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 Deux fils inconnus de Napoléon III....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Deux fils inconnus de Napoléon III....   Mar 21 Oct - 16:26

......sunny ......

1er Chapitre......(Sources Françoise Coiffu).

Sous l'ancien Régime, la bâtardise dans la famille royale, on pense par exemple à un Henri IV ou à un Louis XIV, était acceptée plus facilement qu'au XIX siècle. Les souverains n'hésitaient pas à reconnaître et à légitimer leurs enfants naturels. L'évolution des moeurs après la Révolution rendit plus sévère la situation des illégitimes. Ainsi on connaît mal les escendants, par la main gauche, de Napoléon III. Ils ne bénéficièrent pas de la reconnaissance officielle.

En ce 9 août 1840, le capitaine Détrimont, commandant la place du château fort de Ham, fait rapidement ranger les effets laissés par son dernier prisonnier, don Ramon Cabrera, un général espagnol que le gouvernement de Louis-Philippe refuse de recevoir comme réfugié politique. Il avait été confié à sa garde trois semaines plus tôt et vient d'être transféré à Lille.

Le départ de Cabrera est hâté d'autant plus que ce même jour, à une heure du matin, est amené au château de Ham, Louis-Napoléon Bonaparte, héritier impérial, qui vient d'être arrêté pour avoir tenté pour la deuxième fois de s'emparer du pouvoir. Il restera deux jours à Ham, puis sera ramené à Paris où il comparaîtra devant la Cour des pairs.

Qu'est donc Ham.... où il va passer tant d'années ? Entre Saint-Quentin et Péronne, en Picardie, la petite ville de Ham s'enorgueillit d'un château fort, bâti en 1470 par Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, sur l'emplacement d'un vieux castel. Au milieu des marais, surplombant la Somme, se dresse la masse imposante et triste du château...ses tours sont trapues, puissantes, surtout celle qui sert de donjon, carrée, aussi large que haute, une centaine de pieds, inexpugnable avec ses murs de onze mètres d'épaisseur.

Depuis la tragique histoire de Louis de Luxembourg, qui considérait cette tour comme son meilleur ouvrage.. " Mon mieulx.".....a-t-il fait graver sur le fronton...bien des souvenirs sont restés enfermés dans ces murailles, jusqu'au jour où Henri IV, en réunissant à la couronne ce château qui lui appartenait deux fois, et par droit d'héritage et par droit de conquête, y inscrivit, en 1595, les armes de la France.

D'interminables journées.....

Condamne Louis-Napoléon Bonaparte à la prison perpétuelle, sur le territoire continental du royaume.....

La voix lugubre du chancelier lisant l'arrêt de la Cour des pairs, vient de renvoyer le prince au château de Ham. Le registre d'écrou du ministère de la Guerre conserve le portrait du prince à son arrivée : Agé de trente deux ans, taille 1,66 m, cheveux et sourcils châtains, yeux gris et petits, nez grand, bouche moyenne, barbe brune, moustaches blondes, menton pointu, visage ovale, teint pâle, tête enfouie dans les épaules, épaules larges, dos voûté, lèvres épaisses.

Il va passer à Ham une succession interminable de jours mornes. Certes, ses prédécesseurs sont nombreux et illustres, les ministres du précédent roi de France Charles X, pour ne citer que les derniers en date...Le prince de Polignac, le comte de Peyronnet, Victor de Chantelauze et le comte de Guermon-Ranville. Louis-Napoléon a le coeur solide, il peut déclarer avec un haussement d'épaules que......"rien n'est perpétuel en France"...il croit à sa mission et à la légitimité de sa cause. Il s'est tôt créé une apparence d'impassibilité qui cache ses émotions.

Mais sous l'aspect flegmatique, derrière le regard indéchiffrable, son coeur, telle une boussole affolée, oscille entre des espoirs fous et un découragement mortel. Comment se résigner à n'avoir plus d'autre horizon que cette triste campagne, à ne plus contempler que les brumes montant de la Somme, à ne plus entendre d'autre bruit venu du monde que celui des cloches au-dessus des toits de Ham ?...Comment accepter une exitence si morne et inactive après tant de rêves ?.

Au premier étage d'un bâtiement au fond de la cour, le capitaine Desmarle, commandant du château envoyé tout exprès pour surveiller le prince, à mis à sa disposition de ce dernier une pièce étroite, au sol pavé d'un carrelage inégal et aux murs couverts d'un papier incolore. Le mobilier est sommaine...bureau d'acajou, vieille commode, chaises de paille, ce sera le cabinet de travail.

Louis-Napoléon fait accrocher deux portraits, celui de sa mère, la reine Hortense et celui de son oncle et parrain, Napoléon 1er. Une autre petite pièce sert de chambre à coucher. De sa fenêtre, le prisonnier voit dans la cour un tilleul, arbre de la liberté planté en 1793 par le Conventionnel André Dumont.

Les deux premiers mois de captivité sont les plus durs. Il est seul. Tous ses mouvements sont épiés, sa correspondance est décachetée...le commandant Demarle fait une enquête sur chacune de ses lettres.

Aussi voit-il arriver avec grand plaisir le maréchal de Montholon et le docteur Conneau condamnés eux aussi, respectivement à vingt et cinq ans de prison pour complicité dans la tentative de prise du pouvoir.

En 1840, Montholon a cinquante-huit ans. Il avait partagé à Sainte-Hélène la captivité de Napoléon 1er et avait recueilli avec Gourgaud les souvenirs et les essais historiques dictés là-bas par l'Empereur. Après avoir reçu le dernier soupir de l'oncle dans les vapeurs d'étuve de Saint-Hélène, Montholon veille maintenant le neveu dans la moississure glacée de Ham. Mais il n'est plus qu'une épave et ce n'est pas dans la société de ce grognard inculte que Louis-Napoléon peut trouver une distraction. Il représente seulement pour lui un souvenir vivant et un rappel de la "mission" de l'héritier du trône.

Heureusement, Henri Conneau est tout différent. Petit homme vif, aimant la bonne chère, le bon vin, ce docteur franco-italien de trente sept ans croit tout savoir, même la médecine. Sans avoir de notions bien précises sur les méthodes scientifiques, se fiant surtout à son instinct et aux interventions de la Providence, il poursuit des expériences dans un petit laboratoire que le commandant Demarle à bien voulu lui laisser installer.

Une belle fille de vingt ans.....

Enfin, le 25 mai 1841, le valet de chambre et homme de confiance du prince, Charles Thélin vient compléter ce petit groupe. Le registre d'écrou nous le décrit ainsi...Cinq pieds, trois pouces, cheveux bond-châtain, peu fournis, front haut, yeux châtain clair, nez épaté, menton pointu, barbe blond ardent à la jeune France.

Thélin, ayant bénéficié d'un non-lieu, est venu à Ham volontairement pour servir Louis-Napoléon...il a la permission de sortir librement du château. Dès lors, l'administration ne pourra plus exercer de contôle sur la correspondance des prisonniers.

D'ailleurs, la vie commence à s'organiser d'une façon plus libérale...la femme du capitaine Demarle, commandant du château à une grande admiration pour le prince, le commandant lui-même se fait plus humain, il joue même le soir au whist avec les prisonniers. Une blonde Ecossaise, Caroline-Jane O'Hara, vient habiter au château, dans deux pièces au rez-de-chaussée pour...."soigner les blessures"..de Montholon.

L'abbé Tirmache, curé-doyen de Ham, est autorisé à communiquer avec les prisonniers, puis bientôt vient célébrer la messe tous les quinze jours au fort.

Louis-Napoléon reçoit des visiteurs, journalistes, écrivains, quelques amis, des habitants de Ham, chacun devant être porteur d'une permission signée du ministre de l'intérieur. Le prince travaille presque toute la journée, il écrit des pamphlets, des articles qu'il adresse au "Guetteur de Saint-Quentin" ou au "Progrès du Pas de Calais"...il se passionne pour des études historiques, des questions sociales, il partage avec Conneau son enthousiasme pour la physique. Il fait aussi quelque sport...des séances quotidiennes d'escrime et, bon cavalier, il tourne en rond dans la cour, autour du tilleul.

Mais, malgrè ces activités, le fils de la reine Hortense est maussade. De sa mère, cette femme charmante, il tient d'elle ce qu'on s'accorde à louer en lui...la bonté, la courtoisie raffinée, la faculté si précieuse de s'abstraire dans ses songes, mais aussi le goût de l'aventure romanesque et un coeur innombrable.

Aussi bien, la chasteté à laquelle la prison le contraint le rend mélancolique. Il fait demander au ministre de l'ntérieur, M. Duchatel, la permission de recevoir des visites féminines. Embarrassant souhait auquel on oublie de répondre.

Mais la réponse n'intéresse plus tellement Louis-Napoléon, car il a remarqué une belle fille aux yeux bleus, qui vient au château repasser le linge de Miss O'Hara. Cette dernière doit bientôt quitter le château, car son manque de discrétion a attiré sur elle l'attention du maréchal Soult, ministre de la guerre, qui lui demande de s'en aller ..."pour raisons de convenances"...n'allait-elle pas jusqu'à se faire appeler en ville comtesse de Montholon, alors que celle-ci habite Paris.

......A suivre....

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Deux fils inconnus de Napoléon III....   Mer 22 Oct - 10:55

Tres interessante nouvelle.
Merci et salut
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Deux fils inconnus de Napoléon III....   Mer 22 Oct - 15:47

......sunny ...... 2è. Chapitre.....(Sources Françoise Coiffu).


Mais reste la lingère et Louis obtient la permission de faire travailler chez lui une femme qui réparera son linge. C'est ainsi qu'Alexandrine-Eléonore Vergeot est investie par le chef de bataillon Girardet des fonctions "d'ouvrière en linge". Fille d'un tisserand, elle a vingt ans....elle apporte à Louis sa jeunesse, sa gaieté, son dévouement, son amour tout simple...le prince lui donne des leçons de français et d'orthographe.

Leur idylle dure plusieurs années. Par deux fois, la taille d'Eléonore s'arrondit et elle va à Paris mettre au monde Alexandre-Louis-Eugène, le 25 février 1843 et Alexandre-Louis-Ernest, le 18 mars 1845. Mais Eléonore ne peut naturellement pas garder les enfants avec elle et le prince les confie aux soins de la nourrice qui l'a lui même élevé, Colette Bure, mère de son frère de lait, Pierre Bure.

Sous une blouse de maçon.....

Les années tombent comme une pluie de tristesse sur le Ham. En 1846, le prince n'a encore jamais obtenu la permission de sortir du fort, bien qu'il ait demandé à plusieurs reprises l'autorisation d'aller voir son père, l'ancien roi Louis de Hollande, qui se meurt à Livourne.

Louis a eu tout loisir, pendant les interminables soirées de ces longues années derrière les murs de la forteresse, de méditer, de mâcher et remâcher ses idées. Ses projets d'évasion deviennent une obsession. Les réalisera-t-il ?

Or, depuis quelques temps, des réparations au château nécessitent la venue d'ouvriers. Louis profite de cette occasion le 25 mai 1846. Le prince a raconté lui-même son évasion, dans une lettre qu'il écrivit peu après à M. Degeorge, rédacteur du "Pas de Calais" ...à Arras.

........." Mon cher monsieur Degeorge..... le désir de voir encore mon père sur cette terre m'a fait tenter l'entreprise la plus audacieuse que j'aie jamais tentée, il m'a fallu plus de résolution, qu'à Strasbourg et Boulogne, car j'étais résolu à ne pas supporter le ridicule qui s'attache à ceux qu'on arrête sous un déguisement, et un échec n'eût plus été supportable. Mais enfin, voici les détails de mon évasion...vous savez que le fort était gardé par quatre cents hommes qui fournissaient une garde journalière de soixante soldats placés en sentinelles au-dehors du fort, de plus, la porte de la prison était gardée par trois geôliers, dont deux étaient toujours en faction. Il fallait donc passer devant eux d'abord, puis traverser la cour intérieure, devant les fenêtres du commandant, arrivé là il fallait passer le guichet où se trouvait un soldat de planton et un sergent, un portier consigne, une sentinelle et enfin un poste de trente hommes."""""
......." N'ayant voulu établir aucune intelligence, il fallait fatalement avoir recours à un déguisement. Comme on faisait réparer plusieurs chambres du bâtiment que j'habitais, il était facile de prendre un costume d'ouvrier. Mon bon et fidèle valet de chambre Charles Thélin se procura une blouse et des sabots...je coupais mes moustaches et je pris une planche sur mon épaule."""""
........" Lundi matin, je vis les ouvriers entrer à six heures et demie, lorsqu'il furent à l'ouvrage, Charles porta à boire dans une chambre afin de les empêcher de se trouver sur mon passage, il devait aussi appeler un gardien en haut, tandis que le docteur Conneau causerait avec les autres...et cependant, à peine sorti de ma chambre, je fus accosté par un ouvrier qui me prit pour un de ses camarades...au bas de l'escalier, je me trouvais face à face avec un gardien. Heureusement, je lui mis la planche que je portais devant la figure. Je parvins dans la cour, tenant toujours ma planche du côté des sentinelles et devant les personnes que je connaissais."""""

......" En passant devant la première sentinelle, je laissai tomber la pipe que j'avais mise dans la bouche, je m'arrêtai pour en ramasser les morceaux. Je rencontrai alors l'officier de garde, mais il lisait une lettre et ne me remarqua pas. Les soldats au poste du guichet semblèrent étonnés de ma mise...le tambour se retourna même plusieurs fois. Cependant, le planton de garde ouvrit la porte et je me trouvai hors de la forteresse, mais là je rencontrai des ouvriers qui venaient à ma rencontre et qui me regardaient avec attention. Je mis bien ma planche de leur côté, mais ils paraissaient si curieux que je pensais à peine pouvoir leur échapper, lorsque je les entendis sécrier..." Oh! c'est Bernard ! """""

......" Une fois dehors, je marchai rapidement vers la route de Saint-Quentin. Peu de temps après, Charles, qui, la veille avait retenu une voiture pour lui, me rejoignit et nous arrivâmes à Saint-Quentin. Je traversai la ville à pied, après m'être défait de ma blouse. Charles s'était procuré une voiture de poste, en prétextant une course à Cambrai. Nous arrivâmes sans encombre à Valenciennes, où je pris le chemin de fer. Je m'étais procuré un passeport belge, mais on ne me l'a demandé nulle part."""""

....." Pendant mon évasion, le docteur Conneau, toujours si dévoué, restait en prison et faisait croire que j'étais malade, afin de me donner le temps de gagner la frontière. J'espère qu'il n'aura pas été mal traité. Ce serait pour moi une grande douleur, vous le comprenez."""""

....." Mais, mon cher monsieur Degeorge, si j'ai éprouvé un vif sentiment de joie lorsque je me suis vu hors de la forteresse, j'éprouvai une bien triste impression en passant la frontière...il fallait pour me décider à quitter la France, la certitude que jamais le gouvernement ne me mettrait en liberté, si je ne consentais pas à me déshonorer...il fallait aussi que j'y fusse poussé par le désir de tenter tous les moyens pour consoler mon père dans sa vieillesse."""""

..... " Adieu, mon cher monsieur Degeorge. Quoique libre, je me sens bien malheureux. Recevez l'assurance de ma vive amitié et, si vous le pouvez, tâchez d'être utile à mon bon Conneau.""""""
Louis-Napoléon.

.....A suivre....(dernier Chapitre)...Que sont devenus les enfants ?.

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Deux fils inconnus de Napoléon III....   Mer 22 Oct - 17:36

Mes sinceres remerciements Jean-Baptise.
Aujourd'hui je suis de service [consultations et Evil or Very Mad ] et avec plaisir je lis Votre texte. Cet nouveau et cets precedents aussi.
Encore une fois - merci.
Amities et flower
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Deux fils inconnus de Napoléon III....   Jeu 23 Oct - 15:41

......sunny ...... 3è et dernier Chapitre.....(Sources Françoise Coiffu).


Que sont devenus les enfants ?....

De Belgique, le prince gagne Londres, où il restera deux ans. Que deviennent pendant ces années les fils de Louis-Napoléon ? Peu de temps après son arrivée à Londres, le prince a fait la connaissance, chez son ami Alfred d'Orsay, d'une jeune Anglaise de vingt quatre ans, réputée pour sa beauté, ancienne actrice de petis rôles, Elizabeth-Anne Haryette, qui se fait appeler Mrs. Howard.

Elle est subjuguée par le nom de Bonaparte, Louis succombe à son charme, c'est le coup de foudre. Ils vont vivre ensemble pendant deux ans. Elle lui offre sa fortune, c'est à dire les rentes qu'elle reçoit de son amant, le major Mountjoy Martyn. En tout elle prêta au prince quarante mille livres sterling, qui lui permettent de préparer son retour en France.

Louis retire à Colette Bure la garde de ses deux enfants et les confie à Mrs. Howard qui les élève avec son propre fils, Martin, d'un an l'aîné d'Eugène et qui s'est longtemps cru son frère.

En 1848, Louis Napoléon, rentré en France et élu Président le 10 décembre, installe Mrs. Howard dans une maison rue du Cirque, tout près de l'Elysée. Le prince rembourse les dettes de l'émigré.

Mais cette liaison pèse au prince, d'autant que devenu Empereur le 2 décembre 1852, il désire se marier. Il envoie Mrs. Howard en Angleterre et c'est au Havre le 22 janvier 1853, qu'elle apprend par un journal les fiançailles de Louis-Napoléon avec la belle Eugénie de Montijo. Mrs. Howard demande de conserver la garde des enfants, ce qui lui est accordé d'autant plus facilement qu' Eléonore Vergeot, qui s'était entre-temps liée avec Pierre Bure, avait eu un fils de ce dernier.

Le 3 août 1858, Eléonore Vergeot épouse Pierre Bure, scrupuleux trésorier général de la Couronne, à Paris, à la mairie du 2e arrondissement, Napoléon III rappelle ses fils d'Angleterre et les rend à leur mère. Pierre Bure les accepte comme ses propres enfants, les légitime et s'emploie à leur donner une éducation française.

Les enfants, élevés maintenant au collège Sainte-Barbe, à Paris passent de longues périodes dans les Landes, au domaine d'Orx, appartenant au comte Alexandre Walewski depuis 1858, en effet, Napoléon III a fait don au fils naturel de Napoléon Ier de mille deux cents hectares, en reconnaissance des services rendus par celui-ci comme ministre des Affaires étrangères.

Pendant leurs séjours de septembre à Biarritz, les souverains parcourent souvent en calèche les vingt kilomètres qui les séparent de Saint-André-de-Seignanx et viennent voir Eugène et Louis Bure au domaine d'Orx, distribuant sur leur passage aux paysans force sourires et impériales aumônes. On peut voir encore aujourd'hui à Orx les armes de Napoléon III sur un petit pont et les trois cyprès plantés par l'Impératrice Eugénie.

Le comte Walewski disparaît en 1868. Napoléon III rachète le domaine à sa veuve. En grandissant, Eugène et Louis Bure ont appris leur origine princière. Cette révélation en fait des mécontents. En 1864, Napoléon III accorde une pension de six mille francs au surnuméraire à la direction des fonds du ministère des Affaires étrangères, Eugène Bure. Ce dernier y végète plusieurs années. Dégoûté d'autant plus qu'il s'entend mal avec son père légal, Eugène demande un Consulat..."en quelque coin du monde". Il est nommé vice-consul à Rosas, consul à Charlestown et à Zanzibar, secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg. Il épouse une Belge, Jeanne Homel, de qui il aura trois enfants.

Pendant ce temps, son frère Louis vit des aventures mouvementées au Mexique, se marie, doit fuir une belle-mère qui tente de l'empoisonner, laisse sa femme là-bas, et finit par revenir à Paris en avril 1870. Il s'empresse d'écrire aux Tuileries...."Nous aurons beaucoup à causer".

En réalité, il veut se faire acheter une maison de cent quarante mille francs à Rueil. Mais l'Empereur n'a pas plus envie de "Causer" avec Louis qu'avec Eugène, et, pour leur procurer des revenus, leur fait don du domaine d'Orx. Par décret du 11 juin 1870, Napoléon III crée Eugène, comte d'Orx et Louis comte de Labenne.

Louis devient receveur des Finances et se range tout à fait en épousant la fille d'un banquier, Mlle Paradis, dont il a, en 1879, un fils, qui meurt cinq ans plus tard. Le comte de Labenne, décédé le 11 février 1882, repose non loin de Paimpol, dans une petite chapelle gothique, aujourd'hui abandonnée.

Avant de mourir en 1886, Eléonore put voir son fils aîné, Eugène, s'occuper de son domaine, faire assécher la région qui d'étangs devint marais, et, peu à peu, cultivable. Résidant dans son château des Castets, sur le domaine, il administra la commune de Saint-André-de-Seignanx comme maire pendant vingt cinq ans.

Le comte d'Orx mourut en 1910, le 18 mars, et dort son éternité dans le petit cimetière de Saint-André-de-Seignanx. Sa veuve vendit le domaine en 1913 et se retira près de Bordeaux au château de Lermitan.

......FIN....

Des noms, des dates, des lieux...un travail de recherche remarquable...Merci Françoise Coiffu.

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Deux fils inconnus de Napoléon III....   Sam 25 Oct - 17:23

Toujours un mot - MERCI.
Amicalement et salut
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MessageSujet: Re: Deux fils inconnus de Napoléon III....   

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