Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon......

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon......   Mar 20 Avr - 9:26

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Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon.....


.....(Sources Françoise de Bernardy).


......Elisa Rachel Félix....dite Rachel...°1821 +1858.


Par une curieuse coïncidence, presque au moment de la vente…à Cannes, des meubles qui garnissaient la chambre de la villa ou expira Rachel, on rappelait le centenaire des adieux de la grande tragédienne à la Comédie Française dont elle fut la reine. De sa vie mouvementée connaît-on l’épisode qui fit d’elle la mère d’un petit fils de l’Empereur ?

Après la chute de l’Empire, pendant la Restauration et les premières années de la Monarchie de Juillet, la tragédie semblait morte. En 1838, une maigre petite Juive de dix-sept ans paraît aux Français et en un soir la ressuscite.

Rachel Félix est née à Mumph, en Suisse, en février 1821, au hasard d’un arrêt de ses parents, marchands ambulants qui vont de foire en foire. Pour un temps la famille, qui compte alors cinq enfants, s’installe à Lyon, Jacob Félix ajoute à son métier de colporteur celui de professeur d’allemand, tandis que sa femme Esther se fait revendeuse de toilette.

Actifs, intelligents, âpres au gain, les parents travaillent durement et font travailler leurs enfants. Les filles aînées, Sarah et Rachel, offrent des oranges, disent des chansonnettes dans les cafés. Elles ne doivent pas rentrer…et ne l’oseraient pas…avant d’avoir recueilli la somme qu’on leur a fixée.

En 1831, la famille Félix quitte Lyon et vient à Paris. La vente d’oranges, les romances dans les rues et les restaurants continuent. Félix, cependant, ne néglige pas l’éducation de ses enfants. Dans un étonnant baragouin qui n’est plus de l’allemand et ne sera jamais français, il donne à ses filles des leçons de déclamation et de chant, puis un beau jour mène Rachel voir Choron, brave homme qui dirige l’Institut musical.

La voix de l’enfant, « cette voix métallique et si pénétrante dans sa sonorité, mais si douce même dans les cordes graves », dira plus tard Arsène Houssaye, et pour Choron une révélation.

Toutefois, il découvre vite la véritable vocation de sa nouvelle élève…c’est la tragédie, et il l’envoie à Saint-Aulaire, sociétaire du Théâtre Français, qui a organisé une école dramatique, le théâtre Molière, où l’on apprend le métier en l’exerçant. Les élèves qui ont bien travaillé pendant la semaine jouent, le dimanche après-midi, sur une vraie scène, devant un vrai public. Rachel, arrivée au théâtre Molière en décembre 1834, y jouera, en moins de deux ans, trente quatre rôles et deviendra l’enfant chérie du bon public de la rue Saint-Martin.

Sanson, une des gloire de la Comédie jadis l’élève Talma et qui a conservé sa tradition, vient un après-midi, entendre Rachel dans Isabelle, reine de Castille…Vedel, bientôt directeur du Français, l’écoute dans Andromaque. Pour tous deux, c’est une étonnante découverte. Il faut que l’enfant entre au Conservatoire.

Le 27 octobre 1836, Rachel est admise dans la classe de Samson avec une pension d’encouragement de six cents francs. Elle quitte le Conservatoire au bout de deux mois, engagée au Gymnase, car son redoutable père veut tout de suite l’exploiter.

Point grisée par ce premier succès, fort intelligente, passionnée par son métier, la jeune fille a très bien compris qu’elle avait encore beaucoup à apprendre. Elle vient retrouver Samson et se confie à lui. Elle se montre une élève attentive et souple, d’une intuition et d’une perspicacité étonnantes. Mais elle garde aussi le charme et la bonne humeur de son age.

La maison Félix est lourde, un sixième enfant est né, Rachet aide sa mère, et Mme Bronzet, à qui Félix donne vint francs par mois pour instruire sa fille, la trouve souvent assise près du feu, sur un tabouret de bois, épluchant les légumes du pot-au-feu, Un Racine ouvert sur les genoux.

En février 1838, Vedel, devenu directeur du Français, entend Rachet dans « Camille » et l’engage aussitôt. Quelques mois plus tard. Jules Janin écrit un feuilleton plus qu’enthousiaste. C’est « la plus étonnante petite fille que la génération présente ait vue monter sur le théâtre ». Elle est « petite, assez laide, point de poitrine, l’air vulgaire, la parole triviale », mais c’est « une lame d’or dans un fourreau d’argile ».

Rachel, ainsi révélée, va devenir pour près de vingt ans l’une des reines de Paris et elle a bientôt ses adorateurs. Hélas ! C’est d’abord le docteur Véron, personnage aussi équivoque que répandu. Il est laid, ventru, avec un nez cassé, de grosses joues et un cou marqué d’écrouelles. Il répugne à Rachel, mais elle le craint et il la lance tout à fait.

A Véron succède le prince de Joinville. La légende veut que ce petit-fils de Henri IV, marin gaillard et séduisant, habitué à l’abordage, ait envoyé à Rachel sa carte avec trois mots…. « Où – Quand ? – Combien ? » A quoi celle-ci, point décontenancée, avec la maîtrise et l’aplomb qu’elle a acquis, aurait répondu du tac au tac…. « Chez toi – Ce soir – Pour rien. »

Quoi qu’il en soit, la liaison bat son plein en 1842. Le prince a-t-il parlé à Rachel de son voyage à Sainte-Hélène, lui a-t-il raconté l’ouverture du cercueil, l’apparition de l’Empereur intact, d’une merveilleuse jeunesse, la tragédienne a-t-elle alors pensé au fils de Napoléon et de Marie la Polonaise, à ce Walewski rencontré au Français et chez Véron, dont le masque impérial lui plaît et qui depuis quelques mois lui fait une cour assidue ?....

Le comte Alexandre Walewski a trente deux ans. Tour à tour diplomate et soldat, journaliste et dramaturge, c’est un homme élégant, dont les bonnes fortunes ont été nombreuses et qui disperse aux quatre vents de Paris les débris d’une grande fortune.

.....A...Suivre......


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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Percy
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MessageSujet: Re: Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon......   Mar 20 Avr - 19:24

"Tragediante, comediante !"
Manifestement, la dame en question avait de qui tenir... Wink
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Daumesnil

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MessageSujet: Daumesnil :   Mar 20 Avr - 21:11

[b]Vite vite la suite, j'ai eu l'occasion de rencontre Madame fraçoise de Bernardy à la Villa Leatitia (49 ) mais je ne savais qu'elle était écrivain,..prolifique. Merci Vive l'Empereur et sa descendance
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon......   Mer 21 Avr - 9:25

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Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon.....


.....(Sources Françoise de Bernardy)......Suite....


.....Alexandre Walewski °1810 +1868....Fils Naturel de Napoléon 1er et de Marie Walewska.


Walewski avait vu Rachel à ses débuts, en 1838, sans la remarquer….il était alors tout occupé d’Anaïs Aubert, étoile déclinante du Français, et surtout de ses ambitions politiques. Les années passent. En janvier 1841 le comte Walewski revient d’Alexandrie où Thiers l’a envoyé auprès de Mehemet-Ali. Rachel n’est plus l’enfant osseuse et peu développée qu’avait remarqué Musset quatre ans plus tôt….elle a achevé de grandir et sa taille dépasse la moyenne.


Elle est d’une minceur extrême, avec des attaches d’une remarquable finesse. Son allure est souple, son cou élégant porte une tête, petite, au font bombé et volontaire. Elle a un long visage triangulaire, des cheveux noirs coiffés en bandeaux, un nez droit, une bouche bien dessinée aux petites dents blanches. Son expression est froide, un peu mélancolique avec parfois un éclair de raillerie. Les yeux petits, pas assez écartés, sont vifs et intelligents.

Elle a toujours eu de l’esprit, le mot adroit….avec le succès et les aventures, l’aisance lui est venue. Sans se laisser griser par sa prodigieuse fortune, sans qu’elle oublie jamais qu’elle est « une petite saltimbanque », « une princesse bohémienne » (le mot de Musset), elle est désormais partout chez elle avec l’assurance du génie. Walewski, vite séduit, devient attentif et pressant, mais s’il persuade Rachel de rompre avec Véron, c’est pour qu’elle tombe, comme nous l’avons dit, dans les bras de Joinville ! Il faut assez longtemps pour que la cour de Walewski touche la tragédienne.

Elle est habituée à des procédés plus vifs, moins courtois que ceux de ce fils de Napoléon, distant, hautain, fier de son illustre origine et soucieux qu’on ne la lui rappelle pas….

A la fin, le charme de Walewski agit et, un beau soir, au Français, Rachel l’invite à déjeuner pour le lendemain. Elle est conquise et elle se prend à aimer cet homme calme et tendre qui, de son côté, lui marque de l’attachement et de la fidélité. Dès le début de janvier 1843 leur liaison est de notoriété publique.

A la fin de février Rachel joue « Phèdre ». L’épreuve est redoutable et pendant un an elle a hésité. Walewski sait tout le prix que la tragédienne attache à un succès….il organise soigneusement la claque….il entraîne Thiers et ses « femmes », ainsi que les habitués de la place Saint-georges. Janin occupe le fauteuil à côté de lui et Walewski voudrait lui arracher la promesse d’un bon article, mais l’autre se dérobe. Walewski se rassure vite, car l’entrée de Rachel fait sensation et la soirée est un triomphe. Janin ne peut retenir un cri d’admiration.

Cependant, la liaison devient plus étroite, presque conjugale (Arsène Houssaye parlera de « mariage de théâtre »), encore que Rachel, chez qui subsiste « un titi gouailleur », se permette parfois à l’égard de Walewski, d’assez lourdes plaisanteries. Ayant trouvé une vieille guitare chez l’une de ses amies, Rachel s’en empare et fait croire à Walewski que l’instrument et un souvenir de son enfance misérable.

Epris et abusé, il supplie à deux genoux qu’elle la lui donne, Rachel se fait prier, puis cède. Elle reçoit en échange, un magnifique bijou. Il n’est pas de tout repos d’être lié avec une des femmes les plus en vue de la capitale, surtout pour Walewski qui est de tempérament à la fois ordonné et jaloux. Il accompagne Rachel dans ses déplacements. Ils vont ensemble à Marseille en juillet 1843….ils y déjeunent avec Alexandre Dumas, Méry et Barthélemy.

Dumas qui, depuis longtemps, postule auprès de la tragédienne, croit son heure venue…il lui adresse une épître enflammée de sept pages et demie, en l’appelant « Ma belle reine du Prado »…..Elle en répond quatre, en termes offensés. Deux billets aigres-doux s’échangent. Dumas s’en tire alors par une pirouette à la fois adroite et de mauvais goût. Il écrit à Walewski….. « J’ai voulu faire le siège d’une ville dont vous êtes le gouverneur et j’ai été battu à plate couture. Recevez tous mes compliments. J’aime mieux que vous sachiez votre victoire par moi que par un autre. De cette façon-là vous n’aurez pas le droit de me garder rancune de ma défaite. Dites, je vous en prie, à Mlle Rachel que ce n’est pas le tout de rester son admirateur, mais je désire encore rester son ami. »


Walewski lui répond de Lyon, le 26 juillet, d’assez bonne encre, et les rieurs sont de son côté…… « L’aveu que vous me faites vous-même de votre défaite me ferme la bouche. J’ose espérer que s’il était question de cet épisode, ce qui n’est pas présumable, vous seriez aussi franc avec les autres qu’avec moi….enfin, pour parler le langage stratégique dont vous vous servez….confiant dans la force de la place, j’ai assisté, l’arme au bras, à un siège dans les règles, mais je serais forcé de me mettre en campagne, à mon grand regret, si, après avoir levé le siège, l’ennemi, changeant de tactique, cherchait à pénétrer par surprise ou à faire circuler des bruits de capitulation en vue de diminuer le mérite de la défense. »

Bien que Rachel n’ait aucunement encouragé cet assaut, un nuage s’est pourtant élevé entre les amants, car ce même 26 juillet, Rachel envoie un mot de rupture à Walewski, rupture d’ailleurs suivie de raccommodement. N’est-ce pas cependant une fêlure dans ce grand amour ?

Mais bientôt Rachel attend un enfant, et Walewski, chez qui la fibre paternelle a toujours vibré, l’entoure de soins assidus. Il vient demeurer avec elle…. quai Malaquais. Hélas ! Ces espérances sont déçues et cette désillusion les éloigne l’un de l’autre. Rachel rompt de nouveau avec Walewski à la fin de 1843, après un an de liaison, rupture qui n’est pas définitive encore puisqu’ils se réconcilient. Rachel, au fond, tient à Walewski. Il lui plaît, elle l’aime comme elle aimera le prince Napoléon….le sang impérial l’attire. Enfin elle lui sait gré de sa générosité.

.....A....Suivre.....


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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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Percy
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MessageSujet: Re: Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon......   Mer 21 Avr - 23:27

Jean-Baptiste a écrit:
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le sang impérial l’attire.



Qui osera encore nier que certaines femmes vampirisent leurs amants ? lol!
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon......   Jeu 22 Avr - 9:45

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Une Tragédienne mère d'un petit-fils de Napoléon.....


.....(Sources Françoise de Bernardy)......Suite...et....Fin.



Avec les derniers restes de sa fortune, Walewski l’installe dans un charmant petit hôtel, 4, rue Trudon, rue silencieuse et somnolente du quartier de la Madeleine. L’hôtel est un vrai perchoir et le riche ameublement, choisi par Rachel, du plus mauvais goût de l’époque.

Le vestibule de mosaïque, très étroit, avec une cage d’escalier en marbre blanc ajouré, et éclairé par une coupole enrichie d’arabesques dans le goût de l’Alhambra. Une antichambre, à gauche, a des boiseries de chêne à mi-hauteur, tandis que le plafond et le haut des murs sont tendus de brocatelle vert et or.

A l’entresol, se trouvent la salle à manger de style Pompéien, avec des vases étrusques, un boudoir fort encombré, enfin une bibliothèque de quatre à cinq mille volumes « d’un choix classique et viril », dira Saint-Victor. Souvenir amical, une statuette du prince de Joinville.

Le grand salon est au premier étage. Blanc et or avec, aux murs, les nef Muses. Pourtant, malgré ces couleurs, ces figures et le meuble en bois doré recouvert de damas cerise, le fond du décor est chinois…portières en soieries de Chine, canapés recouverts de somptueuses étoffes chinoises, table chinoise au milieu d’une peau d’ours blanc.

La chambre à coucher s’ouvre près du salon, avec son grand lit au haut d’une estrade à deux marches. Face au lit, dans un cadre de bois doré, un portrait d’Adrienne Lecouvreur ….en tapisserie de Beauvais. Il en coûte trois cent mille francs à Walewski, auxquels viennent s’ajouter sans doute les cinquante-six mille francs que Rachel aura à payer pour sa propriété de Marly-le-Roi.

Enceinte de nouveau, Rachel si capricieuse, si instable souvent, en éprouve une joie sincère. Walewski souhaite que l’enfant ressemble aux Bonaparte et, gravement, il met un buste de Napoléon par Canova dans le boudoir de la rue Trudon…. L’enfant naît le 3 novembre 1844 à Marly-le-Roi. Il reçoit les prénoms d’Alexandre-Antoine-Jean et son père le reconnaît aussitôt. La liaison se poursuit un an encore, coupée de querelles, parfois violentes. Rachel, trop sûre de son pouvoir, ne craint pas les scènes, elle les provoque parfois.

En Août 1845 lorsque Walewski part pour l’Espagne avec Thiers, elle prétend qu’il va épouser Mlle Dosne, et s’en plaint bruyamment. Le voyage se prolonge pendant tout le mois de septembre. Rachel, revenue à de meilleurs sentiments, écrit alors à Walewski….

« Ma conduite est irréprochable, comme tu dis, mais cela n’empêche pas de faire des bêtises. Ne va pas être effrayé pour moi, ce ne sont que de petites bêtises. A bientôt, mille tendresses. »

Les bêtises cessent d’être « petites » et Walewski, un jour de mars 1846, apprend l’aventure de Rachel avec Emile de Girardin. Trop blessé et trop bafoué, cette fois il rompt sans esprit de retour et part pour l’Italie. Après quelques semaines, il épouse Marianne Ricci, la femme séduisante que le second Empire connaîtra et aimera.

Rachel a joué avec le feu et n’a pas pensé que la rupture serait définitive…elle compte bien que Walewski lui reviendra encore. Aussi sa surprise et son désespoir sont-ils grands lorsqu’elle apprend, à la fin de mai 1846, le prochain mariage de Walewski. D’Amsterdam, où elle est en tournée, elle écrit à sa femme d’affaires et confidente, Mme Saigneville.

« Je suis accablée, si étourdie du coup affreux que j’ai reçu, par la nouvelle du mariage de Walewski que je ne puis trouver assez de sang-froid pour vous écrire longuement. Votre lettre m’a fait du bien, mais je ne puis être consolée, les torts sont trop de mon côté, j’ai trop voulu ce qui m’arrive aujourd’hui pour trouver un instant de repos par une conscience nette…non, non, il ne faut pas pleurer et non me plaindre, j’ai tout fait, et Dieu m’a punie…

A son retour d’Italie, Walewski reprend son fils, à Rachel, qui proteste par une lettre désespérée. La comtesse Walewska, dans cette circonstance délicate, fait preuve du tact qui la rendra célèbre et de cœur aussi, Rachel se rassure et lui écrit peu après…… « J’étais il y a huit jours, encore toute désespérée de ma santé, mais en apprenant par M. le comte Walewski que mon fils Alexandre sera bientôt auprès d’une personne comme vous mon esprit a retrouvé quelque repos… »

Rachel revoit ce fils qui vivra souvent auprès d’elle. Elle l’aimera toujours tendrement et plus tard, quand elle aura un second fils, d’Arthur Bertrand, elle marquera toujours à l’aîné une préférence passionnée. Il semble à ses yeux que le second le petit Gabriel Félix, ne soit destiné qu’à servir le premier, le petit fils de l’Empereur.

Le père et la mère se partagent l’éducation de l’enfant. Rachel suit attentivement ses études. …. « Travailles-tu un peu avec ta tante ?....Commençons-nous à lire et puis-je espérer bientôt une longue épître ? »....Un autre jour, elle lui annonce….. « Ton père dîne chez le prince Jérôme, dimanche. Il ne pourra donc, cette fois, t’emmener au cirque. »

Des relations reprennent, assez amicales, lorsque Walewski, ministre de France à Florence et à Naples, puis ambassadeur à Londres, devient en 1855, ministre des Affaires étrangères. A l’occasion, Rachel n’hésite pas à écrire à Châtelain, le secrétaire particulier du comte pour le prier de remettre au ministre une lettre destinée à l’Empereur.

C’est ce même Châtelain que Walewski envoie au Cannet, en décembre 1857, après de Rachel mourante. Il s’agit, sans doute, d’obtenir la restitution des lettres qu’il a adressées à sa maîtresse ? Par un reçu, daté du 20 février 1858, Walewski reconnut être entré en possession de cette correspondance.

Rachel mourut le 4 janvier 1858. Elle avait trente sept ans. Ses obsèques eurent lieu à Paris, une semaine plus tard. Son « Suisse Walewsk », comme elle disait tendrement, de son fils, Alexandre, malade et à Genève, n’y pu assister, mais Walewski, marié, ministre, tint à s’y rendre……Devant la tombe ouverte, il se souvenait seulement qu’il .....« avait aimé la pauvre femme et qu’elle lui avait donné un fils ».


…..FIN….



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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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