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 WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte.

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MessageSujet: WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte.   WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte. Icon_minitimeJeu 3 Sep - 21:52

Jean Baptiste Philibert Willaumez est né à Belle Ile en mer le 7 août 1761 et mort à Suresnes le 17 mai 1841.

Il est le premier de cinq frères et quatre soeurs, enfants de Marguerite Bertho et de Jean Willaumez,roturier, ci-devant sergent dans "St Chamond, et depuis lieutenant et aide-major, sans avoir été pourvu de lettres du roi" et promu major de la capitainerie...qui est toujours exilée à Port Louis, puisque Belle-Ile est occupée par les anglais qui n'en partiront que le 5 novembre 1762 suite aux préliminaires de paix signés à Fontainebleau.
Jean Baptiste Philibert,"l'ainé",et futur Amiral, revient d'Auray en été 1776.Il a quinze ans et non treize,comme l'affirme la légende elle-même entretenue curieusement par l'intéressé lui-même.Dès treize ans il a effectué des sorties en mer sur un sardinier appartenant à un oncle, et a ensuite servi comme novice à la station de pilotage de Sauzon tout en fréquentant l'école d'hydrographie d'Auray où les leçons de navigation de François Loiseau vont conduire son père à présenter à Lorient son rejeton,fort de son éducation, aux officiers du "Bien Aimé" frégate ancienne et rafistolée, adossée aux navires marchands.
Le choix est difficile: Guerre ou commerce.Dans le grand corps de marine,seuls les gentilhommes peuvent y être intégrés, moyennant 600 livres de pension annuelle, au dessus des moyens du père, et ainsi pouvoir prétendre aux fonctions supérieures.Dans le commerce,un novice de départ peut espérer y devenir officier un jour, commandant peut être.Ou alors devenir "officier bleu" pour servir le roi,et encore et surtout par intermittences.Ou bien encore capitaine de brûlot, de flûte ou lieutenant de frégate tout au plus,grades intermédiaires inférieurs même à celui de lieutenant de vaisseau.
Il choisit pourtant: Il embarque sur le "Bien Aimé" comme mousse pilotin,en espérant qu'un jour le roi lui octroie après de nombreuses années un des grades intermédiaires,toujours bien inférieur.Le code de Castries bien plus tard et heureusement mettra cette spécialité fermée de pilote à la portée d'officiers mariniers les plus savants,les plus proches des officiers en titre.Jean Baptiste Philibert pour la première fois va effectuer un cours voyage sur un vaisseau de 74 :55 mètres de long,14 de large, vingt huit canons de 56,trente de 18, seize de 8, 700 hommes d'équipage et 120 soldats de garnison entassés dans des espaces restreints.Lors de ce premier voyage il n'y a à bord qu'un équipage réduit aux trois quarts.Certes.Mais la frégate a tout de même embarqué de massives pièces de bois, et une cargaison de chanvre, obligeant même à mettre quantité de canons de 56 à fond de cale.Une frégate transformée en transport pour fournir à Brest ce qui lui manque le plus.Le novice est pris en charge par des pilotes expérimentés,il est à la peine, mais pour le jeune matelot c'est une découverte et en plus son commandant ne lui est pas inconnu: c'est Bougainville.Jusqu'en décembre 1777, Villaumez va s'amariner: bien plus, à son débarquement Bougainville lui accorde un "mérite" de 14 livres, signe de satisfaction.
Le 1er janvier 1778,Willaumez embarque comme matelot timonier à bord du "Flamand" petit vaisseau de 56,délabré,ancien bâtiment des états de Flandre, donné par Choiseul au roi désargenté Louis XV. Néanmoins Willaumez va acquérir de l'expérience à son bord vers l'Océan Indien, toujours et plus souvent qu'à son tour à la barre.Comme le "Flamand" donne des signes de fatigue qui va le conduire à la casse, Duclos Guyot, qui a remarqué le jeune matelot (il a 17 ans)va l'affecter sur la "Pintade" en tant qu'aide pilote, premier grade de la spécialité,puis sur la vieille goélette la "Fourmi" et encore comme second du premier pilote à bord de la "Louise" petit caboteur qui va chavirer sur un coup de vent emportant trois hommes sur les neuf que comptait l'équipage.Willaumez couvert de plaies et non encore guéri,est désigné comme chef de vigie du port de la Découverte en Ile de France (aujourd'hui Ile Maurice)
LE 10 avril 1779,il est aide pilote sur le modeste brick "Les Amis" à Pondichéry,mais fait fonction de premier pilote.L'Ile de France,un temps perdue, est reconquise et de Port Louis l'escadre de Blondelas rejoint Lorient, en janvier 1780,sans faire de mauvaise rencontre, secondé par un aide pilote de 18 ans qui a quitté la France depuis plus de trois ans.c'est le début d'une grande et longue carrière.

A suivre...
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MessageSujet: Suite   WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte. Icon_minitimeVen 4 Sep - 14:32

A son retour après une longue absence,Jean Baptiste Philibert redécouvre son village de Sauzon.Sa soeur Thérèse est décédée quelques mois plus tôt,son frère François embarque comme volontaire sur "l'Eléphant" ses deux autres frères Pierre Jacques et Jean André sont à l'école de navigation.Bref séjour,Jean Baptiste Philibert embarque sur la "Ville de Paris" un monstre à trois ponts de 104 canons.Le "petit notable" habitué à une certaine indépendance disparaît dans la masse des 1200 hommes d'équipage et surtout noyé au milieu des 18 pilotins comme lui.Condamné à l'immobilité pendant que l'armada de 100 voiles entame les préparatifs pour aider les insurgents américains et l'armée de Rochambeau, en escorte de l'escadre du Ternay,Jean Baptiste Philibert préfère et de loin la vie à bord d'une frégate,véloce, manoeuvrière, et de fait souvent appelée à la mobilité.Il fera en sorte d'obtenir un rôle à bord de la frégate "Amazone" commandée par Lapérouse,déjà couverte de gloire après la prise de deux bateaux anglais,la frégate "Ariel" et le corsaire "Tiger".
Cette frégate de 12, quarante quatre mètres de long, onze de large, vingt six pièces de 12, six de 6 et 250 hommes d'équipage a été lancée à St Malo deux ans plus tôt.Elle entre en carénage à Brest en novembre 1780.L'embarquement de Jean Baptiste Philibert à son bord est imprécis, il se situerait au 31 décembre.La frégate remise à neuf, nouvel équipage,nouveau commandant, quitte le goulet de Brest le 22 mars 1781, avec la corvette "David" à la poursuite des corsaires qui menacent le convoi escorté par l'escadre de Suffren parti pour les Amériques. Le "David" prend le corsaire anglais "Pitt" et c'est Jean Baptiste Philibert qui saute sur le bateau à la tête de l'équipe de prise, chargé de ramener le navire de Sein vers Lorient.L'énigme ne sera pas résolue: pour parcourir 60 milles, il lui faudra 22 jours! il tentera de s'en expliquer avec des arguments peu convaincants et l'affaire en restera là.Le 26 août 1781, un convoi complet part du Verdon pour les Antilles, Willaumet et "l'Amazone" sont de la partie.Le pilotin va encore acquérir de l'expérience en multipliant les observations astronomiques.Bien des péripéties et des combats vont se succéder: la bataille des Saintes est engagée: Grasse va battre Graves le 2 septembre devant la Chesapeake,Cornwallis est assiégé dans Yorktown.Et la Martinique est reconquise,l'escadre jette l'ancre à Basse Terre.De l'artillerie est débarquée de "l'Amazone" en Guadeloupe, puis elle fonce vers le sud à la rencontre des anglais.Quand Willaumez fait hisser au mât de misaine le signal " vingt deux vaisseaux en vue" pour le signaler à l'escadre de De Grasse, Hood s'en écarte pour éviter le combat et se réfugie en lieu sûr, attendant son heure. De Grasse, une seconde fois verra encore les anglais se dérober, alors qu'il a la quasi certitude de les vaincre.C'est mal connaître l'adversaire, le 12 avril ce sera l'engagement général, la bataille des Saintes qui débute va encore montrer la supériorité des anglais non seulement sur le plan stratégique mais encore sur l'efficacité du canonage anglais.A l'inverse les Français improvisent, les ordres sont souvent absents,le manque de cohésion et un armement mal adapté, ou mal utilisé va conduire à la défaite.Preuve les fameuses caronades anglaises dédaignées par les Français qui vont ravager ponts et équipages et démâter leurs navires.
"L'Amazone" a évité le combat et rallie Basse Terre.Le 28juillet elle va aller à la rencontre de l'escadre de Vaudreuil qui reçoit le signal de Willaumez" ennemi en vue" Ce dernier, repéré, s'efface alors que "l'Amazone" se lance à la poursuite de la grande frégate anglaise " Santa Marguerita" qui reçoit une bordée sans broncher.Si la frégate française compte sur sa vélocité,l'anglaise compte sur sa puissance de feu.A ce jeux du chat et de la souris, et quand les deux frégates par vent arrière vont se retrouver à hauteur parrallèle un déluge de feu va s'abattre sur "l'Amazone" qui ne pourra riposter: la moitié de son équipage est tué ou blessé,les mâts vont s'abattre, la belle frégate est désemparée.Le commandant Gazan est tué,son second L'Epine va se résoudre à amener le pavillon."l'Amazone" est prise en remorque par l'anglais qui va l'abandonner et s'enfuir à l'arrivée de Vaudreuil, emportant quelques prisonniers.Wuillaumez,libre, est resté à bord.Il sera le seul des cinq pilotes qui sera récompensé parce qu'il a repris le poste
abandonné par ses homologues qui seront débarqués et sanctionnés.Il refuse d'être nommé officier auxiliaire, préférant accéder au grade d'officier marinier en permanence et servir le roi pour mieux monter en grade par la suite.Au début d'août 1783, "l'Amazone" à l'état d'épave va rejoindre Brest pour y être remise en état.Jean Baptiste Philibert Willaumez est nommé premier pilote: il a 22 ans.
a suivre...
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MessageSujet: Suite   WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte. Icon_minitimeVen 18 Sep - 22:19

Après ce long périple Willaumez,sans affectation,prend un poste d'officier en troisième sur un commerce "le Tharon" où Il effectue deux voyages sur St Domingue.En été 1785 il est rappelé au service et embarque à Lorient sur la "Syphe" et, pour cause d'avarie, tout l'équipage est transféré sur la "Lionne" qui va faire jusqu'en 1786 un voyage aux Bermudes, où il va affirmer ses connaissances de navigateur.De retour à Brest il embarque sur la "Forte" puis sur "l'Astrée" où il effectue une campagne aux Indes.Estimé et bien noté il devient premier pilote à vingt huit ans.Il apprend que son frère Louis est mort à bord du "Fanfaron".
Le 4 juin 1790 il embarque à Brest sur le "Patriote"à quai: la flotte se désagrège pendant la période révolutionnaire.L'indiscipline,les mutineries, les révoltes éclatent, alimentées par une municipalité brestoise qui prend des décisions en lieu et place des responsables de la marine, critique les ordres d'embarquement.Les officiers municipaux montent les novices,auditeurs complaisants des moulins à paroles de l'arsenal contre le grand corps.La flotte désarme, les équipages sont congédiés.Willaumez écrira qu'il fera là sa première campagne "de rade et de port"
La constituante le 9 février 1791 persuade Louis XVI de monter une expédition pour tenter de retrouver Lapérouse "au nom de l'humanité,des arts et des sciences" à la recherche de "l'Astrolabe" et de la "Boussole" Expédition commandée par d'Entrecastaux avec deux gabares "la Recherche" et " l'Espérance" réaménagées difficilement,faute de mieux,avec l'objectif de retracer et tenter de découvrir l'itinéraire emprunté, consigné dans " les mémoires du roi" qui vont servir de feuille de route à l'expédition qui emmène de nombreux scientifiques de renom.Cette expédition a donc un double objectif, et pour Willaumez sa mission est de conduire la division suivant l'itinéraire prescrit et d'établir avec précision sur les cartes les positions découvertes préalablement par Cook.Au cours de cette mission Willaumez va réaliser, par exemple, l'exploit de préciser avec une erreur de seulement de 2' de latitude et 9' de longitude la position de l'ile de Vanikoro par rapport aux données actuelles.Il commettra seulement une "heureuse" erreur et la division au lieu de la diriger pour mouiller dans la baie de l'Adventure, il va la diriger dans la baie des Tempêtes, par une simple retranscription confondant est et ouest.Mais qui permet de faire des relevés,découvertes et cartes correspondantes.
Les aléas de cette expédition frappée par les maladies,les combats contre les autochtones virulents rencontrés aux escales ne feront que rajouter aux dissenssions, voire aux affrontements entre fidèles au roi et les républicains, dont Willaumez.L'expédition va frôler de peu l'endroit où Lapérouse a cessé de donner sa position.Echec relatif,mais données scientifiques acquises.D'Entrecasteaux va mourir,emporté par la fièvre.Il ne sera pas le seul parmi d'autres atteints par la dysenterie.Les Hollandais considèrent que la guerre annule le sauf conduit présenté par Trobriand au cours d'une escale obligée de retour à Sourabaya( ce qui est contraire aux conventions qui stipulent que les expéditions scientifiques et de découverte sont neutres de pavillon) alors que la terre française, l'ile de France républicaine la plus proche, est bien trop éloignée.Les équipages atteints de scorbut sont fait prisonniers, les deux gabares sont vendues.Libres, une quinzaine de volontaires républicains embarquent sur des navires de passage" la Cybèle" et la "Prudente" accompagnée de la corvette "Léger" que va commander Willaumez.Sur le chemin du retour ils vont livrer combat contre les puissants "Centurion" et "Diomède" anglais.Combat inégal pourtant mais qui fera de gros dégats aux anglais.Après soixante seize jours de mer la corvette rallie Brest où Willaumez apprend que son seul frère Etienne est encore en vie alors que ses autres frères ont péri en mer.Il apprend aussi que le convoi hollandais ramenant les prisonniers français survivants a été capturé par les anglais et que les documents de la campagne de recherche ont été saisis.
Le 14 mars 1795 il est nommé capitaine de vaisseau,un séjour à Paris lui fait découvrir "les incroyables et les merveilleuses" les émeutes et la famine, pendant que les anglais mouillent tranquillement en baie de Quiberon. Nommé un temps commandant la corvette la "Bergère" il a l'honneur de prendre le commandement de la frégate la "Régénérée" enfin un vrai bâtiment de combat comme il en révait:vingt huit canons de 12,quatorze de six,quatre obusiers de 36,300 hommes d'équipage.Il va s'emparer du brick la "Mary" donner la chasse à la frégate "Sphinx" qui désemparée va fuir et s'alléger en passant par dessus bord son armement.Le 24 septembre 1798 il débarque à Paris chargé de rédiger le journal de l'expédition Lapérouse et celui de la campagne de Sercey.Le 5 janvier 1799 il est promu chef de division, et propose sans succès quelques opérations navales.Le 21 janvier 1801 il reçoit le commandement du célèbre "Duguay Trouin" de 74 avec un équipage hétéroclite qui ,dira-t'il, n'a flotté qu'en eau douce.Et de fait Willaumez n'a comme consigne que de s'entraîner en évitant tout combat.En décembre 1801, dans l'escadre de Latouche Tréville et Villaret Joyeuse, il se rend à Saint Domingue pour réduire les vélléités des généraux Toussaint l'Ouverture et Christophe qui entrent en rebellion.Ayant cédé le "Duguay Trouin" à Latouche Tréville qui en fait son navire amiral,Willaumez prend le commandement de la frégate la "Poursuivante" avec laquelle il va livrer un combat méritoire contre le puissant "Hercule" anglais.Avec son navire blessé, il se dirige vers Baltimore pour réparer, et en chemin il capture le corsaire anglais "Junon" et le douteux "Cotton Planter"
Napoléon demande à Jérôme Bonaparte de rentrer en France et félicite Willaumez au passage pour sa bonne conduite au môle St Nicolas.La "Poursuivante" va sur son retour au Verdon visiter treize navires marchands et capturer deux anglais.Decrès adresse à Willaumez une lettre du premier consul qui le fait admettre à la légion d'honneur, avec l'autorisation de rentrer à paris pour le rencontrer.Willaumez dans son uniforme délavé un peu frippé, découvre le nouvel ordre républicain fait d'or et de paillettes de la cour, un peu étranger au faste qui entoure Monseigneur Decrès, son ministre de la marine.
Le 17 juillet 1804 il prend le commandement de "l'Algésiras" à Lorient.Un des trente vaisseaux dont Napoléon veut doter la marine: A quarante trois ans il est fait Contre Amiral,le 1er mars 1805 et commande l'escadre légère de l'Océan.Il va hisser sa marque sur le 80 "Alexandre" alors qu'un nouveau coup dur atteint la marine: Latouche Tréville, Bruix sont morts.Dans le même temps il apprend que son père est décédé.
à suivre....
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MessageSujet: Suite   WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte. Icon_minitimeSam 19 Sep - 12:05

Willaumez fait la chasse aux éclaireurs de la flotte anglaise quand il le peut et encore,les ordres de l'empereur se passent de commentaires: les escadres ne doivent pas livrer combat aux anglais.C'est donc qu'il est conscient de la valeur de "sa marine"Sa seule approbation sur conseil de Decrès est de livrer des guerres de course en s'attaquant au commerce.En décembre 1805 Willaumez fait route sur St Hélène.Après trois mois de navigation l'escadre n'a pris que trois navires marchands, les vivres sont rationnés et après six mois de mer les navires sont délabrés, poursuivis par Cochrane qui ne comprend pas l'attitude des Français qui possèdent plus de canons que les anglais: 480 contre 420.Willaumez obéit il ne livre pas combat. De plus il traîne un boulet en Jerôme Bonaparte commandant du "Vétéran" qui n'en fait qu'à sa tête et qui, par deux fois,désobéit aux consignes mettant toute la flotte en danger. Bilan de la campagne au retour à Brest en décembre 1807: deux vaisseaux, deux frégates perdus contre vingt six petits bâtiments de commerce pris aux anglais.L'escadre est placée en quarantaine à Brest pour cause de maladie.Le Moniteur fait des éloges sur Jérôme Bonaparte" qui a laissé son escadre en meilleur état" Willaumez ne fait pas le poids auprès du protégé ( à 22 ans il est fait Contre-Amiral, promotion familiale s'il en est)
De plus il lui est fait grief de la gestion de bord du "Foudroyant" et bien d'autres dépenses dont jérôme n'est pas étranger, lui qui se voit déjà maître de la marine.Decrès, à son habitude accable Willaumez cet "imbécile honnête" tout en le défendant auprès de Napoléon.Double jeu habituel.
Willaumez rejoint sa maison des Ternes, sans affectation où il écrit un dictionnaire des termes de marine, réalise des maquettes de navires nouvelle génération.Le 27 mai 1808 il est "prié" de se rendre "sur le champ" à Brest pour prendre le commandement d'une flotte sensée préparer de vastes opérations en méditerranée.Enorme tâche:Bâtiments délabrés,à leurs bords peu de véritables marins,complétés par des recrues de garnison de l'armée qui ne savent rien de l'artillerie de marine.Willaumez demande des fonds pour payer cinq mois de retard de solde...tout cela pour affronter un marine anglaise quatre fois plus puissante.Ordres, contre-ordres se succèdent; on passe d'opérations en méditerranée à d'autres expéditions plus lointaines dont le secret est si bien gardé que Willaumez lui-même n'en est pas tenu informé: de mystérieuses opérations sont ajournées d'autres les remplacent.Enfin les escadres franchissent le goulet de Brest le 21 février 1808.Va s'ensuivre "une belle pagaille française" face aux escadres anglaises qui manoeuvrent comme à la parade.Après neuf mois en mer " l'une des escadres les moins mauvaises de France" qui passe le plus clair de son temps à éviter l'adversaire va passer d'une rade à une autre: celle de Toulon,moins bien protégée.Le piège s'est refermé.L'Empereur exprime sa colère, Willaumez a l'impression d'être un vieillard malade à quarante sept ans.Les reproches pleuvent,sur la foi d'un rapport honteux et mensonger de Bergeret, qui se défend par là de ses erreurs, comme d'autres d'ailleurs qui n'ont pas été à la hauteur, à l'exception de Troude (le brave Troude) qui a réussi à filer aux Antilles.Willaumez comme Bergeret recoivent l'ordre de venir s'expliquer devant Decrès des sept chefs d'accusation portés par Napoléon et Willaumez va commettre l'erreur qui lui sera fatale:Il va demander à être relevé de son commandement, ce qui est considéré comme un aveu d'incapacité.Il est de fait condamné à l'inactivité, reprend ses menus travaux de maquettisme, de rédactions marines.Comble de déshonneur, il continue à toucher sa solde pour ne rien faire..D'autres sont passé par là:Truguet, Missiessy,Leissègues,Dumanoir,Villaret Joyeuse.Willaumez se sépare de son épouse qu'il n'a pratiquement jamais vu compte tenu de ses longues absences et un peu pingre il lui accorde une faible pension...
Brusquement le 25 août l'empereur le rappelle, il le charge à Amsterdam de l'armement des navires en construction, alors que rien ne va: manque de matériel,d'ouvriers, de conscrits prélevés...sur l'armée de terre.Et le "Ruyter" qui coule au port par défaut d'étanchéité sous les yeux de Willaumez qui croit souffrir de troubles de la vue.Il demande à Decrès qui s'en étonne qui commande quoi.Et rien ne change; Willaumez
est effondré, le 74 français "Amsterdam"et le 64 "Doggerbank" ont les cales dépourvues de poudres, et quand bien même, les affûts de 36, trop bas, sont inutilisables en mer.
Willaumez ne choisit pas le meilleur moment pour demander,comme en France, un traitement analogue pour tenir sa table d'Amiral.Il signe sa demande par "le contre-Amiral le plus mal traité de France" et il lui est répondu qu'il a une conduite d'autant plus coupable qu'il donne un très mauvais exemple aux nouveaux sujets (les hollandais) de sa majesté
Il est débarqué pour entrer en France pour un congé qui va durer deux ans...
A suivre..
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MessageSujet: suite et fin   WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte. Icon_minitimeSam 19 Sep - 14:59

Le cinq avril 1813,il demande à reprendre du service: il n'y aura jamais de réponse.Le 3 mai 1814 Napoléon vaincu débarque de "l'Untaunted" anglais pour prendre possession de son royaume dérisoire.Willaumez fait le siège du nouveau ministre,le vieux Malouet et lui demande la gouvernance de la Guyane.Refus.Reste les décorations, il obtient celle qu'il avait demandé à Decrès neuf ans auparavant, et il fait commandant de l'ordre royal de la légion d'honneur (!) le 18 août 1814.Aux cent jours il échappe à l'épuration,Decrès reprend la marine,et le contre Amiral Willaumez est toujours sans affectation, maintenu en "activité" Le nouveau ministre qui succède à Decrès après les cent jours, Portal d'Albarèdes, fini par accepter la demande de Willaumez: le 18 août 1819 il est fait Vice Amiral.Son frère Etienne ,le bien aimé, vient de mourir.Toujours sans affectation, il publie son livre sur les termes de marine qui a beaucoup de succès.Ses maquettes sont appréciées du duc d'Orléans, et le nouveau roi Louis Philipppe presse l'Amiral bientôt septuagénaire de devenir ministre de la marine.Il décline l'offre pour devenir président du conseil des travaux de la marine en 1834.Après vingt et un an de service sans affectation, il est fait grand croix de la légion d'honneur en mai 1837, et au mois d'octobre pair de France et puis comte encore par une monarchie, pour le Républicain qu'il était...il fréquente ses anciens camarades comme ses cadets: Duperré, Truguet, Emeriau, Verhuel, Jacob, Jurien de la Gravière.Il intervient, ineptie du régime, pour faire donner aux marins envoyés en Algérie le supplément de solde accordé aux troupes.Il reçoit un acceuil chaleureux à Belle-Ile qu'il n'avait pas revu depuis 1790.Il va mourir à Suresnes à quatre vingt quatre ans, après une étonnante vie passée en mer avec un goût d'inachevé.Sa véritable vie de marin semble s'être arrêtée en 1809 en rade de l'Ile d'Aix.Autre victime de l'Empire au service d'une marine malade et parfois moribonde, toujours mal aimée ou incomprise mais toujours sollicitée, sans cesse à la recherche du grand timonier, véritable Amiral qu'elle a toujours cherché, jamais trouvé.
"Qu'elle étrange marine, bien française,de faire combattre des marins à terre..qu'elle étrange manie d'embarquer des conscrits issus de l'armée de terre à bord des navires"
autant mettre des écoles de cavalerie à bord des vaisseaux, disait Napoléon,mettant des marins dans sa garde impériale...Et pourtant.Il est vrai que Murat qui n'avait pas le pied marin était grand Amiral sans rapport avec la marine.Il est vrai aussi que souvent Napoléon parlait de généraux en évoquant ses amiraux...
Willaumez a son nom inscrit côté sud de l'Arc de Triomphe.

=================

Ce long résumé est inspiré du livre de plus de quatre cents pages "l'Amiral Willaumez" paru aux éditions Tallandier, sous la plume de l'Amiral Dupond, professeur de l'école de guerre navale, préface d'Etienne Taillemitte, inspecteur général des archives de France.Deux grands spécialistes de la marine pour qui ce long travail de recherche est sans conteste un témoignage poignant et un descriptif de ce qu'était la marine à la fois florissante,décadente et à jamais convalescente par le biais d'un Amiral issu de la roture qui en valait bien d'autres.
Et aussi:
http://ahrf.revues.org/document1814.html?format=print
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MessageSujet: GIRARDIN, commis surnuméraire.   WILLAUMEZ,Jean Baptiste Philibert,Vice- amiral et comte. Icon_minitimeSam 26 Sep - 11:21

Les équipages des gabares qui vont partir sur les traces de Lapérouse sont composés pour chaque navires d'environ quinze officiers et savants,25 officiers mariniers,35 matelots,une garnison de dix canonniers, et 20 surnuméraires(commis, cuisiniers, mousses etc..) et l'expédition embarque aussi deux volontaires,De Mérite et Jurien.
Parmi ces commis Girardin est embarqué sur la "Recherche" sans passer de visite médicale, qui d'ailleurs n'est pas obligatoire.De petite taille et pas vraiment "joli" Girardin vit dans la cambuse,finalement le seul endroit un peu isolé où l'on peut avoir un peu plus d'aises qu'ailleurs.Son caractère est bien trempé et d'une résistance à toute épreuves,jusqu'à provoquer en duel un aide pilote qui lui avait manqué de respect.De Mérite montre pour le commis beaucoup plus que de l'attention, avec lequel il rit et plaisante beaucoup.Girardin aux cours des escales reste à bord et ne participe pas aux corvées de ravitaillement.
Même plus il bénéficie de la grand-chambre où la température est plus supportable.D'Entrecasteaux et Kermadec ont bien accepté sa présence à bord, alors pourquoi pas d'Auribeau,Du Portail ou Rossel qui semblent cultiver le secret autour des agissements du personnage....

Marie Louise Victoire Girardin a quarante ans bien qu'elle fasse beaucoup plus jeune que son âge.Elle est née à Versailles où son père, jardinier du roi, devenu négociant, la marie au propriétaire d'un café.Veuve et abandonnée par son amant, elle vient à Brest,habillée en homme et réussit donc à embarquer pour l'expédition.
Comme quoi la marine de l'époque avait déjà intégré, avant l'heure et de façon détournée certes,la présence de femmes à bord des navires.
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