, les assassins se rapprochent du souk des Egyptiens. Ils sont suivis par une populace hurlante, qui crie vengeance et demande des victimes. Par la Capitulation du Caire de 1801, la France s'était engagée formellement à accueillir les Egyptiens en hommes libres, à les nourrir, à les protéger. On les recherche pour les tuer.

Les émeutiers n'ont aucune pitié. Ils fusillent à bout portant, égorgent, jettent les cadavres dans la mer. Un rapport de police signale que la foule entoure une servante noire qui vivait au quartier des Egyptiens. On lui demande de crier..."Vive le roi"....elle refuse..." C'est Napoléon qui me fait vivre"... dit-elle.

Elle est tuée d'un coup de baïonnette et son corps est jeté dans les eaux sales du Vieux-Port. La haine des émeutiers est telle que toute la petite colonie est bientôt massacrée, c'est un pogrom, une équipée raciste. Quand la garde nationale arrive sur les lieux, appelée par des témoins effarés, on rassemble les malheureux survivants, et, pour leur épargner le pire, pour les mettre à l'abri de la population fanatisée par les royalistes, on les enferme dans le château d'If.

La responsabilité du général Verdier, dans ce massacre, est incontestable...évacuant Marseille, il livrait la ville aux émeutiers. Les malheureux Egyptiens n'étaient pas les seuls à faire les frais de cette politique d'abandon. Aprés le massacre du Vieux-Port, les royalistes poursuivent leurs exploits. Les massacreurs étaient souvent les mêmes qu'en 1793.

On pouvait reconnaître certains visages qui étaient célèbres du temps des jacobins. Comme l'écrit Henri Houssaye,..."après avoir tué au nom du peuple, ils tuent au non du roi ". Les terroristes ne font pas de quartier. Ils recherchent le concierge de la prison. L'homme s'est enfui, laissant chez lui sa femme et ses deux enfants. Toute la famille est aussitôt mise à mort. Comme en 1789, on s'en prend aux boulangers, leur syndic, Terrier, est attaché dos à dos avec son fils, qui n'a pas dix-huit ans. Ils sont frappés à mort avec des crosses et des bâtons.

Un ami de Brune, avocat de son métier, tombe, percé de coups de couteau...personne ne lui porte secours...il a soixante dix-huit ans.

Les suspects de Bonapartisme sont arrêtés chez eux, torturés comme le menuisier Maret, et exécutés, naturellement sa maison est pillée. Les cadavres sont jetés dans la rue. Un rapport de police signale que des femmes dansent des rondes autour des victimes......

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MessageSujet: Les Mamelouks de Napoléon....   Mer 25 Juin - 18:09

........ sunny ...... 4è..Chapitre.....(Sources Pierre Miquel)...


C'est seulement dans l'après-midi que les premiers tombereaux apparaissent, pour enlever les cadavres. Le comité royal s'est enfin décidé à intervenir pour empêcher la prolongation des massacres et des pillages....les notables royalistes prennent peur....on ne peut arrêter une foule en délire.

Les rescapés des mamelouks du Vieux-Port voient arriver au château d'If d'autres victimes de la Terreur blanche. En effet, la garde nationale est intervenue dans Marseille, elle a dispersé les attroupements, rétabli un calme apparent. Mais il faut bien donner satisfaction aux passions politiques.

Le comité a décidé d'arrêter lui-même les supects, pour leur épargner d'être massacrés par la foule. On se rend discrètement chez eux, on les fait sortir par une porte dérobée. Sur un parcours surveillé par les patrouilles, on les achemine jusqu'aux embarcations du Vieux-Port, d'où ils sont enlevés aussitôt pour le château d'if.

Un certain nombre de notables suspects de sympathies pour le précédent régime doivent la vie à ce sauvetage.....On n'assassine plus les jacobins dans les rues, écrit un habitant de Marseille le 29 juin....on se contente de les arrêter et de les conduire en prison, afin de les juger et de les punir s'ils le méritent.

On a demandé des secours aux Anglais, qui débarquent aujourd'hui de l'artillerie et deux compagnie de canonniers, demain ou après-demain, ils débarqueront deux ou trois mille hommes.

Les notables respirent, les ocupants sont en place. Ils n'auront plus à redouter les excès des émeutiers.

Quant aux prisonniers du château d'If, on ne sait qu'en faire. Les artisans ou bourgeois bonapartistes sont très surpris de se retrouver isolés sur l'îlot en compagnie des survivants du souk Egyptien. Personne n'ose les faire comparaître, pour les juger. On redoute les réactions de la foule. Le préfet nommé par le gouvernement de la Restauration ne prend aucune décision à cet égard. Comment décider, alors qu'on lui fait le compte rendu des massacres...?

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MessageSujet: Les Mamelouks de Napoléon....   Mer 25 Juin - 21:03

........ sunny ....... 5è..Chapitre.....(Sources Pierre Miquel)...


Ils ont duré au moins huit heures. Ils ont fait deux cent victimes. Le comité royaliste a attendu le 27 juin pour inviter le peuble à plus de modération....les violences des militaires, écrivait-il, qui ont osé faire feu sur le peuble, ont pu excuser les vengeances exercées dans le premier moment d'un triomphe obtenu au prix de votre sang.

Il est temps que tout rentre dans l'ordre, il est temps que les personnes et les propriétés soient respectées. Pas un mot de regrêt pour les cadavres du Souk Egyptien. Ces réfugiés après tout, ne sont pas propriétaire.....

Les variations varient sur le nombre exact des victimes...le général Cailloux-Puget, a écrit de Toulon le 29 juin..." On fait monter le nombre des victimes à plus cinq cents et les maisons pillées à plus de cinquante."... Mais un douanier de Marseille est plus modéré dans ses estimations. Le 2 juillet, il signale deux cent cinquante personnes égorgées dans les journées du 25 et du 26 juin. Les lettres qui viennent de Marseille conservées aux archives de la guerre, font état de deux cent quarante-deux égorgées....Tous les partisans de l'Empereur, est-il précisé....

Parmi eux, en premier lieu, les mamelouks et leurs familles. On ne sait que faire des survivants au château d'If. Ils passent de longues journées devant la mer, songeant peut-être à retourner chez eux. Mais leur sort y serait-il enviable ? A quoi bon chercher à s'évader quand on ne sait si l'on a quelque chance d'être accueilli ? Les mamelouks prennent patience. On parle de déporter ce qui reste de la colonie à Cayenne, en Guyane.

Les Marseillais emprisonnés au château d'If y demeurent jusqu'en octobre. La Restauration est alors bien assise....L'Empereur a quitté l'Europe, les Anglais l'ont embarqué pour Saint-Hélène. Il n'y a plus de trouble à redouter, toute nouvelle aventure militaire est désormais improbable....Même les Egyptiens peuvent de nouveau débarquer dans la ville, pour y poursuivre leur existence misérable.

On ne sait s'ils y restent, ou s'ils disparaissent pour une autre ville française. La mémoire de l'histoire perd leur trace, elle ne se souvient que du massacre du 26 juin.

Ce jour-là, la situation, en France, était plus que trouble. Le nouveau régime royaliste n'était nullement installé, l'Empereur, le 25 juin était encore à la Malmaison, il y avait été reçu par la reine Hortense. Il avait passé la nuit dans la résidence.....avec le grand Maréchal Bertrand, les généraux Gourgaud et Montholon, le chambellan Las Cases, et d'autres officiers fidèles. Trois cents grenadiers et chasseurs de la vieille garde assuraient le service d'honneur.

Le jour même, Napoléon avait signé une proclamation à l'armée...."Soldats, disait-il, sauvez l'honneur, l'indépendance des Français.... Napoléon vous reconnaîtra aux coups que vous allez porter"....

Cette proclamation avait été interceptée par Fouché, responsable du gouvernement provisoire, et elle n'avait pas paru dans le ...Moniteur....Les soldats n'en avaient pas eu connaissance..

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MessageSujet: Re: Les Mamelouks de Napoléon....   Jeu 26 Juin - 7:28

sunny

Je me glisse en catimini.




Vu à Waterloo 2008 - Crédit photo H Bilbao.

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On me croit sévère, même dur. Tant mieux cela me dispense de l'être. Ma fermeté passe pour de l'insensibilité. A Caulaincourt
Si je monte au Ciel, et que Napoléon n'est pas au Paradis, alors ce ne sera pas le Paradis.
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MessageSujet: Re: Les Mamelouks de Napoléon....   Jeu 26 Juin - 8:37

......... sunny ....


Merci.....Corso....il faut avouer qu'ils avaient une fière allure ces mamelouks....!!!!

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MessageSujet: Re: Les Mamelouks de Napoléon....   Jeu 26 Juin - 9:09

........ sunny .........6è..Chapitre.....(Sources Pierre Miquel)...


Napoléon ne pouvait pas savoir que le 26, à Marseille, on massacrait les familles de ces braves mamelouks. Ce jour-là, il s'efforçait d'obtenir de Fouché deux frégates pour quitter la France avec ses familiers. Il voulait à partir de Rochefort, faire voile vers les Etats-Unis. Fouché était partagé entre le désir de voir l'Empereur s'éloigner de Paris et de l'armée et la crainte d'être désavoué par les Alliés, qui voulaient s'assurer de la personne de Napoléon....." On a attrapé, écrivait Metternich à sa fille, son chapeau, il faut espérer que nous finirons par le prendre lui-même"......

A la Malmaison, il était déjà prisonnier. Il ne pouvait avoir des nouvelles du pays. Les évènements de Marseille étaient inconnus de lui. Il n'avait même plus les moyens de communiquer avec son armée....Fouché faisait saisir ses messages.

Des voitures de Parisiens stationnaient devant la Malmaison, inquiétant le ministre de la police. On n'osait ni arrêter l'Empereur, ni le faire partir. On tenait surtout à ce qu'il tombât entre les mains des Alliés, qui porteraient ainsi la responsabilité du sort qu'ils lui réservaient.

Napoléon n'ignorait pas qu'il y aurait encore en France de nombreux partisans d'un retour aux trois couleurs, même après la seconde Restauration. Mais, quand il s'était remis entre les mains de l'Angleterre, il était trop tard pour rallier cette opinion déçus par Waterloo, désormais convaincue que le retour du drapeau blanc était inévitable.

Les évènements de Marseille n'avaient donc aucun avenir politique. Ils seraient très vite oubliés par le nouveau pouvoir, qui ne tenait pas à s'attarder sur les bavures de la Terreur blanche. Ils seraient aussi abandonnés par l'opposition républicaine et bonapartiste, qui n'y trouvait pas de thème mobilisateur suffisant....le général commandant à Marseille n'avait-il pas, par son irrésolution rendu lui-même possible tous les massacres ?.....Ainsi les mamelouks étaient morts pour rien, comme les autres..."suspects Bonanpartistes"...de Marseille !.

Personne ne pourrait jamais les revendiquer. Ils étaient d'avance oubliés. Le rapport de police à Carnot le précisait d'une manière brutale. Le commissaire indiquait, le 27 juin, ..." Il ne reste pas un mamelouks "....

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MessageSujet: Re: Les Mamelouks de Napoléon....   Jeu 26 Juin - 12:03

C'est franchement indigne pour la France la réaction royaliste. La bétise de la foule , et je suis poli, fait peur.
En 1814 devant la Préfecture de Carcassonne il y avait un aigle vivant en cage, crétins de royalistes l'ont fait bruler vivant...
C'est aussi c.. que sous la terreur on arrétait les gens qui avaient des pendules avec les aiguilles terminées par un lys!

Bonne nouvelle Hervé à un cheval ?
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MessageSujet: Re: Les Mamelouks de Napoléon....   Jeu 26 Juin - 21:06

......... sunny .........7è..et dernier chapitre.....(Sources Pierre Miquel)...


Au moins un Survivant.......


Rapport inexact un certain nombre étaient enfermés au château d'If. Etaient-ils de véritables mamelouks ?....Le seul dont l'existence sera attestée est le garde-corps de Napoléon, le célèbre Roustan. Il était né dans les montagnes de Géorgie en 1780.

Très jeune, il avait été vendu à un cheikh du Caire, pour qu'il puisse plus tard servir dans les mamelouks....ainsi les potentats arabes recrutaient-ils leurs soldats chez les esclaves. Après la victoire de Bonaparte, le cheikh avait fait lui même cadeau de Roustan, son serviteur. Sa force herculéenne, sa discrétion, son efficacité comme garde du corps avaient séduit Bonaparte qui s'était constamment attaché la présence du bon géant georgien.

Il avait pourtant refusé de suivre l'Empereur dans son exil à lîle d'Elbe. Il avait été enfermé, pendant les Cent Jours, au fort de Vincennes. Napoléon n'avait pas apprécié sa défection.

Après Waterloo, échappant ainsi au massacre de Marseille, Roustan avait reçu un cadeau du nouveau régime, un bureau de loterie. Mais il n'était plus populaire en France....l'opinion publique Parisienne, restée très largement Bonapartiste, méprisait ce pensionné des Bourbons.

Il vendit son bureau de loterie pour s'embarquer à Boulogne. On le vit à Londres en habit de mamelouk, le cimeterre au côté, s'exhibant dans les foires.....Roustan, le mamelouk de Napoléon. Pour quelques guinées, les Anglais pouvaient l'admirer, lui parler, ou l'accabler de sarcasmes.

On perd sa trace jusqu'en 1840....Louis-Philippe est alors roi des Français. Tricolore, il tient à donner aux nostalgiques de l'Empire quelques raisons de se rallier à son trône. Il ordonne à Paris les cendres de l'Empereur.

Le tombeau descend lentement les champs-Elysées. Tout Paris s'est rassemblé le long de l'avenue. Parmi les participants à la cérémonie, Roustan, dans son bel uniforme chamarré.

On a oublié alors les foires anglaises et la loterie des Bourbons. Roustan est une sorte de revenant. On l'acclame, car le peuple de Paris, qui n'a pas de rancune, voit en lui l'un des derniers familiers de l'Empereur.

(Mort en 1845, Roustan est enterré à Dourdan).

FIN.....

Merci Pierre Miquel....d'avoir évoqué une période dfficile de notre histoire de France.....une pensée pour les mamelouks de l'Empereur Napoléon.

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