Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 L'institutrice était la Petite fille de Napoléon......

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: L'institutrice était la Petite fille de Napoléon......   Ven 17 Juil - 10:07

....... sunny ....... L'Institutrice était la Petite Fille de Napoléon.....
(Sources Max Tenneroni).

Par une fin de journée pluvieuse d'octobre 1888, deux femmes vêtues avec élégance, descendent d'un coche sur la place déserte de Ploërdut. C'est, à un détour de la route menant de Guéméné au Faouët, un bourg accroché à une colline de l'Argoat, entouré de fraîche végétation et de ruisseaux discrets, sur lequel veille le clocher d'une très ancienne paroisse romane.

Les deux voyageuses déposent quelques bagages sur le sol détrempé et, jetant un regard aux alentours, paraissent assez perplexes, désorientées. Quelques curieux se sont penchés aux fenêtres des maisons avoisinantes, mais personne n'est venu à leur rencontre, personne ne les attend.

L'une, une jeune et courte blonde aux yeux bleus, se dirige alors vers une auberge donnant sur cette place. Elle s'y présente...nommée institutrice de ploërdut, elle désirerait pour sa mère et elle, harassées par un long trajet, un gîte pour la nuit. La nouvelle fait vite le tour du bourg, mais n'a rien d'exceptionnel et ne suscite pour l'heure qu'un intérêt passager. Et pourtant la surprise des habitants le partagera avec leur incrédulité quand ils apprendront que cette jeune institutrice n'est autre qu'une petite-fille du grand Empereur !

Aussi, le lendemain, le maire M. Joseph Le Brix, s'empresse-t-il de conduire ces deux hôtesses de marque vers l'école communale où, au premier étage de la grande bâtisse, un logement de fonction est réservé à l'enseignante...il pourvoit à son installation, à l'ameublement des pièces spacieuses, avec des moyens de fortune et le concours de quelques bonnes volontés, car les voyageuses, arrivées de Paris par voie ferrée jusqu'à Pontivy, n'ont emmené avec elles le moindre mobilier.

Et pour cause...la comtesse Léon, âgée de cinquante sept ans, et sa fille, Charlotte-Fanny, sont complètement ruinées.

Par quel hasard, Charlotte-Fanny Léon, dont la ressemblance avec l'illustre monarque est assez frappante, est-elle intitutrice, en 1888, dans ce bourg paisible du Morbilan ? Comment descend-elle de l'Empereur ?

Il faut remonter tout le cours du XIXè siècle et pénétrer dans les Tuileries des années fastes du premier Empire. En 1806 Napoléon, entre autres préoccupations, éprouve quelques soucis de la part de sa famille. Celle-ci, surtout en la personne d'une de ses soeurs, la pétulante Caroline,..."la tête de Cromwell sur les épaules d'une jolie femme"...comme le disait Talleyrand, déteste l'Impératrice Joséphine et les Beauharnais, depuis le mariage à la sauvette du 19 Vendôme An IV, célébré à la mairie de la rue d'Antin, où le général se fit quelque peu attendre de sa fiancée, de Barras, de Tallien, ainsi que du maire Le Clerq !

Les infidélités de la Créole pendant les fiévreuses campagnes d'italie et d'Egypte, les désillusions du jeune Corse, le sacre de Joséphine à Notre-Dame duquel Madame Mère était absente, la vie de cour émaillée d'incidents fréquents dus aux préséances, aux jalousies, aux appétits, tous ces faits ont entretenu et avivé l'hostilité que portent les Bonaparte aux Beauharnais.

En outre, le couple impérial n'ayant pas d'enfant pour asseoir sa dynastie, la carence en incombant, selon l'avis de Corvisart, à Sa Majesté l'Empereur, voilà que celle-ci, agacée par les intrigues des siens et par un récent incident provoqué par Caroline, décide l'adoption officielle d'une nièce de sa femme, une Beauharnais, qui aura le pas sur toutes les princesses !....Mais, en personnage à "suspense"...Napoléon se dépêche de la marier d'autorité au prince héréditaire de Bade, un germain lourdaud, brisant net le rêve féerique dans lequel Stéphanie de Beauharnais se croyait emportée.

Revenu de Joséphine, beauté mûrissante, à laquelle il prodigue cependant toutes les attentions par un stratagème bien connu des maris volages, il s'arrête alors à quelques aventures extra-conjugales, encouragé et aidé par la complaisante et agissante Caroline. Au retour d'Austerlitz, celle-ci place sur ses pas une de ses dames, Eléonore Dénuelle, naguère sa compagne chez Mme Campan.

Eléonore Dénuelle de la Plaigne, d'origine assez controversée, a fait un mariage malheureux avec un capitaine de dragons, Jean-François-Honoré Revel. Se trouvant en instance de divorce et dans le besoin, elle se fait admettre en qualité de lectrice auprés de son ancienne condisciple, Caroline Murat, laquelle a, pour le circonstance, "le coeur sur la main". Avec ses dix-neuf ans, de jolis attributs physiques, elle ne souhaite que de briller. L'Empereur la remarque, la trouve à son goût. Il le lui fait savoir et il la reçoit aux Tuileries.

Le 13 décembre 1806, dans un élégant hôtel de la rue de la Victoire, elle met au monde un garçon, qui est déclaré sous le nom de Léon...fils de demoiselle Eléonore Dénuelle et de père absent.

....A...Suivre.... salut

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: L'institutrice était la Petite fille de Napoléon......   Ven 17 Juil - 17:56

Comme toujours - MERCI
Amicalement et salut
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: L'institutrice était la Petite fille de Napoléon......   Sam 18 Juil - 10:12

........ sunny ....... Suite.....L'Institutrice était la Petite Fille de Napoléon.....(Sources Max Tenneroni).

La nouvelle trouve Napoléon à Pulstuck, alors qu'il se bat contre les Russes. Il en éprouve un ébranlement intérieur. Il a un fils ! Malgré l'avis de Corvisart, malgré les dénégations de Joséphine, de ses frères, il peut avoir des enfants, assurer sa dynastie ! Un monde nouveau semble s'ouvrir à lui.

Il pense alors à la "supercherie" (le mot est de lui et il le rèpète à Sainte-Hélène) que lui a suggérée Joséphine...faire reconnaître le petit Léon comme un enfant né de l'Impératrice. Mais il se ravise et abandonne cette idée, craignant des indiscrétions et le scandale.

A son retour de Pologne, il a hâte de voir cet enfant qui est beau, fort, qui a la forme de sa tête, sa bouche, ses yeux. Il lui constitue une rente de trente mille francs. Il y ajoutera des dons importants, le couchera sur son testament à Sainte-Hélène avec le rang de comte.

Il en aurait peut-être fait son successeur si Eléonore n'avait commis un imper. Elle vient un jour avec sa mère à Fontainebleau où se tient la cour et monte directement à l'appartement de l'Empereur, Napoléon en éprouve un vif mécontentement et l'invite à quitter sur-le-champ Fontainebleau.

De ce moment, il ne la revoit plus. Mais comme elle n'a pas affaire à un ingrat, elle reçoit une dot d'un demi-million. Elle se remariera avec le lieutenant Augier, qui sera tué pendant la campagne de Russie, et convolera à nouveau, en 1814, avec un Bavarois, le comte de luxbourg. Elle décédera à la fin du second Empire, en 1868....(Elle repose au cimetière du Père-Lachaise, dans la 41è division. De son troisième mariage, elle eut une fille, Amélie, qui, mariée au comte Krafft de Crailsheim, a laissé une nombreuse descendance autre-Rhin).

Le petit Léon, confié au baron de Mauvière, beau-père de Ménéval, sera tôt livré à lui-même. Nanti du pactole que lui a laissé son illustre père, il se lancera dans les affaires, des affaires hasardeuses d'où il en sortira ruiné, autant par son inexpérience que par sa générosité exploitée. La chute du second Empire, lequel lui assurait des moyens d'existence, le réduira à la misère. Il finira sa malheureuse destinée le 15 avril 1881 et sera enterré dans la fosse commune du cimetière de Pontoise.

En 1862, il régularise une liaison avec une jeune et jolie couturière bruxelloise, Françoise Jonet, de vingt-cinq ans sa cadette, dont il a déja eu trois enfants. De ce couple naissent six enfants dont l'avant-dernière, Charlotte Fanny, venue au monde le 17 janvier 1867, occupe des emploits de préceptrice chez des nobles espagnols, avant d'être envoyée en qualité d'institutrice à Ploërdut.

Pourquoi dans le Morbihan et à Ploërdut ?...Il semble que les responsables aient emporté avec eux le secret de ce choix. le morbihan a bénéficié de quelques faveurs, sous les premier et second Empire. Napoléon a fait édifier, en 1802, au sud de la vieille cité médiévale de Pontivy, une nouvelle ville, sur un plan régulier, qui a pris le nom de Napoléonville, de 1805 à 1814 et de 1848 à 1871. Certains noms de rues du Pontivy actuel gardent une résonance impériale.

Plus tard en 1866, la princesse Bacciochi cousine de napoléon III, fait défricher, sous sa surveillance personnelle, de vastes étendues incultes au nord de Vannes et fonde la commune de Colpo.

Ploërdut où est nommée Charlotte-Fanny n'est qu'à une trentaine de kilomètres de Pontivy et dépend de la circonscription primaire de cette ville. En la faisant exercer dans une agglomération plus importance, le prefet et l'inspecteur d'académie de l'époque ont-ils craint des "troubles" ? Ont-ils eu le souci de ménager certaine sensibilité dynastique ?...Etait-ce dû au hasard des dernières affectations d'instituteurs en septembre ? ...Le débat reste ouvert.

Charlotte-Fanny Léon prend contact à Ploërdut avec ses deux collègues masculins, MM. Poulichet et Iziquel. Le 16 octobre, c'est la rentrée. Notre débutante se trouve en face d'une cinquantaine d'élèves remuantes et bavardes !...Elle est appointée à huit cents francs par an. Sa mère s'occupe du ménage à l'étage supérieur. Les deux femmes se lient peu...autour d'elles, on parle souvent une langue qu'elles ne saisissent pas. Elles fréquentent les gens d'un manoir voisin, lesquels ont conservé quelques photos et documents.

....A...Suivre..... salut

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MessageSujet: Re: L'institutrice était la Petite fille de Napoléon......   Dim 19 Juil - 9:35

...... sunny ...... Suite et Fin.....L'Institutrice était la Petite Fille de Napoléon.....(Sources Max Tenneroni).


Comment enseignait-elle ?...Au cours de l'année 1888 - 1889, un inspecteur primaire, M. Dalmasse, vient de Pontivy pour la noter. Il est peut-être impressionné par l'origine de son administrée, mais sous son masque d'impassibilité, il veut être impartial, objectif.

Son rapport est assez sévère. On y lit....jeune débutante, prétentieuse, n'ayant pas assez de réserve. Zèle médiocre...

Est-il venu chercher la perfection pédagogique chez une jeune fille de vingt et un ans, sans formation professionnelle, livrée à une classe surchargée, à plusieurs cours ?...Il semble plutôt qu'en fidèle serviteur de l'Etat républicain, il veuille se montrer sans indulgence, ni complaisance à l'égard d'une descendante de Napoléon, du régime abhorré, car le souvenir de Sedan est encore dans toutes les mémoires....

Il revient l'année suivante et son appréciation est moins sévère....Intelligente, assez zélée et se conduisant bien. Il lui manque beaucoup de réserve dans la tenue et les paroles.

En 1890, Charlotte-Fanny demande son changement pour l'Algérie où l'effort de colonisation s'amplifie. Elle est nommée à Boghari. Sous un climat insalubre où sévissent la malaria et le typhus, une tâche multiple l'attend...instruire les petits autochtones, aider et conseiller les familles, soigner les boutons, les plaies, les trachomes, très répandus dans les pays méditerranéens.

Ele épouse, le 3 août 1895, Armand Mesnard, négociant à Alger, met au monde deux enfants dont l'un, Daniel, trouvera la mort sur le front en 1917. Après dix années passées dans les départements algériens, elle reviendra exercer dans la Somme et finira sa carrrière dans la région parisienne.

Qui a reconnu, cette vieille dame, quasi impotente, soutenue par ses petits-enfants, venue une dernière fois se recueillir aux Invalides devant le majestueux tombeau de son illustre aïeul ?

Elle s'est éteinte, sans bruit, au Plessis-Robinson, le 25 Avril 1946.

.....FIN.... salut

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