Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Déserteur par Amour...

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Déserteur par Amour...   Mer 20 Mai - 16:22

.......sunny ........ (Sources...Uriel Ospina).....

Déserteur Par Amour..Héros de l'Indépendance Sud-Américaine..

Un Officier de Napoléon, brillant, courageux, est emporté par la passion...Et les aventures commencent, plus nombreuses, variées et émouvantes que dans un roman...Le destin de ce soldat s'emmêla à celui de l'Amérique du Sud.


Au mois d'octobre 1808, le lieutenant de cavalerie légère, Alfred Emmanuel de Roërgas Serviez fut transféré à Pau où se trouvait son oncle, le Général comte de T...., chargé par l'Empereur de constituer un corps d'armée destiné à entrer en campagne en Espagne. Au préalable, le lieutenant Serviez avait été attaché au service de son oncle, dont le corps d'armée était cantonné dans la capitale du Béarn.

Appartenant à une ancienne famille originaire du Languedoc, le jeune lieutenant de cavalerie avait fait ses armes dans la campagne d'Italie, ainsi que son père, officier général dans l'armée, dont il était l'attaché. Rejeton d'une famille de la plus authentique tradition militaire au service de son pays, le lieutenant Serviez prolongeait en lui une déjà longue liste de fidèles serviteurs de la France.

Il avait commencé une très belle carrière sous Napoléon. Il s'était battu à Iéna. Discipliné, courageux, il était promis à un brillant avenir. Lorsqu'il fut envoyé à Pau, il était fier de son transfert. Il était loin de se douter que cette mutation devait décider autrement de son avenir.

Peu de temps après son arrivée à Pau, le lieutenant Serviez fit la connaissance de la comtesse F...., épouse d'un général très apprécié de Napoléon. Stéphanie...ainsi s'appelait la belle comtesse, était d'une beauté resplendissante. Elle appartenait à une illustre famille, jouissait d'une considérable fortune et de l'estime de tous ceux qui l'approchaient. Mère de deux enfants, sa grace personnelle et le charme qui se dégageait de sa personne faisaient de ses salons le rendez-vous de la meilleure société béarnaise.

La jeune comtesse ne tarda point à se montrer particulièrement attirée par le lieutenant. Celui-ci à son tout, ne put être insensible aux charmes de la belle générale. On les voyait ensemble dans toutes les soirées élégantes de la ville. Et ce qui devait arriver arriva un beau jour....tous deux tombèrent éperdument amoureux l'un de l'autre.

Le corps d'armée, dont la constitution avait motivé son transfert à Pau, ayant été formé, le lieutenant Serviez dut partir pour l'Espagne. Il franchit donc la frontière avec son régiment de cavalerie sous les ordres de Napoléon qui entamait une nouvelle campagne au-delà des Pyrénées.

La séparation ne fut pas de longue durée. Blessé d'un coup de sabre à la poitrine dans un engagement près de Vineiro, le lieutenant Serviez demanda et obtint sans difficultés une permission pour aller se faire soigner à Pau. Il arriva à Pau le 7 décembre 1808... à bord d'une calèche fournie par le gouverneur d'Alava. Rentré en France, sa première pensée ne fut autre que d'informer son amis de son arrivée et de lui demander un rendez-vous privé. Ce qu'elle s'empressa d'accorder dans la joie.

L'entrevue fut pourtant dramatique. La comtesse avait bien des raisons pour être inquiète. Elle avait même de très mauvaises nouvelles à communiquer...elle était enceinte.... et son mari, le général comte de T...., venait de lui faire savoir par lettre qu'il rentrerait bientôt à Pau profitant d'une permission spéciale accordée par Napoléon. Il fixait même la date à quelques jours près.

Inutile de dire le désarroi qui s'empara du couple. Ils restèrent longtemps en silence. La comtesse craignait le scandale avant toute autre chose. le lieutenant marié et père de famille, n'avait pas moins de raisons pour être inquiet....il vit sa carrière brisée par les conséquences d'une liaison clandestine avec la femme d'un officier supérieur tenu en haute estime par Napoléon.

En proie tous les deux à l'angoisse la plus affreuse, ils n'arrivaient pas à choisir une solution. En plus, ni l'un ni l'autre ne voulaient une décision qui les obligerait à se séparer.

La veille de l'arrivée à Pau du général de T...., Serviez rencontra Stéphanie pour la dernière fois. Au cours de l'entrevue, le désarroi et l'angoisse de la jeune femme le touchèrent profondément. Il n'hésita pas à sacrifier sa carrière pour l'amour de celle qu'il aimait, en lui proposant la seule solution possible dans un pareil cas....la fuite.

La comtesse eut des réticences que le lieutenant sut vaincre. Ils n'avaient dorénavant qu'à partager une existence traquée, reniée par leur monde...ils devaient tout sacrifier à leur bonheur. Elle quitterait son mari, ses fils, son milieu.. pour le suivre. Lui aussi abandonnerait sa famille, sa femme, ses fils, son honneur militaire, pour aller cacher avec elle ses amours loin de France.....Non sans appréhension, ils mirent au point un plan.

La comtesse donna au lieutenant la clé du jardin de sa maison et une deuxième d'une porte dérobée qui s'ouvrait discrètement sur ses habitations...le soir, vers onze heures, prétextant une migraine, Stéphanie quitta le salon et gagna sa chambre à coucher. la, elle écrivit une dernière lettre à son mari, rangea ses affaires, embrassa ses deux fils qui dormaient et attendit....

A onze heures et demie précises, comme il était onvenu, Serviez apparu...dehors attendait son aide de camp avec deux chevaux. Toute la nuit, les troix cavaliers chevauchèrent sans arrêt. A l'aube, ils arrivèrent à Condom. le soir, ils reprirent la route, vers Bergerac. là, tous les trois prirent une chaise de poste qui les déposa à Saint-Servan, sept jours après. Serviez cacha son identité sous le nom de Santa-Cruz, et Stéphanie dut se déguiser en homme avec les habits achetés par l'aide de camp.

Arrivé à Dinard, Serviez connut les dispositions prises contre lui par l'Empereur. Son signalement, ainsi que celui de sa compagne, avaient été diffusés à tous les poste de police. Ordre était donné de mettre en prison l'officier, accusé du délit de désertion. De Dinard, ils réussirent néanmoins à passer à Saint-Malo où deux pêcheurs les transportèrent à bord de leur bateau pendant le nuit à Guernesey.

Le 26 décembre, ils arrivèrent à Richmond où... Serviez et Stéphanie furent reçus à bras ouverts, comme des réfugiés par des Français exilés après la Révolution. A Richemond la comtesse mit au monde un enfant qui comble de joie l'esprit du lieutenant Serviez, assailli par les plus cruels pressentiments.

En Angleterre, Serviez voulut s'engager dans l'Armée. Mais la demande, quoique appuyée par des puissantes relations, fut poliment refusée. Vexé dans son amour-propre et décidé à gagner l'Amérique, il pris place à bord du premier bateau en partance pour le Nouveau Monde. Il s'embarqua sur " L'Etna "...avec Stéphanie et son fils, pour les Etats-Unis, en 1810. A New York, M. et Mme de Cowerney, une famille américaine qui avait déjà été prévenue par lettre par Mrs. Brithmond, leur hôtesse anglaise, lui prodigua un accueil hospitalier.

En Amérique, le lieutenant Serviez écrivit une lettre au Président Maddison pour lui offrir ses services dans l'Armée. Or juste au moment où il la cachetait, il eut connaissance qu'un insurrection contre l'Espagne venait d'éclater au Venezuela.

Il décida de s'engager dans la nouvelle armée des patriotes. Pour celà il devait quitter Stéphanie et son fils. Personne ne put le dissuader de ses projets. Il avait une dette à régler avec son pays et avec lui même. Il était un déserteur mais il n'était pas un lâche. Il voulait se battre pour l'honneur de la France qu'il avait bafouée. Ainsi il se racheterait devant ses compatriotes, même au prix de son bonheur auprès de la comtesse.

...A.....Suivre....

salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Déserteur par Amour...   Jeu 21 Mai - 9:47

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.....sunny ...... Suite et Fin....Un Déserteur par Amour..Héros de l'Indépendance Sud-Américaine........(Sources Uriel Ospina).


De New York, où il laissa Stéphanie et son fils, Serviez s'embarqua pour Carthagène-des-Indes. Il n'eut aucune difficulté pour atteindre le Q.G. des rebelles sud-américains chez qui il se présenta comme un volontaire français désirant combattre à côté des rebelles.

Il fut aussitôt accepté par le chef patriote Mirando et adopté sans hésitation par ses nouveaux compagnons d'armes ravis d'avoir parmi eux un officier de Napoléon. Pour fêter son entrée, il fut nommé capitaine de cavalerie chargé de l'instruction.

Or, bien avant que Serviez ne puisse entrer en action, un tremblement de terre détruisit presque totalement Caracas et il dut regagner New York par la Jamaïque.

L'homme que la comtesse Stephanie vit rentrer à son foyer n'était plus le charmant lieutenant de Pau, mais un farouche partisan de l'indépendance sud-américaine. Elle eut l'impression que la guerre contre l'Espagne à côté des " patriotas " comptait beaucoup plus que son fils dans l'esprit de Serviez.

A son arrivée à New York, Serviez avait trouvé sa femme gravement malade. Un médecin lui suggéra qu'un changement de climat était le remède le plus indiqué pour retrouver la santé. Peu de temps après, sachant que le général Bolivar avait débarqué avec ses troupes à Carthagène, Serviez s'embarqua pour recommencer la lutte avec lui. Il emmena sa femme et son fils qu'il installa à Carthagène, tandis qu'il prenait part à presque toutes les campagnes de l'armée patriotes.

Connaissant ses qualité militaires et son attachement à Carthagène, Bolivar lui confia le commandement suprême de cette place, poste clé de la Nouvelle-Grenade... pendant la guerre de l'indépendance. mais les circonstances urgentes rendirent ses services nécessaires à l'intérieur du pays...il du quitter la ville, y laissant sa femme et son fils perdus au milieu de ces contrées inconnues d'eux et pas entièrement civilisées.

Peut de temps après le départ de Serviez, une puissante armée espagnole mettait le siège devant Carthagène qui fut rapidement investie. Stéphanie et Serviez n'eurent pas la moindre possibilité de communiquer. La guerre sévissait. Carthagène connue vite la famine. La garnison fut décimée. Sans ravitaillement, les habitants durent manger des rats. Une épidémie se déclara par la suite et.... la belle comtesse Stéphanie et son fils, peu habitués aux durs climats des tropiques, furent parmi les premières victimes....

Quelques jours après le courrier apporta à Serviez deux lettres spéciales. L'une était cachetée du sceau du gouvernement Colombien...c'était sa promotion au grade de général. L'autre était l'annonce de la tragédie qui venait de le frapper dans les instants les plus dramatiques de sa deuxième carrière militaire.

Il accepta l'épreuve...maintenant qu'il avait tout perdu, patrie, famille, amours, il décida de consacrer son nom et celui de la France à la cause de l'indépendance sud-américaine.

Peu à peu, il se rachetait. Son désintéressement servait la France au moment même où l'Amérique du Sud luttait pour sa liberté. Il était l'un des créateurs du prestige Français en Amérique Latine, né ainsi au milieu des bivouacs, sur les plaines de l'Orénoque dans les premières années du XIX siècle, il ne devait pourtant pas voir son oeuvre parachevée.

Après la bataille du "Yagual", il demanda au général Paez... l'autorisation de prendre quelques jours de repos. Il se retira à l' "hacienda" de "Chorreron" mise à sa disposition par le gouvernement. C'était une vaste ferme isolée au milieu de la plaine. Serviez s'y rendit accompagné d'une femme chargée de lui faire la cuisine. Il comptait se reposer un peu de la vie agitée qu'il menait depuis plusieurs années aux Tropiques.

Or, le 30 novembre 1816, vers minuit, quelques hommes à cheval traversèrent le " patio " et frappèrent à la porte de la maison. Ils disaient avoir un message urgent à remettre en mains propres au général Serviez.

Celui-ci se leva, sortit précédé de la femme. La nuit était obscure et l'ouragan grondait sur l'Orénoque....le général descendit les quelques marches du perron qui séparaient le " patio "....il s'aperçut soudain que les messagers n'avaient pas jugé nécessaire de mettre pied à terre...sans lui donner le temps de se défendre Serviez fut trainé jusqu'à un bois voisin, où il fut sauvagement poignardé.

Revenus à la maison, les quatre bandits la pillèrent sans rien trouver d'important qu'une montre en or, un sabre au pommeau argenté et quelques lettres passionnées de Stéphanie écrites de Carthagène peu avant sa mort.

C'était tout ce qui restait du brillant officier de Napoléon qui avait si profondément attaché son nom et celui de la France à l'histoire de l'émancipation américaine, grâce à une ramanesque histoire d'amour née au cours d'une jeunesse enthousiaste.

Presque oublié en France, le nom de Serviez... est aujourd'hui appris par tous les écoliers en Colombie et au Vénezuela, où il est considéré avec vénération comme l'un des fondateurs de la République.

......FIN.....

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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: Déserteur par Amour...   Sam 23 Mai - 12:21

Trés belle histoire qui me fait penser à ces deux Français partis en Inde et qui mirent sur pied une armée pour un maharadja, l'un s'appelait Allard et j'ai oublié le nom de l'autre.

Merci JB
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