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 Le Premier Cadeau de Napoléon à Marie-Louise......

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Le Premier Cadeau de Napoléon à Marie-Louise......   Lun 12 Oct - 9:27

...... ...... ...Le Premier Cadeau de Napoléon à Marie-Louise...(Sources L.Privat ).


Après avoir tenté d’épouser la grande duchesse Anne, sœur du tsar Alexandre 1er, Napoléon se décide en faveur de l’archiduchesse Marie-Louise, fille de l’Empereur d’Autriche et nièce de Marie-Antoinette. C’est le Maréchal Berthier qui portera à la future épouse le premier cadeau de l’Empereur, une collection de cinquante vues de Paris, traitées à l’aquarelle, de Victor Jean Nicole. Quand elle quittera la France en 1814, Marie Louise emportera le cadeau impérial.

En Automne 1809, Napoléon décide de se séparer de sa première femme Joséphine avec laquelle il ne peut pas avoir d’enfants, et cherche à s’allier, par un nouveau mariage, avec une famille souveraine d’Europe. Il avait jeté son dévolu sur une sœur du Tsar, la Grande Duchesse Anne, mais les renseignements de ses agents lui ayant fait présager un refus, il prend les devants et fixe alors son choix sur l’Archiduchesse Marie-Louise fille de l’Empereur d’Autriche.

Par une lettre datée … « Palais des Tuileries 6 février 1810 », adressée au Ministre des Relations Extérieures, Champagny duc de Cadore, l’Empereur fait part de sa décision. Voici le texte de cette précieuse pièce conservée aux Archives du Ministère des Affaires Etrangères.

« Monsieur le Duc de Cadore, je vous pris, avant de vous coucher d’expédier le courrier de Russie tel que je vous l’ai écrit, ne parlez pas de la séance de ce soir, demain au soir, quand vous aurez signé avec le Prince Schwarzenberg (Ambassadeur d’Autriche) vous en expédierez un second pour faire connaître que je suis décidé pour l’Autrichienne. Vous viendrez demain à mon lever, portez moi le contrat de Louis XVI et l’historique. Ecrivez ce soir au Prince Schwarzenberg pour lui donner rendez-vous demain à midi. Sur ce je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte garde. »

Napoléon annonce sa décision d’une façon assez cavalière. D’une manière tout aussi autoritaire, le lendemain, dans une seconde lettre datée du 7 février, l’Empereur donne à son Ministre des instructions très détaillées pour la demande en mariage officielle de Marie-Louise, pour la cérémonie qui aura lieu à Vienne par procuration, l’arrivée en France de la nouvelle Impératrice, et le Contrat de mariage. Pour ce Contrat, Napoléon s’est inspiré de celui de Louis XVI et Marie-Antoinette.

Citons quelques passages de cette longue lettre de trois pages….. « Ce mariage pourra se faire le 2 mars. La Princesse achèvera le Carnaval à Vienne et en partira le 7, jour des Cendres. On arrangera la chose de manière qu’elle puise arriver vers le 16 à Paris, elle trouvera à Braunau la Maison française qui aura été envoyée au devant d’elle….Comme on enverra de Paris avec la Maison le trousseau et la corbeille, il est inutile que l’on fasse rien à Vienne. »

Avant le trousseau et la corbeille, un premier cadeau de l’Empereur pour Marie-Louise part de Paris. Le Maréchal Berthier, qui va représenter Napoléon au mariage à Vienne l’emporte dans ses bagages. C’est une précieuse collection de 50 ravissantes petites vues de Paris, au format 9 x14, traitées à l’aquarelle et présentées dans un coffret de maroquin rouge en forme de livre, décoré des armoiries de Marie-Louise Impératrice de France.

Par une délicate attention, Napoléon offre, à cette princesse de dix-huit ans, un superbe album destiné à faire connaître par l’image à la nouvelle Impératrice des Français la capitale où elle va vivre désormais.

Pour l’exécution de ces 50 aquarelles, Napoléon s’est adressé à l’un des meilleurs artistes du genre…Victor Jean Nicole (°1754+1826). Dessinateur architecte, spécialiste du petit format et aquarelliste de grand talent. L’artiste a su rendre en ces 50 merveilleux petits tableaux tout le charme des principaux monuments de Paris. Quelques-uns ont maintenant disparu, d’autres ont été sensiblement modifiés.

Nous voyons d’abord la Place de la Concorde, elle nous apparaît sans l’Obélisque érigé en 1830, les fossés bordés de balustres ont été comblés en 1844. C’est par cette belle place que Marie-Louise entre à Paris le 2 avril 1810. L’aspect de la place Vendôme est resté pratiquement le même jusqu’à nos jours, ainsi que la place du Palais Royal et l’église Saint-Roch.

La jolie vue du Pont Neuf montre les berges de la Seine à cette époque, avec un bateau chargé de voyageurs, ressemblant fort à nos actuels bateaux mouche. L’Hôtel de Ville, où le 10 juin 1810 la municipalité fête la nouvelle Impératrice. Très impressionnée, elle y paraît un peu à contre cœur, et trois heures durant, doit faire bonne mine à la nombreuse assistance.

Les deux vues des Portes Saint-Denis et Saint-Martin font percevoir quelques changements apportés au cours des ans. Il en est de même avec la très belle Fontaine du Marché des Innocents, qui sous l’Empire était plus en valeur. Le Pont Neuf, lui, a bien changé. En 1813 on a démoli la construction figurant encore sur cette aquarelle, le Château d’Eau de la Samaritaine, installé sous Henri IV et servant à pomper l’eau du fleuve. C’était une des plus curieuses fontaines de Paris.

Une autre très belle fontaine existe encore de nos jours, mais plus au même endroit, c’est celle du Château d’Eau, qui de la place de la République a été transportée place Félix Eboué (ex place Daumesnil) où l’on peut toujours voir ces Lions crachant de l’eau dans des vasques en degrés.

Plusieurs charmantes vues nous montrent quelques sites du vieux Paris, complètement transformés depuis…La Place du Châtelet, le Pont de la Cité, l’Hôtel Dieu, qui à l’époque était à la droite de la cathédrale Notre-Dame, le Quai des Grands Augustins, Le fameux Marché du Temple, le Théâtre italien, anéanti en 1887 par un terrible incendie, Le palais Bourbon, les Invalides, avec au centre de l’Esplanade le célèbre Lion de Saint-Marc, enlevé de Venise par les Français en 1797 et érigé en 1804 sur un soubassement agrémenté de fontaines.

C’est par trois vues de Versailles que se termine cette belle collection…Le Palais pris du côté de l’Orangerie, Le ravissant Bosquet de la Colonnade, et un très beau panorama pris de la Terrasse avec la perspective de la pièce d’eau des Suisses et dans les lointains les coteaux de Satory.

Ces charmants petits tableaux, animés de voitures et de personnages ont gardé toute leur fraîcheur et montrent en un panorama vivant le Paris de Napoléon. Le contenant ne le cède en rien au contenu…c’est un splendide coffret livre de maroquin rouge élégamment décoré de fer doré d’une grande finesse, avec au centre des plats les armoiries de l’Impératrice Marie Louise. C’est incontestablement le premier objet sur lequel ont figuré les armoiries.

......A Suivre.... ....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Le Premier Cadeau de Napoléon à Marie-Louise......   Mar 13 Oct - 9:41

...... ..... ....Suite et Fin.......Le Premier Cadeau de Napoléon à Marie-Louise...(Sources L.Privat ).


Avant de quitter ce prestigieux souvenir, premier cadeau de l’Empereur à sa jeune épouse, une autre lettre de Napoléon va nous montrer comment cet homme de 41 ans a su accueillir cette princesse de 18 ans. La Réunion des deux époux devait avoir lieu à Compiègne ….Napoléon tenu au courant des péripéties du voyage, envoie à la rencontre de Marie-Louise un courrier avec ce pli entièrement écrit de sa main, daté de Compiègne le 23 mars 1810….

« Madame j’apprends que vous vous êtes privée de votre gouvernante, afin de paraître parmi mes peuples, environnée seulement de Françaises. J’approuve et je suis bien reconnaissant de ce que vous avez fait là…et cependant j’en suis tout triste, ce nouveau sacrifice ajouté à celui de votre père et de votre famille, aura de nouveau fait saigner votre cœur, mais Madame ne vous en prenez pas à votre époux, il n’a pas été en mon pouvoir de vous épargner ces moments pénibles qui tiennent à la nature des choses. Je serais inconsolable si vous pouviez penser que jamais je puisse manquer de tendresse et ne pas vous épargner un chagrin, lorsqu’il serait en mon pouvoir de le faire……Vous seriez toute bonne de m’écrire un mot là-dessus. Je suis fort triste de la crainte de vous avoir déplu. Croyez que mon cœur apprécie tous vos sacrifices…si toute sa tendresse et sa constante et tendre amitié peuvent vous dédommager, vous n’avez rien à souhaiter. Laborde qui arrive de Vienne, me dit que vous avez bien pleuré depuis St. Polten, vous avez encore eu de la peine à Munik. Cela me contrarie, car je veux que Louise n’ait jamais que des journées douces, belles et agréables comme elle. Caroline me mande que vous désirez fort savoir ce qui me peut rendre heureux. Je veux vous dire moi-même ce secret là Madame, il vous paraîtra simple et cependant il est bien vrai. Soyez vraiment heureuse de notre union. Quand vous vous sentirez inclinée à vous laisser aller à de la peine, que vous aurez du chagrin, dites-vous…l’empereur en sera bien triste, car il ne peut être content et heureux que du bonheur de sa Louise. ».Votre Napoléon.

Cette lettre est conservée au Département des Manuscrits de la Bibliothèque Nationale.

Après la chute de l’Empire, lorsque Marie-Louise quitte la France, elle emporte avec une partie de ses livres, le premier cadeau de Napoléon…les 50 vues de Paris dans leur coffret de maroquin sur lequel figurait pour la première fois ses armoiries d’Impératrice des Français.

Pendant plus d’un siècle, cette inestimable relique resta entre les mains d’une famille princière autrichienne qui fut obligée de s’en défaire. Grâce à de généreux donateurs étrangers, cette pièce unique fait maintenant partie des collections du Musée Napoléonien de la Malmaison.
…..FIN….... .....


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