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 Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Jeu 3 Déc - 10:41

....... ....... ...Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?...


......( Sources Paul Ganière)....

La publication d’importants Mémoires comme ceux de Bertrand et de Marchand a permis de mieux connaître les épisodes du dernier acte de la vie de Napoléon. Il restait aussi d’autres sources à explorer pour enrichir ce sujet…….


Le 3 juillet 1815, une voiture escortée de chasseurs s’arrête devant la préfecture maritime de Rochefort. Napoléon, visiblement fatigué et abattu, en descend, salué par le Préfet en personne, le baron Casimir de Bonnefous. Dès les premières paroles, il s’enquiert de la situation de deux frégates qu’il sait ancrées dans le port et veut connaître si leur équipement leur permet un prompt appareillage pour l’Amérique.

Telle semble être alors la principale préoccupation de celui qui, trois mois plus tôt revenait de l’île d’Elbe et accomplissait à travers le territoire Français une marche triomphale.

Pour la seconde fois en deux ans, le sort des armes a amené l’Empereur à renoncer au trône. Le 18 juin à Waterloo, l’armée française a été défaite par les troupes Anglo Prussiennes, la route de Paris a été de nouveau ouverte aux Alliés comme elle l’avait été un an auparavant et, le 22 juin sous la pression des évènements, Napoléon s’est résigné à abdiquer. C’’est donc un homme contraint à l’exil qui interroge le préfet maritime de Rochefort, comme si la réponse qu’il va recevoir dépend son destin.

Bonnefous, et avec lui toutes les autorités locales, estime que la rapidité de son embarquement est un élément de succès. Depuis quelques jours en effet, des bâtiments anglais sont signalés au large, se préparant selon toute vraisemblance à organiser le blocus des côtes françaises.

Aussi, pour tromper leur surveillance, propose-t-on au proscrit plusieurs plans de sortie, non à bord des frégates auxquelles le gouvernement provisoire à hypocritement interdit de prendre le mer, sauf si elles sont assurées de ne rencontrer aucune opposition de la part de la flotte britannique, mais sur d’autres bâtiments moins voyants qui, soit par la ruse, soit par leur vitesse, soit sous le couvert d’un pavillon neutre, auront les plus grandes chances de passer à travers un filet dont les mailles se resserrent chaque jour davantage.

A la stupéfaction générale, l’Empereur, qui paraît accepter ces offres désintéressées, finit par les refuser toutes. Il veut, dit-il, attendre les laisser passer que le gouvernement provisoire a demandés pour lui aux autorités anglaises et quitter le sol de son pays non comme un fuyard, mais comme un libre citoyen.

Douze jours vont se passer ainsi. A Rochefort d’abord, sur l’une des frégates ensuite, à l’île d’Aix enfin, l’Empereur laisse s’écouler un temps précieux. Il ne doit cependant nourrir aucune illusion quant aux facilités que les Anglais pourront lui accorder pour le laisser gagner un continent où il aura toute latitude de méditer de nouvelles conquêtes et où il leur sera impossible de contrôler ses agissements.

Tout donne à penser que, malgré les recommandations de prudence de certains de ses compagnons et devant le danger grandissant que représente le blocus britannique, il veuille volontairement fermer les yeux.

Ce danger va très rapidement se doubler d’un autre, encore plus menaçant. Depuis le 8 juillet, Louis XVIII est remonté sur le trône et pour Napoléon, la perspective de se voir mettre la main au collet par les policiers du roi risque de devenir un jour prochain une réalité.

Pour éviter une telle honte, il ne subsiste dès lors d’autre issue que de demander asile au peuple anglais, c'est-à-dire à prendre place sur le vaisseau de ligne, le « Bellérophon », mouillé à quelques milles dans la rade, et qui semble monter patiemment la garde.

Depuis quelques jours, l’Empereur a fait établir des contacts avec son commandant. Après avoir obtenu de lui l’assurance d’être conduit en Grande-Bretagne, il se rend à son bord le 15 juillet. Il vient lui dit-il, se mettre sous la protection des lois en vigueur dans son pays.

Dans cette lettre adressée la veille au prince régent d’Angleterre, il a exprimé cette même intention et évoqué en termes très émouvants sa confiance en une législation qui, à ses yeux, le garantit contre toute surprise. Cette décision, pour le moins hasardeuse, n’a certainement pas été prise à la légère. Sur quelles données, sur quels textes, pouvait-elle s’appuyer ?

Ce danger va très rapidement se doubler d’un autre, encore plus menaçant. Depuis le 8 juillet, Louis XVIII est remonté sur le trône et pour Napoléon, la perspective de se voir mettre la main au collet par les policiers du roi risque de devenir un jour prochain une réalité.

Pour éviter une telle honte, il ne subsiste dès lors d’autre issue que de demander asile au peuple anglais, c'est-à-dire à prendre place sur le vaisseau de ligne, le « Bellérophon », mouillé à quelques milles dans la rade, et qui semble monter patiemment la garde.

Depuis quelques jours, l’Empereur a fait établir des contacts avec son commandant. Après avoir obtenu de lui l’assurance d’être conduit en Grande-Bretagne, il se rend à son bord le 15 juillet. Il vient lui dit-il, se mettre sous la protection des lois en vigueur dans son pays.

Dans cette lettre adressée la veille au prince régent d’Angleterre, il a exprimé cette même intention et évoqué en termes très émouvants sa confiance en une législation qui, à ses yeux, le garantit contre toute surprise. Cette décision, pour le moins hasardeuse, n’a certainement pas été prise à la légère. Sur quelles données, sur quels textes, pouvait-elle s’appuyer ?

Les leaders libéraux avaient pris l’offensive à la Chambre des Lords. Le marquis de Landstowne, puis le marquis de Wellington, refusèrent d’admettre le déclenchement par leur pays d’une guerre portant atteinte « au principe sacré de l’indépendance des peuples ». ….Lord Stanhope dénia l’Angleterre le droit de se battre pour imposer à la France une dynastie qu’elle avait rejetée et rappela que la Grande-Bretagne n’aurait jamais toléré une intervention étrangère lors du remplacement d’un Stuart par le prince d’Orange, ou plus récemment lors de l’avènement au trône d’un prince de Hanovre.

Le premier ministre, lord Liverpool, avait répliqué que la Grande-Bretagne ayant sans relâche combattu Napoléon Bonaparte, il n’y avait plus lieu de lui déclarer la guerre, mais que celle-ci, du seul fait de son retour, « continuait ». Aux Communes, le ton fut encore plus violent. Un député libéral fort populaire, sir Francis Burdett, proclama qu’il était « monstrueux de faire la guerre à une nation pour lui imposer un souverain dont elle ne voulait pas ».

Le ministre des Affaires étrangères, Lord Castelreagh, lui répliqua aux applaudissements de la majorité, que la consolidation du pouvoir de « Bonaparte » sur le continent ferait peser une
« lourde menace aux libres institutions britanniques ». Mais lorsque les députés avaient été invités à passer au vote, l’opposition réunit 37 voix, soit dix de plus qu’au scrutin précédent.

Encouragés par ce résultat, les libéraux ne se tinrent pas pour battus. Le 23 mai, le Parlement britannique était appelé à se prononcer sur l’octroi au gouvernement de crédits nécessités par l’aide militaire, aux alliés de la Grande-Bretagne et l’on s’attendait, de part et d’autre, à un combat acharné.

Le début de la Chambre Haute se termina par une majorité de 157 voix contre 43. A la Chambre des communes, sir Francis Burdett fit état d’une pétition des habitants de la Cité de Londres, protestant contre les menées bellicistes des conservateurs et l’augmentation des impôts, à la suite des récents évènements, mais un porte parole du gouvernement avait assuré les députés que la guerre serait brève et moins onéreuse qu’une acceptation de l’état de fait en France. Néanmoins, à la surprise générale, la motion libérale avait recueilli 92 voix !

Ces querelles sur le plan parlementaire avaient montré à Napoléon la réalité outre-Manche d’un parti bien organisé, armé d’une presse puissante, capable dans une large mesure d’influencer l’opinion publique en sa faveur. Voilà certes un fait important. D’autre part, l’impartialité avec laquelle les journaux traitaient devant leurs lecteurs des débats politiques et de leurs incidences dans le pays lui donnait une juste idée du libéralisme des institutions britanniques.

Mais il y a plus encore. D’autres arguments, ceux-ci d’ordre juridique et non plus politique, étaient venus apporter à Napoléon la conviction qu’en cas de malheur irrémédiable, la protection anglaise serait préférable à toute autre. Après Waterloo, Lavalette et Caulaincourt, soutenus par divers juristes, avaient formulé à ce sujet des assurances fort nettes, et il était bien évident que leurs affirmations, en un pareil moment, avaient revêtu dans l’esprit du vaincu une importance primordiale.

Depuis lors, la pièce maîtresse sur laquelle prend appui la confiance de Napoléon n’est autre que la… Magna charta libertum… de juin 1215, par laquelle Jean sans Terre confirmait aux barons Anglais sa reconnaissance de leurs anciennes libertés.

Dans cet acte solennel, il était précisé que…. « Nul homme libre ne serait ni poursuivi, ni arrêté, ni puni dans ses biens ou qu’après un verdict légal délivré par ses égaux ou d’après les lois du pays. »….. Ce texte tendait à ne laisser, sur tout le territoire régi par les lois britanniques, aucune place à l’injustice et à l’arbitraire. En 1679, l’Habeas Corpus Act était venu apporter d’autres précisions aux articles de la Magna Chartra concernant la liberté individuelle.

Au termes de ce « bill » célèbre, tout citoyen résidant en Grande-Bretagne et emprisonné sans jugement pouvait solliciter ou faire solliciter par une tierce personne du Lord Chancelier ou de l’un des Grands Juges d’Angleterre un Writ d’habeas corpus ad judiciendum, sorte de mandat provoquant en présence du détenu l’ouverture immédiate de la procédure et éventuellement son élargissement si sa culpabilité n’était pas suffisamment reconnue.

Ainsi, de toute évidence, si Napoléon se rendait un jour au « foyer du peuple britannique », nul ne pourrait le maintenir en détention ou disposer de sa personne en vertu de ces deux textes. A bord d’un navire battant pavillon anglais, ne serait-il pas déjà, en vertu de la même loi, « un individu résident en Grande-Bretagne » ?..... Si l’on s’avisait par la suite de le jeter en prison sans jugement, combien de voix libérales….les derniers débats politiques lui en apportaient la preuve….ne s’élèveraient-elles pas pour solliciter u « writ » en sa faveur ?

....A....Suivre..... ....








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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Percy
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Jeu 3 Déc - 21:49

L'aveuglement de Napoléon laisse pantois !
Dans cette partie de poker au cours de laquelle se jouait son destin, il semble hésitant, indécis et il fera finalement le plus mauvais choix.
Etait-ce une attitude préméditée de sa part ?
Difficile de se prononcer...
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Jeu 3 Déc - 22:13

C'est non seulement incohérent et incompréhensible. Quelle erreur d'analyse de sa part.
On se demande bien pourquoi les anglais ne l'ont pas laissé venir à terre après l'exposé de jean-Baptiste. Cela explique certaines choses.
Napoléon n'était pas le seul à connaître les lois anglaises. Et ils ont oublié d'être fous.
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Jeu 3 Déc - 23:39

L' idée de s'évader vers les états unis comme un lâche et un voleur lui paraît insupportable..Pour Napoléon il y a une certaine noblesse à s'en remettre à l'ennemi héréditaire...et puis c'est trop tard: le Bellorophon anglais à l'ile d'Aix tire une salve pour célébrer l'entrée des alliés dans Paris..Et puis il y a Fouché et Talleyrand, le vice et la vertu, Blùcher et Wellington, le retour orchestré des Bourbons, la France qui vacille dans les grenouillages politiques et les trahisons des anciens fidèles...et la guerre civile qui lui semble inévitable s'il persiste dans son éventuelle renaissance..cela fait beaucoup de choses pour l'empereur déchu.
" Altesse royale, en butte aux factions qui divisent mon pays,et à l'inimitié des grandes puissances d'Europe,j'ai terminé ma carrière politique, et je viens comme thémistocle m'asseoir au foyer du peuple britannique.Je me mets sous la protection de ses lois que je réclame, comme du plus puissant, du plus constant et du plus généreux de mes ennemis"
Napoléon s'en remet à Albion la perfide, il connaissait déjà et sûrement la suite.Et puis l'Angleterre est exsangue à force de financer la guerre, alors elle élimine une fois pour toute son incarnation même.Tout en oeuvrant pour le non partage de la France cher aux germains, le retour de la royauté en France semblant pour elle le gage de stabilité.
alors erreur? pas si sûr. Sortie penaude de Napoléon, mais acte courageux et responsable.
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 11:29

....... ....... ...Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?...

......( Sources Paul Ganière)....Suite.....




Ce raisonnement, apparemment sans aucune faille, s’impose de plus en plus à la pensée de Napoléon au cours des journées tragiques de Rochefort. Il en arrive ainsi à conclure, non sans raison, que s’il est admis à prendre place sur le « Bellérophon », il se trouve pratiquement assuré d’obtenir l’autorisation de débarquer sur le territoire du Royaume-Uni.

Dès cet instant, ses amis le lui ont expliqué, il tombera sous le coup de l’Allien Bill, autre loi anglaise fondamentale qui régit les droits et les devoirs de tout étranger, ami ou ennemi, admis pour un motif ou pou un autre à résider momentanément en Grande-Bretagne et il faudrait un jugement d’une Cour de justice pour que ces avantages lui soient momentanément retirés.

Etant donné l’ampleur du mouvement populaire dont il soupçonne l’existence, il ne doute pas que le gouvernement anglais hésitera longuement avant de se lancer dans une telle aventure. On comprend mieux, à la lumière de ces connaissances, pourquoi l’Empereur, dés le 10 juillet, avait fait entreprendre une démarche auprès du capitaine Maitland, commandant le « Bellérophon » pour savoir dans quelles conditions ce dernier envisagerait de lui donner asile et pourquoi, cinq jours plus tard, après avoir reçu de sa part une promesse d’accueil, qu’il voulait croire suffisante, il avait pris place sur son bâtiment.

Il pouvait se proclamer dès lors « l’hôte » du gouvernement britannique, car il lui paraissait invraisemblable que Maitland l’ait accueilli de sa propre autorité et sans avoir obtenu au préalable l’agrément de ses supérieurs.

Les attentions prodiguées à l’Empereur au cours de la traversée renforcent encore cet optimisme. C’est donc un homme tranquille et confiant dans son avenir qui, le 24 juillet au matin, découvre la côte anglaise, qu’il avait seulement entrevue jusqu’alors depuis Boulogne ou Calais.

Dès que sa présence à bord est connue, des embarcations prennent la mer, et, en dépit des consignes sévères données par le commandant du port, tentent de s’approcher du « Bellérophon ». Elles sont montées par des riverains qui, sans aucune idée hostile, cherchent simplement à l’apercevoir.

Napoléon se félicite de cette curiosité qui lui paraît traduire, les bons sentiments de la population anglaise à son égard. On ne l’avait donc pas trompé en lui disant que son prestige personnel rayonnait largement de l’autre côté de la Manche et que la Grande-Bretagne comptait bon nombre de « braves gens ».

Le lendemain 25 juillet, la foule venue parfois de fort loin, augmente encore et on estime à plus d’un millier les barques qui tournent inlassablement autour du navire. L’Empereur, visiblement touché par ces manifestations spontanées, se montre volontiers sur le pont, saluant ces hommes et ces femmes qui agitent leurs mouchoirs, lui jettent parfois des fleurs, sans jamais proférer à son endroit une parole discourtoise ni ébaucher un geste déplacé. Chez les français, la bonne opinion que l’on commençait à se faire du peuple britannique se confirme d’heure en heure.

Une ombre cependant se dessine sur ce tableau trop enchanteur. Si les journaux libéraux apportés par les officiers anglais affichent leur confiance en la générosité et en la loyauté du gouvernement, les gazettes conservatrices publient des appréciations très violentes à l’égard de « l’ogre corse », du « vaurien sanguinaire », et pour lui faire expier ses « crimes », proposent toutes sortes de châtiments, dont le moins cruel serait la déportation dans une île lointaine.

Malgré le « malaise » que provoque inévitablement cette lecture, Napoléon n’en continue pas moins à afficher la plus parfaite sérénité. Le 26, le Bellérophon reçoit l’ordre d’appareiller pour Plymouth, tandis que l’on apprend que le gouvernement délibère à Londres pour décider du sort du vaincu. Le bateau parvient à destination dans la soirée et dès le lendemain, de même que les jours précédents, les curieux recommencent à affluer, constituant par leur insistance et leur extrême correction un précieux contre poids aux commentaires de plus en plus hargneux de la presse conservatrice.

Le 31 juillet, la notification officielle de la résolution ministérielle est faite aux Français. Le cabinet Britannique, invoquant les devoirs de la Grande-Bretagne à l’égard de son propre peuple et de ses alliés voulant d’autre part éviter que le « général Bonaparte » conserve les moyens de troubler à nouveau la paix de l’Europe, a jugé absolument nécessaire de le restreindre dans sa liberté personnelle et de le déporter dans l’île de Sainte-Hélène.

Toutes les dispositions, rendant la sentence immédiatement applicable, sont prises par les autorités responsables et transmises à ceux qui ont la charge de les exécuter. La partie semble définitivement perdue pour l’Empereur et tout donne à penser qu’en se rendant aux Anglais il a fait un mauvais calcul. Bien entendu, il élève une violente protestation devant ceux qui lui ont communiqué la terrible nouvelle, mais ce premier mouvement d’humeur passé, il s’efforce de retrouver tout son sang froid. C’est dans cet esprit et en vertu des principes mêmes du droit britannique, les articles de la Magna Chartra et de l’Habeas Corpus Act doivent maintenant être invoqués en sa faveur et permettre de retourner une situation apparemment désespérée.

Tel est aussi l’avis des libéraux qui, dans leurs journaux, se posent en défenseurs du droit et demandent pour cet « hôte imprévu » de la Grande-Bretagne la stricte application de la loi. Un article du Morning Chronicle déclare hautement que la seule solution légale pour décider du sort de Napoléon serait de solliciter en son nom un Writ d’habeas corpus ad judiciendum.

Ces paroles ne manquent pas de causer un certain émoi chez les conservateurs, d’autant plus que l’on apprend bientôt qu’un juriste londonien, Sir Samuel Romilly, s’intéresse à l’affaire et s’est chargé de réunir tous les éléments pouvant rendre impossible le refus de recevoir l’Empereur sur le territoire anglais. Il semble bien qu’à bord de Bellérophon les Français aient été avisés par une voie restée mystérieuse, du déclenchement de ces efforts.

Sir Samuel est un homme trop habile pour ne pas s’apercevoir qu’en s’acharnant à obtenir un Writ d’habeas corpus ad judiciendum en faveur de Napoléon Bonaparte, il risque de faire fausse route. L’intéressé n’étant ni un délinquant ni un criminel au sens réel de ces mots, il y aurait quelques inconséquence à revendiquer pour lui les avantages concédés dans l’esprit des législateurs aux seuls individus soupçonnés d’une infraction au règlements et placés de ce fait en détention préventive.

Au fond, il convient seulement d’empêcher la déportation sans jugement d’un homme venu demander asile à l’Angleterre et, pour y parvenir, de commencer par le faire débarquer. Fort heureusement, la législation anglaise offre un autre moyen pour tenter de parvenir à ce but. Si l’Habeas Corpus Act Accorde a tout détenu la faculté de comparaître devant un juge, il permet également à tout être humain s’estimant injustement attaqué de se défendre et de faire citer devant le tribunal tous ceux dont il estime les témoignages nécessaires.

En conséquence, si Sir Samuel Romilly peut découvrir la possibilité de faire appeler napoléon devant une barre au titre de simple témoin dans une quelconque affaire, il réussira par cet artifice à lui faire quitter sa prison flottante avant qu’elle ait pris le chemin de Sainte-Hélène, et le proscrit pourra solliciter dès cet instant la protection de l’Allien Bill. ….Aussi incroyable que la chose puisse paraître, cette procédure connaît un début d’exécution.

Un certain Antony MacKenroth, ayant pris partie l’amiral Sir Alexander Forrester Cochrane, commandant en second en 1806 la station des Indes Occidentales, au sujet de son attitude trop débonnaire à l’égard de la flotte française, un procès en diffamation s’engage. MacKenroth se retranche subitement derrière le témoignage essentiel que pourrait apporter dans le débat la déposition de Napoléon Bonaparte, présentement à bord d’un navire de Sa Majesté britannique ancré dans un port du royaume.

Une assignation en bonne et due forme est lancée, devenant aussitôt exécutoire. L’affaire est cousue de fil blanc, mais l’intervention de Sir Samuel Romilly s’annonce particulièrement habile et d’une efficacité certaine. En Angleterre, la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire est si nette qu’il est impossible pour le gouvernement de contrarier la manœuvre. Fort de son premier succès, MacKenroth s’emploie immédiatement à en tirer profit.

Le gouvernement anglais saisit sans peine le danger. Si l’assignation est remise en mains propres à Napoléon, ou, à son défaut, au commandant de l’escadre dont dépend le Bellérophon, il deviendra impossible son débarquement. Or, le procès de MacKenroth ne devant être appelé devant le tribunal que le 10 novembre, « le prisonnier de l’Europe » sera ainsi assuré de séjourner plus de trois mois à terre, délai amplement suffisant pour permettre au parti libéral de se déchaîner.

Puisque les ministres n’ont pu, en toute légalité, s’opposer à la mise en œuvre d’une telle procédure, ils vont cependant s’efforcer par des moyens détournés de la rendre inopérante. Le 4 août, de très bonne heure, le premier ministre Liverpool, estimant que « Bonaparte lui cause beaucoup de soucis à Plymouth », adresse un télégramme à lord Keith, commandant la flotte de la Manche en résidence dans ce port, pour le prévenir de l’arrivée imminente de MacKenroth porteur de son assignation et qu’il importe que ce dernier ne puisse en aucun cas remplir sa mission.

En même temps, l’Amirauté donne l’ordre au commandant du Bellérophon de prendre le large le large sans perdre un instant. De son côté, MacKenroth fait diligence. Parvenu à Plymouth au cours de la matinée du même jour, il se fait aussitôt conduire sur le quai et aperçoit au loin les voiles du Bellérophon qui commencent à se gonfler. De toute évidence Maitland s’est empressé d’obéir aux consignes reçues le matin même.

A......Suivre...... ....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Daumesnil

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MessageSujet: pourquoi l'Empereur.....   Ven 4 Déc - 11:53

Je ne sais pas où est passé ma réponse d'hier soir (je suis vraiment débutante...) Je pensais à l'Homme déprimé, trahi par tous ce dont il était bien conscient.
Je parlais de l'habea corpus ,refusé à tous lors de l'escale à Torkay Bay ,interdit à quiconque de descendre du Bélérophon, sous peine d'accorder ce droit à "toute la maison" (donc l'Empereur) et je demandais si quelqu'un peut me dire où trouver le livre "Les girouettes de l'Empereur" édité en 1816 1818 ... 'Route Napoléon ,peut-être..)
Vive l'Empereur.
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 12:14

il y abien "la république des girouettes" de Pierre Serna, et d'autres aussi, mais un livre édité à cette époque, sera aussi rare que difficile à trouver dans le commerce, presque une pièce de musée..
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Daumesnil

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MessageSujet: les giroouettes...   Ven 4 Déc - 12:26

Merci infiniment, de la réponse si prompte, je veux seulement savoir les références, si possible, non je ne veux pas de pièce de musée, je pars en laissant la clef sur mon bivouac,alors... Je veux seulement le lire pour retrouver des "méchants" et les mémoriser tous. Vive l'Empereur.
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Percy
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 19:09

Dans cette affaire, tout s'est joué à un fil.
Si Mc Kenroth avait pu remettre l'assignation à l'Empereur, le cours de l'histoire eût probablement été changé.
Mais il était écrit que la légende s'écrirait autrement...
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 19:18

Percy, ça, c'est ce qui est écrit.
Penses-tu réellement une seconde que les anglais ont un jour envisagé d'accueillir l'Empereur ?
Ce n'est pas du mauvais humour. Wink

Pour ma part, je n'y crois pas une seconde, et ce n'est rien de le dire.
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Percy
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 19:31

Je pense en effet que les milieux libéraux y étaient favorables.
Lord Holland et son épouse ont beaucoup oeuvré à cette fin et ils ont continué à défendre l'Empereur exilé, malgré les désagréments qu'une telle attitude leur occasionnait.
Ils furent loin d'être les seuls.
Une frange non négligeable de l'opinion publique britannique était encline à accueillir Napoléon sur son sol, mais le gouvernement en place s'y refusait obstinément.
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 19:41

....... ......

C'est vrai comme le dit si justement Percy....le cours de l'histoire aurait pu changer la destinée de Napoléon...Si....!!!....hélas il n'en fut rien...son avenir était tracé....je vous laisserais découvrir le sort qui fut réservé au sieur Mackenroth.....!!!!


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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 19:59

si ceci ou cela ...changeons de position si j'ose dire, sans allusion aucune..tiens, supposition à dieu ne plaise et ne nous vexons pas de ne pas l'être: Nous sommes [b]anglais,yes sir Evil or Very Mad qu'elle aurait été notre attitude? nous, les spécialistes du rasoir national...Quelles étaient les lois françaises que nous aurions appliqué si le roi d'Angleterre avait été dans le même état que Napoléon? y pensait-il lui même quand il regardait l'Angleterre depuis Boulogne?
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Ven 4 Déc - 22:00

Alors Jean-René, dieu je ne sais pas car je ne le connais pas, mais je vous rejoints pleinement sur votre avis.
On l'aurait mis sur un bucher, ou la guillotine.

Je n'ai jamais, et je ne comprendrais jamais, je crois, Napoléon pour cette décision. Sauf si ....

Mais ça, je me le garde, sinon, on n'en sortira jamais. Very Happy Wink
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MessageSujet: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux   Sam 5 Déc - 10:27

...... ...... ......Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?...

......( Sources Paul Ganière)....Suite...et Fin...


Sainte-Hélène...

Mackenroth, dans l’impossibilité de le rejoindre, se rend auprès du commandant du port, Sir John Duckworth, afin de lui demander l’octroi de toutes facilités pour mener à bien son entreprise. Celui-ci se retranche prudemment derrière lord Keith. MacKenroth se dirige alors vers la maison occupée par l’amiral. Dès l’annonce de cette visite inopportune, ce dernier s’empresse de s’échapper par la porte de sa cuisine et saute dans sa barge personnelle qui doit l’amener, à la cadence de ses douze avirons, à bord du vaisseau de ligne le Tonnant, visiblement mouillé dans la rade.

Nullement découragé, MacKenroth cherche à la rattraper. Il finit par trouver, à grand peine et pour une somme élevée une embarcation qui se lance à la poursuite du vénérable lord. Il croit la partie gagnée lorsqu ‘il aborde à son tour, avec quelque retard, il est vrai, le flanc du Tonnant sur lequel flotte largement déployé, le pavillon de l’amiral.

Conscient de sa responsabilité en un pareil moment, lord Keith a tout prévu. Convaincu que MacKenroth, grâce à ce stratagème, se laisserait prendre au piège et essayerait de le découvrir à bord (il a pris la précaution supplémentaire de renvoyer vers Plymouth son canot ostensiblement vide), l’amiral a quitté précipitamment son bâtiment quelques minutes seulement après y avoir accosté. Il est monté sur une simple baleinière qui, faisait semblant de le conduire vers une frégate ancrée à proximité, a reçu l’ordre de le déposer à terre, à Cowsand Bay.

Sans perdre de temps, il repart vers le Prométhée qui, aussitôt, commence à manœuvrer vers le large. Le commandant en chef de l’escadre de la Manche se sent enfin en sécurité. Pendant ce temps, le malheureux plaideur fouille consciencieusement les ponts et entreponts du Tonnant. Se voyant joué, il se résigne à revenir à Plymouth et de guerre lasse, se réfugie dans un café d’où il écrit à l’adresse de l’amiral une lettre comminatoire dans laquelle il lui rappelle les péripéties de cette journée mémorable, le menace des foudres de la justice s’il continue à se dérober.

Il lui fait aussi part de son intention de rester jusqu’au lendemain afin de lui laisser le loisir de réfléchir et l’informe enfin de sa ferme résolution, s’il ne reçoit pas de réponse, de fréter un cutter pour tenter de joindre coûte que coûte le Bellérophon. Malheureusement pour MacKenroth, et surtout pour Napoléon, l’heure du succès est passée. Sa lettre ne parviendra pas à son destinataire qui se trouve déjà en haute mer, et lui fût-elle parvenue, elle serait sans aucun doute demeurée sans effet…..

Quand au…. Bellérophon, poussé par une brise favorable, il est hors d’atteinte, et le transbordement de l’Empereur sur le Northumberland ….pourra s’effectuer trois jours plus tard sans incident.

Cet épisode, très mal connu, a été volontairement ou non considéré pendant très longtemps comme un incident comique ne pouvant donner lieu à aucune interprétation valable. Rien, cependant, ne permet de le minimiser. MacKenroth, et ce ne fut de sa part qu’une réaction normale, prit l’affaire très au sérieux. Après son échec de Plymouth il ne s’avoua pas vaincu.

Le 31 août, alors que Napoléon était déjà loin sur la route de Sainte-Hélène, il écrivit à Marie Louise une longue missive dans laquelle il lui rendait compte de ses démarches tendant à procurer en Grande-Bretagne une « résidence paisible » à son mari…..il ajoutait un peu naïvement qu’il tenterait bientôt une nouvelle action destinée à faire « un bruit terrible au parlement » et qu’il irait volontiers à Vienne pour y connaître les désirs de l’ex-impératrice. Il lui conseillait enfin de s’adresser de son côté au prince régent d’Angleterre pour demander la libération de Napoléon, assurant sa correspondance que son Altesse Royale était un « cavalier trop galant » pour rester insensible à une telle prière.

Bien entendu, cette lettre resta sans réponse. Marie Louise se consolait alors dans les bras du comte de Neipperg et avait bien d’autres soucis que de s’occuper de l’avenir de son impérial époux. Elle fit parvenir le billet de Mackenroth au prince de Metternich, qui le renvoya à lord Castelreagh.

Chose plus curieuse, l’affaire eut une suite inattendue…..par une suite de coïncidences troublantes, la « malchance » sembla s’acharner sur l’infortuné plaideur qui n’avait pourtant commis d’autre crime que de demander la stricte application d’une loi imprescriptible.

Le 10 novembre, son procès contre l’amiral Cochrane fut appelé devant la Cour de Justice. Brillamment défendu par le député Brougham, il n’en fut pas moins débouté et condamné à payer les frais de procédure. Le 25 du même mois, à la suite de perquisition opérée sans mandat régulier à son domicile, il fut mis en état d’arrestation sous l’inculpation d’escroquerie au préjudice des agents de la marine.

Le 15 janvier 1816, il comparut devant le tribunal de l’Old Bailey qui, après onze heures d’audience au cours de laquelle l’accusé se défendit avec une vigoureuse énergie, prononça son acquittement.

MacKenroth pouvait se croire au bout de ses peines, mais il n’en fut rien. Un médecin le déclara irresponsable et ordonna son internement. Les deux servantes de MacKenroth avaient déposé contre lui et l’une d’elles, pour preuve du déséquilibre mental de son maître avait déclaré l’avoir vu à plusieurs reprises manger des biftecks presque crus !....MacKenroth fut conduit à l’asile d’aliénés de Bedlam où il se trouvait encore en 1821.


…..FIN…. .....



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Percy
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Sam 5 Déc - 22:20

Le triste sort réservé à McKenroth démontre que la persévérance n'est pas toujours payante.
Merci à vous, cher J-B, de nous avoir fait connaître cet épisode peu connu, mais néanmoins fort intéressant. salut
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Drouet Cyril

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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Dim 6 Déc - 16:16

La tentative de Mac Kenrot relève de ce qu’on appelle un writ de sub poena ad testificandum.
Une telle démarche aurait-elle pu être menée à terme si l’assignation à comparaître avait pu être déposée entre les mains de Napoléon ?
Rien n’est sûr sur ce point. Le writ de sub poena ad testificandum nécessitait en effet que la personne appelée à témoigner soit libre. Or, les autorités britanniques considéraient Napoléon comme prisonnier de guerre. Il aurait fallu alors recourir à une ordonnance d’Habeas Corpus ad testificandum, qui aurait permis de déposer sous les chaînes. L’affaire semble compliquée. Les Anglais ne prirent cependant aucun risque en empêchant Napoléon de recevoir l’assignation en question.

Voici la citation :

« De par le Roi !
Georges III, par la grâce de Dieu, roi du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande, défenseur de la Foi, à Napoléon Buonaparte, à l’amiral Willaumez et à Jérôme Buonaparte, salut ! Nous vous ordonnons, à tous et un chacun, toutes affaires cessantes et nulle excuse ne pouvant être invoquée, de vous présenter en personne comme témoins le 10 novembre à neuf heures du matin devant notre fidèle et affectionné Edward lord Ellenborough, Chief Justice du Banc du Roi qui est la juridiction compétente, afin d’y dire la vérité dans l’action en diffamation intentée par sir Alexander Forrester Cochrane, demandeur, contre Anthony Mac Kenrot, défenseur, laquelle action comportera la présence d’un jury. Et tout défaut exposera chacun de vous à une amende de 100 livres sterling.
Contre-signé et attesté à Westminster, par Edward lord Ellenborough, le 14 juin de la cinquante-cinquième année de notre règne. »



Citation :
Sources Paul Ganière

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Dim 6 Déc - 18:00

...... ......

le Docteur Paul Ganière...Historien...a publié de nombreux livres, sur Corvisart...et sur... Sainte-Hélène où il s'était rendu...

Voici le site où vous trouverez quelques-unes de ses oeuvres...

http://www.livre-rare-book.com/

Il vous suffira d'inscrire Paul Ganière...il y en a 3 pages...

Paul Ganière à publié aussi dans des revues
historiques...dont cet article.."Pourquoi, en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais"...

"Revue Historique"...Juillet 1957.


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Drouet Cyril

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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   Dim 6 Déc - 20:25

Merci. Wink
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MessageSujet: Re: Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....   

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Pourquoi en 1815 Napoléon s'est-il rendu aux Anglais ?....
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