Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Napoléon et l'Occulte......

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Napoléon et l'Occulte......   Dim 31 Mai - 14:29

...... sunny ...... Napoléon et l'Occulte.....(Sources Jules Bertaut)....


Les Grands hommes ont leurs faiblesses. Ils ont les craintes, les inquiétudes des autres mortels. Napoléon a été, lui aussi sensible aux signes cachés et au monde de l'invisible.

Napoléon a été supersticieux toute sa vie. Il l'a été sans consentir à le reconnaître, sans vouloir se l'avouer, s'en défendant, au contraire, avec énergie toutes les fois qu'il l'a pu.... """" On me fait passer pour imbu de fatalisme, """" dirait-il. Ce que sont les hommes, pourtant ! On est plus sûr de les occuper, de les frapper davantage par des idées absurdes que par des idées justes, mais un homme de bon sens peut-il s'y arrêter un instant ?

C'est que la superstition amollit la volonté et il ne lui plaît pas que sa volonté ni celle de son entourage soient diminuées par que ce soit. C'est l'Empereur, c'est le chef qui parle lorsqu'il raille ainsi les prophètes. Mais une force invisible le pousse à cultiver en lui tous les genres de superstition.

Comment ne le serait-il pas ?...Cette terre Corse, d'abord l'a bercé dans son enfance, est toute imprégnée de croyances mystérieuses comme toutes les contrées sauvages où les montagnards vivent dans la solitude, repliés sur eux-mêmes et sur leurs rêves.

Sa nourrice...Ilari... lui faisait des incantations contre le mauvais oeil, lui versait des gouttes d'huile dans une assiette pleine d'eau posée sur la tête, lui narrait, tout enfant, des histoires terribles...celle du "streghe", vampire qui suce le sang des nouveau-nés, celle de "l'uspirdo", messager de la mort, arrivant dans la brume, celle des "foletti", feux follets qui suivent les voyageurs égarés, celle du "mal'agello", l'oiseau de mauvaise augure qui se pose sur la maison où la mort vient de paraître.

Il se souviendra de ce fantastique et il se plaira parfois, aux soirs de la Malmaison, à conter à ses auditeurs des histoires terribles de revenants, après avoir fait éteindre presque toutes les bougies du salon, pour s'amuser à voir frissonner les femmes qui l'écoutent.

Le catholicisme exalté de sa mère, qui portera toujours sur sa poitrine une croix et un scapulaire, n'a pu qu'entretenir encore autour de lui un certain mysticisme d'un autre ordre. Il s'en débarrassera dès son adolescence, en se mêlant au monde, mais la société de son temps ne l'a pas incité, autant qu'on pourrait le croire, au septicisme sur ce chapitre.

Si le XVIIIè siècle est celui des philosophes et des esprits forts, c'est aussi, en effet, celui où se révèle un curieux besoin de surnaturel....La fin de ce siècle si incrédule, a écrit la baronne d'Oberkirch, est marquée de ce caractère incroyable d'amour du merveilleux, de superstition.

Partout où Napoléon portera ses pas en Europe, il retrouvera la même atmosphère trouble. Depuis Luther, le mysticisme s'est emparé des âmes allemandes en donnant naissance à la secte des Illuminés. Il a fait surgir aussi en Prusse une légion de magnétiseurs.

Catherine de Wurtemberg, l'épouse de Jérôme, le frère cadet de Napoléon, est en proie de toutes sortes de superstitions. A un dîner de famille, à Florence, au moment de se mettre à table, elle s'perçoit qu'il y a treize convives, elle pâlit, elle défaille. Sur quoi Elisa Bacciochi lui lance tout à trac ....nous sommes quatorze, puisque je suis enceinte !

En Espagne, en italie, superstition religieuse est devenue un véritable fléau. La Russie, terre de prédilection de la magie, a été bouleversée par les ouvrages du Suédois Swedenborg, et une femme étrange, Mme de Krüdener, va développer chez le Tsar Alexandre 1er... toutes les tendances du potentat à l'occultisme.

Ainsi, la France n'est pas le seul pays où se soient cultivées, à ce moment, ce qu'on appelait jadis les " sciences maudites " et il n'est pas étonnant que l'Empereur y ait sacrifié, lui aussi, dans une certaine mesure. Car il serait absurde de prétendre qu'il ait réglé sa vie et ses actions sur des présages, des prémonitions ou des augures, mais il les a rarement dédaignés.

La superstition, presque toujours, agit d'une certaine manière que le médecin général R. Brice a parfaitement expliqué dans le livre où il a été amener à étudier les influences cachées de Napoléon.....Dans la grande majorité des cas, dit-il, la superstition ne détermine pas, à elle seule. Elle se borne à servir d'argument occasionnel à des délibérations qui n'ont pu aboutir. C'est le poids minimun qui suffit à faire pencher l'un des plateaux également chargé de la balance....et il en donne tout de suite un curieux exemple.

Lorsque, après Waterloo, chassé de France par le gouvernement de Fouché, Napoléon arrivera à Rochefort, il était impatient de s'embarquer. La frégate "la Saale" était là, mise à sa disposition par l'amiral Decrès, qui pouvait le transporter en Amérique, mais la rade était bloquée par une escadre anglaise, dont un vaisseau de haut bord, "le Bellerophon"....Sur lequel de ces navires monterait-il...il était incapable de se décider. Le 8 Juillet, il monta à bord de la Saale, mais le lendemain, il redescendait à l'île d'Aix....il tergiversait, demandant à son entourage des avis qu'il se bornait à critiquer. Le Général Gougaud lui conseilla de se rendre aux Anglais.

Au même moment, écrit celui-ci dans son journal, un petit oiseau entra par la fenêtre et je m'écriai....""" c'est signe de bonheur, je prie l'oiseau dans ma main et Napoléon me dit""""".....""""Il y a assez de malheureux, rendez-lui la liberté """""...."""""J'obéis, et l'Empereur continua """""...."""""Voyons les augures""""....l'oiseau vola à droite et je m'écriai....""""Sire, il se dirige vers la croisière anglaise !"""""

Le jour même, Las Cases et le général Lallemand étaient envoyés en parlementaires à bord du "Bellerophon"....l'Empereur n'avait pu résister à l'indication de l'augure.

Depuis son adolescence, il n'a cessé de parler de son étoile, elle éblouit son imagination, elle lui donne une confiance invincible en son destin. S'il a échappé aux coups que ses ennemis voulaient lui porter lorsque, après le 9 Thermidor, on l'a accusé de pactiser avec la faction de Robespierre et qu'on l'a enfermé pendant quelques jours à Nice, c'est à elle qu'il le doit....""""Le misérable Saliceti a voulu me faire bien du mal, dira-t-il, mais mon étoile ne l'a pas permis.""""

S'il a été heureux dans sa première campagne d'Italie, c'est que """le bonheur ne m'abandonne jamais dans toutes mes entreprises. """"".....aucune réussite ne le trouble, si éclatante qu'elle soit, aucun honneur ne l'étonne, il s'attend à tout.....""""Mon étoile m'ordonne de courir aux extrêmes, affirmera-t-il...et il ajoutera..."""" Il faut être l'homme de sa destinée...qui se sent appelé par elle ne saurait lui résister."""""

Aussi, en ces premières années de chance prodigieuse, se livra-t-il tout entier à son destin...""""Je voyais le monde fuir sous moi, comme si j'étais emporté dans les airs.""""".....Comment, dans ces conditions, être assez incensé pour oser se mesurer avec un être doté d'une telle protection ?...Lorsqu'il apprendra la collusion de Moreau avec Pichegru, il aura un cri de pitié......"""""Moreau dans une conjuration semblable ! Ne sait-il pas, le malheureux, que j'ai mon étoile !"""""

Cette étoile l'obsède, le hante jour et nuit. Il en a fait un motif de décoration pour le mobilier impérial, il l'a faite ajouter par les illustrateurs de son temps à toutes les images populaires où l'on s'empresse de la dessiner au ciel avec cette devise " L'étoile tutelaire de Napoléon ", il a voulu, tout d'abord, la prendre comme emblème lorsqu'il a fondé la Légion d'Honneur, qu'il avait appelée primitivement l'Etoile.

.....A.....Suivre.....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Napoléon et l'Occulte......   Lun 1 Juin - 10:04

....... sunny ....... Suite.....Napoléon et l'Occulte.....(Sources Jules Bertaut).


C'est que, s'il est convaincu d'avoir pour lui la chance, il lui importe aussi d'en persuader les autres, de les désarmer par avance en leur suggérant qu'ils ne peuvent rien contre un homme protégé par la Fortune, contre un homme qui aura toujours pour lui la réussite. Aussi ne souffre-t-il aucune contradiction.

Le Général Rapp conte dans ses "Mémoires" que le cardinal Fesch voulut, un jour, lui faire des représentations au sujet de la guerre d'Espagne....Il n'avait pas dit deux paroles que l'Empereur le conduisait dans l'embrasure d'une fenêtre....""" Voyez-vous cette étoile ?""""....c'était plein midi..."""Non, répondit le cardinal""""....""""Eh bien, tant que je serai le seul qui l'aperçoive, j'irai mon train et je ne souffrirai pas d'observations.""""

Cette confiance absolue qu'il a dans son destin renforce encore son courage naturel, qui est grand....il s'expose dans chaque bataille avec une témérité incroyable et le fait est qu'il sort indemne des plus grands périls. Georges Mauguin, dans son "Napoléon et la superstition", a relevé un grand nombre d'exemples de cette immunité curieuse qu'il semble posséder.

Lors de l'expédition contre la Maddalena, à Bonifacio, en 1793, il allait être égorgé par un matelot lorsque le sergent Brignoli poignarda son agresseur. A Marseille, en 1794, le colonel de Sugny lui sauve la vie. A Arcole, un officier d'infanterie l'enlève en hurlant....""""Votre place n'est pas ici !""""

Au siège de Jaffa, il est arraché aux Turcs par le lieutenant Meignan. A celui de Saint-Jean-d'Acre, il est à la minute d'être foudroyé par les éclats d'une bombe. A la Bataille d'Ulm, il fallut que Murat et Berthier prissent son cheval par la bride pour le faire éloigner. Dans l'île de Lobau, un factionnaire autrichien, attiré par le turban de mousseline blanche de son mameluk, le visa soigneusement et le manqua, mais la balle siffla à ses oreilles. A Essling, à Wagram, il faut encore qu'on l'arrache du centre de la bataille. Revenant de Moscou, il manque d'être enlevé par un parti de cosaques. Au dernier carré de Waterloo, il s'expose volontairement plusieurs fois....la mort ne veut pas de lui.

Il semblait commander aux balles, dit un de ses ordonnances, Planat de Lafaye, il était dans le feu comme dans son élément, et Ségur le compare à un fantôme surgi dans la fumée des combats.

Si assuré que l'on soit contre les pièges du destin, il n'est pas mauvais, lorsqu'on est superstitieux, de s'en garder, en outre, par quelques amulettes ou talismans. Napoléon en portait toujours un sur lui, "un petit coeur de satin noir", dit le mameluk Roustan, pendu à un cordon qu'il mettait entre son gilet de flanelle et sa chemise.

En Egypte, visitant le tombeau d'un pharaon, il avait recueilli un scarabée qu'il portera longtemps sur lui comme porte-bonheur....c'est à ce talisman qu'il attribuait la chance d'avoir échappé à la croisière anglaise.

Plus tard, il le fit monter en épingle et l'offrit à la Princesse Schwarzenberg, femme de l'ambassadeur d'Autriche, lors de la fête donnée aux Tuileries pour la naissance du roi de Rome....""""Veuillez accepter ce talisman, lui dit-il, que j'ai trouvé dans un tombeau égyptien, maintenant , que j'ai un fils, je n'ai plus besoin de mascotte.""""

L'améthyste étant considéré comme un porte-bonheur, il fit graver sur l'une d'elles son portrait, le front ceint de lauriers, et il la donna à Marie Walewska comme gage de son profond attachement et comme talisman. Elle l'accepta avec joie, et, toute sa vie, porta à cette pierre une véritable dévotion. A sa mort, elle la légua à son fils, enfant naturel de Napoléon...(M.Georges Mauguin nous dit que cette pierre eut une curieuse destinée, le comte Walewski la donna à Rachel en témoignage, celle-ci la fit monter en épingle de cravate et l'offrit à son médecin. Le fils de ce dernier la légua par testament au musée de Sens où elle se trouve aujourd'hui).

Une coutume Corse veut aussi que, pour se préserver de la malchance, il importe de faire deux signes de croix avant d'entreprendre quoi que ce soit. Plusieurs témoins affirment qu'ils on vu Napoléon faire un tel geste avant d'engager une bataille.

En tout cas, il est de fait que, lors de la conspiration de Pichegru, lorsque le préfet de police Réal annonça à Bonaparte que Moreau était compromis dans l'affaire, celui-ci, à la grande stupéfaction de son auditoire, fit deux signes de croix....Décidément, le premier Consul est dévot, ne put s'empêcher de dire Réal en contant la scène.

Un bon talisman consiste à ne pas s'entourer de gens qui portent la malchance avec eux. La-desus, Napoléon est intraitable. Toutes les fois qu'on lui présente un nouveau venu pour occuper une fonction quelconque, son premier mot est...Est-il heureux ?.

Et si la personne semble n'avoir guère réussi jusque-là, jamais il ne lui confiera quoi que ce soit. Lorsque la duchesse d'Abrantès lui a présenté son vieil ami l'abbé de la Jeard de Cherval, Napoléon, après quelques minutes d'entretien avec ce dernier a été catégorique....""""Votre ami a un charme malfaisant, c'est un malheureux auquel rien ne réussit. Il a de l'esprit, mais, que voulez-vous ? il ne pourra jamais arriver à rien...son étoile est mauvaise.""""

Lorsque le général autrichien Mack dut capituler dans Ulm en 1805, l'Empereur disait le soir même....""""C'est un homme inepte. Pis que cela , c'est un homme né sous une mauvaise étoile et qui a porté malheur à son pays.""""

Cependant, si Napoléon avait voulu s'interroger sincèrement, il aurait reconnu que bien des êtres malfaisants s'agitaient autour de lui, qu'il supportait pourtant, depuis de longues années...Talleyrand, Fouché, Pozzo di Borgo, et, dans sa propre famille, une Caroline Murat, un roi Joseph ne lui ont guère porté bonheur. Par contre, s'il en est des individualités malfaisantes, il en est d'autres qui sont de bons génies. Joséphine aura été cela pour Napoléon...une manière de fétiche, de porte-bonheur.

Depuis que les orages du début de leur union sont dissipés, que la conduite de sa femme est devenue exemplaire, il lui a rendu, sinon tout son amour, du moins une affection profonde. Surtout, il a le sentiment secret qu'il n'ose pas s'avouer, mais qui le torture à certaines heures, qu'elle est le talisman de sa destinée.

C'est une des raisons pour lesquelles il a tagiversé si longtemps avant de la répudier...en se séparant d'elle, ne va-t-il pas briser son fétiche ? il est des moments où il en est convaincu, et il retarde encore, il remet à plus tard sa décision suprême.

Autour de lui et jusque dans le peuple, on en était convaincu et on disait..."c'est son bon ange" et le fait est que c'est du jour où il l'écarta de sa route qu'ont commencé les malheurs. Pour une fois, Napoléon n'a pas obéi à son pressentiment.

...... A......Suivre.....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Napoléon et l'Occulte......   Mar 2 Juin - 9:43

....... sunny ....... Suite.....Napoléon et l'Occulte.....(Sources Jules Bertaut).

Il croit aux pressentiments, car il est aussi des préssentiments, des prédictions et des rêves, toutes choses qui ont encore troublé profondément Napoléon...""" je crois beaucoup aux pressentiments et aux prédictions, moi ! avait-il coutume de dire, les pressentiments sont les yeux de l'âme !"""

Et il en citait complaisamment quelques-uns qu'il avait vu se réaliser autour de lui. C'était Joséphine, dans son enfance à la Martinique, à laquelle une vieille négresse avait prédit qu'elle serait plus que reine. C'était Dessaix, à la veille de Marengo, disant à Bonaparte....""""Il y a longtemps que je ne me bats plus en Europe, les boulets ne me connaissent plus, il m'arrivera quelque malheur """...et, le lendemain, il tombe frappé d'une balle.

C'est Lassalle lui écrivant, au milieu de la nuit, au bivouac, sur le champ de bataille de Wagram, pour lui demander de signer tout de suite un décret de transmission de son majorat au fils de sa femme parce qu'il sent la mort rôder autour de lui. Il sera abattu, en effet, le jour suivant. C'est Cervoni lui disant à Eckmülh...."""Sire, c'est mon dernier jour""", et un quart d'heure après, ayant la tête enlevée par un boulet.

Tant d'exemples le fortifient dans sa superstition...il prétend avoir tout prévu, ce qui paraît excessif, il l'affirme hautement...."""Il ne m'est rien arrivé, dira-t-il à Miot de Mélitat, que je n'aie deviné d'avance, dont je n'aie été persuadé.""""

Le fait est qu'avant la bataille de Ratisbonne où il sera blessé, lui qui est si insoucieux de sa sécurité sur des champs de bataille, confie à un de ses officiers d'état-major.... """"Si je suis blessé aujourd'hui, ce qui est possible, il faudra s'efforcer, autant que possible, de le cacher aux troupes...si je suis tué, on tâchera de gagner la bataille sans moi, après quoi on pourra annoncer l'évènement.""""

Lorsque Bernadotte, nommé Prince royal de Suède, vint lui demander son agrément, protestant qu'il n'acceptera que selon le désir de l'Empereur, Napoléon dit qu'il ressentit le choc d'un pressentiment....""""J'éprouvai une sorte de répulsion comme si un serpent eût surgi devant moi. Bernadotte a été, en effet, le serpent nourri dans mon sein.""""

Un présage assez curieux et qui a dû le frapper vivement a trait au sacre. lorsque la voiture de gala, dans laquelle Napoléon et Joséphine avaient pris place, passa sous le porche des Tuileries pour se rendre au couronnement, l'aigle qui la surmontait tomba à terre. Il fallut faire arrêter le carrosse quelques instants pour qu'on le remit en place.

Un autre mauvais présage a trait au mariage de Marie-Louise. Lors, de la première rencontre de l'Empereur avec l'archiduchesse autrichienne, comme il allait au devant d'elle, une roue de sa calèche se brisa au calvaire de Courcelles. Il dut descendre de voiture et gagner à pied, sous une pluie torrentielle, le village voisin ou il attendit, sous l'encoignure d'une porte, l'arrivée de la future impératrice.

Plus curieux encore est le fait rapporté par M.Georges Mauguin...Le 1er Juillet 1810, trois mois après son mariage, il se rendit avec Marie-Louise à la fête de nuit donnée par l'ambassadeur d'Autriche dans l'ancien hôtel Montesson, rue de provence. Un terrible incendie éclata, qui fit de nombreuses victimes. Il fut frappé de l'idée que c'était d'un mauvais augure.

Quand, au début de la bataille de Dresde, on vit de très loin un grand personnage abattu au milieu du brillant état-major allié, Napoléon cru que c'était le Prince de Schwarzenberg (ambassadeur d'Autriche). Son premier mouvement fut de la plaindre, puis il se rappela le malheureux incendie et aurait dit ces mots étranges....""""J'ai toujours eu sur le coeur l'évènement du bal, mais, aujourd'hui, le sort s'explique, Schwarzenberg a purgé la fatalité,""""" c'est à lui bien évidemment que s'adressait le sinistre présage.

.....A....Suivre....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Napoléon et l'Occulte......   Mer 3 Juin - 9:59

...... sunny ...... Suite.....Napoléon et l'Occulte.....(Sources Jules Bertaut).


Or, il n'en était rien, et c'était le général Moreau qui venait d'être tué aux côtés du tsar. Mais on saisit là très bien le mécanisme d'esprit de l'Empereur...il a vu un présage de malheur dans l'incendie du bal où il était lui-même, du reste, et d'où il a pu fuir avec l'Impératrice, et il se torture en secret en se demandant à qui ce présage s'applique. Quel soulagement lorsqu'il croit que c'était à l'Ambassadeur d'Autriche.

Combien d'autres petits faits sont interprétés par son imagination anxieuse comme des prémonitions !... Octave Aubry a conté qu'un matin au cours de la Campagne d'Italie, la glace protégeant une miniature, portrait de Joséphine, se brisa par hasard. Bonaparte pâlit d'une manière effrayante et dit à son aide de camp...."""" Marmont, ma femme est malade ou infidèle."""""...En même temps il se signa deux fois en murmurant.." Giésou ", nom de Jésus prononcé à la manière Corse.

En 1812, au cours d'une reconnaissance sur les bords du Niémen, un lièvre passe dans les jambes du cheval de Napoléon...la bête fait un mouvement de côté et l'Empereur est désarçonné, mais il remonte aussitôt. Il n'a pas proféré une parole, cependant il est d'une pâleur affreuse et ne dit plus un mot...son entourage a compris qu'il avait interprété sa chute dans le sens d'un mauvais présage.

Dans la nuit qui suivit la représentation "d'Oedipe" à Erfürt, aux côtés du Tsar Alexandre, il poussa des cris inarticulés. Constant se précipita et le trouva étendu en travers de son lit, trempé de sueur.... """"Vous avez bien fait de m'éveiller, dit-il, je faisais un rêve affreux...un ours m'ouvrait la poitrine et me dévorait le coeur...Est-ce l'ours Russe ? ajouta-t-il mi-plaisant, mi-songeur. """"

On n'en finirait pas de rappeler toutes les fois où l'Empereur fut frappé d'un fait comme d'un présage et en conçut une émotion plus ou moins grande, mais s'il était infiniment troublé par ces manifestations de l'occulte, on doit dire que jamais il n'a eu l'idée de consulter les oracles.

En Janvier 1794, de passage à Marseille, il a visité une tireuse de cartes sur l'instigation de sa soeur Pauline, mais c'est une manière de jeu. Au reste, elle s'était tenue à une réponse des plus vagues en lui disant...."""""Vous passerez les mers et vous deviendrez plus grand que jamais."""""

Il lui faut absolument subjuguer tous ceux qui l'écoutent. Son ascendant est, du reste, extraordinaire et a quelque chose de mystérieux qui tient de la suggestion, de l'hypnotisme. Il le reconnait lui-même.... """""Si ma puissance matérielle était grande, disait-il, ma puissance d'opinion l'était bien davantage encore...elle allait jusqu'à la magie."""""

Tous ceux qui l'ont approché n'ont pas parlé autrement, ils ont dit qu'en le voyant, on éprouvait une véritable fascination, ou bien il séduisait, ou bien il communiquait un émoi dont il n'était pas possible de se défendre.

Dans la séduction, il est déjà inégalable. Il joue alors de son sourire, ce fameux sourire, cet incomparable sourire..."caressant et beau", a dit Chateaubriand, dont ont parlé avec enthousiasme tous ceux qui l'ont observé. C'est "l'Enchanteur", comme l'a appelé Lavalette.

Tous sont conquis par ce grand acteur qui connaît ses moyens et avoue lui-même...."""Je sais prendre un petit air doucereux quand je veux embobiner quelqu'un."""".....Cambacérès, qui ne le connaît pas, reçoit pour la première fois sa visite....."""""On frappe à ma porte à huit heures du matin, conte-t-il, j'invite à entrer, je vois un petit homme sec, mal peigné, les cheveux plats pendant en oreilles de chien, vêtu à la diable, des bottes trop courtes, un habit trop long, la cravate éraillée, le chapeau constatant le service, mais à travers ce fagotis, une main effilée, blanche, dessinée à ravir, une bouche charmante, surtout quand un sourire bienvaillant l'animait, et puis des yeux...oh ! quels yeux !...Ceux du lion, de l'aigle...Au premier aspect, je fus saisi et sous le charme à la première phrase dite."""""

Cet art de la séduction est encore plus étonnant peut-être lorsque, au lieu de s'exercer sur des gens qui ne le connaissent pas, comme Cambacérès, il s'exerce sur des interlocuteurs qui sont des adversaires et qu'il s'agit de reconquérir.

Lorsque par exemple, ayant abandonné son projet de débarquement en Angleterre, Napoléon veut rallier à lui l'électeur de Würtemberg, il a une longue conversation avec l'épouse de ce dernier, qui est Princesse de sang Anglais et a contre lui toutes les préventions que l'on devine. Au bout d'une heure il l'a ensorcelée. Il l'a séduite au point qu'elle doit s'en excuser auprès de sa mère, la reine d'Angleterre....""""Son sourire est si prévenant, dit-elle, si enchanteur !"""""

Mais il n'y a pas que le sourire, chez lui, il y a la puissance magnétique du regard, de l'attitude, des paroles, faculté démoniaque, dit le général Dragomizoff, de lire dans l'âme de son adversaire, d'ensorceler, d'épouvanter, faculté d'hypnotiseur incessant....C'est ce que les psychiatres appellent l'hypnose à l'état de veille.

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Napoléon et l'Occulte......   Jeu 4 Juin - 9:47

...... sunny ....... Suite et Fin.....Napoléon et l'Occulte.....(Sources Jules Bertaut).


Comment Napoléon parvenait-il à créer cet état d'âme ? Son secrétaire Méneval prétend que c'était par l'habitude du commandement, par la fascination de son regard dont l'expression pénétrait au fond des coeurs, par son éloquence vive et rapide, par ses mots énergiques et profonds. Présence énorme qui s'affirme dès qu'elle paraît. Immédiatement, elle impose le respect.

Quand il vient d'être nommé Général en chef de l'armée d'Italie, l'amiral Decrès, qui l'a connu à Paris, apprenant qu'il va passer par Toulon, décide d'aller lui présenter ses camarades.

"""""" Je cours, dit-il, plein d'empressement et de joie, le salon s'ouvre, je vais m'élancer quand l'attitude, le regard, le son de voix suffisent pour m'arrêter...il n'y avait pourtant en lui rien d'injurieux, mais c'en fut assez...à partir de là, je n'ai jamais tenté de franchir la distance qui m'avait été imposée."""""

Même impression chez Augereau, qui ne l'aime guère et qui, quelques jours plus tard, lui fait visite avec d'autres généraux "pour le pulvériser". l'entrevue a lieu, Augerau garde le silence prudent, et, à la sortie, dit à Masséna....""""" Je ne peux pas comprendre ce que j'ai eu...ce petit b.....là m'a fait peur.""""

Vandamme dit encore que lui qui ne craint ni dieu ni le diable, quand il approche Napoléon, se mit à trembler comme un enfant..."""il me ferait passer par le trou d'une aiguille pour aller me jeter dans le feu !""""

On pourrait multiplier les citations à l'infini, tous sont médusés par cette présence. Lorsque, le dimanche, il donne sa grande audience aux Tuileries, dans l'ancien cabinet de Louis XVI, que décorent les trophées, des drapeaux et des étendards, tous ses maréchaux, tous ses généraux sont là anxieux de le voir. On annonce " L'Empereur " et beaucoup pâlissent, quelques-uns tremblent de tous leurs membres.

Que dire de l'angoisse des fonctionnaires nouvellement promus et qui viennent prêter serment ? Leur maintien gauche, les trois saluts dans lesquels ils s'embrouillent, leur impossibilité de répondre clairement à ce qu'il leur demande font pitié.

Et que dire aussi des femmes de la Cour qui fremissent d'avance ? L'Empereur s'avance vers elles, va de l'une à l'autre, leur pose des questions, fait des remarques sur elles à haute à voix haute, les terrorise. Le soir, rentrées chez elles, elles éclateront en pleurs.

Cette suggestion devient extraordinaire sur la troupe. Il sait comment il faut lui parler. A ceux de l'armée d'italie, il dit.....""""" Vous égalez aujourd'hui l'armée de Hollande et l'armée du Rhin, mais vous n'avez encore rien fait, puisqu'il vous reste encore à faire.""""

A la veille d'Auterlitz...""""C'est maintenant que va se décider pour la seconde fois cette question si l'infanterie française est la seconde ou la première d'Europe."""""..... A la veille d'Iéna....""""Il ne faut pas craindre la mort. Quand on ne la craint pas, on la fait rentrer dans les rangs ennemis."""""..... Le matin de la Moskowa..."""""Soldats, voila la bataille que vous avez tant désirée, conduisez-vous comme à Austerlitz, à Friedland, à Smolensk, et que l'on dise de vous dans la postérité...il était à cette grande bataille sous les murs de Moscou."""""

Comment résister à de telles paroles ? C'est par des acclamations unanimes qu'elles étaient accueillies. Elles étaient affichées dans les bivouacs, chacun accourait en prendre connaissance, à moins que ce ne fût lui même qui les lançât sur le front des troupes.

Ce qui n'est pas moins surprenant, c'est que cette puissance d'hypnotisme, le nom de Napoléon l'a conservée par-delà la tombe...il a continué à hanter les cerveaux, il continue à agir sur nous à travers le temps.

La publication du Mémorial de Las Cases en 1822 en fut la première manifestation, le retentissement du livre fut immédiat et universel. cette voix échappée de l'abîme résonnait comme si elle était encore vivante, avec son accent magistral, et, du même coup, elle attirait, elle ensorcelait tous ceux qui l'écoutaient.

Il en fut de même de ceux qui avaient vécu dans cette grande ombre et qui contèrent leurs souvenirs sur cette époque prestigieuse...sans le vouloir, ils entretenaient le feu sacré. Tous les grands écrivains du XIX è siècle, de Victor Hugo à Balzac, de Byron à Chateaubriand, ont célébré le culte de sa mémoire, et l'on sait quels remous profonds dans l'âme populaire cete mémoire a provoqués qui a entraîné jusque sur le trône Napoléon III.

Depuis cette époque, ce nom prestigieux n'a cessé d'ensorceler à distance, c'est un aimant qui a conservé toute sa puissance d'attirance, une force singulière qui agit encore malgré les siècles....le magicien n'a rien perdu de son pouvoir occulte.

......FIN..... ... salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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