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 RENAUDIN Jean-François.Contre-Amiral

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MessageSujet: RENAUDIN Jean-François.Contre-Amiral   Ven 15 Mai - 17:08

Jean François Renaudin est né le 19 juillet 1750 à St Martin du Gua,mort le 29 avril 1809.
Grades :
- Sous Lieutenant de Vaisseau le 01/05/1786
- Lieutenant de Vaisseau le 01/01/1792
- Capitaine de Vaisseau le 01/01/1793
- Contre-Amiral le 29/10/1794,suite à l'affaire du "Vengeur du peuple"

postes occupés:
- commandant la 3ème escadre de l'armée navale de l'Océan du 29/10/1794 au 24/03/1798,
- Commandant le 2ème escadre du 24/031798 au 19/03/1799,
- Commandant la force navale de Naples du 21/03/1799 au 25/05/1799,
- Commandant d'armes de Toulon du 25/05/1799 23/09/1799,
- Inspecteur général des ports de l' Océan du 23/09/1799 au 04/02/1801,
- Admis à la retraite.
Il est inhumé au cimetière communal du Gua, avec une simple inscription. Un monument à sa gloire qui devait être érigé en sa mémoire et envisagé par le Directoire fut refusé le 9 thermidor.Il consistait à suspendre une maquette du "Vengeur du peuple" dont il fut le commandant,aux voûtes du Panthéon avec les inscriptions des noms de l'équipage.Renaudin fut promu Contre-Amiral à la suite de la propagande mensongère faite par Barrère à la convention(Voir aussi Amiral Villaret de Joyeuse)
Il est rappelé ci-après succinctement l'épisode dramatique dont il a été le témoin.Il ne laissera que le souvenir d'un commandant qui a failli à la tradition de la marine,bien que jusque là son parcours fut sans histoire.

Les combats de Prairial qui ont débuté le 9 et se terminer le 13( du 1er au 5 juin 1794) vont s'achever par la perte de 1600 morts, 1000 blessés et 4000 prisonniers côté français, 300 morts et 700 blessés côté anglais. Autant dire que les pertes ne sont pas comparables, mais tenir un autre langage à la convention en déformant la vérité ne pouvait qu'être illusoire plus que rassurante, d'autant qu'elle était confortée par le fait que le fameux convoi tant attendu était arrivé sans encombre à destination,ce qui était le but recherché, mais à quel prix sinon celui à payer par une marine en plein désarroi.
Assez peu concerné par les journées du 9 et 10, le "Vengeur du peuple" de 74 canons se trouve dans la mêlée confuse,se porte en avant en recevant les tirs de trois vaisseaux anglais avant de s'accrocher involontairement au "Brunswick" Les deux navires vont se canonner à bouts portants, l'équipage anglais va dégager le pont tandis que Renaudin envisage d'aller à l'abordage mais y renonce, deux autres bateaux anglais parvenant à sa hauteur.Ils ravagent les batteries du français, et contrairement à leurs habitudes ne tirent pas à démâter,mais cherchent à couler bas,exécution pure et simple.Les incendies se déclarent,le navire prend eau de toutes parts,il perd deux mâts,le tiers de l'équipage est tué.Renaudin renonce et amène son pavillon.Les navires anglais affluent,mettent les canots à la mer...Renaudin est le premier a quitter son bateau encore à flot, suivi de son état major.Les anglais recueillent 260 hommes valides sur les 723.Le reste, tués ou blessés, est abandonné,le "Vengeur du peuple" va sombrer.Au large, loin de la bataille,Villaret de joyeuse sur ordre de Jeanbon St André n'intervient pas. Le capitaine Schonberg, commandant du "Culloden" reçoit à son bord Renaudin dans le grand carré des officiers, suivant une hospitalité toute britannique.Renaudin,et ceci reste à prouver, va tenter d'obtenir de son adversaire la marque de sa vaillance au combat, lui permettant d'éviter le conseil de guerre pour abandon de navire.De là va naître aussi la légende d'un équipage français,restant à bord d'un navire en train de sombrer hurlant "vive la Nation,vive la république" en chantant la Marseillaise.Leur appel,vain, était certainement destiné à leurs homologues français restés au loin, indifférents à leur malheur..

Le contre-Amiral Renaudin a son nom inscrit sur le pilier Ouest de l'Arc de Triomphe.
Un monument à la gloire des marins du "Vengeur" est érigé à Cozes.
Un aviso à hélice(1856) a néanmoins porté le nom de "Renaudin" ainsi qu'un torpilleur d'escadre (1913)
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MessageSujet: le "vengeur du peuple" ou l'art de la propagande   Ven 19 Juin - 15:28

Comme dans toute l'Europe, l'art de la propagande maritime se développe. La France qui n'est pas en reste utilise cette forme d'expression par la parole, l'écrit et aussi par l'image.Cette dernière en tant que représentation graphique apparaît fortement sous Louis XIII qui commande des gravures pour illustrer les sièges de l'ile de Ré ou de la Rochelle.l'imagerie va prendre un essor encore plus important sous Louis XIV: le système est mis en place grâce à l'action de Colbert qui fonde la petite académie qui deviendra "l'académie des inscriptions et belles lettres"
Sa vocation est de choisir les dessins,emblèmes et inscriptions destinées à servir de thèmes ou à orner les oeuvres célébrant le roi.C'est une sorte de ministère de la gloire.Les oeuvres seront aussi nombreuses que les guerres entreprises et parmi les peintres on peut citer Charles le Brun ou le hollandais Adams-Frans Van der Meulen, peintres officiels de la cour.Si Louis n'emmène pas toujours avec lui ses peintres dans ses déplacements, il est toujours accompagné d'historiens et d'écrivains tels Pellisson, Boileau ou Racine.Dans tous les cas avec le même objectif, laisser à l'histoire la représentation des hauts faits du Roi, savamment étudiés, dans le seul but de célébrer sa grandeur.On peut y voir déjà une main-mise du pouvoir sur les "médias" et bien entendu une propagande identique est utilisée contre le roi par les adversaires qu'il combat comme encore et toujours les anglais qui ,par exemple,frappent une médaille suite à la bataille de la Hougue où il est inscrit " fuyez, dites à votre roi que ce n'est pas à lui qu'appartient l'empire de la mer" et encore dans un ouvrage intitulé " nouveau voyage de la flotte de France à la rade des enfers"
Cette position va se poursuivre sous Louis XV, avec les oeuvres de Vernet et sa célèbre série des ports de France.Et aussi sous Louis XVI qui commande seize tableaux à Rossel de Cercy, ancier officier de marine, dans le double but, non seulement de glorifier le roi mais aussi sa marine qui est le prolongement sur mer de son bras armé.Certains des combats qu'elle a engagé en 1778, comme celui mené par la "Belle Poule" prendront des formes surprenantes d'expression puisque les femmes de la bonne société porteront sur leur haute coiffure une copie réduite de la frégate.Un an plus tard la prise de l'ile de la Grenade par d'Estaing donnera naissance au chapeau garni de fruits du même nom.
l'histoire du "vengeur du peuple" n'échappera pas à la légende, peut-être le plus bel exemple de l'art maritime appliqué à l'utilisation de la propagande à des fins politiques.Et puis la symbolique en est encore accrue par le fait du nom porté par cette frégate bien dans l'esprit de la révolution.
Le verbe et le graphisme se rejoignent à dessein: le verbe et le lyrisme de Barère à la Convention, et ensuite les dessins, estampes et gravures d'artistes ,comme Nicolas Didier Boguet, Pierre Ozane, Louis Laffitte...On y découvre de nombreux détails souvent fantaisistes, mais qui contribuent encore à renforcer la légende qui ne peut que devenir réalité dans l'inconscient des masses populaires, triturables et malléables.Cette légende d'image figée de marins levant les bras, semblant implorer le ciel, de cet officier impeccable dans son bel uniforme la main sur le coeur (Renaudin, vraisemblablement) saluant la nation comme la République et son chant glorieux, va perdurer encore longtemps et bien après la période révolutionnaire.Elle sera aussi le thème des manuels scolaires, de chansons populaires, d'images d'Epinal. Au salon de 1817, le tableau du peintre Philippe Tanneur porte un commentaire "ce combat fera longtemps encore époque dans les annales de la marine"
De fait,en 1840 un tableau de Morel- Fatio acheté par l'état est exposé au salon, un second du peintre Leullier est placé au musée de Lyon. Le thème est repris sous le second empire,va prendre une plus grande expansion sous la troisième république, et même au XX ième siècle.Il cache pourtant la dure réalité d'une défaite dans l'époque sombre de la marine, pour mieux excuser la panique qui s'est emparée de l'équipage du Vengeur et de son commandant, sauf à consacrer le courage des matelots qui ont perdu la vie dans cet effroyable corps à corps. L'histoire du vengeur sera suivi d'une légende toute identique à celle du fameux tableau de Géricault sur le naufrage de la " Méduse" ou encore dans l'imagerie populaire du Prince de Joinville portant les espérances de la marine rennaissante de Louis Philippe, ou encore de l'Amiral Courbet quand il est à la tête de l'escadre d'extême Orient.
L'art maritime a été très répandu en France, plus que dans les pays anglo saxons; il a fait en sorte de glorifier l'inaccessible et mêler l'impossible dans le sillage de la gloire.
Mais était-il absurde de désirer l'impossible? non, puisque impossible n'est pas français, mais entre désir et réalité il n'y a qu'une épreuve à franchir, celle à tout prendre d'une épreuve de philosophie bien d'actualité aujourd'hui.
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RENAUDIN Jean-François.Contre-Amiral
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