Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Les Zoulous tuent le Prince Impérial.....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Les Zoulous tuent le Prince Impérial.....   Lun 5 Oct - 10:06

...... ...... ....Les Zoulous tuent le Prince Impérial....
(Sources H.Chandet et S.Desternes).



Il pleuvait, une pluie fine de septembre, fine et pénétrante, qui couvrait d’un voile gris le port de Douvres. Ce jour –là, le 6 septembre 1870, une centaine de personnes, massées sur le quai, attendaient immobiles sous leurs parapluies.

Le Steamer accosta. Quelques passagers descendirent. Parmi eux un adolescent enveloppé d’un pardessus gris, trop grand pour lui. Trois hommes le suivaient, visiblement des militaires en civil. Un remous parcourut la foule de badauds. Les yeux se braquèrent sur ce jeune garçon au visage pâle, contracté. C’était lui… Sur son passage, les têtes se découvrirent en muet hommage. Surpris l’enfant regardait ces Anglais qui le saluaient.

Portant la main à son chapeau mou, il s’efforça de sourire. Un sourire si triste que quelques femmes se mirent à pleurer sans bruit. Louis prince impérial de France, fils de Napoléon III, alors âgé de quatorze ans, venait de faire ses premiers pas sur le sol britannique. Les circonstances de son arrivée viennent d’entrer avec précision dans l’histoire.

Il y a quelques années, un album de maroquin aux serrures ciselées a été mis aux enchères à Paris. C’est un prince étranger qui l’a acheté. Cet album contenait des lettres dans lesquelles le petit prince raconte sur un ton romantique et passionné les moindres détails de sa courte vie.

A début de la guerre de 1870, il était parti avec son père pour rejoindre les armées, tout fier de son uniforme de sous-lieutenant enfant et de sa cantine neuve. A Sarrebruck, il avait assisté, pour la première fois, à un engagement et cru à la victoire. Comme toute la France….Puis les échecs, les défaites s’étaient succédées….Wissembourg, Forbach, Reichshoffen. Il avait vu les généraux soucieux, son père malade, les soldats sales, sans armes, les blessés gémissant le long des routes.

A Namur, Louis apprit la défaite de Sedan, la captivité de son père, la fuite de sa mère devant l’émeute parisienne menaçante. Et maintenant le prince impérial roulait vers Hastings, petite plage fréquentée par de nombreux Londoniens. Là on le mena au « Marine Hôtel », établissement de second ordre, ou on lui donna une chambre banale, brisé de fatigue, d’émotion il s’endormit.

Le lendemain, une dame demanda à le voir. C’était la duchesse de Mouchy, née princesse Anna Murat, l’unique confidente de l’impératrice. La duchesse de Mouchy, si belle, si élégante, avec qui il se souvenait d’avoir dansé aux Tuileries, lors d’un bal costumé. La vision du grand palais aux dorures éclatantes en entraîna une autre dans l’esprit de Louis, celle de son grand cabinet d’études dans le pavillon de Flore, d’où l’on voyait couler la Seine.

Il se revoyait courant à travers les longs couloirs des Tuileries enfumés par les lumignons à l’huile… « Prenez garde, vous allez renverser le trône ! » criait-on en riant lorsqu’on jouait à chat perché en sautant sur les deux grands fauteuils dorés des souverains.

Louis se rappelait aussi les exercices militaires auxquels il prenait part dans la cour du château avec ses camarades les enfants de troupe. Sitôt qu’il avait eu conscience des choses, il avait eu un culte pour l’armée. Tout petit, des noms sonores avaient frappé ses oreilles….Magenta, Solférino, Castiglione. Quand, sur la place Vendôme, avaient défilé les régiments ayant pris part à ces batailles, lui, Loulou, assis sur la selle de l’Empereur, avait vu les drapeaux s’incliner devant lui. On l’appelait « le petit prince ». Partout où il allait, on l’applaudissait.

Toute son heureuse enfance remontait aujourd’hui à sa mémoire. Il revoyait Compiègne et les chasses. A neuf ans, il avait reçu le bouton et portait l’habit réglementaire…tunique gros vert à revers écarlates…lampion liseré d’argent. Fontainebleau où il canotait sur l’étang, Saint-Cloud avec la belle terrasse qui dominait Paris.

Tous ces souvenirs affluaient pêle-mêle. Ce petit garçon qu’il avait été, comblé, adulé, joyeux de vivre, ce petit garçon était la, dans un médiocre hôtel, rejeté loin de son pays, loin des siens, seul. Le 8 septembre, il vit entrer chez lui le docteur Evans. Un Américain, le dentiste de ses parents. Tout de suite il le harcela de questions…. « Où est ma mère ? Le savez-vous ? »… « Rassurez-vous, monseigneur. L’impératrice va bien, elle n’est pas loin d’ici »…Evans sortit, quelques instants après l’impératrice arriva, la voyant, le prince se jeta dans ses bras, sanglotant.

Les jours suivants, des amis accoururent de Londres et les journaux, à l’affût, assiégèrent l’hôtel pour obtenir des interviews. L’impératrice était très populaire. « La plus belle des jolies femmes », disait-on d’elle. De plus son malheur suscitait la sympathie.

A la fin de septembre, elle s’installa avec son fils dans une propriété du Kent, Camden Place, qu’offrait un agent d’affaires qui connaissait l’Empereur de longue date. Il ne réclamait pas de loyer pour le moment. Autour de l’impératrice et du prince, une petite cour se reforma. Mme Le Breton, lectrice d’Eugénie, Augustin Filon, précepteur de Louis, auxquels chaque jour s’ajoutaient de nouveaux fidèles.

De Wilhmshoe, Napoléon avait écrit « Il faut que Louis continue ses études. » Filon rassembla quelques ouvrages scolaires. Et au rez-de-chaussée de la maison, un salon fut affecté au prince pour y travailler. L’armistice fut pour lui un soulagement. Le retour de son père le rasséréna. Quand l’Empereur fut libéré, l’impératrice et le prince se rendirent à Douvres pour l’accueillir. Une foule enthousiaste attendait Napoléon.

Louis avait retrouvé son entrain. Son père l’initiait à la politique. L’Empereur confiait à cet enfant de quinze ans, mûri par l’expérience, ses plus secrètes pensées. Il caressait l’espoir de rentrer en France. Des bonapartistes, de plus en plus nombreux, venaient à Camden…les campagnes, disaient-ils, demeuraient fidèles à Napoléon. Qu’il vînt et il serait acclamé.

On préparait à Chislehurst un nouveau retour de l’île d’Elbe. Tout était prévu, un ministère constitué, un plan établi…départ secret par Cowes jusqu’à Ostende. De là en Suisse, puis à Lyon où le général Bourbaki, commandant de la place, donnerait des troupes pour monter sur Paris. Sur tout le parcours, les paysans applaudiraient.
A.....Suivre.....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Les Zoulous tuent le Prince Impérial.....   Mar 6 Oct - 9:31

...... ...... Suite........Les Zoulous tuent le Prince Impérial....
(Sources H.Chandet et S.Desternes).


Louis qui était entré en Novembre 1872 à l’académie militaire de Woolwich, où se formaient les officiers de l’artillerie et du génie, affirmait qu’il finirait ses études à Saint-Cyr. Dans quelques mois l’empire serait restauré. Mais… « l’avenir n’est à, personne, Sire, l’avenir est à Dieu » avait dit le poète évoquant l’autre Napoléon. Un jour au début de 1873, on vint chercher le prince qui assistait à un cours. L’Empereur était au plus mal. Quand Louis arriva à Camden, Napoléon III était mort.

Le 13 janvier, le prince impérial mena le deuil de ce père qu’il avait tant aimé. Des milliers de spectateurs, Français et Anglais, avaient les yeux fixés sur ce jeune homme mince dont l’habit noir, barré du grand cordon de la Légion d’Honneur, accentuait la pâleur. En France, les ennemis de l’Empire se réjouissaient. Napoléon III mort, plus de crainte à avoir. « Le gamin de Woolwich », comme disait Gambetta, n’était pas de taille à susciter des difficultés. Si, pourtant….

Un instant atterrés, les bonapartistes se reprenaient. Ce jeune prince, innocent des fautes, des erreurs du passé, n’incarnait-il pas l’espoir d’un avenir radieux ? L’an prochain, il aura dix huit ans. On le déclarerait majeur.

Près de huit mille Français traversèrent le Détroit à l’occasion de son anniversaire. Des Français de toutes conditions. Tout le monde riait, chantait. On s’entassa sous la vaste tente dressée dans le parc de Camden et quand le prince prit la parole, un silence extraordinaire se fit. Lorsqu’il prononça d’une voix ferme… « Le plébiscite, c’est le salut et c’est le droit », une émotion intense s’empara des auditeurs, émotion qui se manifesta par des jurons, des sanglots, et un long, un interminable cri de « Vive l’Empereur ».

De retour dans leurs foyers, les délégués racontèrent ce qu’ils avaient vu. Des chansons circulèrent…. « Peuple, cet enfant est un homme, qui te rendra des destins triomphants. »….Des photographies du prince furent répandues par milliers. La légende napoléonienne s’incarnait dans « le petit Empereur ».

Le prince retourna à Woolwich. Il travaillait avec acharnement et ses professeurs admiraient son énergie. Les camarades, eux, le jugeaient « good sport ». Il imposait le respect par sa science de l’équitation. A l’escrime, il n’avait pas de rival. Aux examens de sortie, il réussit à se classer septième, rang en somme fort honorable pour un étranger.

En France, les bonapartistes tenaient maintenant beaucoup de place à la Chambre. Il fallait compter avec eux. Depuis que le comte de Chambord avait refusé d’adopter le drapeau tricolore, les royalistes étaient écartés du jeu politique.

Louis étudiait les sciences économiques, le droit, causait avec les Français de toutes professions qui allaient le voir soit à Camden, soit à Arenenberg en Suisse où il passait chaque année quelques semaines de vacances dans ce château de la reine Hortense. Des gens du monde, des écrivains, des prélats venaient lui apporter l’écho de ce qui se passait en France. Il les questionnait, buvait leurs paroles. Rien ne l’empêchait de se rendre à Paris, ce Paris qu’il adorait. Rien sinon sa fierté. « Je ne rentrerai qu’en Empereur », disait-il.

En Angleterre, il sortait peu dans le monde. Sa situation lui imposait une certaine réserve. Pourtant, on le recherchait beaucoup. Son charme personnel accru du prestige napoléonien agissait toujours. Sans être beau, il était séduisant avec son regard bleu qui illuminait un visage au teint mat. La discrétion de ses manières et son naturel plaisaient, les femmes l’entouraient volontiers.

Le public anglais, toujours romanesque, croyait qu’une idylle était née entre Louis et Béatrice, fille de la reine Victoria. On les voyait souvent ensemble. La reine et l’impératrice, disait-on caressaient ce projet, mais le prince de Galles y était hostile car il préférait voir la République s’installer en France plutôt qu’un Bonaparte.

A vrai dire, le prince, au grand désespoir de sa mère, ne songeait pas au mariage. Il n’avait au cœur qu’une passion…La France, qu’il rêvait de reconquérir. Mais les choses n’allaient pas aussi vite qu’on l’avait cru tout d’abord, pas de solution parlementaire possible. Rien à tenter avant la fin du septennat de Mac-Mahon en 1880.

L’atmosphère de Camden était morne. A la tutelle maternelle, lourde à un garçon de vingt ans, s’ajoutait la tutelle politique des chefs de parti, celle de Rouher, des anciens qui voulaient imposer leur expérience d’aînés. Comment l’idée de s’évader ne fût-elle pas née dans le cerveau de Louis ?...Partir…Briser ces entraves, se faire connaître des Français par des actions d’éclats, prouver qu’il était le digne héritier des Napoléon. La France ne se donnerait qu’à un soldat vainqueur.

Quant le 15 février 1879 arriva à Londres la nouvelle du désastre que venait d’éprouver l’armée anglaise au Zoulouland, le prince adressa une demande au ministre de la Guerre. Il voulait combattre avec les Anglais avec ses camarades de Woolwich. Stupéfaite et désolée, Eugénie essaya de le dissuader. Lui, un Bonaparte, sous l’uniforme Anglais ?....Que dirait-on en France.

« S’il t’arrive malheur, tes partisans ne te plaindront pas, ils t’en voudront. »…Elle usa de tous les arguments, en vain, Louis avait réponse à tout…. « Il faut que je fasse acte d’homme, sans cela je serais toujours le…petit prince…pour mes partisans. »…Rouher, informé, accourut aussitôt. Il supplia, se mit à genoux devant le prince, le duc de Bassano joignit ses efforts à ceux de Rouher, en vain, Louis demeura inébranlable dans sa résolution.

A près quelques résistances de la part du cabinet anglais, il obtint de partir « en qualité de témoin ». Peu importe cette restriction. Une fois là-bas, il arriverait bien à ses fins. La nouvelle éclata comme un coup de foudre, en France ce fut un déluge de critiques, d’interrogations, d’applaudissement, d’injures. Amis et ennemis s’en donnaient à cœur joie. Le grand public croyait à un roman d’amour…le prince voulait gagner la main de Béatrice, rares furent ceux qui comprirent qu’il voulait partir à la conquête de la France.

A Capetown, après un mois de traversée, le prince fut accueilli aux cris de « Vive Napoléon ! Vive la France ! ». Dans les esprits, les deux noms se confondaient. Puis le bateau reprit sa course vers Durban où Louis débarqua en uniforme, salué par le canon de la citadelle. Le lieutenant Louis-Napoléon se présenta au général en chef, lord Chelmsford, avec la lettre du ministre.

« Le Gouvernement m’autorise à vous écrire pour vous prier de témoigner au prince de la bienveillance et de lui prêter assistance pour qu’il puisse suivre les opérations avec les colonnes d’expédition… »

Louis suivit donc l’état-major, Pietermaritzburg, Dundee, Utreecht. Chaque jour, on se rapprochait de l’ennemi, ces Zoulous, ces guerriers farouches qu’il brûlait de rencontrer. « J’ai hâte de faire quelque chose qui vaille ». Le 14 mai, le major Bettington, un vieux broussard qui s’était pris de sympathie avec ce garçon avide de se battre, l’emmena en pays ennemi. Partout on sentait la présence invisible des Zoulous. On donna l’assaut à un Kraal, village indigène. On l’enleva et, sur la proposition du major, le kraal fut baptisé kraal « Napoléon ».

Rentré au camp, le prince écrivit… » Jamais je ne me suis senti aussi fort et dispos. Nous avons été six jours absents. Nous sommes restés vint heures sur vingt quatre en selle »…..Il exultait.

Le 31 mai, le lieutenant Carey écrivit à sa femme…. « Le prince et moi, nous devons aller choisir un camp à dix milles dans le Zoulouland. »…. Au moment de partir, Louis déchira une feuille de son calepin… « Ma chère maman, je pars dans quelques minutes…je ne sais quand je pourrai vous donnez de mes nouvelles…je n’ai pas voulu perdre cette occasion de vous embrasser de tout mon cœur… »…Puis il rejoignit Carrey et les cavaliers, six hommes, plus un Noir qui servait de guide.

On chevauchait à travers les hautes herbes, au début de l’après-midi, on fit halte dans un kraal, entouré de maïs à hauteur d’homme, qui paraissait abandonné. Les chevaux furent dessellés et, tandis que les soldats faisaient du café, le prince et Carey causaient, évoquant les campagnes de Napoléon 1er.

......A Suivre......

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Les Zoulous tuent le Prince Impérial.....   Mer 7 Oct - 9:23

...... ..... ..Suite et Fin...........Les Zoulous tuent le Prince Impérial....
(Sources H.Chandet et S.Desternes)


Vers 4 heures, le Noir vint annoncer…. « Les herbes bougent ». Presque aussitôt, des coups de feu claquèrent. Carey, déjà monté, s’élança pour fuir, les hommes se suivaient, nerveux les chevaux s’affolaient., celui du prince, avait pris le galop comme les autres et Louis, gêné par les hautes herbes, courait à ses côtés, essayant de le saisir.

Lui, le cavalier qui émerveillait les Anglais, allait sans doute, comme il l’avait fait si souvent, sauter en selle en voltige, il réussit à accrocher les fontes, la courroie céda, il tomba, le cheval libéré fila au grand galop. Louis se releva, il était seul, entouré d’une vingtaine de Zoulous. De la main gauche, il tira trois coups, déjà une sagaie lui avait percé la cuisse, une autre traversa l’épaule gauche, il s’écroula sanglant.

Les Zoulous se sont acharnés sur lui, le cadavre fut dépouillé de ses vêtements. Autour du cou cependant fut laissé la chaîne d’or à laquelle était suspendu un médaillon. Toute la nuit, le corps nu demeura sur le sol.

Au camp où Carrey était arrivé à toutes brides, la rumeur se répandit…. « La prince impérial a été tué ». Mais ce fut seulement le lendemain matin qu’un détachement fut envoyé à la recherche du cadavre. Non loin on trouva, le fourreau de l’épée et une chaussette marquée d’un « N », une chaussette souillée de sang et de boue.

Le corps portait dix-sept blessures, toutes reçues de face. On le rapporta au camp. Des soldats fabriquèrent un cercueil avec des caisses de thé. Dans un wagon traîné par des mules, la dépouille de Louis refit en sens inverse, la route parcourue un mois plus tôt par le prince joyeux. Lentement le funèbre cortège gagna Durban, puis le corps de Louis fut embarqué sur « l’Orontes », un navire de guerre qui venait de mouiller à Sainte-Hélène.

En Angleterre, on ne savait rien. L’impératrice continuait de recevoir des lettres pleines d’entrain…. « Jamais je ne me suis si bien porté ». Elle commençait d’espérer, Louis rentrerait au cours de l’été quand la campagne serait interrompue. Le 15 août, fête des Napoléon, serait célébré avec éclat.

Le 20 juin arriva un câble de Madère. Quand la reine Victoria apprit la nouvelle, elle refusa tout d’abord d’y croire. Mais Béatrice entra dans sa chambre, un télégramme à la main…. « Le prince impérial a été tué ». La jeune fille sanglotait, jamais la reine de l’avait vu en proie à un pareil désespoir, alors elle se mit à pleurer, elle aussi.

Bouleversée, Victoria pouvait à peine rassembler ses idées. Cependant elle pensa brusquement que, demain, les journaux allaient publier la nouvelle. A tout prix, il fallait empêcher que l’impératrice l’apprît par cette voie.

Elle fit appeler Lord Sydney, le pria de se rendre à Camden pour prévenir du malheur. Au duc de Bassano, en raison de son âge, de son rang, de son long attachement à la famille impériale, incombait le douloureux devoir de faire part à la mère du tragique évènement. Il alla frapper chez elle, Eugénie s’habillait. Le duc, à cette heure matinale ? Elle eut un cri… « Mon fils ? il est malade ? Blessé ?. »…..Le vieillard se taisait. Alors l’impératrice comprit, sous le choc, elle s’écroula.

Pendant des jours et des jours, elle demeura prostrée. La reine vint la voir, la supplia de consentir à manger un peu, lui envoya son médecin. Eugénie obéit, par égard pour Victoria, mais aussi parce qu’elle voulait rassembler ses forces « pour son retour ».

Le 11 juillet, Louis revint à Camden. Il eut d’importantes funérailles. Les cadets de Woolwich, l’armée, lui rendirent les honneurs. La reine en personne vint déposer sur la bière une couronne de lauriers. D’une estrade dressée dans le parc, elle assista au funèbre défilé. A côté d’elle Béatrice était en larmes.

L’impératrice fit construire à Farnborough une église et un couvent. Des moines veilleraient sur les tombes de l’Empereur et de son fils. Là-bas, à Ityotyosi, la reine Victoria fit élever un mémorial…une croix dressée au dessus d’un cairn. Des arbres plantés par les Zoulous ombragent l’endroit où le prince fit face à la mort après s’être battu… « comme un lion », au dire de ses ennemis.

……FIN…..... ....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Les Zoulous tuent le Prince Impérial.....   Lun 19 Oct - 10:01

Bonjour

Merci d'avoir pris le temps pour nous avoir écris cette très belle histoire,je l'ai relus trois fois tellement je la trouve intéressante est triste a la fois!!

tommy14
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MessageSujet: Re: Les Zoulous tuent le Prince Impérial.....   

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