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 ALLEMAND Zacharie,Jacques,Théodore. Vice-Amiral

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MessageSujet: ALLEMAND Zacharie,Jacques,Théodore. Vice-Amiral   ALLEMAND Zacharie,Jacques,Théodore. Vice-Amiral Icon_minitimeDim 31 Mai - 15:35

Né à Toulon le 1er mai 1762, mort à Toulon le 2 mars 1826.

- Fils de Lieutenant de vaisseau, il entre comme pilotin sur un navire de la compagnie des Indes en 1774.
- Nommé Lieutenant de frégate par Suffren en 1783 avec lequel il fait campagne,
- Capitaine de vaisseau en 1793,il commande la frégate "la Carmagnole" de 44 canons, puis le vaisseau "Duquesne" de 74 canons,
- Chef de divisions de frégates, il ruine avec deux autres vaisseaux les établissements anglais du Labrador, capture un convoi du Canada,
- Commande le vaisseau "Tyrannicide" sous les ordres de l'Amiral Bruix en 1799,
- Commande "l'Aigle" sous les ordres de l'Amiral Latouche Tréville en 1801.
- Commande le "Magnanime" en 1803,
- Commande l'escadre de Rochefort en 1804/1805 et le vaisseau le "Majestueux" avec lequel il capture un vaisseau anglais.
- Nommé contre Amiral en 1806, fait campagne sous les ordres de l'Amiral Ganteaume qu'il remplace pendant six mois à la tête de l'armée navale de Toulon, avant d'en devenir le commandant en second en 1808,
- Nommé Vice Amiral en 1809, il commande en chef l'armée navale de Méditerranée sur le "Lion" en 1810, puis sur "l'Austerlitz"
- Fait comte d'empire et grand officier de la légion d'honneur,
- Commande jusqu'en 1813 l'escadre de l'Océan.
- Disgracié ( avec un majorat de rente sur le Hanovre ) à cause de son mauvais caractère, dur et intransigeant, qui lui vaudra beaucoup d'animosités de ses pairs.
Napoléon qui a bien du mal à trouver des commandants de valeur, va donner au Capitaine de Vaisseau Allemand sur proposition de Decrès la possibilité de succéder à Missiessy.On apprécie ses qualités de marin et son courage, mais on redoute son caractère brutal et violent si connu, à tel point que ses officiers considèrent comme une punition le fait de servir sous ses ordres.Même vis à vis de sa propre autorité il a des comportements qui dérangent jusqu'à la décision de le mettre aux arrêts de rigueur à Brest:commandant de la "Tyrannicide" il a refusé par trois fois d'obéir aux signaux envoyés par son chef d'escadre Latouche Tréville.Autre fait resté en mémoire dans la marine découlant d'un fait intervenu lors d'une réception officielle donnée en Espagne, au cours de laquelle Allemand exigea qu'un commissaire ôtat sa nouvelle tenue d'apparat, pourtant devenue réglementaire, au seul prétexte que lui même n'y avait pas droit. L'Amiral Richery qui assista à l'algarade n'osa pas intervenir, c'est dire.Ce qui n'empêchera pas Allemand d'être réintégré parce que ses "services,son zèle et son talent" le rendent indispensables aux dires de Decrès, qui lui recommanda néanmoins "d'éviter la dureté qui nuit au service,indispose les égaux,irrite et humilie les inférieurs"
Quand Allemand envoie sa marque à bord du "Majestueux" il dispose d'une escadre digne de ce nom composée de cinq vaisseaux bien commandés, bien armés.Napoléon espère de beaucoup que Villeneuve fasse sa jonction avec cette escadre:
Celle-ci aurait pu se faire si Villeneuve croyant avoir à faire à des anglais n'eut de cesse "par devoir" de rompre en fuyant un combat éventuel sans issue, confortant ainsi ses alarmes habituelles dont il était coutumier, et mettra le cap sur Cadix, vers une triste fin :Trafalgar.
Napoléon écrivait au même moment à Villeneuve " j'espère que cette dépêche ne vous y trouvera point (au Ferrol) que vous aurez repoussé la croisière pour faire jonction avec le capitaine Allemand, et balayer tout ce qui est devant vous"
Napoléon, furieux contre Villeneuve et Decrès pensait en 1813 qu'Allemand était le seul général de marine "ayant fait quelque chose et à montrer de la rigueur,de l'énergie" mais qui pour autant ne trouva pas grâce à ses yeux. Jugement sans indulgence, circonstances obligent ( Allemand sera tenu responsable de la perte de l'ile d'Aix) Mais Napoléon jetait les mê
mes opprobes sur ses plus valeureux généraux.Allemand sera aussi en opposition avec Decrès, désaprouvera son attitude négative par rapport au mémoire rédigé par Fulton concernant la nouvelle arme à laquelle, lui, il croit: la torpille,tout en se plaignant surtout de commander une escadre enfermée dans Toulon. On "n'achète" pas ainsi Allemand en le faisant comte d'Empire et Vice Amiral.Napoléon ne s'y trompe pas quand il le nomme commandant la flottille de Flessingues.
Allemand a cinquante deux ans seulement quand il prend sa retraite et s'affilie à l'ordre du Saint Sépulcre dont il écrit l'histoire et compose pour son tombeau l'épitaphe rappelant ses centaines de mois de services dont trois cent dix huit sous voiles, dix sept combats et trois blessures.Après la chûte de l'Empire, Allemand méritait plus que certains autres un minimum de reconnaissance.Decrès a bien rejeté aussi sur lui l'affaire des brulôts, quant à Napoléon il a bien trouvé à Villeneuve des circonstances atténuantes dans des affaires bien plus graves
L'histoire est ainsi faite.Pour le reste le nouveau régime en établissant la liste des marins à inscrire sur les pylones de l'Arc de triomphe n'y fera pas figurer celui du Vice Amiral Allemand.
Si Napoléon en avait eu la possibilité nul doute qu'il aurait mis ce nom en lieu et place d'un de ceux qui y figurent et qui le ne méritent peut-être pas.
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MessageSujet: ALLEMAND et l'affaire de brûlots   ALLEMAND Zacharie,Jacques,Théodore. Vice-Amiral Icon_minitimeMar 30 Juin - 16:50

La brouille qui va opposer à l'ile d'Aix Willaumet à Bergeret va indisposer Napoléon ,mécontent de savoir surtout que les deux divisions navales n'ont pu effectuer leur jonction.Il va en conséquence les suspendre de leurs commandements respectifs et nommer Allemand avec le grade de vice amiral pour prendre le commandement de l'escadre de Rochefort qui subit le blocus des anglais.Les intentions de ceux-ci sont claires et même un article du British Review le laisse entendre: le colonel Congreve est parti avec des brûlots d'une nouvelle invention et promet d'incendier les onzes vaisseaux français mouillés dans la rade.Allemand, dans sa nouvelle prise de fonction qui, on le verra sera de très courte durée, aurait pu aller à la rencontre des anglais dont la flotte au mouillage était à ce moment encombrée de toutes sortes de navire dont les fameux brûlots, donc en état statique d'infériorité relative.Mais allemand, le fort en gueule, est aussi de ceux qui comme beaucoup pensent qu'une bataille évitée est une bataille gagnée.
A ce titre,il fait déverguer les voiles pour offrir moins de prises à l'incendie, prend des mesures défensives.Dans la nuit du 11 au 12 avril, trente brûlots chargés de barils de goudrons, poudres et bombes de toutes sortes sont poussés au nord ouest par un vent favorable très fort et explosent au milieu des navires français, communiquant le feu à tout ce qui flotte, dans un désordre indescriptible.Les bateaux en feu sont échoués sur la côte, les équipages tentant partfois avec succès à éteindre les incendies.Les anglais en profitent alors pour engager leur flotte et avarient plusieurs vaisseaux.C'est un nouveau désastre pour la marine.Napoléon va l'apprendre au moment même où son armée remporte la victoire d'Eckmûlh le 22 avril, suivie le 12 mai de la capitulation de Vienne.Decrès va lui adresser un rapport succinct et même inexact.Il en préparera deux autres,le conseil de guerre étant inévitable: l'un pour plaider la clémence en cas de condamnation, le second pour donner des instructions prévilégiant des sentences.Double jeux qui consiste à adapter l'opportunité au moment.Présidé par le contre amiral Bedout, personnage inconnu employé dans des fonctions subalternes, atteint de goutte chronique qui l'a empêché depuis des années à occuper un poste clé,Il est secondé par un rapporteur sans pitié, le contre amiral l'Hermitte.Comme c'est souvent le cas ce sont les seconds couteaux qui vont payer le plus lourd tribut.Un commandant est prisonnier des anglais,un second a été tué : ils échapperont donc au verdict.Le commandant Lafon du "Calcutta" est condamné à mort pour abandon de navire, ce qui est faux: il a bien mis le feu à son navire désemparé, échoué, pour éviter qu'il ne tombe aux mains des anglais.Le commandant La Caille du "Tourville" est dégradé,rayé de la LH,avec deux ans de réclusion.Le commandant Proteau de " l'indienne" est condamné à trois mois d'arrêts simples.Le commandant Clément de la Roncière du "tonnerre" est acquitté.Ces deux derniers,comme Lafon, ont mis aussi le feu volontairement à leurs navires.Les juges choisis sont pour la plupart des gens qui ne sont pas exempts de tous reproches, même un témoin cité, sous officier, qui a été cassé de son grade par deux fois pour vol et désertion.Un des juges soumis à des pressions changera de vote.Lafon est condamné à mort, il est exécuté le jour même à bord de "l'Océan."
Napoléon n'est pas informé.Il demandera des nouvelles du conseil trois semaines après l'exécution, surpris de n'avoir reçu aucune pièce du procès.Le Moniteur publie un dossier étrangement incomplet.Quand on recherchera les pièces qui le constituent pour révision sous la restauration, on constatera qu'elles ont disparu, à l'exception de certaines qui concernaient La Caille qui sera réhabilité.
Decrès a donc choisi lui aussi...et il n'a pas plaidé la clémence.
De plus il ne pardonnera pas à l'Amiral Martin, préfêt maritime, d'avoir dit haut et fort ce qu'il pensait de ce procès et d'avoir en outre pris soin de l'épouse de Lafon: il est relevé de ses fonctions.
L'autorité morale d'Allemand est fortement diminuée, difficile de le laisser à la tête de l'escadre.Il ne reste alors que la disgrâce?
hé bien non.D'abord parce que Decrès plaide pour lui, et cela auprès de l'Empereur, il sait faire.Ensuite parce que ce dernier à un faible pour Allemand à cause de son caractère qui lui plait tant,qui lui résiste.Il ne peut que lui accorder sa mansuétude.Et puis surtout par le manque chronique d'officiers supérieurs dans la marine, cette plaie qui perdure à l'image d'ailleurs de toutes ses composantes.Allemand qui n'était ni pire ni meilleur que d'autres se verra doter de plus d'avantages encore ne serait ce que par le montant exceptionnel de sa rente.
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