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 Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Jeu 24 Juil - 0:22

..... sunny ....1er chapitre..........(Souces G.Lacour-Gayet)

Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....


Quand on songe, à une existence qui dura quatre-vingt-quatre ans, depuis le règne de Louis XV jusqu'au règne de Louis-Philippe, elle fut mêlée, d'une manière ou d'une autre, et sous les formes les plus variées, à l'histoire de l'Ancien Régime, de la Révolution et de l'Empire, de la Restauration, de la monarchie de Juillet.

Dans sa vie privée, dans sa vie publique, le personnage fut certainement l'un des plus complexes que l'histoire ait connu....Mme de Staêl le déclarait..."le plus impénétrable et le plus indéchiffrable des hommes".

Il est intéressant, en dehors de toute question de "Grande histoire" de faire état, de deux énigmes dans la vie de Talleyrand...il en existe bien d'autres, mais ces deux-là présentent des aspects particulièrement pittoresques.

Quand on arrive aux années 1797 et 1798, on rencontre dans la vie de Talleyrand deux énigmes, elles sont de caractère et d'intérêt bien différents mais l'une d'elles est de solution assez malaisée.

Talleyrand est-il le père d'Eugène Delacroix ?

Le Moniteur universel dans son numéro du 24 germinal an VI, le 13 avril 1798, donnait un article dont le sujet et les précisions sont pour étonner dans une feuille de ce genre. C'était à propos d'un livre de chirurgie, qui venait de paraître au mois de décembre précédent....Opération de sarcocèle faite le 27 fructidor an V, au C. Charles Delacroix, ex-ministre des Relations extérieures, ministre plénipotentiaire de la République française près celle Batave....

L'article recommandait la lecture de cet ouvrage à " Tous les amis de l'humanité". Le citoyen Charles Delacroix, ancien ministre des Relations extérieures, était affligé, depuis environ quinze ans, ...d'une tumeur monstrueuse, dans laquelle se trouvaient confondus les organes les plus délicats de l'homme.....Une opération l'en a heureusement délivré, le résultat c'est que ...Charles Delacroix est arrivé dans deux mois à cet état de santé parfaite, qui lui a fait retrouver tous les avantages de la virilité qu'il avait perdue...l'opéré avait alors cinquante six ans.

Jamais coups de bistouri n'eurent une publicité pareille. Le récit de l'opération fut publié...par ordre du gouvernement en décembre 1797. Le Moniteur fit un article le 13 avril 1798. Enfin l'opérateur communiqua à l'institut national le 22 décembre 1799, des réflexions ultérieures sur la maladie de Charles Delacroix. Il faut croire qu'il y avait un intérêt à ce que l'opération ne demeurât cachée.

La chose s'était passée le 13 septembre 1797. Deux mois avaient été nécessaires pour que l'ancien ministre eût ressenti les effets dont parle le Moniteur.

Ce n'est donc pas avant le mois de novembre que sa femme aurait pu avoir des espérances de maternité, et ces espérences ne se seraient pas réalisées avant le mois d'Août 1798.

Or, treize jours après l'article du Moniteur, le 26 avril 1798, naissait à Charenton-Saint-Maurice un enfant mâle, qui fut déclaré le lendemain à la mairie de cette commune...la mère était victoire Oeben, épouse en légitime mariage du citoyen Charles Delacroix, ministre de la République française près celle Batave. L'enfant reçut les prénoms de Ferdinand-Victor-Eugène. C'est le futur grand peintre.

A....Suivre....(Des lignes empoisonnées).

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Jeu 24 Juil - 14:16

......... sunny .......2ième chapitre..........(Souces G.Lacour-Gayet)

Deux énigmes de la vie de Talleyrand.


Des Lignes Empoisonnées.


Qui a fait insérer dans le Moniteur l'article stupéfiant du 13 avril ? Puisqu'il s'agit d'un ancien ministre des Relations extérieures, qui était à cette date ministre de France à la Haye, on est en droit de dire que l'article n'a pas pu passer sans le visa des Relations extérieures.

La personne qui l'a publié ou laissé publier ne pouvait pas ignorer que la femme du ministre de la Haye attendait à très brève échéance la naissance d'un enfant. Cette personne avait donc l'intention, en imprimant ces lignes empoisonnées, de faire connaître "urbi et orbi" que l'enfant qui allait naître ne pouvait pas être le fils de son père légal.

Cette personne serait-elle Talleyrand lui même ?....On en arrive ainsi à se demander si Talleyran n'aurait pas pris la femme de son prédécesseur en ce même mois de juillet 1797 où il avait pris son fauteuil de ministre. Car c'est à cette date que remonte d'une manière certaine la conception de Ferdinand-Victor-Eugène.

Ce problème de recherche de paternité comprend deux parties, l'une négative, l'autre positive.

La partie négative, à savoir que Charles Delacroix n'est pas le père d'Eugène Delacroix, peut s'établir avec certitude. Il ne l'est pas parce qu'il y avait impossibilité qu'il le fût. Mme de Staël disait à Barras au cours d'une visite qu'elle faisait, comme on l'a vu, pour introduire au ministère son ami Talleyrand...."M. Delacroix n'est pas un ministre, c'est une vieille femme enceinte "....Elle voulait parler, ajoute Barras de la ..."loupe immense qui lui couvrait la partie inférieure de l'abdomen et lui avait donné l'apparence d'une femme enceinte de neuf mois au moins"....

L'officier de santé Imbert Delonnes, qui sur huit chirurgiens consultés avait été seul d'avis de faire l'opération et l'avait pleinement réussie, déclare que son client avait un sarcocèle monstrueux, du poids de 32 livres, long de 14 pouces environ sur 10 pouces de large, (37 centimètres sur 27).

Sa brochure est accompagnée d'une planche, elle précise tous les détails de cette tumeur énorme, qui descendait jusqu'au genou. Cette monstruosité remontait à quatorze ou quinze ans. Quatorze ans , en effet, s'étaient exactement écoulés depuis la naissance en 1784 d'un fils, qui était le troisième des enfants de Charles Delacroix et de Victoire Oeben.

De cet ensemble de faits il résulte que l'enfant né à Charenton le 26 avril 1798 n'est point le fils de son père légal.

Ce qu'on disait à voix basse.

Est-il le fils de Talleyrand ? c'est la partie positive du problème, beaucoup plus difficile à établir que l'autre. L'argument principal est une ressemblance dans les physionomies dont un historien Eugène Delacroix à pu dire qu'elle était inquiétante.

Eugène Delacroix fut ..."bercé sur les genoux de Talleyrand"...suivant le mot d'un critique d'art qui fait remarquer l'étroite concordance des traits du peintre avec les traits du diplomate..."ses petits yeux vifs, clignotants, enfoncés sous l'arcade de ses sourcils noirs et rudes, l'abondance magnifique de sa chevelure, la coupe carrée de ses mâchoires inégales et proéminentes, la mobilité vigoureuse et incessante de ses narines largement ouvertes et frémissantes, son front carré, sa bouche, d'un dessin redoutable, tendue comme un arc ".....

Il est certain que rien ne ressemble plus aux portraits d'Eugène Delacroix dans ses dernières années que le fameux portrait de Talleyrand qu'Ary Scheffer peignit en 1828 et que conserve le musée de Condé.

....A....Suivre....

salut






.

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MessageSujet: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Jeu 24 Juil - 22:34

......... sunny .....3 ième chapitre..........(Souces G.Lacour-Gayet)


Deux énigmes de la vie de Talleyrand.


La paternité possible de Talleyrand a été mentionnée pour la première fois dans les "Souvenirs de Mme C. Jaubert. Caroline d'Alton, Mme Maximilien Jaubert, raconte qu'elle faisait en 1840 un séjour chez son ami Berryer au château d'Augerville....Eugène Delacrois s'y trouvait aussi.

Suivant elle, le grand orateur ..."mettait quelque amour-propre à répéter que lui et Delacroix étaient cousins"...il est bien probable qu'elle a recueilli de la bouche de son hôte, en situation d'être bien renseigné, la rumeur qu'elle a reproduite dans les lignes suivantes..." Faut-il répéter ce qui quelquefois se disait à voix basse, que cette pâleur d'une teinte jaunâtre et ce sourire bridé tout particulier pouvait faire songer au prince de Talleyran ?.

Etait-ce là l'effet de ce qu'on appelle communément un regard ?...Du temps du Directoire, le prince avait beaucoup contribué à faire nommer ministre aux affaires étrangères le père de Delacroix, dont la femme était charmante. En fallait-il davantage pour alimenter la médisance ? Cette femme charmante avait alors trente-neuf ans, Talleyran en avait quarante-trois....(Souvenirs de Mme C. Jaubert 1881 P.40-41. il y a une inexactitude dans ce passage, Talleyrand ne fit pas nommer ministre des relations extérieures le père de Delacroix, qui l'était depuis le mois de novembre 1795, mais il le fit nommer ministre à la Haye).

Dans les débuts de la carrière d'Eugène Delacroix, ..." tout se passe, écrit un critique, comme si une Providence mystérieuse, sans se dévoiler jamais, conduisait la barque du jeune homme et le guidait d'un doigt habile à se jouer des tempêtes"...

Le tableau de ...Dante et Virgile aux enfers...provoque une sorte d'émeute au Salon de 1822, il est un débutant, qui n'a pas vingt-quatre ans, dont le père a voté la mort de Louis XVI, et il est immédiatement acheté par l'Etat, même aventure deux ans plus tard pour les...Massacres de Scio....Ces deux achats ne seraient-ils dus à l'influence de Talleyrand, qui protégeait son fils d'une manière invisible ?.

Sans doute il ne jouissait pas d'un crédit particulier auprès du ministre Villèle, mais il put faire recommander le jeune peintre à Forbin, directeur des musées, à Sosthène de la Rochefoucaud, directeur des beaux-Arts, par le baron Gérard, qui avait fait son portrait, qui eut toujours son amitié et qui, malgré son classicisme, fut un partisan d'Eugène Delacroix.

Il est certain qu'avec le goût de l'époque et les opinions politiques il y avait quelque chose de mystérieux dans les achats et les commandes que l'administration des Beaux-Arts multiplia de bonne heure pour le peintre romantique.

De même, quand on relit l'article de Thiers, un débutant lui aussi dans le...Constitutionnel...de 1822. Alors que toute la critique malmenait ...Dante et Virgile, Thiers écrivait des lignes enthousiastes et prophétiques......" Aucun tableau ne révèle mieux, à mon avis, l'avenir d'un grand peintre, je ne crois pas m'y tromper, M. Delacroix a reçu le génie ".... Vraiment on peut supposer que l'auteur de l'article fut inspiré par Gérard, écho lui-même des sentiments de la rue Saint-Florentin.

Tout considéré, Mme Charles Delacroix n'a pas eu avec son mari, en 1797, à la date nécessaire, les relations qui expliquent la naissance de son fils Eugène, et il est fort possible qu'elle ait accordé ses faveurs au ministre qui venait de remplacer son mari rue du Bac.

Fin de la première énigme.....

A...Suivre... Un portrait Contesté.....2ième énigme.

salut

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MessageSujet: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Ven 25 Juil - 16:19

........ sunny ......4 ième chapitre..........(Souces G.Lacour-Gayet)


Deux énigmes de la vie de Talleyrand.


Un Portrait contesté.....

La seconde énigme n'est point une ...."Cruelle énigme"... Il ne s'agit point de savoir si une femme mariée éprouva en 1797 un sentiment tendre pour Talleyrand.....les moeurs privées ne sont plus ici en cause. Il s'agit de savoir si un portrait de l'époque qui passe pour être le portrait de Talleyrand ne serait pas le portrait d'un autre personnage.

Le musée de Saint-Omer possède, dans la collection du Teil-Chaix d'Est Ange, un beau portrait d'homme, dû à Jean-Baptiste Greuze...(Musée de Saint-Omer, la collection du Teil-Chaix d'Est Ange, 1925, catalogue établi par André Dézarrois N° 24 du catalogue).

Le personnage est assis dans un intérieur, sur un fauteuil tendu d'étoffe verte, la cuisse droite croisée sur la cuisse gauche. La tête est tournée de trois quarts vers la droite. De longs cheveux châtain foncé couvrent à plat les oreilles et tombent sur le cou, ils encadrent une figure qui donne une impression de jeunesse, vingt-cinq à trente ans au plus. Il est habillé à la mode du Directoire, une grande cravate blanche, en batiste, un noeud bouffant, qui enveloppe le cou, un habit bleu-brun, largement ouvert, un gilet blanc, croisé à larges revers, une culotte de peau chamois, des bottes à revers.

Le bras droit est appuyé sur le dossier du fauteuil, de manière à faire valoir une main élégante...auprés, un guéridon à deux étages porte un livre ouvert, un autre livre fermé, un rouleau de papiers. La main gauche est appuyée sur le socle d'une statue de facture antique, elle représente un homme nu, debout, vu de côté, portant la chlamyde retournée sur le bras gauche, s'appuyant sur un tronc d'arbre. Au socle, bien en évidence, est attaché un sabre. Les diverses reproductions qui ont été faites de cette toile portent la légende.....Portrait de Charles Maurice de Talleyrand.

Cette attribution ne saurait être exacte, alors, de qui Greuze a-t-il peint le portrait ?.

Ce n'est pas le portrait de Talleyrand.

Deux raisons ne permettent pas de maintenir le nom de Talleyrand. Le tableau date du Directoire, et très probablement, comme on le verra, de 1797 - 1798. A cette date, Talleyrand était dans sa quanrante-quatrième année, le personnage représenté par Greuze ne dépasse certainement pas la trentaine. D'autre part, il y a le défaut absolu de ressemblance. La physionomie de l'ancien évêque d'Autun est trop caractéristique, avec le nez retroussé, les os saillants de la face, la bouche aux lèvres tombantes, la forme ronde de la tête, les cheveux bouclés et poudrés, pour pouvoir admettre un instant qu'il s'agisse de lui sur la toile du musée de Saint-Omer.

Elle est connue sous le nom de Talleyrand, depuis qu'elle est sortie, en 1843, de la collection de la fille de Greuze, après son décès, pour passer dans diverses collections, mais qui ne connaît les fausses attributions, quand il s'agit de portraits ?...Expliquer l'origine de l'erreur est chose malaisée....la chose certaine, c'est que l'erreur existe. La toile n°24 du musée de Saint-Omer n'est pas le portrait de Talleyrand.

......A.....Suivre.....(C'est celui de Bonaparte)....

salut

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MessageSujet: Re: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Ven 25 Juil - 19:39

Avez-vous, Jean-Baptisye, une reproduction de ce tableau que vous pourriez mettre en ligne ? Nous pourrions mieux comparer.

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MessageSujet: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Ven 25 Juil - 20:29

....... sunny


Encore une page...et à l'issue je vous adresse la photo "en noir et blanc"......

salut

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MessageSujet: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Sam 26 Juil - 9:02

........ sunny ......5 ième et dernier chapitre..........(Sources Georges Lacour-Gayet).


Deux énigmes de la vie de Talleyrand.


C'est celui de Bonaparte.....

Pour mettre un nom à ce portrait, les attributs qui l'entourent ne pourraient-ils pas fournir quelque lumière ?...Sur le guéridon, on aperçoit des livres et un rouleau qui fait penser à un manuscrit de la forme...Volumen...le personnage doit avoir quelques rapports avec un évènement d'ordre littéraire. Sans doute aussi avec un évènement d'ordre artistique...car pourquoi aurait-il la main posée sur le socle de la statue ?...cette statue est une reproduction, à une petite échelle, d'un des plus célèbres marbres du musée du Vatican, l'Hermès du Belvédère....on l'appelait aussi l'Antinoüs du Belvédère ou, dans le langage des ateliers, le Lantin. La statue du Vatican fut l'ornement du musée du Louvre de 1797 à 1816, puis il fit retour au Belvédère.

La convention du 23 juin 1796 passée à Bologne entre le commandement de l'armée française en Italie et le représentant du pape livrait à la France cent tableaux, bustes, statues, et cinq cents manuscrits au choix des commissaires de la République.

Le Lantin fut compris sur cette liste, il figure sur le char N°13 qui fit partie du défilé des fêtes de la liberté, célèbrées à Paris le 9 et le 10 thermidor an VI...le 27 et le 28 juillet 1798.

Greuze aurait-il eu l'idée de faire à cette occasion le portrait de l'un des sept commissaires envoyés en Italie ou du ministre de l'Intérieur, François de Neufchâteau, qui présida aux fêtes de la Liberté ? L'honneur aurait été un peu singulier, quand le véritable auteur de l'enrichissement des musées de la Républqiue était le général qui avait signé la convention du 23 juin 1796.

Voilà le personnage qu'il a représenté. Avec Bonaparte tout s'explique dans la toile de Saint-Omer....et la jeunesse du modèle, et la statue, et les manuscrits, et le sabre, symbole bien significatif de son autorité militaire.

Si l'artiste, suivant son talent et son habitude, a adouci et idéalisé les traits du personnage, il a représenté des yeux, une bouche, un menton, des cheveux, qui permettent de le reconnaître.

Quant au costume civil, qui constitue une bien grande rareté dans l'iconographie napoléonienne, c'est celui que Bonaparte aimait à porter, pendant les cinq mois, 1797 - 1798, qu'il passa à Paris, entre l'Italie et l'Egypte. Le 15 décembre, il était en civil dans sa visite au tribunal de Cassation, de même le 30 décémbre, à l'Opéra, pour la représentation...."d'Horatius Coclès"...de même, le 3 janvier, à la fête que Talleyrand donna en son honneur, de même, le 4 janvier, à la scéance publique des trois classes de l'Institut.

Il faut rendre à César ce qui est à César. La toile de Greuze, n°24 de la collection Du Teil-Chaix d'Est-Ange au musée de Saint-Omer, est le portrait de Bonaparte, à l'âge de vingt-huit ans et demi environ.

Quant à Talleyrand, s'il avait pu prévoir alors qu'on le confondrait un jour avec Bonaparte, il en aurait eu sa joie et sa fierté....car à cette époque il était en coquetterie réglée avec le jeune général.

......FIN.....

Merci..... Georges Lacour-Gayet...(1856 - 1935)...ses révélations éclairent une partie cachée de notre histoire...en tout cas notre auteur s'y est employé avec mérite...un véritable enquêteur.

salut

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MessageSujet: Re: Deux énigmes de la vie de Talleyrand.....   Sam 26 Juil - 15:15

Et voici le tableau en question :


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