Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Qui était Fouché...?

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Qui était Fouché...?   Jeu 30 Avr - 10:55

.......sunny ...... Qui était Fouché....... (Sources Louis Madelin).


Chaque fois que reparaissait Fouché, après ses disgraces qui furent nombreuses, c'était, à son endroit, chez ceux qui allaient derechef le voir agir, un vif mouvement de curiosité ! Qu'était au fond cet homme ? Que pensait-il ? Que voulait-il ?

A le juger d'un mot, on se fût exposé à de grandes erreurs...car tout faisait de lui une énigme vivante...il était double, sinon triple, et, par là, impénétrable.

Quand, par décret impérial, le 11 juillet 1804, Fouché nommé Ministre de la Police de Napoléon, reprenait en main les affaires, il avait quarante-cinq ans. Grand, très maigre, osseux, un peu voûté déjà, la tête longue et creusée, le cou allongé et les épaules étroites, il était d'une pâleur étrange...cette face exangue, qui ne semblait pouvoir ni rougir, ni blêmir étonnait et, parfois, terrifiait...tout au témoignage général, y était d'une couleur uniforme surtout depuis que prématurément ses cheveux blonds étaient devenus gris...les yeux légèrement ourlés de rouge, paraissaient clos tant ils étaient ternes.

On se rappelle l'apostrophe de Robespierre, exaspéré devant cette physionomie fermée, devant "ces yeux que la nature avait cachés pour permettre à cet homme de dérober son âme derrière un impénétrable voile".

Il était resté rel. Mais il offrait parfois, une physionomie animée et assez ouverte, car, à son expression de froideur un peu ironique se substituait soudain un air de bonhomie un peu narquoise...c'était cet air-là qu'on retrouvait maintenant au foyer familial et dans l'intimité, l'air qu'on lui avait connu quand il était séminariste (il n'a jamais été prêtre) à l'Oratoire, maître populaire et se plaisant à l'être.

De cet Oratoire, il avait gardé des goûts simples et une tenue sans fastes. Vêtu d'effets généralement sombres et de coupe classique, il poussait à cet égard le dédain jusqu'à la négligence. Les grandeurs ne le changeront pas sur ce point ni la fortune qui allait faire de lui un des plus riches capitalistes du pays.

Ayant perdu son patrimoine dans les premières années de la Révolution, il avait connu presque la misère. Il s'était refait une fortune, d'abord médiocre, mais qu'il avait grossie assez rapidement pour être, dès la fin du Consulat, propriétaire du domaine important de Pontcarré et du château de Ferrières, en attendant qu'il le devint, au cours de l'Empire, d'un très bel hôtel rue Ceruti (rue Laffitte actuelle) et de capitaux considérables qu'il ne laissera pas dormir.

Les dons en argent de Napoléon, puis les grosses dotations s'ajouteront encore à ses gros émoluments de ministre et à ce qu'il prélèvera "Sur la ferme des Jeux", confié à la police, si bien qu'en 1814, le Duc d'Otrante passera pour posséder quinze à vingt millions.

"" Du pain, du fer et 40 écus de rente suffisent aux républicains, avait-il proclamé à Nevers, en 1793. Avilissons l'or et l'argent, traînons dans la boue ces dieux de la Monarchie ! ""....On avait évidemment, bien avant le trône, rétabli "les dieux de la Monarchie".

Il était donc, dès avant son retour aux affaires, fort riche et il ne gaspillait pas. Naturellement simple, il n'aimait ni les fêtes, ni la bonne chère, ni les femmes sauf la sienne.

De l'Oratoire encore, il avait gardé une vie rangée, sans être serrée (car il savait donner)....il en avait gardé aussi la "moralité" privée que tous lui reconnaissaient...pas un accroc dans sa vie de ménage, tendrement dévoué (tous en témoignent) à son épouse, il était, par-là, garé des influences féminines qui ont perdu tant d'hommes publics, mais il ne paraît pas qu'il obéit, en fait, à un autre sentiment qu'à un goût naturel pour le vie régulière.

Après avoir perdu deux enfants, il en possédait maintenant quatre, qui, à en croire ses lettres "faisaient sa fierté" et achevaient de fortifier l'attrait que, manifestement, à exercé sur lui son foyer. D'ailleurs, ne se faisait-il pas faute de moraliser, dans les lettres qu'il adressait à ses neveux, mais sans paraître mettre en avant, plus qu'il convenait, son puritanisme.

Il n'étalait pas sa vie familiale, permettait à sa femme de vivre, dans la mesure possible, loin des réceptions mondaines auxquelles, redevenu ministre, il ne donnera lui-même qu'une bien faible partie de son temps.

On le voyait cependant dans certains salons...et non des moins choisis. On l'y voyait même admis...s'il s'agit, par exemple, de ceux de la princesse de Vaudémont et de la marquise de Custine...sur un pied d'intimité qui étonne, car, traité en ami par ces nobles dames, il était devenu pour elles manière de conseiller et de confident.

Il ne goûtait pas seulement à cette situation la satisfaction d'une vanité...ces salons étant hostiles, du moins fort peu ralliés au régime napoléonien, il y trouvait un champ d'action personnelle et y nouait des relations qui lui seront précieuses.

On le rencontrait peu, en revanche, dans les cercles des Tuileries où il ne paraîtra guère, dans son habit bleu brodé d'or, que par obligation et où il ne faisait jamais long feu.

Aussi bien, le travail eût suffi à le garer d'une vie extérieure qui l'attirait peu. Il avait été toujours infatigable dans le labeur, pendant ses trois ans de gouvernement, le premier et le dernier dans les bureaux de son ministère et il n'y perd pas une minute.

Esprit toujours en mouvement, il nourrit son génie naturel d'investigation de l'étude attentive des dossiers, ne se fiant qu'à lui d'en tirer parti. L'activité qu'il exigeait de son cerveau ne se bornait d'ailleurs jamais à sa besogne, déjà lourde, de la police générale....il aimait déborder de ses fonctions et il n'est pas de ministre de Napoléon qui aura touché autant que lui...au gré ou non du Maître...à toutes les parties de l'administration impériales.

Rien d'un simple commis enfermé, comme ses collègues, dans sa tâche propre, sa tendance est de toucher à tout et elle ne cessera de se développer. "le ministre de la Police, disait Talleyrand, est un homme qui s'occupe d'abord de ce qui le regarde, et ensuite de ce qui ne le regarde pas."

D'ailleurs, qu'il prétende influencer toute la politique, y compris l'extérieur...on s'en louait généralement. On le tenait pour un des hommes les plus avisés de l'Empire, poussant cette intelligence jusqu'à la plus grande astuce, et, par-là, redoutable et redouté.

Personne n'a écrit qu'il était méchant homme. Il était, tout au contraire, naturellement porté à rendre service, et dans la mesure où sa serviabilité ne contrariait pas ses plans, il se plaisait à plaire. S'il prônait près du Maître les mesures douces de préférence aux violentes, c'est qu'à son avis, cette politique était la plus heureuse. "Modération adroite", écrira de sa politique Metternich qui l'aura, des années, étudiée avec curiosité.

Il paraît même avoir assez facilement oublié ses injures personnelles, étant, écrira-t-il lui-même, en souraint " sensible au souvenir de la morale de l'Evangile ". Il ne semble pas qu'il se soit vengé des attaques dont il avait été, plus qu'un autre, l'objet depuis des années...mais si, dans l'heure présente, quelqu'un le gênait sérieusement, il n'hésitait pas à le briser.

Cette indifférence aux injures, venant beaucoup moins de "l'esprit évangélique de l'Oratoire"...." que du mépris, incroyable, qu'il avait des hommes. "Ce mépris, ricannait encore Talleyrand, vient de ce que M.Fouché s'est beaucoup étudié lui même."

En réalité, il aura toute sa vie, plus qu'homme au monde, été en mesure de pénétrer les vilenies humaines. " Je connais les hommes et les passions honteuses qui les animent ", écrira-t-il en 1817. Il l'eût déjà écrit en 1804, après dix ans de convultion nationale, et trois ans de gouvernement.

......A.....Suivre......

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Qui était Fouché...?   Jeu 30 Avr - 15:28

flower flower flower
- un mot MERCI .
Superbe lecture pour week-end.
Amities et salut
Maria Joanna
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Qui était Fouché...?   Ven 1 Mai - 9:27

.......sunny ....... Suite de....Qui était Fouché....... (Sources Louis Madelin).


Il avait connu toutes les lâchetés, toutes les bassesses et toutes les trahisons...il s'autorisera de cette expérience pour se tenir pour "honnête homme", alors qu'il aura lui-même si cruellement abandonné, renié et desservi tant ceux qui l'avaient employé.

Ce mépris des hommes avait beaucoup transformé l'ancien confrère de l'Oratoire. Alors qu'il avait été jadis un maître aimable, il avait par la suite, montré une sorte de "rudesse", écrit un de ses contemporains.

Le terme étonne un peu. On a, en effet, cité souvent Fouché comme le type de l'homme cauteleux..... or nombre de témoignages nous le représentent bien plutôt comme un esprit frondeur. Il frondait comme un vrai Breton, écrira une femme, toutes les opérations qui n'étaient pas les siennes.

Un de ceux qui l'ont vu dans les dernières années de gouvernement, François Guizot, dira "qu'il avait conservé de ses longs mois de proconsulat révolutionnaire une certaine indépendance audacieuse".

Aucune situation ne l'intimidait, et il eût plutôt exagéré cette audace jusqu'à la témérité. Nous le verrons bien dans ses rapports avec l'Empereur. Celui-ci qui se sera heurté plus d'une fois à l'esprit d'entreprise de son ministre, s'en plaindra...mais, admirant, plus qu'on ne le croit, chez les autres la personnalité, il s'intéressera à cette "indépendance audacieuse" jusqu'à....autre terme qui nous surprend...le traiter de "cerveau brûlé".

Par surcroit, s'il était contrarié dans ses volontés, il était capable de tout casser.....""J'ai, écrira-t-il, la manie de vouloir être le maître quand je gouverne.""....Cette rudesse, à la vérité, savait, très généralement, se dissimuler. Si cette main aux longs doigts osseus savait être de fer, elle s'enveloppait volontiers du fameux " gant de velours ". Il ne tenait pas à tout terminer par un acte rigoureux.

S'il avait, encore ou déjà été ministre dans les premiers mois de 1804, il eût peut-être mis en garde Napoléon contre l'éxécution du duc d'Enghien dont il s'est contenté de dire...."" C'est plus qu'un crime, une faute. ""

Non qu'il dût, après 1804, reculer toujours devant les exécutions quand elles lui paraîtront "exemples salutaires"...son passé de terroriste dit assez qu'il pouvait pratiquer la manière forte, pour ne pas dire plus...mais gouverner par la violence était contraire à son tempérament.

C'est ce qui nous a fait écrire que, dans les années révolutionnaires, cet homme a porté un masque...d'ailleurs d'autant plus affreux qu'on ne peut croire qu'une minute, il ait été réellement emporté par la passion du sang. Plus tard, ce tempérament de "modéré" a fait sa politique...la "modération adroite" dont parle Mettrtnich.

Au fond, tout était habileté chez lui, mais l'halileté était au service d'une passion...celle-là violente...l'ambition personnelle.

Il a depuis 1792, rêvé de jouer un rôle, quel qu'il fût, dans le drame qui, de 1789 à 1815, se déroulera sous ses yeux. Il ne sera, durant un quart de siècle, guidé que par le souci de sa fortune politique.

Sa fotune politique ! il l'a conçue fort différement, suivant les époques. Dès 1792, se jeter, du camp des modérés, dans celui des ultra-révolutionnaires...mais il a failli payer cher la faute de s'y être attardé, et étant d'esprit avisé, il a vu la faute et a changé de façons.

Le 17 janvier 1793, au procés de Louis XVI, il est monté à la tribune de la Convention pour prononcer un seul mot "la mort". Ce mot était une trahison vis-à-vis de sa propre conscience, et ce mot a pesé sur sa vie entière. Un mot ! Une minute ! et toute une carrière est engagée.

Il a, en apparence, aggravé son cas par ses proconsulats de 1793, par les mitraillades de Lyon, mais, chose curieuse, ces affreux mois de l'an I... de la République sembleront plus facilement opubliés par tous que le "régicide".

C'est le régiside qui lui semble devoir l'envelopper comme la tunique de Nessus.Sa politique ne s'inspire que de cette crainte qui le hante..."Les représsailles des royalistes"...s'ils redeviennent jamais les maîtres de la situation. Longtemps, il n'en tirera qu'une conclusion...il faut à tout prix empêcher le retour des Bourbons...mais il a vu la Terreur prendre fin, et si l'idée reste fixe, elle lui a semblé mériter réflexion.

Il a vu le Directoire à l'oeuvre et a désespérer d'en faire un rempart contre la restauration possible de la dynastie déchue...dès lors, il a rêvé d'un gouvernement fort qui serait le mur élévé contre cette restauration...d'où l'appui qu'il a donné...d'ailleurs non sans conteste...au 18 Brumaire...d'où, quatre ans plus tard, sa participation à l'institution d'une nouvelle monarchie.

Mais, dès le Consulat, il a voulu faire avant tout obstacle à toute réaction, et n'a conçu l'Empire que comme " l'héritier de la Révolution ", le défenseur de l'esprit et le protecteur des hommes de la Révolution.

D'où l'attitude de constante hostilité à tout mouvement qui favoriserait les élements de droite...quels qu'ils soient. Et cependant, ces éléments de droite qu'il a combattus près du Premier Consul, et qu'il continuera à combattre près de l'Empereur, on le verra les cultiver par des relations personnelles, comme si un secret dessein lui imposait cette attitude double.

En 1804, un Fouché ne peut encore envisager sans une sorte de démence une rémission du vote de janvier 1793 par le frère de Louis XVI. Quand, en 1815, devenu ministre de Louis XVIII, il prêtra serment de fidélité entre les mains du roi, il aura réalisé un rêve qui n'est venu que peu à peu s'imposer à lui.

En 1804, ce rêve est interdit au rigicide...mais il sait que, près de Napoléon lui même, comme déjà pendant le Consulat, tout ce qui pousse à la contre-révolution lui est hostile et travaille à sa disgrâce...pas un instant, la campagne ne cessera contre "le régiside".

Alors il essaie de trouver, dans le camp même des royalistes, des sympathies personnelles qui peut-être un jour, le pourront préserver des fameuses "représailles".

......A......Suivre......

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Qui était Fouché...?   Sam 2 Mai - 10:51

.......sunny ....... ....... Suite de....Qui était Fouché....... (Sources Louis Madelin).


D'où cette conquête extraordinaire du faubourg Saint-Germain qui sera une des plus extraordinaires réussites de l'homme, une réussite qui éclatera à tous les yeux quand, en juillet 1815, les plus intransigeants, ceux qui entourent le comte d'Artois, viendront supplier Louis XVIII d'accorder un portefeuille au duc d'Otrante et obtiendront du frère de Louis XVI cette extraordinaire " Concession ".

Ce jour-là Fouché pourra croire sa fortune consacrée par une sorte de monstrueux miracle. Mais, dès 1804, à toutes fins utiles, il se fait bien voir de tous, d'où cette dupicité qui reste la marque de cette étonnante carrière.

Que cette politique ait été conçue et, pendant des années, poursuivie avec succés, cela suffirait à montrer tout ce que ce cerveau renfermait d'artifices. C'est que toutes ses facultés restaient au service de la fameuse "fortune politique".

L'étonnant est que l'Empereur souffrît à son service un homme si peu sûr. En fait s'il ne le croyait pas fidèle par conviction intime ou sincère sympathie, il ne cessera pas de le croire fidèle par nécessité.

Napoléon a toujours tenu et tiendra toujours le vote régicide de l'homme comme ayant creusé entre les Bourbons et Fouché, non point une simple barrière, mais un infranchissable abîme...c'est pourquoi il ne perdra jamais une occasion de rappeler à l'homme lui-même le vote du 17 janvier 1793...."" Vous avez bien voté la mort du roi, Fouché "", lui dit-il un jour devant témoins, mais l'autre à qui la réplique n'a jamais manqué, de répondre avec un flegme apparent...."" Oui, sire, et c'est même le premier service qu'il m'a donné de rendre à votre majesté."""

Mais ce rappel que Napoléon juge parfois nécessaire, est cruellement senti par le ministre régicide. Cela dit, l'Empereur aura toujours une autre raison de maintenir Fouché au pouvoir. Napoléon goûte l'intelligence, on peut le dire, jusqu'à l'exès. Or, à mesure qu'il emploie Fouché, son estime grandit, non pour le caratère certes de l'homme, mais pour sa "capacité".

Il est certain que, mise au service de la politique impériale, cette intelligence merveilleusement avisée, rend et rendra les plus grands services au régime et à son chef. L'activité que Fouché déploie, pendant les longues absences de l'Empereur notamment, paraîtra vite à celui-ci la condition la plus précieuse à la sécurité de l'Empire.

Dès le Consulat, il s'est crée entre les deux hommes des rapports étroits, mais la grande chance de Fouché a été sa disgrâce de 1802, les évènements déplorables qui ont suivi. Napoléon a conclu de ces évènements qu'il avait eu tort de congédier le seul homme qui, à son sens, et expérience faite, pût maintenir la sécurité du régime. Sept ans, Fouché va bénéficier de cette situation. Sans cesse, l'Empereur sera tenté de se séparer de lui, et sans cesse il reculera....

Les témoins peignent tous cette espèce de "charme", suivant le terme du secrétaire Méneval, qui lie Napoléon et presque le maîtrise. Il a pour Fouché une instinctive antipathie, mais elle n'est pas assez forte pour contrebalancer " l'admiration " que lui impose la capacité de l'homme.

Cest bien par cette rare capacité que Fouché s'imposera, non seulement au Maître, mais à tous. Il sera, Talleyrand disgracié, le plus "remarquable" des serviteurs du Régime, et ses adversaires eux-mêmes en arriveront à le juger irremplaçable. Il aura fait du ministère de la Police un incomparable instrument de règne, et il semblera vite à tous que nul autre que lui ne peut manier cette grosse machine aux ressorts à la fois si redoutables et si délicats. On le vit bien quand, réinstallé à l'hôtel de la police générale et bien résolu à s'y maintenir désormais envers et contre tous, il allait, de son cabinet retrouvé, tenir pendant dix ans, jusqu'à sa disgrâce de 1810, de sa main à la fois ferme et souple, les fils de la Police et, fort souvent, de toute la politique intérieure du nouvel Empire.

........FIN.......

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Cambronne13

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MessageSujet: Vive Fouché   Mar 6 Jan - 16:31

Fouché est un personnage qui m'a toujours fasciné. Découvert avec Zweig, je l'ai complété avec Madelin, puis Tulard. J'ai même consacré une partie de mes recherches de mémoire à étudier ce personnage.

Tout à été dit sur lui: fondateur de la police moderne, régicide, bon père de famille, prodigieux avare, suppôt de Satan, mitrailleur de Lyon, homme fourbe et de génie etc... A mon humble avis il faut surtout se souvenir que les hommes de cette période ont dû louvoyer entre nombre d'écueils,et que certains ont réussit, d'autres pas, et qu'il faut bien se garder de ne juger les hommes que sur leur morale, car la morale n'est pas universelle. Fouché à été un acteur brillant du jeu politique, avec des forces et des faiblesses, et comme certains jouent la carte de la vertu il a joué celle de l'amoralité, mais il a toujours servi en priorité les intérêts de la France.

Vive Fouché
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LEVESQUE



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MessageSujet: Re: Qui était Fouché...?   Jeu 26 Fév - 22:32

Bonsoir,
Merci pour cet article fort intéressant.
Cordialement,
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nabulio 42

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MessageSujet: Re: Qui était Fouché...?   Dim 5 Juil - 19:51

Bonsoir,
Joseph Fouché, quel personnage; on aime ou on déteste. J'ai eu beaucoup de mal à apprécier son parcourt, "la mitraille de Lyon" reste pour moi l'un de ses actes les plus sombres.
Cependant, bien utilisé, il a été vraiment très efficace; il a été d'après-moi l'un des rouages les plus important dans la gestion intérieure de l'empire, complémentaire à un autre personnage tout aussi "spécial" Talleyrand...
J'ai bien aimé "Fouché" D'André CASTELOT


Dernière édition par nabulio 42 le Sam 25 Juil - 0:18, édité 2 fois
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Percy
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MessageSujet: Re: Qui était Fouché...?   Lun 6 Juil - 21:33

Fouché, c'est un peu le pendant de Talleyrand.
"Le vice appuyé au bras de crime", selon la formule célèbre de Chateaubriand.
Deux personnages entiers que l'on adore détester, qui ont cultivé le paradoxe et qui ont servi plusieurs régimes sans états d'âme.
A mon humble avis, surtout par amour du pouvoir et davantage pour servir leurs intérêts personnels que ceux de la France.
Supérieurement intelligents, ils ont su se rendre indispensables dans leurs fonctions respectives et leur mise à l'écart a produit des effets désastreux.
Dotés d'une remarquable intuition, ils ont su sentir avant d'autres d'où soufflait le vent de l'Histoire et ils ont adapté leur attitude en conséquence.
Méprisés et haïs par les uns, adulés et admirés par les autres, ils sont de cette catégorie d'individus qui ne laissent personne indifférent.
Et en cela résidait sans doute leur force mais aussi leur faiblesse...
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