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 Pauline Bonaparte l'idole des Anglais.....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Pauline Bonaparte l'idole des Anglais.....   Dim 18 Oct - 10:31

...... ....... ....Pauline Bonaparte l'idole des Anglais.... ...(Sources G.Chastenet).



Alors que l’Empereur est prisonnier des Anglais dans l’île de Sainte-Hélène, sa sœur Pauline, l’épouse du prince Borghèse, réfugiée à Rome, charme les Anglais de la capitale italienne. Elle devient vite leur idole et en profite pour se faire l’avocate passionnée de son frère.

Après Waterloo qui sonne le glas de l’épopée napoléonienne, en 1815, Pie VII propose à Pauline la sœur de l’Empereur déchu, de l’accueillir à Rome. Ce pape qui fut pendant plus de quatre ans prisonnier de Napoléon fait preuve de grandeur d’âme. Bien plus, il apporte à la jeune femme un soutien efficace dans les démêlées qui l’opposent à son mari, le couple vivant séparé depuis sept ans.

Ainsi le tribunal de la Rote ordonne au prince Camille Borghèse de verser une pension à son épouse et de lui accorder la jouissance de la villa Borghèse, véritable palais situé sur le Pincio. L’avenir matériel de la sœur du proscrit est désormais assuré. Cependant cet édifice pompeux lui pèse et elle se lance fébrilement à la recherche d’un nouveau toit.

C’est au cours d’une de ses randonnées qu’elle découvre à l’extrémité du Corso, près de la porte Pia, une maison abandonnée…la villa Colonna di Sciarra. C’est un véritable coup de foudre. Elle se renseigne sur les propriétaires et charge son homme d’affaires de la négociation. Quinze jours plus tard, la famille Colonna di Sciarra accepte ses conditions et Pauline devient propriétaire de ce qui sera la villa Paolina, aujourd’hui siège de l’ambassade de France auprès du Vatican.

Dès 1817, ses apparitions dans la société romaine deviennent des évènements…tous se lancent sur son passage et l’homme assez heureux pour la conduire doit surmonter l’admiration comme un obstacle. Ses pas à chaque instant ralentis par ces hommages, Pauline mesure clairement l’étendue de son pouvoir. Elle saura très habilement se servir de la fascination qu’elle exerce auprès des Anglais de Rome dont elle devient très vite l’idole, pour se faire l’avocate passionnée de son frère.

Tous veulent rencontrer cette divinité terrestre, déconcertante, ni perverse, ni immorale puisque la morale n’a aucune prise sur cette femme qui ignore les conventions, mange quand elle a faim et fait l’amour avec la même simplicité. Ces grands seigneurs très « jarretières » ne peuvent s’empêcher d’admirer, chez Pauline, l’éblouissante vertu qui est son authenticité, ils finissent par lui procurer des lettres échappées à la censure dans lesquelles le prisonnier de Sainte-Hélène demande qu’on adoucisse les conditions de sa détention.

Dès le mois de décembre Metternich signale au gouvernement britannique que ses sujets les plus marquants « profitaient de leur séjour à Rome pour se rapprocher de la famille Bonaparte. On notera la discrète hypocrisie du chancelier d’Autriche…le seul membre de la famille en cause est bien la princesse Borghèse puisque Lucien est en Etrurie, Louis toujours grabataire et Madame Mère confite dans ses dévotions.

Les sujets de sa Gracieuse Majesté se retrouvent à la villa Paolina où la magicienne les reçoit en fin de journée, à l’heure où le soleil se couche, où les montagnes aux cimes encore étincelantes se noient dans la transparence de l’air, où les champs ondulent comme la mer en vagues émeraudes, à l’heure enfin où le chant des oiseaux, le bourdonnement des insectes semblent entonner un hymne à la gloire de cette nouvelle Belle au Bois Dormant.

Lady Morga, Lord Holland, le duc de Devonshire, Lord William Russel, Lord Gower ont tout….fortune, intelligence et beauté, c’est sur eux que Pauline va jouer de ses sortilèges pour les enchaîner à son char. L’encens de leur admiration lui montera aux narines avec toujours un arrière goût de cendres. Napoléon ne s’y est pas trompé, il sait dans quel but elle le fait…. . « Elle est à Rome, dit-il à Las Cases, et reçoit beaucoup d’Anglais. Tant mieux ! c’est autant d’ennemis de gagnés ».

Pauline entretient ses hôtes des souffrances de son frère et ses pressantes démarches ne restent pas sans écho…Lord Holland intervient alors à Westminster et demande que soit mis fin au traitement inhumain infligé au prisonnier. Le marquis de Douglas, autre chevalier servant, brûle également d’amour pour Pauline. Sa passion connue de tout Rome lui ferme les portes de l’ambassade de France, qu’importe, il se passe des invitations du comte de Blacas. Qu’importe aussi la féroce jalousie que sa femme dissimule sous des sourires tordus.

Misère que tout cela puisque après cinquante cinq années moroses et trop sérieuses, la plus captivante des créatures lui ouvre la porte de ses appartements privés, lui permet de réchauffer entre ses mains ses petits pieds garnis de satin, toujours glacés, et l’autorise à rester le matin debout près de sa coiffeuse et à passer religieusement à la femme de » chambre les fers à boucler ses cheveux, la torsade de perles ou les bracelets, à présenter le miroir ou les flacons.

L’homme qui héritera en 1819, à la mort de son père, de duchés, marquisats, comtés et baronnies reste sans voix, imposant silence à ses rhumatismes et découvrant une nouvelle douleur envahissante qui le bouleversera longtemps.

Pauline garde l’esprit clair et confie à Chatillon, l’un des intimes de son frère Lucien, la raison de son comportement envers cet étrange esclave….. « Vous n’avez pas vu combien souffre ce marquis de Douglas lorsqu’il est là le matin, debout pendant plus d’une heure, donnant des épingles à ma femme de chambre, faisant le métier de bouffon de Cour…et le soir, quand il me sert de tabouret, croyez-vous que je ne pense pas avec une sorte de joie que j’ai là sous mes pieds un des plus grands seigneurs de la Grande Bretagne, un des premiers pairs d’Angleterre ?...Et cependant, c’est la sœur du malheureux prisonnier qu’ils assassinent qui le traite ainsi ».

......A.....Suivre.........

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Pauline Bonaparte l'idole des Anglais.....   Lun 19 Oct - 9:16

....... ....... ...Pauline Bonaparte l'idole des Anglais.... ...(Sources G.Chastenet).



La princesse Borghèse a tout Rome à ses pieds. Elle est le sujet de toutes les conversations, y compris chez les cardinaux qui parlent beaucoup de Rossini mais plus encore de la protégée du Saint-Père. Le Sacré Collège se presse chaque semaine aux tables impérialement dressées de la villa Paolina et l’hôtesse de plus en plus frêle, exquise parée d’un impalpable tissu, couverte de perles, préside des dîners auxquels elle touche à peine.

Lady Morgan écrira que « depuis l’époque de la Papesse Jeanne, aucune dame n’avait vu autour d’elle autant de cardinaux que la belle Pauline ».

Cependant la sœur de l’Empereur reste une fille attentive et s’inquiète fort de la sénilité précoce de sa mère Letizia et de son oncle le cardinal Fech réfugiés à Rome et qui se trouvent tous deux sous la coupe d’une voyante dont l’influence est désastreuse. Cette Allemande affirmait que la Vierge lui était apparue et lui avait révélé que Napoléon quitterait sa prison, donc toutes les démarches pour l’en faire sortir seraient inutiles.

Pauline soutenue par son frère Louis, tente de les arracher à cette femme néfaste dont les divagations pourraient nuire à Napoléon. Mais la sorcière ne lâche pas prise. Le remarquable docteur O’Méara qui avait beaucoup aidé Napoléon, ayant été renvoyé en Angleterre sur l’ordre de Hudson Lowe, Letizia, forte des prédictions de la devineresse, retient trois médiocres personnages….ce choix se révèlera tragique. Le soit disant docteur Automarchi n’est même pas praticien mais préparateur de dissections et sans aucune connaissance médicale, l’abbé Buonavita est moribond et l’abbé Vignal, un paysan insignifiant.

Napoléon leur réservera d’ailleurs un très mauvais accueil car il espérait voir arriver sur la place de ces êtres bornés, des hommes capables de le soutenir autant dans son corps que dans son esprit.

Pendant plus de deux ans, au grand désespoir de Pauline, la pythonisse entretient Letizia et Fech de ces apparitions célestes et quotidiennes. Ainsi madame Mère et son frère considèrent que tous les courriers expédiés par Napoléon sont des faux…en vain Pauline tente-t-elle d’ouvrir les yeux de Letizia et de dénoncer les intrigues dont elle est victime. La Signora lui répond que l’Empereur a été enlevé par les anges qui l’ont « transporté dans un pays où sa santé est très bonne et qu’elle en reçoit même des nouvelles ».

« Toute la maison de madame est gagnée, note Pauline, à commencer par le père Colonna. Madame et le Cardinal ont voulu m’entraîner dans leur croyance ainsi que mon frère Louis, mais voyant que nous cherchions tous deux les moyens de les tirer de leur aveuglement et que nous finissions par nous moquer de leur crédulité, je fais taire les scènes et les querelles et le refroidissement que leur conduite a naturellement amenés contre nous ».

Le drame s’achève misérable et grandiose. L’abbé Buonavita gravement malade avait dû quitter l’île de Sainte-Hélène en mars 1821….il arrive à Rome le 11 juillet. Depuis soixante-sept jours tout est consommé, Napoléon est mort le 5 mai. On connaît la nouvelle à Paris, à Londres, à Vienne mais on l’ignore à Rome. Le prêtre, reçu au palais Rinuccini, apporte plusieurs lettres des compagnons de l’Empereur, notamment une de Montholon datée du 17 mars…. « Plusieurs rechutes se sont succédées, sa faiblesse est extrême, il a peine à soutenir la fatigue d’une promenade au pas, en calèche, et ne peut marcher même dans ses appartements sans être soutenu….l’Empereur compte sur votre Altesse pour faire connaître à des Anglais influents l’état véritable de sa maladie. Il meurt sans secours sur cet affreux rocher. Son agonie est effroyable ».

Quant à Bertrand il écrit… « l’Empereur me charge de vous demander d’être transféré dans un climat européen, comme le seul moyen de diminuer les douleurs auxquelles il est en proie ».

Pauline qui a appris le retour de l’abbé se précipite chez sa mère, prend connaissance de ces appels au secours, adresse sur l’heure à Lord Liverpool, chef du cabinet britannique la plus émouvante des protestations…. « Monsieur l’abbé Buonavita nous a apporté les nouvelles les plus alarmantes sur l’état de santé de l’Empereur…La maladie dont il est attaqué est mortelle à Sainte-Hélène, et c’est au nom de tous les membres de la famille de l’Empereur, que je viens réclamer du gouvernement anglais un changement de climat. Si on refusait une si juste demande, ce serait son arrêt de mort qu’on prononcerait, et dans ce cas, je demande la permission de partir pour Sainte Hélène et d’aller rejoindre l’Empereur pour recevoir ses derniers soupirs. »

...... A Suivre.....

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MessageSujet: Pauline Bonaparte l'idole des Anglais.....   Mar 20 Oct - 8:48

....... ...... Suite et Fin.... Pauline Bonaparte l'idole des Anglais.... ...(Sources G.Chastenet).

Devant la carence de Letizia, Pauline décide d’intervenir à la face de l’Europe. Elle espère qu’il n’est pas trop tard et ne ménage ni sa mère, ni son oncle… « Enfin écrit-elle, c’est après une scène terrible entre nous que Maman commence à être ébranlée, mais cette scène a été si vive que je me suis brouillée à ne revoir jamais le Cardinal. C’est un grand bonheur que l’abbé ait eu une lettre à me remettre directement, sachant cela on me l’aurait caché. L’on n’a pas bien traité l’abbé Buonavita…je le mène avec moi à Frascati, car on ne lui donnera pas un sou. »

Pauline se rend donc avec le vieux prêtre dans sa villa de Mondragone d’où elle adresse suppliques sur suppliques aux différents souverains et ministres leur demandant soit un changement de climat pour l’exilé, soit l’autorisation de rejoindre son frère. Planat de la Faye, officier d’ordonnance de l’Empereur à qui l’on venait de permettre de rallier Sainte Hélène, reçoit l’ultime missive de cette sœur fidèle…. « J’aime l’Empereur plus que tout au monde. Je suis assez heureuse en ce moment pour lui en donner la plus forte preuve, car j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour le suivre…voilà Monsieur de Planat, quatre nuits que je passe à écrire pour envoyer partout des copies de lettres et faire connaître la triste position de l’Empereur. Je suis à Frascati pour me remettre et attendre la réponse de Londres pour partir pour Sainte Hélène…j’espère que Dieu me donnera la force d’y arriver, de voir l’Empereur, de partager ses peines. »

C’est finalement le 10 juillet que Pauline apprend la mort de son frère sur cette île, verrue noire sortie de l’océan. Sans un mot elle ferme sa porte à tout le monde. Quelques jours plus tard, le testament du chef du clan est lu devant les Bonaparte présents à Rome. On ne s’étonnera pas que Napoléon marque pour Pauline, qui fut la seule de tous ses frères et sœurs à partager son exil sur l’île d’Elbe, des attentions toutes spéciales, notamment ce qui relève du paragraphe 9….

« J’avais à l’île d’Elbe une petite métairie appelée Saint-Martin estimée à 200 000 francs avec meubles, voitures ect….Cela avait été acheté des deniers de la princesse Pauline….si on le lui a remis, je suis satisfait, mais si on ne l’a pas fait, mes exécuteurs testamentaires doivent en poursuivre la remise, qui sera donnée à la princesse Pauline, si elle vit, et qui rentrera à la masse de ma succession si elle ne vit plus alors ».

A la lecture de ce legs qui lui rappelle tant de souvenirs, Pauline glisse de son fauteuil et s’écroule sur le sol, évanouie. Après avoir acquis cette maison, lors de son premier séjour en juin 1814, elle était repartie en souhaitant sans acte notarié, la laisser à son frère et Napoléon avait accepté ce don si discrètement fait.

L’épopée Bonaparte terminée, il faut rebâtir. Pauline l’âme trop solidement tremper refuse de sombrer. Cette fermeté de caractère, cette ténacité jusqu’alors masquées par sa déplorable santé et par sa grâce s’affirment tandis que déclinent ses forces physiques. Plus par raison que par tendresse, elle s’emploie à recréer les liens d’une famille éclatée. La princesse Borghèse aborde l’ultime tournant de sa vie, mourir chrétiennement ne suffit pas à cette âme ambitieuse, elle veut se réconcilier avec son époux.

De ce mari trompé, méprisé, Pauline ne veut se rappeler que l’amour ancien, dans cette période souriante, couronnée par l’apothéose su Sacre. Comment oublier qu’elle l’avait aimé, la joie du don, la sensualité partagée, les désirs de rejoindre l’autre et de se fondre en lui. Etait-ce sa faute si partout où elle passait, elle provoquais des passions, si jeunes et vieux, tous ceux qui l’approchaient étaient émus, si les cœurs les plus rassis tremblaient ?....Aussi tente-t-elle de rappeler Camille l’ombre de leur amour.

Mais le prince Borghèse n’entend pas renoncer à sa maîtresse la duchesse Lante della Rovere et à la vie brillante qu’il mène à Florence…il poursuit donc ses démarches auprès de la Rote pour ne pas renouer des nœuds conjugaux si longtemps dénoués. Pauline qui n’a jamais cessé, depuis neuf ans, de correspondre avec plusieurs princes de l’Eglise, notamment avec le Cardinal della Genga devenu le successeur de Pie VII, va trouver un soutien chez le Cardinal Rivarola, lequel parle à Léon XII du retour de Dieu de cette belle pécheresse.

Aucune ville au monde ne pouvait plus que Rome favoriser le dernier avatar de la princesse Borghèse. Celle qu’on appelait, lorsqu’elle était gamine, Panganetta, apporte la preuve éclatante que tous les chemins mènent à Rome et que les voies du Seigneur sont impénétrables. Léon XII qui protège Pauline, engage « paternellement » Camille à vivre désormais en bonne harmonie avec son épouse. Impossible à un prince romain de se soustraire à l’autorité du Pape.

A la fin de 1824, les portes de son palais florentin s’ouvrent sur une femme bien différente de celle qu’avait connue le prince Borghèse. Cette immatérielle silhouette qui descend avec lenteur, avec peine, du carrosse et dont le visage émacié est toujours illuminé de ses yeux ambrés, réveille chez Camille des émotions oubliées…il l’a saisit dans ses bras et les referme sur elle pour ne plus jamais les rouvrir, comme le relatent, avec étonnement, les témoins de cette réconciliation.

Par sa douceur et par sa sincérité, Pauline réussit l’invraisemblable….elle subjugue son mari et s’adapte sans effort à sa nouvelle vie, président plusieurs fois par semaine des réceptions auxquelles se ruent l’aristocratie toscane et les étrangers de passage. Parfaitement à l’aise, ignorant les regards qui la scrutent avec une curiosité maligne ou envieuse, la princesse à un mot aimable pour chacun. Le prince quelque peu décontenancé, mais étrangement charmé s’incline à ses côtés. Si elle finit par rallier tous les suffrages, quelques aigris, cependant, parient sur cette nouvelle cohabitation et ne croient pas à ce replâtrage sentimental et social.

Chaque fois que ses souffrances lui laissent un peu de répit, Pauline réclame le bras de Camille pour une promenade sur le Corso…. « Je suis, lui dit-elle, comme une plante exotique qui périt si on la prive des rayons du soleil ». Toute menue sur sa méridienne où elle reprend d’instinct la pose dans laquelle Canova l’a immortalisée, elle reçoit les hommages d’une société qui lui marque sa reconnaissance.

La présence de cette nouvelle Scheherazade est une divine surprise pour les Florentins qui découvrent sa bonté, sa clairvoyance, son sens de l’observation si fin, ses spirituelles réparties qui ne blessent jamais, son absence de prétention….quand il lui arrive de dire quelque chose d’important, elle l’accompagne d’un sourire qui donne à ses paroles le vernis de la frivolité et parvient ainsi à se faire pardonner sa beauté.

Sur l’ordre des médecins, les visites lui sont maintenant interdites, la chaleur naissante de mai aggrave son état….. « Je suis fort mal, écrit-elle à son frère Louis, je ne fais que vomir et souffrir…le prince va louer une villa à un mille d’ici où j’irai passer le mois de mai….. ». C’est à la villa Strozzi où Camille se montre plein de sollicitude que la mort va libérer Pauline. Selon le docteur Parlange, elle était poitrinaire. De nos jours on penche plutôt pour un cancer du foie lequel se révèlera à l’autopsie profondément rongé.

Il est miraculeux qu’un organisme comme le sien, grevé de lésions si profondes, ait pu résister si longtemps. La princesse ne craint pas cette heure dernière, cette heure où l’on ne se ment pas plus que l’on ne ment à Dieu. Elle se souvient de son éphémère royauté des splendeurs dont elle fut le reflet et songe que puisque l’empire a sombré depuis dix ans, son rôle s’achève.

Le Cardinal Rivarola aura sa dernière lettre….. « Si je meurs au milieu de cruelles et horribles douleurs d’une longue maladie que j’ai supportée avec résignation sans avoir nul sentiment de haine ni d’animosité contre qui que ce soit, dans les principes de la foi »…

Le 9 Juin 1825, à une heure de l’après-midi, Pauline baisse une dernière fois les paupières sur ses yeux dont l’éclat a si longtemps fasciné le monde. Enterrée dans la crypte de la chapelle Borghèse, cette « Paganetta », cette Eve gourmande qui, avec constance, croqua la pomme, puis le pommier mais non le verger, repose entre deux papes….le fastueux Paul V et le dévot Clément VIII.


……..FIN….....

Son Testament.

Dans la matinée de cette belle journée du 9 Juin 1825, en présence de cinq témoins, Pauline dicte avec calme et fermeté son testament au notaire. Personne n’est oublié. Son époux reçoit notamment sa villa de Lucques…. « comme faible témoignage pour le sincère et véritable attachement qu’il m’a montré dans ma longue maladie ». Monseigneur Strambi, en présence de Jérôme et de Camille, lui donne les derniers sacrements. Avant d’expirer, elle prononce qu’une seule phrase sur laquelle on ne finira pas d’épiloguer….. « Je savais ce que je faisais et je le referai si j’avais à le faire »
……..

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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