Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 La Princesse Mathilde......

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: La Princesse Mathilde......   Mar 15 Juil - 19:11

....... sunny

......La difficile vie conjugale de la Princesse Mathilde, nièce de Napoléon......(Sources Jules Bertaut).

1er Chapitre.


C'est une des plus pittoresques figures de la famille impériale. Elle était la fille de l'extraordinaire roi Jérôme, le frère cadet de Napoléon. Elle aurait pu être l'épouse de Napoléon III. Le destin la lia avec un extravagant personnage dont elle se consola en protégeant les artistes et les écrivains jusqu'à sa mort, survenue le 2 janvier 1904....Voici l'histoire de ses démêlés conjugaux.

Les Demidoff ont toujours été extravagants. Celui qui devait épouser la Princesse Mathilde, Anatole, avait reçu la plus mauvaise éducation qui soit...pourri par ses précepteurs, qui n'osaient pas le réprimander et par l'argent dont ses parents le gavaient, il se montra impossible quand il put disposer de l'immense fortune paternelle, giflant ses domestiques à tour de bras, rudoyant ses maîtres, ne connaissant aucun frein, acquérant bien vite une belle réputation.

Cruel, hautain, sans scrupules, corrompu par l'argent et ne cherchant qu'à corrompre, il donne, un peu, à distance, l'illusion de ces personnages..."infernaux"...qu'on rencontre dans les romans d'Eugène Sue, qui torturent de malheureuses créatures, poursuivent des vengeances sataniques et deviennent le mauvais génie de tous ceux qui les approchent.

Cependant, sous des dehors de jeunes sauvage, il dissimulait une profonde rouerie. Comprenant qu'il était nécessaire pour lui de se créer des amitiés dans tous les mondes s'il ne voulait pas se voir expulser fâcheusement par les gouvernements étrangers comme l'avaient été plusieurs fois ses parents, il imagina de jouer les mécènes.

A Paris, où il séjourna quelques temps, il entreprit d'être le mécène des arts et des sciences.

Fort satisfait d'avoir ainsi conquis l'opinion parisienne, Anatole retourna à Pétersbourg, résolu à jouer là encore la carte du mécènat qui lui avait si bien réussi. Seulement, ce ne furent pas les arts et les sciences dont il s'improvisa le protecteur, c'est dans le domaine de l'assistance sociale qu'il se lança.

A tour de bras, si l'on peut dire, il fonda hospices et hôpitaux, multipliant les secours aux nécessiteux sous toutes les formes, se révélant un véritable philanthrope. On fut étonné à la cour, mais il fallait bien le récompenser...on le nomma gentilhomme de la chambre, puis assesseur colégial, ce qui lui donnait l'appellation de..."Votre Noblesse"...mais ce qui ne le contenta nullement, car ce qu'il voulait, c'était un avancement de grade dans les titres nobilières.

Dépité, furieux, il piqua encore une colère épouvantable et, voyant qu'il n'y avait rien à faire dans son pays, s'en fut à Florence, où il possédait un palais et aussi, aux environs de la ville, une très belle résidence de campagne dans la seignerie de San Donato.

Le grand-duc de Toscane sera moins difficile que le tsar, pensait-il, et, en effet, dès qu'Anatole Demidoff en manifesta le désir, on nomma aussitôt prince de San Donato ce Slave étonnant qui subventionnait des artistes florentins et leur achetait des galeries entières de tableaux.

L'appétit vient en mangeant. Le prince de San Donato ne pouvait s'arrêter en si beau chemin....." Votre Noblesse, lui écrivait l'astucieux Janin, se doit de faire maintenant une oeuvre qui attire sur elle l'attention de toutes les académies de l'Europe et qui lui vaudra des distinctions de toutes sortes, pourquoi ne tenterait-elle pas une expédition dans la Russie du Sud si peu connue, qu'elle accomplirait en compagnie d'une cohorte de savants ? "

Evidemment, Jules Janin avait envie de faire sans bourse délier un beau voyage, Anatole sauta sur l'idée, qui lui parut excellente, et organisa tout de suite une expédition composée de savants notoires.

Dans l'été de 1837, la caravane se mit en route, d'abord pour la Roumanie, puis pour l'Ukraine et le Caucase. La randonnée terminée, un magnifique volume parut ..."Voyage en Russie méridionale" que signa bravement Demidoff, encore qu'il fût tout entier de la main de Jules Janin qui l'avait accompagné.

Et les honneurs se mirent, en effet, à pleuvoir sur le prince...les académies étrangères l'accueillirent dans leur sein...les décorations couvrirent sa poitrine, le grand duc de Toscane organisa pour lui une grande fête.

Toute l'aristocratie italienne était présente, ce soir là, pour l'accabler de compliments, tant et si bien que le boyard but plus que de raison et se révéla complétement ivre...il fallut l'enlever à la hâte des salons et le transporter chez lui par l'escalier de service.

Il n'avait pas perdu, en effet, ses bonnes habitudes d'antan et était demeuré le sauvage qu'il avait toujours été. A son retour de voyage, passant par Paris, résolu à rompre avec sa maîtresse, la comtesse Fanny de Montault, il n'avait rien trouvé de mieux que de la bourrer de coups de poing, de la cravacher, puis la saisissant par les cheveux, de la traîner du premier étage dans la cour, où il l'avait laissée étendue sanglante.

Scandale effroyable, après lequel on lui avait conseillé vivement de retourner à Florence pour quelques temps....

....A Suivre....

(Prochain chapitre..La rencontre avec la ravissante nièce de l'Empereur Napoléon).

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: La Princesse Mathilde......   Mer 16 Juil - 15:29

...... sunny ......2ème chapitre...

La Princesse Mathilde, nièce de Napoléon......(Sources Jules Bertaut).


Il s'y était donc réinstallé, jouissant béatement des honneurs qu'on lui prodiguait. Mais une nouvelle lubie l'agitait, maintenant suggérée encore par le machiavélique Janin, de passage à Florence qui lui avait soufflé qu'il devait contracter un grand mariage éclatant qui le ferait entrer dans une famille royale ou impériale.

...."Je connais ici, lui avait-il dit, une jeune fille d'une éclatante beauté, qui serait ravie de devenir votre compagne...c'est la propre nièce de Napoléon, la fille de l'ex-roi Jérôme, le frère de l'Empereur "....

La nièce de Napoléon, la princesse Mathilde ! Anatole Demidoff avait été ébloui à la pensée d'une telle union. Il connaissait bien la jeune fille pour l'avoir rencontrée dans les salons de Florence et il avait admiré, lui aussi, son profil césarien qu'encadraient de magnifiques cheveux châtain clair, sa taille svelte, ses beaux yeux ardents, sa fierté d'allure impériale que tempérait un sourire bienveillant hérité de sa mère, la charmante fille du roi de Wutemberg.

Parente elle-même de la grande-duchesse Hélène de Russie, comment, s'il l'épousait, ne serait-il pas merveilleusement accueillis par la cour de Pétersbourg ?...Voilà que fairait taire les ennemis de Demidoff, voilà qui l'imposerait dans cette capitale moscovite qui avait l'air de le mépriser. Quelle occasion magnifique !....."Peut-être, en effet, dit-il, un tel mariage est-il possible...c'est à voir"......."Que Votre Noblesse ne s'inquiète pas...je vais, de mon côté, tâter le terrain auprès du comte de Montfort"....

Le comte de Montfort, c'est Jérôme, le père de Mathilde, qui a pris ce titre àprès la débâcle de 1814, lorsqu'il lui a fallu partir pour l'exil.

On sait ce qu'est ce personnage extraordinaire, frère cadet de Napoléon, homme léger, futile, grand amateur de femmes, bourreau d'argent qui a dilapidé vingt fortunes, jetant par les fenêtres tout ce qu'il a arraché à la faiblesse de son frère, qui a tondu ses sujets, ruiné son royaume, désobéi aux ordres qu'il a reçus de l'Empereur, perdu son armée, et, finalement, s'est enfui à l'étranger au moment de l'écroulement de l'Empire.

Criblé de dettes, toujours à la merci de ses créanciers, mais portant beau malgré ses malheurs, conservant toujours la façade sans savoir s'il aura de quoi vivre jusqu'à la fin du mois.

A Florence, il a loué le palais Orlandi, où il a transporté le mobilier qu'il avait à Rome, d'où on l'a expulsé. Il y mène un train princier, il a deux chanbellans, deux dames pour accompagner sa fille, trois secrétaires, quatre femmes de chambre, deux valets....il donne des fêtes, des dîners.

Avec quel argent ?...On ne sait plus...il doit à tous les banquiers de l'Europe. La mort de sa femme l'a privé de deux pensions que faisaient au ménage le tsar et le roi de Wurtemberg, son beau père.

Aussi Jérôme, qui n'est jamais à bout d'expédients, a-t-il fait la conquête d'une femme un peu mûre, mais très riche, la marquise Bartolini, qui s'est éprise de lui et ne demande qu'à l'aider dans les moments difficiles. Plus tard il l'épousera.

C'est au milieu de cette bohême impériale qu'a grandi Mathilde. Traînée par ses parents, elle a erré avec eux de ville en ville, à travers la Suisse, l'Allemagne, l'Italie.

En grandissant, sa beauté s'est affirmée, et son esprit. Très intelligente, éprise d'art, très douée pour le dessin, elle a suivi des cours de littérature, d'histoire, de sciences, ayant l'ambition d'être une femme cultivée, étonnant ses professeurs par la maturité de son intelligence.

Tous ceux qui l'approchent commencent à s'extasier sur elle...."La princesse Mathilde brille de tout l'éclat d'un diamant"....à dit le ministre de Russie.

A seize ans, son coeur a battu pour son cousin Louis-Napoléon III, avec lequel elle a vécu plusieurs mois dans le château de la reine Hortense, à Arenenberg. Lui même semblait épris d'elle. Déjà ils échafaudaient des projets d'avenir, ils parlaient de se fiancer.

Et puis, un jour, le prince a disparu de Suisse pour tenter l'aventure de Strasbourg, où il a échoué lamentablement. Banni, parti pour l'Amérique, il ne lui a plus donné aucune nouvelle. Elle a dû l'oublier.

Sa mère morte, elle s'est retrouvée seule à Florence avec son père, qui se désespère de ne pas la marier.

Mais qui voudra de cette belle jeune fille sans dot ? Sans compter que la situation de Jérôme s'aggrave chaque jour. Voici maintenant qu'il faut vendre les équipages, se contenter d'une voiture de louage pour les sorties, liquider des meubles précieux, des objets d'art, des tapis d'Orient, une partie de l'argenterie....on est à bout.....

....A...Suivre.....

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MessageSujet: La Princesse Mathilde......   Jeu 17 Juil - 20:58

....... sunny ..... ......3ème chapitre...

La Princesse Mathilde, nièce de Napoléon......(Sources Jules Bertaut).


Un gendre riche à millions....

Et c'est à ce moment que le tentateur Janin est venu trouver le comte de Montfort et lui a parlé d'Anatole Demidoff. Le boyard ? Tout d'abord Jérôme n'a pas voulu en croire ses oreilles. Non, ce serait trop beau, trop magnifique c'est un rêve !.

Mais Jules Janin insiste, brodant des floritures autour de l'affaire, inventant tout un petit roman...le prince de San Donato, subjugué par la beauté de Mathilde, y pensant sans cesse, résolu à briser tous les obstacles pour faire ce mariage. Et rien ne résiste, on le sait à ce potentat gorgé de millions.....

Jérôme n'a pas la moindre envie de résister, mais il faut y mettre les formes...on ne peut pas se jeter ainsi à la tête d'un cosaque...il donne à Janin une réponse prudente, demande le temps de réflexions.

La-dessus, c'est Anatole qui prend feu à son tour, se déclare vraiment épris de la nièce de l'Empereur, multiplie les prévenances à l'égard du comte de Montfort et de sa fille, les invite à son palais Corsini, accable Mathilde de cadeaux, de souvenirs de toutes sortes, empressé comme il ne le fut jamais, se rengorgeant déjà à l'idée de posséder cette belle créature.

Tout Florence commence à murmurer qu'une union fameuse est en train de se nouer, mais c'est alors que de bonnes âmes font parvenir à Jérôme des renseignements confidentiels sur la moralité du boyard, sur ses instincts de brute, sur l'aventure de la comtesse de Montault.

Le frère de Napoléon sursaute, indigné de ce qu'il appelle des ragots, des potins imaginés par des gens jaloux.

Que peut-on reprocher à ce brave Demidoff ? Le certain c'est qu'il est colossalement riche, qu'il est très épris de sa fille, qu'il ne songe qu'à combler de libéralités les Montfort, à telle enseigne qu'il vient d'acheter le mobilier laissé par Napoléon à l'île d'Elbe et qu'il a offert gracieusement quelques belles pièces à Jérôme.

Que sera-ce lorsqu'il fera partie de la famille ? Et l'on voudrait qu'on refuse cet homme là ! Mais son apparition est une bénédiction du Seigneur !.

De son côté, Mathilde est sincèrement ravie. Connait-elle le caractère du prince ? En tout cas, elle a été prise par l'espèce de beauté fatale qu'il possède, son teint pâle, ses yeux ardents, le charme de sa conversation, car il sait rentrer ses griffes quand il le faut et être tout miel.

Elle l'aime dans un grand élan de jeunesse, reconnaissante de ce qu'il ait songé à elle, heureuse de penser que les tribulations de son père vont prendre fin.

....." Mes voeux les plus audacieux sont réalisés, écrit-elle à une de ses amies, je suis heureuse au-delà de toute expression...je ne puis vous dire assez avec quelle confiance je regarde l'avenir "....

Cependant, des deux côtés l'ont est pressé de conclure le mariage. Anatole s'est adressé à la reine Julie pour qu'elle fasse la demande officielle, qui est agréée aussitôt, et, le 1er septembre 1840, on signe les préliminaires du contrat.

.....A....Suivre.....

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MessageSujet: La Princesse Mathilde......   Ven 18 Juil - 20:31

......... sunny .......

4ème chapitre...

La Princesse Mathilde, nièce de Napoléon......(Sources Jules Bertaut).


Gonflé d'orgueil à la pensée d'entrer officiellement dans la faille impériale, le prince de San Donato écrit à tous les membres de cette famille pour leur faire part de cet heureux évènement. Il a dit au roi Joseph, alors en Amérique......" Je me fais un devoir d'annoncer à Votre Altesse que Monseigneur le prince de Montfort a bien voulu donner son consentement à l'union qui, depuis longtemps, était l'objet de mes voeux. Je suis sensible, comme je le dois, à cette marque de confiance qui me remet le soin du bonheur d'une personne aussi accomplie que l'est votre nièce ".....

Qui dit mieux, et qui oserait prétendre que ce Russe est un Tartare ?....

Aussi généreux, du reste, que déférent pour sa fiancée et l'entourage de celle-ci, Anatole a été des plus..." Compréhensifs "...à l'égard de son futur beau-père, qui lui a déjà emprunté de modestes sommes, lesquelles iront croissant lorsque les relations seront plus intimes avec lui.

Jérôme a même fait mieux...un coup de partie magnifique. Il a vendu à son futur gendre le magnifique collier de perles offert jadis à sa femme par Napoléon, afin que Demidoff en fasse cadeau à Mathilde. Ainsi, le bijou ne sort pas de la famille et l'on encaisse ! Quelle bénédiction d'avoir trouvé cet homme là !.

C'est encore le fiancé qui a payé le trousseau sompteux commandé par Mathilde dans les premières maisons de modes de Paris et qui a pris à sa charge tous les frais du mariage.

Le 29 octobre, le contrat a été signé...Mathilde était censée apporter une somme de deux cent quatre vingt-dix mille francs, dont cinquante mille étaient représentés par des meubles.

Pour les deux cent quarante mille autres, Anatole s'en reconnaissait le débiteur, mais, en réalité, ne les avait pas reçus. ...." Il l'a prise toute nue "..., écrivait Jules Janin à Roqueplan.

Le mariage eut lieu en grande pompe le 1er novembre, célébré d'abord par le pope dans la chapelle grecque, puis dans la sacristie de la cathédrale, où l'archevêque de Florence unit les deux jeunes gens.

....."J'avais une robe décolletée, a conté la princesse Mathilde, toute en dentelle d'Angleterre, avec le voile pareil, ayant au cou le collier de perles de ma mère...je fus accablée de fleurs, de compliments en vers et de bénédictions...M. Demidoff semblait très fier de moi...."

Quant à Jérôme, il était de plus en plus ravi....la veille de la cérémonie, il avait trouvé encore le moyen d'emprunter quanrante mille francs à son gendre.

Demidoff est déjà jaloux.....

Quinze jours plus tard, le couple partait en voyage de noces dans l'allégresse générale. Le prince de San Donato s'était montré jusque-là le plus charmant des époux, le plus aimable des compagnons, poli avec ses égaux. Les choses allaient brusquement changer à Rome, première étape de leur randonnée.

.......A suivre......

salut

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MessageSujet: La Princesse Mathilde......   Sam 19 Juil - 18:36

........ sunny .........


5ème chapitre...

La Princesse Mathilde, nièce de Napoléon......(Sources Jules Bertaut).


Il avait l'intention de présenter sa femme à l'aristocratie romaine et au pape, pour lequel il avait préparé un splendide cadeau.

Mais dès son arrivée dans la ville éternelle, on lui rappela qu'il avait eu des démêlés au sujet de la dispense que Mathilde avait dû demander pour son mariage avec un Russe. Potemkine, chargé d'affaires près le Saint-Siège, le priait de passer le voir pour régler cette affaire.

Demidoff le prit de haut et fit répondre au diplomate que c'était à celui-ci de se déranger, que sa femme était la cousine du tsar et que son ménage avait le pas sur tous les chargés d'affaires de la Terre.

Potemkine répliqua, la querelle s'envenima, les deux hommes se rencontrèrent, se menacèrent. Anatole leva sa canne....scandale énorme ! la police papale pria aussitôt le prince de San Donato de partir sur-le-champ, ainsi que son épouse, et il leur fallut revenir à Florence.

On pense s'il écumait..." l'émotion qu'il a éprouvée lui a donné un de ses plus terribles accès de rage "....mandait-on à la duchesse de Sagan. Mais il n'en avait pas fini, à peine réinstallé dans son palais, il recevait une missive du tsar, qui lui enjoignait de venir immédiatement s'expliquer à Pétersbourg sur la querelle de Florence, faute de quoi l'embargo serait mis sur tous ses biens. On était en décembre il fallait partir, coûte que coûte.

Le voyage de six semaines allait être un martyre pour la jeune femme en raison des rigueurs de l'hiver. Pour mieux se protéger pendant le trajet, Mathilde avait acheté une couverture de fourrure, mais elle ne s'en servit guère, car Anatole se l'adjugea le plus tranquillement du monde....." Je ne me révoltai pas, il passait pour avoir une mauvaise santé, note-elle dans ses souvenirs....ainsi je grelottais sans me plaindre, préoccupée surtout que j'étais de lui épargner un malaise "....

A partir de Cracovie, les voitures posées sur des patins, devinrent des traîneaux, de temps en temps elles versaient dans la boue glacée ou dans la neige. De Varsovie à Pétersbourg, il n'y avait plus d'hôtels, on courait sans arrêt...dans les relais on se faisait donner du thé chaud et l'on avalait à la hâte quelques saucisses.

Etonnant voyage de noces...Mathilde était à demi-morte de fatigue en arrivant dans la capitale Russe. Elle avait pu s'apercevoir aussi que l'humeur de son mari devenait de plus en plus sombre en approchant de Pétersbourg...sa brutalité se dévoilait à maints traits, la figure du Cosaque reparaissait.

L'accueil triomphal que reçut dans la capitale la princesse Demidoff, parente de la grande-duchesse Hélène, accueillie sous le toit du frère du tsar, parut la rassurer sur les dispositions de la noblesse Russe à son égard.

L'Empereur fut charmant...comme Mathilde lui faisait une profonde révérence, il l'attira sur sa poitrine en lui disant gaiement...."Puisque nous sommes cousins, j'ai le droit de vous embrasser "....

Et, dès lors il l'invita sans cesse, lui réservant partout la place d'honneur. Cependant, déjà, Anatole percevait une différence de ton lorsqu'il paraissait, on ne lui faisait aucune prévenance, on se détournait de lui, on chuchotait sur son passage.

Bientôt, il fut patent que si la beauté, l'intelligence et la grâce de Mathilde lui valaient tous les suffrages, la présence de son mari amenait immédiatement une gêne dans l'assistance.

...A...Suivre...

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MessageSujet: La Princesse Mathilde......   Dim 20 Juil - 11:43

........ sunny ........


6ème chapitre...

La Princesse Mathilde, nièce de Napoléon......(Sources Jules Bertaut).


Plusieurs fois le tsar reçut la princesse de San Donato et n'adressa ni une parole ni un regard à l'époux qui se tenait à ses côtés. D'où une jalousie féroce qui s'éveilla dans l'âme d'Anatole Demidoff, et qui allait devenir une haine véritable pour sa compagne. Excédé, il rentrait, furieux, à la maison...."Je n'ai pas envie de jouer les princes consorts, disait-il, et je vais fuir ce pays impossible"....

Aussi, dès que Mathilde eut manifesté le désir de voir Paris qu'elle ne connaissait pas, déclara-t-il qu'on allait partir sur le-champ pour la France.

Malgré la mauvaise humeur de son mari, ses colères, ses rebuffades, Mathilde avait encore conservé pour lui un certain sentiment d'affection...elle lui était reconnaissante de vouloir bien l'emmener à Paris, où elle avait toujours rêvé de vivre, où elle espérer retrouver les traces de cette épopée napoléonienne qui la transportait.

On venait de ramener triomphalement les cendres de l'Empereur, la légende de l'Aigle commençait à se former.

Avec joie, elle hâta le départ, elle aurait voulu brûler les étapes pour atteindre plus tôt cette ville sacrée. Dès qu'elle aperçut le haut clocher de la cathédrale de Strasbourg, ce fut pour elle une émotion indicible.

..."Lorsque raconte-t-elle, je fus arrivée à la moitiée du pont de Kehl et que je vis la sentinelle française, mon coeur batit à se rompre. J'ai fait arrêter ma voiture et me suis élancée vers ce petit soldat, et je l'ai embrassé sur les deux joues "....

Enfin le 17 Août 1841, à sept heures du soir, les voitures de voyage du couple princier franchirent le portail du bel hôtel que Demidoff, toujours fastueux, avait acheté au coin de la rue Saint-Dominique et de la rue de Bourgogne, et qu'il avait fait meubler richement. Et dès le lendemain, Mathilde courait aux Invalides rendre visite au tombeau de l'Empereur.

A la vérité, Demidoff était un peu inquiet de l'accueil que lui réserverait la société parisienne....le souvenir de son aventure avec la comtesse de Montault était encore dans toutes les mémoires, et l'on n'ignorait pas que, sous ses airs doucereux, il dissimulait toujours la même brutalité. Aussi, par prudence, était-il arrivé à Paris au coeur de l'été.

...."Le jeune Tartare, écrivait Roqueplan, veut mettre à profit l'absence de la majorité de la société parisienne...les souvenirs qu'il a laissés ici lui auraient valu un assez riche accueil. A la faveur de l'été, il espère faire sa paix, de façon à ce que, l'hiver prochain, on le trouve établi et protégé par un centre imposant "...

Le calcul n'était pas mauvais, en effet...on n'osa pas mettre en quarantaine le nièce de Napoléon, on accepta les invitations du couple Demidoff et on l'invita à son tour.

Alors il se passa à Paris ce qu'on avait vu à Saint-Pétersbourg et qu'on allait voir partout où ce couple étrange ferait son apparition...les sympathies allaient à la femme, le mépris au mari.

La beauté éclatante de la première, son charme, son goût, la façon supérieure dont elle recevait faisaient tout de suite d'elle l'idole du jour. Au bout d'un mois, à Paris, elle lançait la mode. Un petit bonnet de dentelle qu'elle fit confectionner se vendit aussitôt sous le nom de "Capote Mathilde", il y eut des "tissus Mathilde", des "peignes Mathilde", des "levantines Mathilde".

On ne jurait plus que par elle. Aux réceptions qu'elle donnait le vendredi dans son hôtel, ses salons se remplissaient d'un élégante société cosmopolite où figuraient aussi les représentants des grandes familles de l'Empire et de nombreux artistes amenés par Janin.

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MessageSujet: La Princesse Mathilde......   Lun 21 Juil - 23:52

....... sunny .......


7ème et dernier chapitre.

La Princesse Mathilde, nièce de Napoléon......(Sources Jules Bertaut).

Ainsi le triomphe des Demidoff paraissait complet, et cependant, jamais Anatole n'avait montré plus de hargne, plus de colère rentrée...le mépris qu'on lui témoignait l'exaspérait de plus en plus et il tournait ses fureurs contre sa femme, qu'il se plaisait sauvagement à rabaisser, à humilier en toutes circonstances.

Un soir, dans le salon de la duchesse Decazes, rappelant que Rachel s'était vendue pour deux cent mille francs à Véron, il eut un sourire sarcastique et s'écria..." Voilà la puissance de l'argent"...

Il y eut un silence de mort, chacun regardait la princesse avec pitié.

Au printemps, lorsqu'ils retournèrent à Florence, ce fut une autre chanson, les demandes réitérées d'argent de Jérôme, qui avait dejà contracté de nombreux emprunts auprès de son gendre par l'intermédiaire de sa fille, mais qui, maintenant, opérait lui même avec un brio incontestable, étaient du plus mauvais effet pour amener la réconciliation dans le ménage.

Bientôt Anatole ne se gêna plus et, passant des menaces aux actes, commença à frapper son épouse. La malheureuse n'osa se plaindre à personne. Les scènes se multiplièrent.

L'hiver suivant, étant en Russie, au moment de se rendre à une fête de la cour, il fit un éclat et, refusant d'emmener Mathilde au bal, partit seul pour le Palais d'hiver. Elle donna aussitôt l'ordre d'amener son traîneau, se fit conduire au Palais et arriva dans la salle du trône, devant le tsar.

Fou de colère en la voyant s'approcher, Demidoff voulut se précipiter sur elle, mais elle ne lui en laissa pas le temps et, se jetant aux pieds du souverain, fit tomber l'écharpe qui voilait ses épaules...sur sa peau, de grands sillons rouges se détachaient qui prouvaient à quelles voies de fait s'était livré son mari.

La rupture entre les deux époux ne se fit pas encore cette fois-là, Demidoff reçut une semonce sévère du tsar, jura de s'amender...et recommença bientôt ses brutalités.

C'est à Florence que cette union fut dénouée, aux lieux mêmes où elle s'était nouée. Criblé de dettes encore une fois, Jérôme implora un jour sa fille pour obtenir des subsides. La somme dépassant ce que cette dernière pouvait faire, elle se décida, après un long combat, à la demander à son mari.

Il refusa. Elle le supplia à genoux. Aussitôt, tirant un cordon de sonnette, il cria, devant toute la livrée accourue....." Voilà la nièce de Napoléon qui s'est jetée à mes pieds pour que je donne de l'argent à son père "...

Quelques jours plus tard, il s'oubliait jusqu'à souffleter sa femme en plein bal. Cette fois la mesure était comble. Le lendemain Mathilde partait pour Saint-Pétersbourg et implorait la protection du tsar.

De sa propre autorité, celui-ci décréta la séparation des époux. Il autorisa la jeune femme à se fixer à Paris. Demidoff s'engageait à ne plus se montrer dans la capitale française jusqu'à nouvel ordre. Il était tenu de verser à sa femme une rente de deux cent mille francs.

Et l'heureux Jérôme empochait quarante mille francs de rente !....

....FIN.....

Merci..... Jules Bertaut pour vos recherches, comme quoi le bonheur ne se trouve pas dans la soie, triste vie pour Mathide, victime à la fois de son mari et de son père Jérôme....qui l'avait mis entre les mains de cet infâme personnage.

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MessageSujet: Re: La Princesse Mathilde......   Mar 22 Juil - 22:29

[quote]
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: La Princesse Mathilde......   Mar 22 Juil - 22:31

Désolé, je ne suis pas encore bon à jouer avec la case "citer".

Jérome, .... Le pourquoi du comment ?
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: La Princesse Mathilde......   Mar 22 Juil - 22:57

......... sunny ....


Je ne comprend pas votre question....que voulez-vous dire "Le pourquoi le comment" ...

salut

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MessageSujet: Re: La Princesse Mathilde......   Mar 22 Juil - 23:30

Jean-Baptiste,

Mon propos, mal formulé je vous l'accorde, renvoie aux travers de la famille de Napoléon.
Je voulais citer les dernières lignes parlant de son père la livrant à notre personnage.

Mauvaise utilisation des outils informatiques purement et simplement.

En tout cas, un grand merci pour ce nouveau récit pour moi inédit et inconnu.

Amicalement
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MessageSujet: Re: La Princesse Mathilde......   Mar 12 Aoû - 10:39

sunny

Bravo J-B

Où trouves-tu toutes ces merveilles ?

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