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 La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul

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Corso
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MessageSujet: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Ven 8 Aoû - 17:25

sunny

J'ai puisé mes sources dans le Napoléon au jour le jour de Louis Garros, Napoléon et Rouen de Jean-Pierre Chaline, et un article de M. Charles Brisson, historien Elbeuvien. Cet article provient de ses fonds déposés aux Archives Municipales.
Il a été publié dans le journal local sous forme de chronique lors du bicentenaire de la naissance de l'Empereur.
Je remercie ici les charmantes hôtesses des Archives Municipales qui m'ont fourni ainsi la matière d'un article.

C'est au début du mois de septembre 1802 que l'on apprend que le général Bonaparte, 1er Consul de la République Française à l'intention d'effectuer un voyage en Normandie et de se rendre à Rouen.

Le maire d'Elbeuf, Prosper Delarue, fabricant de drap, répondant semble-t-il au voeu de ses concitoyens effectue toutes les démarches auprès du préfet Beugnot, pour que le 1er Consul pousse sa visite jusqu'à Elbeuf. Il s'y emploiera, ne ménageant ni son temps, ni sa peine.

Bonaparte 1er Consul entreprend un voyage en Normandie. Ce voyage est dans la tradition des anciens monarques qui allaient visiter le Royaume. Ce voyage a plusieurs buts, il permet de "prendre la température" de la population des provinces et villes traversées et visitées, de rapprocher le pouvoir du chef de l'état auprès de la population. Il s'agit de ce que l'on nommerait aujourd'hui un voyage officiel.
Ce voyage en Normandie est de plus hautement symbolique, car la Haute-Normandie est la proie de bandes de pillards, qui sont poursuivies par la gendarmerie, tandis que des mouvements royalistes secouent la Basse-Normandie.

Ce vendredi 29 octobre à 06 h 00, Bonaparte quitte Saint Cloud, à cheval, suivi de son courrier Moustache, précédant ainsi les voitures. Joséphine est du voyage.
Arrivé à Mantes, Bonaparte exprime le désir de voir le champ de bataille d'Ivry.
Il arrive à 17 heures à Evreux, où il couche à la préfecture.

Le lendemain, il est à 10 h 00 à Louviers, où il visite des manufactures, puis se rend à Romilly sur Andelle, où il visite des forges.
C'est aux Authieux, limite du département qu'il est attendu par le ministre de l'intérieur Chaptal, le préfet Beugnot, et l'archevêque Cambacérès. Un cortège se forme escorté de cavalerie, et se met en route.
A 15 h 30, il arrive à Rouen par la barrière de l'église St Paul où il est accueilli par les autorités municipales. Le Maire, M. de Fontenay s'avance jusqu'à la voiture du 1er Consul et lui présente les clés de la ville sur un bassin d'argent. Le 1er Consul les prend et les rend au maire en disant parait-il : "Celles que je garde... ce sont celles des coeurs des habitants de Rouen et du département.
Puis le cortège se rend à la préfecture.

Quelques Rouennais de l'entourage du chef de l'état l'avaient mis en garde de la froideur de la population. Les choses se passèrent tout autrement. L'enthousiasme fut extrême. Le long des quais, sur les boulevards, et jusqu'à la préfecture décorée d'inscriptions louant le "héros pacificateur". la foule se presse et l'acclame. Le soir on illumine et un feu d'artifice est tiré à l'emplacement du Vieux-Palais.

Dimanche 31 octobre, le 1er Consul visite de bon matin les hauteurs entourant la "ville aux cent clochers", puis se rend à la préfecture où il entend la messe dite par l'archeveque Cambacérès. Lors de la réception officielle des corps constitués, la Ville lui remet 40 bouteilles de vin et 40 boites de confiture.
Ensuite diverses manifestations mondaines où Joséphine fait merveille auprès de la bonne société.

Lundi 1er novembre, le 1er Consul visite le Mont aux Malades, sur la colline des Sapins. Il a ensuite deux audiences pendant 6 heures. S'entretient avec les autorités locales au sujet du commerce de la Ville.
Au diner, où assistent le préfet Beugnot et le général Suchet. Il est parait-il subjugué par le général Suchet qui relate la campagne militaire d'Henry IV.

Mardi 2 novembre, il visite à Déville l'indiennerie de la veuve Long. Le 1er Consul imprime une cotonnade figurant une allégorie du commerce, vers midi visite de la fabrique du faubourg Saint Sever dans l'établissement Moriss, spécialisé dans l'appret des étoffes. Il remet au sieur Biard 12.000 F pour l'invention d'une machine à tisser. Puis rue Saint Julien, il visite l'important fabrique de velours des Frères Sévenne, dont Isabey nous a laissé un tableau. Ce tableau est repris en bas relief en bronze sur le socle de la statue de l'Empereur à Rouen.
Il visite également dans l'après-midi la caserne du 55° de Ligne.
Après le diner, Conseil des Ministres jusqu'à 21 h 00.

Le 3 novembre à 08 h 30, le 1er Consul quitte Rouen et se rend à Elbeuf.

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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Ven 8 Aoû - 17:54

Merci pour ce compte rendu de voyage de l'Empereur.

Aurais-tu une description de la tenue des gardes d'honneurs d'Elbeuvienne ?

GM
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Davin



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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Ven 8 Aoû - 18:58

La Garde d' Honneur d' Elbeuf ou "cavalerie bourgeoise" en 1802, qui était de 21 cavaliers, portait chapeau noir bordé d' un galon or, plumet blanc, surtout bleu foncé fermant sur le devant par boutons jaune( or pour les officiers), gilet et culotte bleu foncé, bottes de cavalerie légère à galon et glands or; Ceinture écharpe lilas frangée d' argent; Sabre de cavalerie légère

salut
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Corso
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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Ven 8 Aoû - 19:00

sunny

Justement, retournons à Elbeuf, où nous avons laissé le maire, Prosper Delarue, désigné à ce poste par un arreté consulaire daté du 3 avril 1802 en remplacement de Mathieu Frontin démissionnaire en raison de son grand âge.

Il réussit à convaincre le préfet qu'une visite du chef de l'état dans sa cité, laquelle par son activité et le renom de ses produits honorait le département.

C'est à la fin du mois de septembre 1802 que la visite prochaine du 1er Consul dans sa ville lui est confirmée par le préfet.
Bien que l'on ignore la date de cette visite, le maire n'a d'autre souci en tete que les préparatifs d'une journée qui serait mémorable pour la cité et pour lui-même. On fait un nettoyage de la ville qui en a grandement besoin, avant de la parer pour feter cet évènement, et cela dans une ambiance qui enthousiasme tous les elbeuviens.

Hélas, le temps passant, l'enthousiasme laisse peu à peu la place à l'inquiétude, en effet, le 1er Consul retarde le voyage. Septembre est passé, octobre tire à sa fin. Enfin, le 26 octobre, le maire est avisé par un courrier du citoyen-préfet de la venue du chef de l'état dans la capitale normande le 29 octobre. En fait, il n'arrivera que le 30.

Le 1er novembre, Prosper Delarue, est présenté au 1er Consul. Son plaidoyer, fut, semble-t-il si chaleureux et si bien accueilli, qu'il peut le soir meme rapporter à ses concitoyens, une réponse victorieuse.

C'est à l'aube du 2 novembre, qu'un cavalier vient réveiller Prosper Delarue. Le 1er Consul arriverait le lendemain sur les 10 heures avant midi.
Toute la journée, la ville connait une véritable fièvre. On convoque, on envoie des instructions, on sable les rues, on prépare en urgence une exposition des meilleurs produits de l'industrie drapière. Le maire, dicte au greffier Drevet une sonore proclamation.

Un nouveau courrier arrivé le 3 novembre à 2 h 00 du matin, informe le maire, que c'est en son logis de la rue Saint Jean que se rendrait le 1er Consul. Il désire y etre accueilli et reçu pour déjeuner.
Ce n'est alors en ville, telles les "abeilles en leur ruche" qu'incessantes allées et venues, rassemblement de la Garde Nationale, des musiciens, des canonniers, des troupes à cheval venues de Rouen, ainsi que la construction hative d'un arc de triomphe à l'entrée de la ville.

Le 1er Consul peut maintenant apparaitre, tout est prêt bien avant l'heure pour le recevoir, à la Porte de Rouen, la population se presse le long des murs, car il n'y a pas de trottoir. La garde nationale est alignée, les anciens militaires ont ressorti leurs uniformes, un long cortège s'est formé pour aller en corps constitué se porter à la rencontre du général-consul.

Enfin apparaît un cavalier venant d'Orival, envoyé en estafette annoncer l'arrivée imminente de l'auguste visiteur. Ce cavalier est un Garde d'Honneur de la Cavalerie Bourgeoise d'Elbeuf.

Une tradition s'est établie, à moins d'être provoquée, de constituer dans les villes visitées de quelque importance, des escortes d'honneur formées de jeunes gens appartenant aux familles les plus en vue, les mieux nanties, habillés, équipés et montés à leur frais.
Ces cavaleries bourgeoises constituaient une preuve vivante de l'attachement tant au régime qu'à la personne meme du chef de l'état, en assurant symboliquement sa protection.

Un premier uniforme en drap bleu national s'est imposé, et sur lequel chaque ville se distinguait par une écharpe de couleur distinctive.
Dès l'annonce du voyage consulaire, Rouen avait constitué une Garde d'Honneur pour laquelle une écharpe jaune serin a été adoptée.

Elbeuf ne voulait pas être en reste. Le maire peut recruter sans aucune difficulté 20 jeunes gens issus des meilleures familles, c'est à dire, vivant de l'industrie drapière, et pour laquelle il ne trouva rien d'autre à mettre à sa tête qu'un sien parent Henry Delarue.
Il y avait là des Sevaistre, Louvet, Godet, Patallier, Maille, Join-Lambert, Delacroix, Turgis, tous possédant un cheval et sachant le monter.
Dans l'attente de la fameuse journée on a eu le temps de se livrer à diverses évolutions et manoeuvres, et de cavalcader en ville.
On prit pour couleur distinctive de l'écharpe le lilas à franges d'argent.

Partis de bonne heure, les cavaliers de la Garde Bourgeoise vont au devant du cortège consulaire venant de Rouen. Dans les calèches superbement attelées, ont pris place Bonaparte, Chaptal, le préfet Beugnot, les généraux Beauharnais, Saint-Cyr, Cafarelli, le tout escorté par des détachements de cavalerie.

Au point de rencontre, les Gardes d'Honneur Rouennais, cèdent leur place à notre garde bourgeoise, et c'est un long cortège qui se dirige vers Elbeuf, où le maire en habit noir à col de velours, en jabot , culottes et bas blancs, souliers à boucles d'argent l'attend à la tête de toutes les notabilités locales.
Le tout sous les acclamations d'une foule enthousiaste.
Passé le déjeuner chez le maire, la visite de manufactures, puis de l'exposition organisée par la Commission de Commerce, la halte dans un clos à rames où les draps étendus composent un décor imprévu au milieu duquel les anciens militaires se sont rassemblés, héros d'Italie ou d'Egypte...
Les 20 cavaliers de la Garde Bourgeoise sont alignés, disposés en bataille à quelques pas de là. Leur chef, n'hesite pas à se rendre au devant du 1er Consul pour les lui présenter : "La jeunesse d'Elbeuf, Général-Consul vous présente ses hommages et vous demande l'honneur de lui servir d'escorte. Peu familiers avec l'art de bien dire, nous ne cultivons que celui que vous venez encourager par votre présence. Nous sommes tous fabricants de drap."
Loin de s'en tenir là, l'orateur assure le 1er consul que les cavaliers sous ses ordres le cherissent, l'aiment, ensuite il lui souhaite de longs jours et un bonheur "prolongé au delà de la vieillesse".
A quoi Bonaparte répondit, qu'il voit toujours avec plaisir la force armée et se déclare flatté de voir auprès de lui la belle jeunesse d'Elbeuf.
L'après-midi se poursuit par la visite d'une teinturerie, puis le cortège se forme pour rentrer sur Rouen.
Le cortège se lance escorté par notre Garde Bourgeoise qui obtient d'être admise à la revue passée le lendemain avec les autres corps de troupe.

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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Sam 9 Aoû - 17:12

sunny

Le 04 novembre à 14 h 00 a lieu à Rouen la revue de la Garde Nationale au Champ de Mars à laquelle participèrent nos cavaliers de la Garde Bourgeoise.

Le lendemain, le 1er Consul quittait Rouen à 06 h 30 pour se rendre au Havre, en longeant la Seine, passage à Duclair, arrivée à Caudebec à 10 h 00 où il déjeune au Lion d'Or, puis départ pour Yvetot où il s'arrête 2 heures. Il s'arrête une 1/2 heure à Bolbec pour assister à une exposition, et arrive dans la soirée au Havre.

Le passage du 1er Consul à Rouen est une réussite. Conformément à leurs voeux il redonne vie à maintes institutions qui avaient disparu, telles la Chambre du Commerce rouverte quelques semaines plus tard, l'Académie des Sciences, Belles Lettres & Arts reconstituée en 1803.
La paix aidant, la ville connait un fulgurant essor économique, dans le port les bateaux affluent. Le coton connait un essor spectaculaire. S'il n'existe que deux filatures mécaniques en 1800, il y en a 10 en 1806, et 53 en 1807, sans parler de 47 imprimeries d'indiennes, toutes usines employant l'énergie hydraulique.
On comprend donc que les Rouennais accepteront sans aucun problème le passage à l'Empire en l'An XII.

L'Empereur eut une nouvelle fois l'occasion de se rendre à Rouen le 30 mai 1810. C'est à l'occasion de son passage qu'il décréte la construction d'un pont de pierre, les deux rives n'étant alors reliées que par un pont de bateau.
Ce pont implanté à l'est de la cité prenant appui sur l'ile Lacroix, dégage au maximum le bassin maritime, dont la construction fixe la limite.

Lors du retour des cendres, c'est sur un vapeur fluvial La Dorade n° 3 repeinte en noir, que le cercueil sera transbordé du Normandie, en aval de Rouen au Val de la Haye dans la nuit du 9 au 10 décembre 1840.
Une colonne dorique indique toujours l'endroit où l'Empereur toucha de nouveau le sol de France.
La ville de Rouen sollicita une halte avec un service à la cathédrale. A défaut de l'obtenir, la ville allait faire du simple passage des cendres une cérémonie grandiose. Tout Rouen est sur les quais ce matin du 10 décembre, l'arceau central du pont suspendu est transformé en arc de triomphe, , décoré de drapeaux, de tentures violettes parsemés d'abeilles d'or et de N couronnés. De la voute pend une immense croix de la Légion d'Honneur, tandis qu'au pied des Victoires tendent des lauriers. Sur les deux rives jusqu'au pont de pierres, des obelisques portant le nom des principales victoires, des faisceaux de drapeaux surmontés de l'aigle impérial, la flèche de la cathédrale dont la flèche n'est pas encore achevée s'orne d'une oriflamme tricolore. Sur le pont suspendu des vétérans ont ressorti leur uniforme, sur le pont de pierre se massent les élèves du Collège Royal, ex Lycée Impérial. Sur la rive gauche, une vaste tente de toile violette pour les autorités, et puis partout la garde nationale en tenue de parade et une foule immense qui l'attend.

Tout le long du cours du fleuve tranquille, on verra les feux de bivouac des ex-groganrds venus rendre un dernier hommage à leur chef, comme sur le champ de foire d'Elbeuf.

Justement, retournons-y à Elbeuf, où notre Garde Bourgeoise a eu l'honneur d'assiter à la grande revue du 4 novembre 1802.

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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Sam 9 Aoû - 17:59

sunny

Le 7 octobre 1802, le préfet adresse au maire d'Elbeuf la lettre suivante :
"Les citoyens qui ont formé la garde d'honneur du Premier Consul dans les diverses villes où il a séjourné ont demandé l'autorisation de conserver leurs uniformes et de se réunir tous les mois afin de s'exercer et de former un noyau de compagnie comme détachement de la garde nationale.
Le Premier Consul n'ayant point d'inconvénient à cette proposition, je vous prie, si la garde qui s'est forméedans votre arrondissement est dans l'intention de jouir de cette faveur du gouvernement, de m'envoyer la liste exacte des hommes qui la composaient et d'y joindre un projet de l'organisation que l'on pourrait donner à cette garde".

Prosper Delarue consulte les intéressés, lesquels ne manifestent aucun enthousiasme. Certes, l'on avait mis la main à la poche pour s'habiller, s'équiper, se pourvoir d'un harnachement couteux, on avait aimé parader et cavalcader. Mais l'idée de se faire recenser ne risque-t-il pas d'entrainer un embrigadement.
Le maire embarassé cherche à gagner du temps, et donne une réponse évasive, qui entraine aussitôt un rappel du préfet.

Henry Delarue qui commande la Garde Bourgeoise adresse alors au Maire, dont il est un proche parent la réponse suivante : "Vous pouvez annoncer au préfet que mes camarades et moy sommes dans l'intention de conserver nos uniformes et de nous réunir pour nous exercer lorsque nous en aurons la permission. Nous sommes toujours dévoués au gouvernement et à son auguste chef".
En clair, on désire s'exercer librement, parader et cavalcader, assister et paraitre aux fêtes d'Elbeuf en uniforme mais en refusant toute incorporation dans la garde nationale au risque d'etre un jour appelé et à suivre l'armée.

Le 3 décembre 1804, la garde envoie aux cérémonies du sacre de l'Empereur une délégation de 6 membres, porteuse d'un drapeau qui devait par la suite soulever une véritable tempête.

Le préfet n'a pas désarmé, le 2 octobre 1805, il adresse une longue lettre au maire.
"...Une vaste carrière de gloire et d'honneur est ouverte à tous les Français, mais ceux qui s'y présentent environnés des plus brillantes espérances, ceux auxquels sa Majesté garantit particulièrement le succès et le triomphe, ce sont les jeunes volontaires admis au bonheur d'entourer sa personne lorsqu'elle vistait les divers départements de son Empire.
Les compagnies d'honneur ont formé la portion la plus belle de cet appareil d'amour et d'enthousiasme qui se déployait sur son passage et qu'exprimait si dignement les affections publiques, mais admises une fois à une si haute fonction, elles en ont regretté l'extreme rapidité.
La plupart ont demandé qu'elles pussent recevoir une sorte de continuation et de permanence et qu'un privilège aussi glorieux ne fut pas un privilège d'un jour."

Puis apparait clairement ce qui était sous-entendu : si les circonstances appelaient l'Empereur
" à se placer à la tête de ses armées pour diriger de grandes opérations militaires, un détachement pris au sein des Gardes d'honneur pourrait former son cortège immédiat."

A tous l'on promet honneurs, distinctions, grades, récompenses :" Il n'est aucun rang auquel il ne leur soit paermis d'aspirer".

Que leur demande-t-on ? Tout simplement de figurer parmi " les citoyens les plus distingués, tous à cheval, tous armés et équipés à leur frais".

J'ai calculé par aperçu -indique le préfet- sur une vingtaine de soumissions pour votre ville."

La lettre se termine ainsi : " les villes qui auront le plus multiplié ces offres seront vues avec une bienveillance particulière par S.M l'Empereur ; il y reconnaitra l'influence des magistrats sachant rattacher les coeurs au gouvernement et les animer pour la défense de la patrie."

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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Sam 9 Aoû - 20:24

......... sunny .........


Sujet intéressant.......Merci Corso....!!!


salut

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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Sam 9 Aoû - 20:56

Extrait de "Voyage fait par le Premier Consul en l'an XI de la République, dans les départements de l'Eure et de la Seine-Inférieure"
"Le Premier Consul, accompagné du ministre de l'intérieur et du préfet du département, à Elbeuf, pour visiter les intéressantes fabriques de cette ville.
Il y reçut le même accueil qu'à Rouen, c'est-à-dire l'accueil que ne peut partout manquer de recevoir un grand homme chéri du peuple, et qui consacre tous ses instans à son bonheur. Quoique les habitans d'Elbeuf n'eussent été prévenus que la veille au soir de l'arrivée du Premier Consul, un détachement de cavalerie formé par des jeunes gens de la ville, se porta au devant de lui jusqu'àun demi-myramètre de cette commune. L'uniforme étoit le même que celui de la cavalerie Rouennaise, à l'exception de l'écharpe qui, au lieu d'être couleur serin, étoit lilas avec franges d'argent.
Le Premier Consul descendit chez le maire de la ville où il déjeûna, ainsi que le cortège dont il étoit accompagné. Après le déjeûné, il examina les produits de l'industrie exposés chez le maire.
Il se rendit ensuite dans la manufacture du citoyen Louis Delarue : Il y parcourut tous les détails de la fabrication,depuis lepremier triage des laines jusqu'à la manière de plier l'étoffe, quand elle a reçu tous ses apprêts. On est réduit à se répéter, en parlant du Premier Consul : Il faut cependant dire encore que rien n'égala l'étonnante sagacité dont il fit preuve.
Les marchandises sur lesquelles il s'arrêta avec plus de satisfaction, furent les draps uniquement faits des laines de France. Il s'entretint avec les manufacturiers sur les moyens de s'affranchir le plus promptement possible du tribut que nous payons encore à l'étranger ; ilentr aussi dans tous les détails de la quantité, de la qualité des laines et sur lesendroits d'où on lestiroit. Il parut fort satisfait des divers procédés de la fabrication. Je dirais cependant qu'il exprima le désir de voir se multiplier les procédés de filature et de tissure propres à diminuer le prix de la main d'oeuvre.
Le premier consul sembla d'ailleur surpris qu'on n'eût pas encore employé la navette volante.

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Trajan



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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Sam 9 Aoû - 21:13

merci pour ce sujet intéressant!
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Jean-Yves
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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Sam 9 Aoû - 21:25

A sa sortie des fabriques de drap, le premier consul visita la teinturerie du citoyen Lambert, l'une des plus considérables d'Elbeuf (ce citoyen excelle surtout dans la teinture en couleur écarlate ;mai sn'ayant pas été prévenu, il n'avoit malheureusement aucune cuve montée).
Il a voulu savoir combien la teinture en bleu augmentait le prix du drap,soit qu'on teignit en laine, soit qu'on teignit en pièce. On peut dire avec vérité qu'il trouva l'atelier du citoyen Lambert très bien disposé, quoiqu'il fût pris à l'improviste.
Delà, le premier consul se transporta dans la prairie et il examina les draps sur les étendoirs. C'est en cet endroit qu'il s'entretint longtemps avec les députés du commerce d'Elbeuf de tout ce qui intéressoit la fabrique et de ce qui pouvoit contribuer à sa prospérité. Il recueillit partout des témoignages éclatans de la joie publique ; et si les habitants de Rouen avaient pu être surpassés dans l'expression toujours renaissante de leur attachement et de leur reconnaissance, ils l'auraient infailliblement été par ceux de la commune d'Elbeuf. Il revint à Rouen vers trois heures d'après-dîner.

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Davin



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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Dim 10 Aoû - 12:29

Une petite représentation de la G d' Honneur d' Elbeuf ( écharpe violette) à coté d' un officier de celle de Rouen..... Very Happy

(alt+p)
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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Dim 10 Aoû - 12:50

C'est dans les cartes de Bucquoy , Didier ?

Merci pour la lecture, je crois bien que ce séjour avaiy servi de question dans "les questions du Gd chef"
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Corso
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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Dim 10 Aoû - 13:58

sunny

Malheureusement pour notre bon maire, la lettre du préfet n'eut pas l'écho souhaité auprès de la brillante jeunesse elbeuvienne.

Elle préférait briller sur place que d'aller que d'aller chercher la gloire et les récompenses sur les champs de bataille. Tous invoquèrent des motifs certes louables.

Mais le préfet attendait toujours une réponse.
Prosper Delarue, voulait montrer au pouvoir en place qu'il était digne de la confiance que l'on avait portée sur lui. Aussi s'adress-t-il aux curés des deux paroisses pour favoriser en chaire le recrutement.
Mais rien n'y fait.

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Davin



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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Dim 10 Aoû - 15:02

Les dessins sont effectivement extraits des cartes Bucquoy. bounce
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Corso
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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Mar 12 Aoû - 12:11

sunny

la nomination d'un nouveau prefet va accorder un délai supplémentaire à notre bon maire. Savoye-Rollin prend la relève de Beugnot, mais comme le besoin d'hommes aux armées est pressant, il écrit le 27 septembre 1806 à Prosper Delarue :
" Sa Majesté a daigné permettre aux jeunes gens qu'ils fussent admis à faire partie du corps de gendarmes d'ordonnance de l'Empereur, qui s'organise à Mayence sous les ordres de S.E.M. le maréchal Kellermann et qui sera partie à pied et partie à cheval. "

Il ne s'agit nullement d'envoyer un renfort aux armées, mais de faire miroiter la perspective d'une carrière militaire à cette jeunesse dorée, et ce avec beaucoup de discrétion. Le maire ne doit faire aucune publicité de ce courrier, mais convoquer les jeunes individuellement et les convaincre.

Cette méthode n'a pas plus de résultat que les autres. Car si l'on ne demande rien aux gens de pied, on réclame une pension de 600 francs pour les hommes montés.
Les efforts de Prosper Delarue, malgré les invectives du préfet restèrent vains.

Suite à la désastreuse Campagne de Russie, l'Empire est ramené à nos frontières. Le besoin d'hommes est de plus en plus pressant.
Les préfets ont reçu par senatus-consulte de 3 avril 1813, l'ordre d'opérer une levée en vue de créer des régiments de Gardes d'Honneur. Cette levée est rendue difficile, car il ne s'agit pas d'une levée de volontaires, mais d'un service imposé. Les refus sont si nombreux , justifiés ou non, qu'il faut l'intervention de la police et de la magistrature, on rend les familles responsables de la mauvaise volonté de l'un de leurs membres. On frappe de taxes arbitraires ceux qui ont des raisons valables de ne pas servir.
On reussi a monter 4 régiments, qui malgré une existence éphémère, se comportèrent honorablement durant les campagnes de 1813 ou de 1814.
Les jeunes gens de la seine-Inférieure et de l'Eure, formèrent avec ceux de la Somme le 1er Régiment.
Aucun nom d'elbeuviens ayant servi dans ce régiment ne nous est parvenu.

L'histoire aurait pu en rester là, s'il n'y avait eu l'histoire du drapeau de notre garde bourgeoise. On se rappelle qu'une délégation de six membres, drapeau en tete participa aux cérémonies du sacre en 1804.

Pierre-Henri Hayet succède en 1808 à Prosper Delarue en qualité de maire. Il n'avait aucune raison de ménager la garde bourgeoise, et en particulier leur chef, Henri Delarue, qui était un parent du maire en place.

On ignore si cette intervention est un excès de zèle, ou si elle est dictée par le préfet Savoye-Delarue, le 11 aout 1810, le maire ecrit à Henri Delarue pour lui demander de déposer à la mairie : " le drapeau de la compagnie des Gardes d'Honneur précédemment formée et paraissant n'avoir plus d'existence".

Ce à quoi, son commandant répond que la compagnie existe toujours, et qu'il entend conserver le drapeau.

P-H Hayet écrit au préfet pour exposer ce qui s'était passé à l'époque du préfet Beugnot :
" A l'époque du premier voyage de Sa Majesté et à l'instar de diverses communes, vingt-deux de nos gardes nationaux se formèrent en garde d'Honneur pour le service du moment. Six d'entre eux se rendirent ensuite au couronnement, ce qui fut le seul et dernier acte de leur réunion.
Lors de la demande qui fut faite de eux qui voudraient prendre du service actif à l'armée, chacun d'eux donna des motifs d'empêchement, en sorte que cette compagnie, si on peut l'appeler ainsi, s'est trouvée dissoute d'elle-meme, sans avoir eu le règlement d'organisation, ni de contrôle, ni même pour ainsi dire d'existence".

Le maire fait procéder à un recensement des anciens gardes d'honneur, il en trouve quatorze domicilé à Elbeuf.
Il les convoque en mairie le 29 octobre 1810. Il propose des mesures pouvant rendre à la compagnie un peu de vitalité : établissement d'un réglement d'organisation, contrôle de l'effectif, de l'équipement, des uniformes, et allant même jusqu'à prevoir une augmentation de l'effectif.

Le préfet de son côté a fait remonter l'affaire en haut lieu. L'assemblée décrète que la garde d'honneur n'existe plus, et, qu'il n'y a aucune raison qu'Henri Delarue s'oppose à la remise du drapeau.

C'est mal connaître notre homme, qui s'y refuse catégoriquement. Henri Delarue, capitaine de la Garde nationale est supendu de son grade.

Le maire, quant à lui décide d'agir légalement, il tient à sa garde d'honneur. Il rassemble les Gardes d'Honneur, et leur fait signer un procès-verbal constatant le refus de leur ancien chef.

Cependant qu'à Paris, l'affaire exagérément grossie suit son cours, le ministre de l'Intérieur, refuse à la Garde d'Honneur, son appellation, rappelant qu'il s'agit d'un corps qui se constitue en vue d'une circonstance déterminée et se dissout ensuite. Selon lui, et contrairement à l'avis d'Henri Delarue, il s'agissait d'une délégation de la garde nationale. Le drapeau doit donc être remis au maire. L'ordre officiel est donné.

Henri Delarue s'obstine à refuser, insensible à l'injonction ministérielle et opposé à toute solution de bon sens.
Le maire, envoie chercher le drapeau par le garde champêtre, qui essuie un refus. Le maire s'obstine, car il veut avoir le dernier mot. Il ecrit au préfet. C'est un commissaire qui devrait avoir raison de cet entetement.

Henri Delarue ne serait plus supendu, mais destitué.

Le commissaire à son tour rentre penaud. A la fin de l'année 1810, on en est toujours au même point.
On croit trouver la solution en décidant de l'arrestation pure et simple d'Henri Delarue. On est en aout 1811. On pense que la menace aura quelque effet. Loin s'en faut.
Un beau matin de septembre 1811, gendarmes et policiers se présentent à son domicile. Ils trouvent portes closes.
Delarue s'était envolé à Paris.
Quant au drapeau, on ignore ce qu'il est devenu.

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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Mar 12 Aoû - 17:34

Ce n'est pas pour mettre de l'huile sur le feu ou démontrer une fois de plus la capacité diplomatique de Murat, mais à Naples les bourgeois et fils de la bourgeoisie de chaque ville devaient fournir un effectif de GH.
En 1811, crée dans la GR un régiment qui en 1813 sera scindé en deux, une partie formera les Gardes du Corps et l'autre sera versée dans les cuirassiers de la GR.
Ceux qui étaient à pied, intégreront les régiments de l' infanterie de la Garde.

Bravo Corso pour tes trouvailles.
Plus le temps passe et plus le niveau monte ici. cheers
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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Mar 12 Aoû - 22:27

Cette histoire de drapeau que l' on refuse de rendre m' a beaucoup fait rire...on croit lire du Courteline... Very Happy
Mais ce guidon avait couté et le marchand avait présenté la facture à la municipalité d' Elbeuf en Janvier 1804..... Cool

Voici la note...
Fourni à Mr Delarue d' Elbeuf selon demande verbale par Sallambrier marchand et fabricant de draperies, soyeries et dorures à Paris
du 2 frimaire an 13
Pour un guidon de la Garde d' Honneur:
damas, taffetas pour fond, cravatte et tour de baton 40 fr
broderies et franges or fin pour cravate 124
glands or fin pour les dites 65
Franges du tour du guidon et tresses d' or 85,50
Peinture et dorure 186
Baton, et pique et clous dorés 13
Etui en coutil et façon 6, 15
Une bandoulière de dain galonnée d' argent 18
Total :538..... affraid



salut
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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Mer 13 Aoû - 8:28

sunny

Merci pour ces prcisions qui manquaient à mes références.

Peut-on supposer que la couleur du guidon était celle de la ceinture ?

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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Mer 13 Aoû - 13:51

On pourrait penser que oui ou bien les couleurs du blason de la ville ....je n' ai malheureusement pas de description sur les couleurs ou les motifs..... Sad
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MessageSujet: Re: La Garde d'Honneur Elbeuvienne du 1er Consul   Aujourd'hui à 2:11

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