Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Qui était Metternich ?

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Ven 27 Juin - 9:00

...... sunny ......1er chapitre...... (Sources Paléologue, Maurice).


Ne nous plaignons pas que, de préférence aux solutions violentes, les peuplent essaient de régler par la diplomatie, à travers de nombreuses conférences, les problèmes du monde. Quand on parle de diplomatie, on évoque aussitôt Metternich. Qui était-il ? D'où vient son prestige ?.

Issu d'une vieille famille rhénane, Clément de Metternich débute à vingt huit ans dans la diplomatie, comme envoyé plénipotentiaire de l'Empereur François II à Dresde. On est en 1801...le traité de Lunéville vient de rétablir la paix sur le continent.

Mais tout de suite, avec une intuition surprenante, le jeune ministre aperçoit que...l'empire d'Allemagne est menacé d'une dissolution prochaine, que la puissante création de Charlemagne va périr sans retour et que les formidables boulversements qui se préparent ajournent indéfinitivement le repos général.

Pour un débutant si perspicace les grands chemins s'ouvrent vite. Au mois de décembre 1803, il est transféré de Dresde à Berlin...."J'avais pour tâche, dit-il, de gagner la Prusse à l'alliance des cours de Vienne et de Saint-Pétersbourg"....

Il, y réussit non sans peine, et le 3 novembre 1805, il signe la célèbre convention de Potsdam. Mais le canon d'Austerlitz ne laisse pas à la Prusse le temps de mobiliser. En quelques heures, la face de l'Europe change...le traité de Presbourg détruit l'empire d'Allemagne et ruine la puissance Autrichienne.

Dans la détresse où tombe la monarchie des Habsbourg, c'est Metternich que le pâle François II...."ce squelette de François II", comme l'appelait Napoléon, confie la mission redoutable d'aller affronter à Paris le vainqueur d'Austerlitz, l'arbitre du monde.

Le 4 août 1806, il prend possession de son ambassade....il a trente trois ans. Dès son arrivée, la société Parisienne le distingue, l'apprécie, le cajole. Il a en effet, la plus belle apparence. Grand, mince, les traits finements découpés, voilant sa chevelure blonde sous un nuage de poudre afin d'avoir l'air plus respectable. Il porte avec une noble désinvolture son costume de chevalier de Malte, habit rouge à revers noirs.....c'est le grand seigneur dans sa plus extrême élégance, écrit une de ses admiratrices.

Il excelle d'ailleurs à composer son personnage. Dans l'exercice de ses fonctions, il affecte une réserve froide, une hautaine et impassible gravité....il est aussi maître de sa parole que de sa pensée, il manie artificieusement la dialectique, il semble avoir toujours son plan, il ne se déconcerte jamais.

Dans les salons, il se montre enjoué, spirituel, frivole même, il cause d'une façon charmante, il se passionne pour le littérature et les arts....il adore les femmes.

En général, il déplaît aux hommes, qui le jugent poseur et présomptueux. Un de ses rivaux, et non des moindres, prononcera un jour sur lui ce mot sévère...."Il y a du faquin, en M de Metternich"....

Cependant, le jeune ambassadeur promène autour de lui un regard d'une singulière acuité. Il a vite fait de percevoir les dessous du régime impérial, les parties faibles du colossal et majestueux édifice.....

....A...Suivre....

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Ven 27 Juin - 14:45

...... sunny ......2ie..Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice).


C'est sur Napoléon d'abord qu'il concentre ses facultés d'analyse et de prévision. Avec une sagacité ardente, il pénètre tout le mécanisme intérieur du héros prodigieux qui domine le monde, et sans se laisser éblouir par la fulguration de sa gloire, il discerne....Tous les défauts qui finiront par l'entraîner à sa perte.

Il observe notamment, et cette observation est d'une vérité profonde, que les victoires de Napoléon, pour éclatantes qu'elles soient, ne sont jamais décisives...qu'après Rivoli, qu'après Marengo, qu'après Ulm, qu'après Austerlitz, rien n'a été fini et que, le lendemain, il a fallu tout recommencer.

Aussi lorsqu'il apprend... Iéna, puis Friedland, il garde son flegme, car désormais il voit clair dans la conduite qui s'impose à son pays abaissé. Vivre et attendre, au besoin courber la tête, mais se préparer en secret pour le cataclysme plus ou moins prochain où doit aboutir fatalement la politique napoléonienne...tels sont les conseils qu'il ne cesse d'envoyer à Vienne.

Quelques entretiens furtifs, qu'il a eus avec Talleyrand et Fouché, lui ont d'ailleurs démontré bientôt la justesse de ses calculs, les évènements ne tardent pas à lui donner raison.

Au mois d'avril 1808, le guet-apens de Bayonne découvre soudain les vues de Napoléon sur l'Espagne. Dès la première nouvelle, l'ambassadeur écrit à sa cour qu'il n'y a dorénavant pas de paix durable avec Napoléon.

François 1er et ses conseillers ne peuvent que se conformer à un avertissement aussi catégorique. L'Autriche cherche, qui, depuis le traité de Presbourg n'a plus qu'un fantôme d'armée, entreprend donc secrètement des préparatifs militaires.

Napoléon ne met pas longtemps à les découvrir. Le 15 août, à Saint-Cloud, en présence de tout le corps diplomatique, il fait à Metternich une scène terrible, qui rappelle la fameuse apostrophe à lord Whitworth en 1803....."Et bien monsieur l'ambassadeur, que veut l'empereur votre maître ? Veut-il donc me faire revenir à Vienne " ?....

Metternich reçoit l'algarade sans perdre contenance...." A mesure que notre conversation se prolongeait, elle prenait davantage le caractère d'une manifestation publique....mais je ne baissais pas le ton et je combattis par l'ironie les vains arguments qu'il produisait....tout à coup il s'interrompit au milieu d'une phrase, tourna sur les talons et sortit sans avoir fait le tour du cercle ".....

Cet éclat produit au dehors la plus vive impression. Le lendemain, la bourse baisse...on croit la guerre décidée. Seul, Metternich estime que l'heure du péril n'est pas encore venue et que Napoléon cherche seulement à terroriser l'Autriche, au moment où la situation de ses armées s'aggrave en Espagne.

Il voit juste....car il apprend coup sur coup la capitulation de Baylen, l'évacuation de Madrid, le débarquement de Wellington à l'embouchure du Montégo, deux corps français ont passé sous les fourches caudines.

Il n'en redouble pas moins de vigilence...il réussit même à s'assurer le concours secret, " l'alliance " de Talleyran. Ayant pu apprendre ainsi, de première main, tout ce qui s'est passé à Erfurt, il en déduit que "Le rapprochement de deux puissances comme celle de Napoléon et celle d'Alexandre doit produire forcément une série de complications épouvantables".....une nouvelle guerre contre l'Autriche.

A....Suivre....

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Ven 27 Juin - 22:42

....... sunny ......3ie..Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice).


Le 6 juillet 1809, la victoire de Wagram marque l'apogée de Napoléon. Le surlendemain, tandis que l'armée Autrichienne précipite sa retraite vers la Moravie, Metternich est mandé par François 1er qui lui dit..."Le comte de Stadion vient de me remettre sa démission...je vous confie, à sa place le département des Affaires Etrangères.

Ainsi, à trente-six ans, il assume la plus écrasante responsabilité qui puisse incomber à un homme, car c'est l'existence même de sa patrie qui est en jeu. L'avenir semble désespéré pour la monarchie des Habsbourg.

Dans ces jours sombres, Metternich échappe seul au découragement général, et c'est l'insigne honneur de sa carrière. Il considère en effet que la partie n'est pas irrévocablement perdue pour son pays. Cette assurance impassible n'exprime pas chez lui, le raidissement stoïque d'une grande âme qui refuse de s'incliner sous les coups du sort.

Pour justifier l'optimisme de ses prévisions, il ne se fonde que sur des raisons positives. C'est par une vue claire de la réalité qu'il déclare l'oeuvre de Napoléon fragile, éphémère..."immanquablement condamnée".

Dès lors, il n'a plus qu'un dessein, le renversement de Napoléon, et il y déploie un art supérieur, une persévérance inlassable, une prodigieuse fertilité de ressources.

Ce qui lui importe d'abord, c'est que l'Autriche vive. Aussi n'éprouve-t-il aucun scrupule à signer le traité désastreux du 14 octobre 1809...il faut, avant tout, gagner du temps.

L'occasion qu'il guette surgit bientôt...imprévue, merveilleuse. Il la saisit au vol. Napoléon, qui vient de répudier Joséphine, aspire à la main d'une princesse russe. Alexandre hésite à livrer sa soeur. Poussé par son ministre, François 1er offre sa fille. l'affaire est bâclée en neuf jours.

A Vienne, dans tous les milieux, dans la famille impériale, dans la noblesse, dans la bourgeoisie et jusque dans le peuple, la nouvelle du mariage est accueillie avec une stuppeur muette, qui se transforme vite en indignation.

Mais, dans cette éclatante mésalliance, Metternich ne voit qu'un expédient nécessaire et provisoire, un écran à l'abri duquel l'Autriche reconstituera ses forces et attendra l'heure de la revanche.

Pour apaiser Napoléon, il faut lui livrer une archiduchesse...on la lui livrera. Comme dit le vieux prince de Ligne, qui dans son existence voluptueuse, avait eu souvent recours aux allusions mythologiques..."L'Autriche fit au Minataure le sacrifice d'une belle génisse".

Appelé par Napoléon, Metternich accompagne Marie-Louise à Paris, afin de guider ses premiers pas et d'affirmer l'intimité politique des deux Empires. Le 28 juillet 1810, il écrit à François 1er....." L'avantage le plus considérable, que nous soyons en droit de tirer du mariage d'une fille de Votre Majesté avec l'Empereur des Français, est d'avoir changé notre situation désespérée, notre complète désorganisation à l'intérieur comme en dehors, en un état de repos.....Dans ces conjonctures, tous les efforts du gouvernement doivent tendre à remettre en ordre et à rétablir nos forces qui étaient tombées si bas au moment de la dernière paix et, par elle, à rassembler ces mêmes forces pour tous les cas qui peuvent se présenter dans l'avenir".

Pendant cette mission de confiance auprès de la jeune Impératrice, Metternich, glane encore quelques observations précieuses. Il voit le peuple Français rassasié de gloire, ne souhaitant plus que le repos et la paix...il voit aussi les maréchaux et les grands dignitaires fatigués des perpétuelles aventures, anxieux de l'avenir, réduisant désormais toute leur ambition à jouir de leurs richesses acquises....enfin averti par Talleyrand, il note les premiers symptômes de l'antagonisme qui va bientôt dresser l'un contre l'autre les deux alliés de Tilsit et il annonce à son maître que....la guerre éclatera dans le nord, au commencement de l'année 1812.

A...Suivre...

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Qui était Metternich ?   Ven 27 Juin - 23:44

Jean-Baptiste,
Avec votre récit, nous sommes au coeur du système impérial, et surtout de ses faiblesses. Dommage que ce soit au travers de Metternich, mais ce sont des faits. Merci pour cette objectivité dans vos choix.
Vivement la suite, même si on la connait.
Amitiés
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Qui était Metternich ?   Sam 28 Juin - 0:58

.... sunny

......Cher Lieutenant Legros.....


Vous avez parfaitement raison...nous sommes au coeur du système impérial.....Metternich en fait partie...intrigues, complots...et ses multiples conquêtes féminines.... tel un félin pour atteindre le but qu'il s'était fixé..

Bien à vous..

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Drouet Cyril

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MessageSujet: Re: Qui était Metternich ?   Sam 28 Juin - 7:42

Un peut de Metternich à l'occasion de la paix et de mariage :

Metternich à François, 10 août 1809 :
«Quelles que soient les conditions de la paix, le résultat en sera toujours que nous ne trouverons notre sûreté qu’en nous appuyant sur le système triomphant de la France. Je n’ai pas à répéter à Votre Majesté combien nous sommes peu capables d’entrer dans ce système, dirigé contre tous les principes d’une politique raisonnable, contre toute grande union d’Etats. Mes principes sont inébranlables, mais on n’entre pas en lutte avec la nécessité. »


Metternich à Schwarzenberg , 19 février 1810 :
« Nous sommes loin de nous faire illusion sur la très grande distance qu’il y a, du mariage avec une princesse autrichienne à l’abandon du système de conquêtes de l’empereur Napoléon ; mais nous ne désespérons pas de mettre à profit les moments de repos qui, nécessairement, doivent naître pour nous, afin de consolider notre politique intérieure et pour tempérer les vues de l’empereur des Français. »


Metternich à François, 28 juillet 1810 :
« L’avantage le plus considérable que nous soyons en droit de tirer du mariage d’une fille de Votre Majesté avec l’empereur des Français est d’avoir changé notre situation désespérée, notre complète désorganisation à l’intérieur comme au dehors, en un état de repos. Dans ces conjonctures, tous les efforts du gouvernement doivent tendre à remettre en ordre et à rétablir nos forces qui étaient tombées si bas au moment de la dernière paix et, par elle, à rassembler ces mêmes forces pour tous les cas qui peuvent se présenter dans l’avenir.
[…]
Toutefois, on ne se tromperait pas moins en attribuant à cette alliance si avantageuse une influence capable de s’étendre à tous les plans de Napoléon ou de modifier entièrement les vues de ce prince. L’aspiration à la domination universelle est dans la nature même de Napoléon ; elle peut être contenue, mais jamais on ne parviendra à l’étouffer. Sans cette alliance, la Monarchie autrichienne serait peut-être ruinée à cette heure. Ce qui n’est pas moins vrai, c’est que – malgré ce mariage – il peut survenir des circonstances où nous ayons à faire appel à toutes nos forces pour prévenir notre asservissement et résister au joug »

Henry Valloton, Metternich
Victor Bibl, Metternich 1773-1889

salut
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Sam 28 Juin - 9:13

........ sunny .......4 ie..Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)..


La retraite de Moscou et le désastre de la Bérézina surprennent Metternich qui ne s'attendait pas à ce que la logique invincible des faits prit une allure si rapide.

Réalisant d'un coup d'oeil toute la situation nouvelle, le ministre de François 1er comprend que l'heure est enfin venue pour l'Autriche de relever la tête, d'arracher l'Europe à la suprématie Française et de s'imposer à Napoléon comme l'arbitre de la paix générale....pratiquement que faire ?.

Le plan de manoeuvre n'est pas facile à élaborer. Depuis la convention du 14 mars 1812, l'Autriche est l'alliée de la France contre la Russie, pour qu'elle devienne l'alliée de la Russie contre la France, tout l'échiquier diplomatique est à renverser.

Ne serait-ce que par pudeur et en prévision de l'histoire, une pareille volte-face commande quelques déguisements, quelques transitions. Enfin une imprudence de tactique pourrait coûter cher. Napoléon n'est pas encore terrassé.

Metternich établi donc son programme, sur une série de nuances intermédiaires, qui amènent graduellement l'Autriche à se déclarer Puissance médiatrice entre les belligérants.

Par d'habiles équivoques, par d'insinuances promesses, Napoléon est attiré au Congrès de Prague comme dans un piège. L'opération est conduite avec une dextérité magistrale...c'est un chef-d'oeuvre de stratégie diplomatique.

L'épilogue est d'une solennelle grandeur. Metternich s'y rencontre face à face avec Napoléon. La scène se passe le 26 juin 1813, à Dresde, au palais Marcolini.

Pour arriver jusqu'à l'Empereur, le ministre Autrichien est obliger de traverser une galerie où se pressent maréchaux, officiers, courtisans, toute une foule chamarrée d'or. Sur chaque figure, il saisit la même expression de curiosité inquiète et de lassitude morne. Au passage le Prince de Neufchâtel, major général de la Grande Armée, lui glisse anxieusement à l'oreille....." N'oubliez pas que l'Europe a besoin de la paix, la France surtout..la France ne veut que la paix "....sans répondre, il continue sa marche, les portes s'ouvrent.

...." Napoléon m'attendait , debout, au milieu de son cabinet, l'épée au côté, le chapeau sous le bras...il s'avança vers moi avec un calme affecté et me demanda des nouvelles de la santé de l'Empereur. Bientôt, ses traits, s'assombrirent et, se plaçant devant moi, il me parla en ces termes "....

...." Ainsi vous voulez la guerre...c'est bien, vous l'aurez, j'ai anéanti l'armée prusienne à Lutzen, j'ai battu les Russes à Bautzen, vous voulez avoir votre tour...je vous donne rendez-vous à Vienne...les hommes sont incorrigibles, les leçons de l'expérience sont perdues pour eux. Trois fois j'ai rétabli l'Empereur François sur son trône, je lui ai promis de rester en paix avec lui tant que je vivrais, j'ai épousé sa fille, je me dirais alors "tu fais une follie"...mais elle est faite, je la regrette aujourd'hui "....

.....Ce préambule me fit sentir mieux encore combien ma situation était forte. A ce moment décisif, je me regardais comme le représentant de la société Européenne tout entière. Le dirais-je ?...Napoléon me parut petit "...

..... " La paix et la guerre, répondis-je, sont entre les mains de Votre Majesté...le sort de l'Europe, son avenir et le vôtre, tout celà dépend de vous seul. Aujourd'hui vous pouvez encore conclure la paix, demain ce serait peut-être trop tard...."...Eh bien ! qu'est-ce donc qu'on veut de moi ? me dit brusquement Napoléon...Que je me déshonore ?...Jamais, . Je saurai mourir, mais je ne céderai pas un pouce de territoire...vos souverains, nés sur le trône, peuvent se laisser battre vingt fois et rentrer toujours dans leurs capitales...Moi non...parce que je suis un soldat parvenu ".......

Durant huit heures, le dialogue se poursuit, sur ce ton pathétique, Napoléon s'ingéniant à pénétrer les desseins véritables de l'Autriche et à connaître l'état réel de ses forces, Metternich démontrant la nécessité de mettre un terme aux souffrances de l'Europe et ne craignant pas d'alléguer, au nombre de ses raisons, l"épuisement notoire du peuple Français.

Piqué au vif par ce dernier argument, Napoléon finit par s'écrier avec colère....." Vous n'êtes pas un soldat, vous ne savez pas ce qui se passe dans l'âme d'un soldat...j'ai grandi sur les champs de bataille, moi "....

Et, comme pour souligner ces mots, il lance son chapeau jusqu'au fond du salon. Très ému, s'appuyant à une console afin d'assurer sa contenance...Metternich relève l'apostrophe !....

...." Pourquoi me faites-vous entre quatre murs une pareille déclaration ? ...ouvrons les portes, et puissent vos paroles retentir d'un bout de la France à l'autre !..Ce n'est pas la cause que je représente qui y perdra "....

Cependant la nuit est venue, la nuit complète, les deux interlocuteurs distinguent à peine leurs visages...mais personne n'ose entrer pour apporter de la lumière. Napoléon qui a soudain retrouvé son calme, fait alors quelques tours de marche dans le salon, ramasse son chapeau, puis, de son air le plus aimable, il congédie Metternich. En posant la main sur le bouton de la porte il dit encore...."Savez-vous ce qui arrivera ? Vous ne me ferrez pas la guerre "....A quoi l'autre, gravement, répond...." Vous êtes perdu, sire, je le pressentais en venant ici, j'en ai maintenant la certitude ".....

Dans le Congrès qui s'ouvre vingt jours plus tard à Prague, les plénipotentiaires de François 1er prennent immédiatement l'attitude comminatoire.

Napoléon se cabre devant l'ultimatum qu'on ose lui remettre. Le 11 août, l'Autriche déclare la guerre à la France, et le feld Maréchal Autrichien, prince de Schwartzenberg est nommé généralissime de la coalition.

A...Suivre....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Sam 28 Juin - 16:00

..... sunny ...... 5 ème...Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)....


Pendant la campagne de Saxe, puis la campagne de France, Metternich inspire et dirige toute la politique des Alliés. Aux conférences de Langres, de Châtillons, de Paris, c'est lui le coryphée. Il y déploie une intelligence, une adresse et une perspicacité supérieures.

Aucun scrupule ne l'arrête. Quoi qu'il ait sans cesse à la bouche les lois divines et préceptes chrétiens, il pousse l'indifférence morale jusqu'au cynisme...il est l'homme de tous les artifices, de toutes les échappatoires, même de toutes les fourberies.

Sa conduite envers Marie-Louise, par exemple, lui aurait obtenu l'admiration de Machiavel. C'est lui personnellement qui a fait le mariage de 1810....il n'éprouve pourtant aucune gêne à le défaire, quand la raison de l'Etat le lui commande.

Ainsi, le 1er février 1814, il apprend que le duc d'Angoulème vient de débarquer à Saint-Jean-de-Luz et que la population l'a reçu avec enthousiasme, il en conclut que la restauration des Bourbons est possible désormais, et, comme cette éventualité lui plaît, il dit nonchalamment..."Je crains pour notre pauvre Impératrice"....

De ce jour, Marie-Louise est exclue de ses combinaisons politiques. Il exécute avec la même désinvolture le petit roi de Rome. Cet enfant est le dernier espoir auquel Napoléon s'accroche dans l'horreur de son désastre, car il se refuse à croire que François 1er, l'honnête François 1er, ne défende pas les droits sacrés de son petit-fils.

Mais cette fois encore, Metternich n'écoute que la raison d'Etat....sur ses instances et malgré l'Empereur Alexandre, le rappel des Bourbons est résolu dans le conseil des Alliés. C'est alors que Napoléon, qui maintenant voit le fond de l'abîme, ordonne à son frère Joseph d'expédier immédiatement vers la Loire l'Impératrice Marie-Louise, le Roi de Rome, les grands dignitaires, les ministres, le Trésor, et termine sa lettre par cette injonction poignante, où passe comme un souffle d'Euripide.

....." Ne quittez pas mon fils, rappelez-vous que je préférerais le savoir dans la Seine plutôt que dans les mains de l'ennemi. Le sort d'Astyanax, prisonnier des Grecs, m'a toujours paru le plus malheureux de l'histoire "....

Après l'abdication de Fontainebleau Metternich ne se borne pas à empêcher Marie-Louise de rejoindre Napoléon et de le suivre sur l'île d'Elbe...il voit, en outre, un intérêt politique à séparer la mère de l'enfant. Il envoie donc le roi de Rome à Vienne, où l'aigle noir des Habsbourg tiendra dorénavant " l'Aiglon " sous sa griffe.

Quant à l'archiduchesse-impératrice, il lui fait conseiller astucieusement d'aller prendre les eaux d'Aix...puis comme il la sait passive, romanesque, sensuelle, il la jette dans les bras de Neipperg.

En cette occurence, le ministre autrichien surpasse Machiavel. Un de ses collaborateurs, qui le connait à fond, le chevalier de Gentz, s'était aperçu depuis longtemps déjà...qu'il y avait toujours des parties louches et scabreuses dans la conduite de M. de Metternich.

Le congrès de Vienne et les traités de 1815 consacrent la victoire de l'Europe sur la puissance napoléonienne, ou plutôt sur le programme d'expansion française que les hommes de la Révolution avaient conçu dès 1792, qui était bientôt devenu pour eux un dogme national, et que Napoléon leur avait emprunté.

De cetre victoire, un grand éclat rejaillit sur Metternich, d'abord, on lui prodigue les titres, les honneurs et les donations. Elevé à la dignité de prince, autorisé à insérer les armes d'Autriche-Lorraine dans ses armoiries familiales, crée duc au royaume de Naples et grand d'Espagne de première classe, nommé enfin chancelier de l'Empire, il est désormais l'homme d'Etat le plus illustre, le plus influent, le plus redouté du monde européen.

Dès le lendemain de Waterloo, il a entrevu, pour l'ère nouvelle qui s'ouvre, un grand système de politique générale, qu'il appliquera ensuite, avec autant de persévérence que d'habileté, jusqu'à la fin de son règne, lequel ne durera pas moins de trente-trois ans.

Ce système porte si profondément sa marque personnelle que l'histoire y attachera son nom....il se résume dans une formule simple, la paix extérieure entre les nations par l'équilibre des puissances et l'union des couronnes.....la paix intérieure au sein des Etats par la coalition des forces conservatrices et la solidarité des gouvernements légitimes.

Au point de vue extérieur, le système est sage en théorie et s'est révélé pleinement efficace dans la pratique.

Si la constellation européenne, créée en 1815, est un triste spectacle pour la France, il faut toutefois reconnaître que la diplomatie du chancelier autrichien à procuré à l'Europe quarante année de repos et de stabilité.

Dans cette phase culminante de sa carrière, Metternich apparaît comme l'âme de la Sainte-Alliance, l'oracle des vues providentielles sur les affaires humaines, le défenseur des saines traditions, l'adversaire de toutes les entreprises beliqueuses, le lien de toutes les actions communes, le médiateur et l'arbitre de tous les litiges internationaux.

Considéré au contraire dans le domaine de la politique intérieure, le système n'est qu'un majestueux sophisme, qui n'a pu se prolonger qu'au prix d'expédients continuels et qui se terminera piteusement.

Il ne conçoit en effet la vie normale des peuples que dans la soumission, le silence et l'immobilité....il a pour principe unique l'absolutisme, pour instrument unique la haute police, pour objet unique l'étouffement de toute pensée libre et de toute innovation.

A.....Suivre....

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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Dim 29 Juin - 8:33

...... sunny .......6 ème...Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)....


Or, le changement est la loi universelle de la nature, l'humanité n'existe qu'à la condition de se transformer sans cesse.

Malgrè sa vive intelligence, Metternich n'aperçoit pas cette vérité supérieure. Autour de lui, des idées et des passions nouvelles, des sentiments et des appétits nouveaux fermentent de toute part. Dans tous les pays, la houle démocratique monte et s'avance irrésistiblement.

Il ne méconnaît certes, pas l'importance du phénomène. Mais il n'imagine pas d'autre remède que l'intransigeance hautaine et la répression impitoyable. Il aime à répéter, de sa voix calme..." Je suis le rocher de l'ordre ".....

Sa clairvoyance est d'ailleurs souvent troublée par son grand défaut, qui s'est beaucoup accru avec l'âge....la vanité. Il s'admire constamment, il se croit infaillible, il déclare que ...." l'erreur n'a jamais approché de son esprit "....Bien plus, il parle quelquefois de son apostolat messianique parmi les hommes.

Cependant, les nuées, s'accumulent à tous les coins de l'horizon, les éclairs sillonnent le ciel. Cette fois encore, l'ouragan vient de France.

Metternich ne s'en émeut pas outre mesure, car il est assuré que l'Autriche, cet Empire béni du ciel, échappera aux calamités qu'il prévoit pour tous les autres pays.

Mais, tandis qu'il se complait, d'un ton dégagé, aux belles dissertations de philosophie politique, une révolte éclate à Vienne, le 13 mars 1848, et le renverse en deux heures.

Il est obligé de fuir à travers l'Allemagne insurgée, seul avec sa femme, abandonné de tous, déguisé...comme un malfaiteur, couchant la nuit dans des bouges, croyant vivre, un songe horrible.

L'ironie du sort ne lui permet de trouver un asile qu'en des pays infectés de libéralisme, en Angleterre, puis en Belgique. Après trois ans et demi d'absence, il rentre dans son palais du Rennweg.

Toute la physionomie de l'Europe est changée. Un Bonaparte règne en France, il s'est juré d'anéantir l'oeuvre de 1815, il commence par venger en Crimée le désastre de 1812, puis s'attaque à l'Autriche pour l'expulser d'Italie.

Sur ces entrefaites, Metternich meurt, au début de sa quatre-vingt-septième année, le 11 juin 1859, dans le court intervalle qui sépare Magenta de Solférino.

Sept ans plus tard, il aurait vu pis encore...il aurait vu la puissance Autrichienne s'effondrer à Sadowa, l'hégémonie prusienne s'établir en Allemagne, la gloire antique des Habsbourg s'éclipser devant l'astre montant des Hohenzollern.

Une carrière politique si longue et si impeccable, si rectiligne dans son orientation générale et si ingénieuse dans les détours pratiques, associée enfin d'une manière continue et parfois si décisive à l'un des plus étonnants spectacles qu'offre l'histoire, une telle carrière devait nécessairement procurer au chancelier autrichien une célébrité retentissante parmi ses contemporains. Mais la renommée de l'homme public s'est encore beaucoup accrue, par l'idée qu'on se faisait de l'homme privé.

A...Suivre...

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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Dim 29 Juin - 19:00

...... sunny ..............7 ème...Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)....


D'abord il garde jusqu'à la vieillesse tous les avantages physiques. Le comte de Falloux, qui lui fut présenté à Vienne en 1834, lorsqu'il avait déjà soixante et un ans, s'émerveillait de voir en lui....un des hommes les plus beaux et le plus élégants de l'époque.

Il est, en outre, un brillant causeur et il traite avec la même aisance tous les sujets....il parle indifféremment sur la politique, l'histoire, la poésie, le théâtre, les arts, la philosophie. Les sciences mêmes lui sont familières, car il reçut dans sa jeunesse une forte éducation scientifique.

Son dilettantisme éclairé savoure ainsi toutes les jouissances de l'esprit. Possesseur d'une grande fortune, il a l'instinct de la vie luxueuse, il s'est composé à Vienne une résidence magnifique, dans le goût le plus noble et le plus délicat.

Tous les salons regorgent de tableaux, de statues, de meubles et d'objets précieux....la bibliothèque, remplie des plus beaux ouvrages, et toujours ornée de fleurs rares. L'habitant de ce décor somptueux n'est pas seulement un grand seigneur et un illustre homme d'Etat...il est aussi un héros de roman. Sur chaque étage de sa brillante carrière, on voit rayonner une image féminine.

D'abord il s'est marié trois fois et chaque fois par amour. Malgré la douleur de ses deux premiers veuvages, il n'a pas hésité à convoler en troisième noces, parce qu'il à l'impérieux besoin de sentir continuellement autour de lui la présence d'une femme, la tendresse d'une femme, le parfum d'une femme.

Quant à ses liaisons extra-conjugales, elles sont innombrables et toujours de la meilleure qualité, du plus haut goût.

A peine libéré de ses études, pendant son séjour à Coblence, il aime une jeune femme de son âge, une Française émigrée, une créature exquise, Marie-Constance de Caumont La Force, fille de l'ancien garde des sceaux Lamoignon. Et durant trois années, ils connaissent, l'un par l'autre, un bonheur divin.

En 1801, pendant qu'il est ministre à Dresde, il s'éprend d'une belle Russe de dix-huit ans, la princesse Catherine-Pavlowna Bagration, femme du général qui fut tué onze ans plus tard à Borodino.

Très élancée de corps, très pure de lignes, elle s'habillait à ravir, mais comme elle se décolletait avec une hardiesse extrême, on l'avait surnommée..."Le bel ange nu"....En 1802, elle avait eu de Metternich une fille, dont il s'occupa toujours tendrement.

Ministre à Berlin en 1804, il enflamme le coeur de la jeune princesse Wilhelmine de Rohan, plus tard duchesse de Sagan, troisième fille du dernier duc de Courlande et soeur de la future duchesse de Dino. D'une éblouissante beauté, avec une élégance nerveuse et des allures superbes, elle s'abandonnait à tous ces caprices, mais sans y laisser jamais rien de son altière dignité. Selon Mme de Boigne....elle excellait dans le talent des femmes du Nord d'allier une vie très désordonnée à des formes décentes et nobles ".....

Durant les trois années où Metternich représente son impérial maître auprès de Napoléon, il est l'homme le plus recherché, le plus adulé des salons Parisiens.

Deux liaisons particulièrement le mettent en vogue, l'une avec Laure Junot, duchesse d'Abrantès, l'autre avec Caroline Murat, grande-duchesse de Berg, qui va devenir reine de Naples.

Ces deux jolies femmes sont, pour lui, non seulement des maîtresses délicieuses, mais encore des informatrices de premier ordre.

A.....Suivre....

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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Dim 29 Juin - 23:45

........ sunny .......8 ème...Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)....


Par la duchesse d'Albrantès, dont le mari commande en Portugal, il devine toutes les difficultés que la conquête de la péninsule ibérique réserve à Napoléon. Aussi, quand il apprend les capitulations presque simultanées de Baylen et de Cintra, il en mesure immédiatement les énormes conséquences.

Par Caroline Murat, il pénètre jusqu'aux plus intimes secrets de la cour impériale. C'est elle qui, en 1807, lui ouvre les yeux sur l'intrigue ourdie par Talleyrand et Fouché, pour amener Napoléon à répudier Joséphine, et c'est alors qu'il songe, la première fois, à placer une archiduchesse d'Autriche sur le trône de France.

La guerre de 1809 interrompt brusquement le cours de ses succés parisiens. Mais sa nomination de ministre des Affaires étrangères, au lendemain de Wagram, lui offre aussitôt l'occasion de reprendre, à Vienne, la suite de ses amours germaniques.

En 1813, au moment où il engage contre Napoléon la partie suprême, il voit arriver son ancienne amie de Berlin, la duchesse de Sagan, qui malgré beaucoup d'aventures, n'a jamais cessé de l'aimer.

Leur liaison se renoue à travers les négociations officielles ou clandestines qui s'amorcent de toutes parts, la jeune femme se consacre éperdument à cette résurrection du passé.

Ambitieuse et intelligente, autant qu'impulsive et romanesque, elle se passionne pour les péripéties poignantes du jeu diplomatique....elle y trouve comme un stimulant de ses volupés secrètes.

Après Leipzig, tandis que les armées alliées refoulent l'armée Française, étape par étape depuis l'Elbe jusqu'à Paris, pendant cette lutte grandiose ou le génie de Napoléon jette ses dernières flammes, la belle Wilhelmine accompagne son amant. Elle s'affiche encore près de lui, à Vienne, quand les plénipotentiaires de l'Europe se réunissent.

Ouverte le 3 novembre 1814, les négociations se poursuivent et se prolongent dans un tourbillon de fêtes....Le congrès ne marche pas, dit le vieux prince de Ligne, il danse.....

Metternich occupe constamment le devant de la scène. Il organise et dirige le travail des commissions, il préside les conférences, il est obligé de s'entremettre incessamment auprès des souverains alliés, surtout auprès de l'empereur Alexandre, toujours aussi évasif et déconcertant...il a fort à faire aussi pour déjouer les habiles manoeuvres de Talleyrand et maintenir contre la France, la solidarité des puissances victorieuses...il déploie enfin toute la maîtrise de son escrime diplomatique à reconstituer l'Europe entière selon les principes de la Sainte-Alliance et, comme il le dit lui même....à fonder un ordre nouveau sur cette grande force morale qu'est la vertu.....

On ne s'étonnerait donc pas que cette tâche accablante et vertueuse lui fit négliger un peu sa maîtresse.

Il la néglige en effet, mais la politique et la morale n'y sont pour ien. Une autre femme l'attire et l'enivre, la contesse Julia Zichy. Elle lui résiste, sans pourvoir cependant lui cacher son désarroi de son coeur. Alors pour achever de la conquérir, il rompt avec la duchesse de Sagan.

Celle-ci menace de se tuer...il tient bon...elle ne se tue pas. Cet imbroglio amoureux ne lasse pas de ralentir l'activité du congrès...les décisions traînent....les monarques et les peuples s'impatientent.

A Suivre....


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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Lun 30 Juin - 8:36

........ sunny .......9 ème...Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)....


Un des plénipotentiaires français,la marquis de La Tour du Pin, écrit avec indignation....." Qu'attendre d'un ministre qui dans la situation la plus solennelle où puisse se trouver un homme, ne sait employer la plus grande partie de son temps qu'à des niaiseries ".....

Mais soudain, quelqu'un trouble la fête. Le 7 mars 1815, une dépêche du consul autricien à Gênes apprend à Metternich que Bonaparte a disparu de l'île d'Elbe. C'est fini de s'amuser...l'Europe cours aux armes.

Aussitôt que l'astre de Napoléon a plongé dans l'océan, le monde semble éteint, décoloré. Toute l'Allemagne traverse alors une crise d'idéalisme sentimental et mélancolique.

Metternich, est envahi comme les autres par "..La mystiche Stimmung"...Sous cette influence, il s'engage dans un nouveau roman, très pur celui-là, très éthéré.

La femme qui lui a inspiré ce noble amour est restée inconnue. Après quelques mois de bonheur, elle est morte, emportant son secret dans la tombe. Metternich l'a beaucoup pleurée, mais il l'a vite remplacée.

Le 1er décembre 1818, il écrit à la remplaçante....."J'ai aimé une femme qui n'était descendue sur la terre que pour y passer comme le printemps...elle m'a aimé de tout l'amour d'une âme céleste. Le monde s'en est à peine douté. Nous seuls étions dans le secret. Par son testament elle m'a légué une petite boite cachetée. En l'ouvrant j'y ai trouvé les cendres de mes lettres et un anneau qu'elle avait brisé. Ma vie s'est terminée là...je ne désirais ni voulais plus vivre au de-là...Mon âme était brisée...je n'avais plus de coeur...Et le sort m'a fait te rencontrer".....

La destinataire de cette lettre est la contesse de Lièven, femme de l'ambassadeur de Russie à Londres. Il l'a rencontrée au Congrès d'Aix-là-Chapelle, ou l'Europe tient ses assises afin d'examiner si la France est devenue assez pacifique et sage pour être libérée de l'occupation étrangère......

A.....Suivre..

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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Lun 30 Juin - 15:52

....... sunny .......10 ème...Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)....


Metternich a déjà un autre amour dans le coeur...il s'est épris d'une ravissante jeune fille, une douce fleur de pureté germanique, Marie- Antoinette de Leykam.

Et, comme il est veuf présentement, il l'épouse. Mais elle est d'une origine très modeste...son père, un simple bureaucrate, est anobli depuis peu.

Aussi, l'on jase...on raille cet amoureux de cinquatre quatre ans, ce chancelier de Cour d'Etat, ce prince du Saint-Empire, ce grand d'Espagne de première classe, qui met toute sa morgue et tous ses titres aux pieds d'une vierge bourgeoise.

Mme. de Liéven, apprenant le mariage, déclare que son ancien ami se comporte ..."comme un niais"...et elle se délecte à ce mot de Mme de Coigny...."Le chevalier de la Sainte-Alliance finit par une mésalliance".

Mais la douce Marie-Antoinette meurt, le 17 janvier 1829, en mettant au monde un fils, qui sera un jour l'ambassadeur de François-Joseph auprès de Napoléon III. Cette mort imprévue déchire le coeur de Metternich.

......." Ce que Dieu m'avait donné, dit-il, Dieu avait le droit de le reprendre. Je baisse donc la tête. Mais je n'ai plus aucune raison de vivre "....

Deux ans plus tard, il a retrouvé une raison de vivre, car on pourrait lui donner comme devise, le précepte de Goethe..."En avant, par dessus les tombeaux"....Le 30 janvier 1831, il épouse en troisième noces une jeune Hongroise, la contesse Mélanie de Zichy-Ferraris.

D'une insigne beauté que rehausse encore un grand orgueil aristocratique, elle n'est pas moins distinguée par l'intelligence et le caractère....à tous les égards, c'est une femme d'élite.

Jusqu'à son dernier jour, Metternech goûtera auprès d'elle et par elle un bonheur sans nuage.

Tant d'aventures politiques et sentimentales accumulées dans la vie d'un homme, tant de romans intimes encadrés dans un si grand rôle public, tant d'exploits de l'intelligence et de l'orgueil, du coeur et de la volonté...c'est qu'il n'en fallait pour que la légende s'emparât de Metternich avant même qu'il eût quitté la scène du monde.

Avec Talleyrand, il incarne, pour les littérateurs de l'époque, tous les mystères fascinants de la haute diplomatie. C'est par lui que Stendhal se représente l'existence privilégiée des diplomates, au dessus de la mesquinerie et de la platitude générales, dans ces régions supérieures..."où ne pénètre pas le regard des épiciers".

A...Suivre....(prochain chapitre le dernier de cette série).

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MessageSujet: Qui était Metternich ?   Mar 1 Juil - 8:58

...... sunny .......11 ème et dernier Chapitre..(Sources Paléologue, Maurice)....

Un jour, en 1810, à Saint-Cloud, il a croisé le ministre de sa Majesté Impériale et Royale Apostolique, revenu en France pour les noces de Marie-Louise, et il a vu, à son poignet..un bracelet de cheveux de Caroline Murat, si belle alors.

Cette vision a magnétisé le naïf Henri Beyle, qui, de retour chez lui et seul devant son miroir, a dû considérer avec mélancolie son gros ventre, ses jambes courtes et...son visage de droguiste.

Quand il publiera, en 1839, "La chartreuse de Parme", on reconnaîtra aussitôt le prince chevalier sous les traits du comte Mosca della Rovere, l'omnipotent ministre de Parme, le premier diplomate de l'Italie, l'amant de la belle duchesse Sanseverina et de tant d'autres.

En 1840, le Retour des cendres, magnifiquement présagé dix ans plus tôt par l'hymne de la Colonne...."Oh ! va, nous te ferons de belles funérailles!".

Ce retour du cercueil exilé fait soudain revivre, dans les âmes françaises, tous ls rêves enivrants de l'épopée sublime.

Jamais encore, l'homme de Rivoli et de Marengo, d'Austerlitz et d'Iena, de Friedland et de Wagram, de Moscou et de Waterloo n'avait apparu si grand....le martyre de Sainte-Hélène était le prélude nécessaire de l'apothéose.

L'auréole de Metternich n'en brille que plus...car enfin c'est lui qui a mené contre napoléon la lutte décisive, c'est grâce à lui que l'Europe a fini par le terrasser.

FIN...

Merci...Maurice Paléologue de nous avoir permis de découvrir les facettes de ce personnage qu'était Metternich....j'en garde pour ma part un goût amer.

----------------------------
PALEOLOGUE, Maurice....

Diplomate, historien, historien de la littérature et essayiste
Biographie.

Né à Paris, le 13 janvier 1859.
Descendant de la lignée d’empereurs de Byzance et Constantinople, Maurice Paléologue entra au ministère des Affaires étrangères en 1880. Après avoir été secrétaire d’ambassade successivement à Tanger, à Pékin et à Rome, il fit un passage par le cabinet du ministre avant d’être nommé ministre plénipotentiaire en 1901 puis se vit confier entre 1907 et 1912 la légation de Sofia.
En janvier 1914, il fut nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg. À ce poste, il devait jouer un rôle de premier plan dans les négociations liées au premier conflit mondial. Remplacé après la chute du régime tsariste, il occupa encore, avant de se retirer des affaires publiques, les fonctions de secrétaire général du ministère des Affaires étrangères dans le cabinet Millerand.
Ce diplomate de haut rang, aux talents de négociateur reconnus, possédait un réel don d’écrivain. Collaborateur à la Revue des deux mondes, Maurice Paléologue est également l’auteur de romans et d’essais sur l’art et la littérature : La Russie des Tsars pendant la Grande Guerre, Alexandra Feodorovna, impératrice de Russie, Cavour, un grand réaliste, Vauvenargues, Dante, essai sur son caractère et son génie, Le Cilice, Entretiens avec l’impératrice Eugénie, L’Art chinois.

Mort le 18 novembre 1944.


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MessageSujet: Re: Qui était Metternich ?   Mar 1 Juil - 17:33

Toutes mes félicitations , cher hussard , encore un texte qui met en valeur le role de la diplomatie et de la société civile dans l'epopée militaire.
Froid, observateur , manipulateur et cynique , il n'y a pas de quoi admirer le personnage quand on est Français . Sortons le du contexte et nous sommes bien tenus de reconnaitre une grande et fine intelligence.
Autre point , comme tous ceux qui sont honorés et couverts d'argent et d'honneurs, il se croit invulnérable et ne croit qu'en lui, ce qui va faire fondre peu à peu l'Empire autrichien kusqu'à le réduire à un petit pays aprés 1918.
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