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 Séjour de l'Ile d'Elbe (avril 1814, février 1815)

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Jean-Yves
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MessageSujet: Séjour de l'Ile d'Elbe (avril 1814, février 1815)   Lun 11 Sep - 23:53

Si vous avez des photos ou des documents sur ce sujet, mettez-les ici.

Pas de commentaire

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MessageSujet: EN ROUTE, NAPOLEON !   Mar 26 Sep - 10:36

Beaucoup de livres traitent du sujet de l'île d'Elbe.
Les plus souvent cités sont ceux de :
- Gilbert Steiner : Le Retour de l'Empereur, Du Capitole à la Roche Tarpéenne chez Plon en 1910
- Guy Godlewski : Trois cents jours d'exil, Napoléon à l'île d'Elbe - chez Hachette en 1961
- Paul Gruyer : Napoléon, roi de l'île d'Elbe - chez Hachette en 1936
- Paul Bartel : Napoléon à l'île d'Elbe - chez Perrin en 1947
- et bien sûr, AdolpheThiers, Louis Madelin et Jean Thiry lui consacre un tome dans leur oeuvre.

Mais le plus simple est de suivre le Journal du Colonel Campbell, commissaire anglais nommé auprès de Napoléon à Fontainebleau pour le suivre jusque Porto-Ferraio et que Napoléon invitera à rester, lui servant pratiquement d'ambassadeur.

Sir Neil Campbell est né en Ecosse. Devenu militaire, il sert aux Antilles d'où il revient en Europe avec le grade de lieutenant, attaché à l'état-major du général Moore, faisant ainsi les Campagnes d'Espagne et du Portugal où il commande un régiment portugais. Blessé il est cité deux fois par Wellington.
1813, il est nommé colonel sous les ordres du général vicomte Cathart, ambassadeur en Russie. Se rendant à son poste, il passe par Stockholm où il est reçu par le roi et le prince royal, Bernadotte.
Il fait la Campagne de Saxe, Lutzen, Bautzen, Dresde et passe au quartier-général dedu Duc de Wurtemberg à Dantzig et à celui des souverains alliés à Fribourg. Avec eux il traverse le Rhin et participe à la Campagne de France et sera blessé à la Fère-Champenoise le 25 mars 1814.
Blessé, il ne sera à Paris que le 9 avril et, le 14, il apprend que Lord Castlereagh l'a désigné pour accompagner l' Empereur Napoléon jusqu'à son nouvel état. Il accepte volontiers cette mission malgré l'avis du docteur qui souhaite qu'il attende la cicatrisation complète de ses blessures.
Il part le 16 avril pour Fontainebleau avec M. Planta, le secrétaire du ministre, muni d'instructions résumées :
" J'ai à vous informer que vous avez été choisi par le gouvernement anglais pour le représenter auprès du dernioer chef de gouvernement français et vous rendre à l'île d'Elbe avec un officier autrichien, un officier prussien et un officier russe.
C'est en parafit accord avec eux que vous excécuterez votre mission et témoignerez, autant que les circonstances le permettront, tous les égards et toutes les attentions convenables à Napoléon, S.A.R. le prince régent désirant qu'il trouve asile, sécutité et protection dans cette île...
Vous informerez Napoléon, en termes de courtoisie convenables, que vous êtes désigné pour résider dans l'île jusqu'à nouvel ordre, s'il jugeait que la présence d'un officier anglais pût lui être de quelque utilité pour défendre l'île et sa personne contre toute toute attaque ou insulte.
Vous correspondrez avec moi dans l'excécutioin de cette mission et vous vous adresserez à tout fonctionnaire civil ou militaire de la Méditerranée.
Je laisse à votre discrétion la manière de communiquer avec le gouvernement de sa Majesté..."
le colonel Campbel et M. Planta arrivent à Fontainebleau ce samedi 16 avril 1814 à la nuit tombante. Napoléon est dans son petit appartement mais ne reçoit personne, pas même Marie Waleska venue faire une dernière visite...
Ils sont reçus par le grand maréchal comte Bertrand, qui les installe dans le palais même où sont déjà logés les commissaires autrichines et prussien, le général Koller et le comte Truchsess-waldebourg. Le commissaire russe, le général Souwaloff, préfére se loger en ville.
Ils sont présentés le lendemain. Campbell avait déjà vu l'Empereur mais au bout de sa lorgnette, au matin de Bautzen...
Voici les détails de sa préentation :
" Nous nous réunîmes à déjeuner en compagnie des généraux Bertrand, Drouot, Lefenvre-Desnouettes, Flahaut, trois ou quatre autres généraux de la Garde et des jeunes aides de camp. Le repas terminé Flahaut nous informa individuellement que l'Empereur était alors dans la chapelle assistant à la messe et qu'iommédiatement après il désirait nous recevoir, chacun séparement. Le général Koller monta à la galerie et le vit à ses dévotions... "
Les présentations ont lieu dans l'ordre suivant : le commissaire russe qui ne reste que cinq minutes, le commissaire autrichien aussi vite expédié, le commissaire anglais " qui eut l'honneur d'être retenu tout un quart d'heure " et le commissaire prussien, congédié au bout d'une minute...
" J'éprouvais une étrange confusion lorsque l'aide de camp, après m'avoir annoncé, se retira fermant la porte. Je me trouvais en t^pete à tête avec l'homme extraordinaire...Je vis devant mopi un petit homme à l'air actif qui arpentait rapidement son appartement, semblable à un animal sauvage dans sa cage. Il portait un viel uniforme vert à épaulettes d'or, des pantalons blues, des bottes à revers rouges. il n'avait ni la barbe faite, ni les chevaux peignés; le tabac à priser souillait sa lèvre supérieure et son gilet.
Averti de ma présence, il se tourna vivement vers moi avec un sourire courtois, cherchant évidemment à cacher sous une affectation de plaicidité son inquiétude et son agitation...
"
Remarquant son bras en écharpe, l'Empereur lui demande où il avait reçu ses blessures, où il avait gagné ses décorations dont une russe et enfin de quelle partie de la Grande-Bretagne il était.
" Je suis de l'Ecosse
- Ah ! Etes-vous comme moi un admirateur des poèmes d'Ossian ?
- Oui Sire, on a dit en Angleterre que Votre Majesté les aimait beaucoup..."

Napoléon demande si Lord Castlereagh doit rester longtemps encore à Paris et apprend avec satisfaction non déguisée les recommandations d'égards pour lui. Napoléon signale à Campbell quil redoute d'être enlevé par les pirates algériens lors de la traversée et demande que la corvette qui doit le transporter à l'île d'Elbe soit escortée par un vaisseau de guerre anglais...

Le mercredi 20 avril à 11 h 30, dans la cour du Cheval Blkanc, Napoléon fait ses adieux à la garde et embrasse le drapeau qui est aujiourd'hui au Musée de l'Armée, salle Turenne.
Maret, duc de Bassano, décrit la scène :
" Ayant embrassé ses amis, il descendit les degrès dans une attitude aussi assurée que lorsqu'il avait monté les marches du trône. Il porta sur ses vieux soldats un regard attendri, mais calme, et leur parlad'une voix ferme comme son âme..."
Horace Vernet a peint la sène n'oubliant pas le commissaire anglais, le bras en écharpe et la tête bandée.
L'histoire a enregistré le baiser donné au général Petit et le baiser aux Aigles des drapeaux.
Napléon monte en voiture qui s'éloigne au galop.
Des officiers et des soldats, les uns pleurent, d'autres restent muets, d'autres crient " Vive l'Empereur ! "

Voici l'ordre du cortège :
- douze cavaliers en avant,
- la voiture du général Drouot avec les généraux
- la voiture de Napoléon avec le général Bertrand
- cinquante ou soixante cavaliers
- les quatre voitures des commissaires
- huit voitures de l'Empereur occupées par les aides de camp, les officiers de sa maison et les domestiques.

Campbell :
" Nous arrivâmes le soir même à Briare, 23 lieues au delà de Fontainebleau et nous passâmes la nuit dans un grand hôtel. Napoléon soupa seul avec le général Bertrand. Les généraux Drouot, Lefebvre-Desnouettes et les autres officiers soupèrent avec nous.

Louis Garros précise :
" Le cortège se composiat de quatorze voitures et il fallait soixante chevaux par relais. Il passe à Nemours, Montargis et s'arr^pete à Briare vers 20 h 30. Il couche à l' Hôtel de La Poste. Le général Cambronne et les 600 grenadiers qui doivent l'accompagner à l'île d'Elbe lui rendent les honneurs
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MessageSujet: LA GARDE   Mar 26 Sep - 13:16

La Garde c'est l'écrivain anglais Paul Bartel qui en parle le mieux :

" L'Empereur a renoncé à tout, il a sacrifié contre ses meilleurs instincts les dernières chances qui lui restent de refouler la fortune adverse, il a signé un traité qui consacre sa déchéance, mais qui lui assure toutefois une existence libre de tout souci aux siens, à sa femme comme à son fils...
Oubliant ce qu'ils lui doivent maréchaux et courtisans, ministres et valets, mère, soeurs et frères tous sont partis sans même lui tendre une main amie, certains se sont détournés de leur chemein pour ne pas venir à Fontainbleau le saluer.
Cependant il reste une troupe fidèle, héroïque qui l' a suivi par delà les mers et les frontières des Pyramides à Moscou, de Boulogne à Austerlitz, luttant, guerroyant, supportant des souffrances intolérables, les GROGNARDS de la Garde, corps d'élite incomparable dont la stature est imposante, payasans d'avant la république mesurant un mètre quatre-vingt au moins, secs et bien bâtis, et d'une discipline rigide mais sans containte.
Ceux là n'ont jamais été comblés d'honneurs, de pensions et de titres. Ils n'attendent rien de Napoléon, et tous veulent le suivre à l'île d'Elbe.
C'est le général Friant qui va désigner les 600 hommes constituant la phalange sacrée à la quelle on donnera le nom glorieux de BATAILLON NAPOLEON.

Quand aux Polonais, qui eux aussi réclament l'honneur de l'exil, l' Empereur s'entend avec le général Germanowsdki pour en recruter quatre-vingts. Germanowski commandait les lanciers de la garde. Il recrute 80 cavaliers destinés à l'île d'Elbe et 40 qui doivent former la garde de Marie-Louise à Parme où ils ne trouveront pas l'Impératrice. Ils rejoindront donc Elbe et seront donc 120.

Ainsi est formée la petite armée que Napoléon est autorisé à prendre avec lui et à retenir comme sa garde.
La marche que commence le Bataillon Napoléon à travers le pays pavoisé de fleurs de lys sera un véritable triomphe et toutes les troupes étrangères et royalistes assistent émus au passage des six cents braves qui dans l'écroulement général continuent de faire honneur à leur parole.
Le 14 avril 1814, au matin, Cambronne à leur tête, quitte Fontainebleau six jours avant l'Empereur.
Ils ont quatre canons, les chevaux et les voitures de Napoléon et dans les fourgons le reste des bagages.

Le 16, Cambronne est à Briare et là attend l'Empereur qui, avant de partir en exil, désire passer sa garde en revue.
Escorté par les chasseurs à cheval de Lefebvre-Desnouettes, qui accompagne sa calèche sabre au clair, Napoléon arrive à Briare, il fait fomre le carré et leur adresse ses dernières paroles. de toutes le poitrines jaillit un cri de " Vive l'Empereur ", les grenadiers agitent leur coiffure ou les montent sur la pointe de leurs baïonnettes...


Le lendemain, alors que l'Empereur se driige sur Nevers, le Bataillon Napoléon, tambours battants, prend la route de Mâcon, par le chemin de Vermenton, Avallon , Saulieu...
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MessageSujet: NEVERS   Mar 26 Sep - 17:50

Le lendemain, jeudi 21 avril, deux avant de quitter Briare, Napoléon fait venir le colonel Campbell :

" Il causa avec moi sur des sujets insignifiants jusqu'à ce que le domestique étant venu préparer la table, il lui commanda un couvert de plus et me dit avec le sourire d'une courtoise invitation " vous reterez à déjeuner avec moi. " Son second convive était le général Bertrand.

Neil Campbell mentionne qu'un officier nommé Laplace, fils du célèbre savant, le sénateur Laplace, est introduit venant de Rambouillet où est Marie-Louise que le tsar Alexandre a visité le 19 avril et où le roi de Prusse, Fredéric-Guillaume viendra le 22.

Tous les deux embrasseront le fils de Napoléon...

Marie-Louise quittera Rambouillet bientôt pour aller à Grosbois avec son fils et le reste de sa cour Mme Lannes duchesse de Montebello, Mme de Brignole, les lectrices Mmes Hurault de Sorbée et Rabusson, les généraux Cafarelli et Fouler, MM. de Saint-Aignan, Méneval, Bausset et le médecin Corvisart. La suite de l'Aiglon se compose de la comtesse de Montesquiou, Mmes Marchand, Soufflot et sa fille Fanny, Petitjean et deux domestiques. Un service d'honneur Autrichien comprenant six officiers escorte sous les ordrs du général comte de Kinsky.

Tout ce monde a bien faillit se rencontrer...

L'officier Laplace signale à l'Empereur qu'il a croisé dans ces régions des troupes toutes attachées à sa personne et lui représente qu'il pourrait continuer la guerre, que tous commencent à s'irriter des excès des Alliés.
Napoléon l'interrompit :
" Sans la trahison du Sénat, j'aurais pu prolonger la lutte, sauver la capitale, et repousser les ennemis au-delà des frontières. Aujourd'hui il est trop tard, je refuse d'ajouter une guerre civile aux maux d'une guerre étrangère..."
Campbell : " J' étais là pendant l'entretien, car lorsque j'avais voulu me retirer, Napoléon m'avait prié de rester..."
Dans son journal :
" La nuit du 21 nous couchâmes à Nevers. En entrant dans la ville, j'entendis un sous-officier dire aux soldats : " Criez Vive l'Empereur ! "

Louis Garros note :
Jeudi 21 avril : Il quitte Briare, passe à Cosne et à la Charité sur Loire. Il s'arrête à Nevers vers 20 h 00. Il est salué d'acclamations. Rassuré par cet enthousiasme, il congédie l'escorte ( Les chasseurs de Lefebvre-Desnouettes...)

J'ai fait cette route, il y a deux jours, en rentrant de la reconstitution historique de La Neuville sur Essonne...


Cambronne avec ses six cents braves est sur la route de Bourgogne.
Ils avancent stoîques et graves dans les territoires qu'occupent les Autrichiens. Les visages crispés, certains le bonnet sur les yeux pour ne rien voir, les autres faiasant voir leurs dents à travers leurs moustaches tremblantes...

Dans les villes et les villages, les citadins et les paysans acclament avec ferveur le Bataillon Napoléon. Les Autrichiens logés chez l'habitant laissent leur chambres et vont coucher dans les granges.

A Saulieu, un vieux major autrichien refuse de céder la place.
" Nous resterons là où nous sommes dit-il à Cambronne et si vous n'êtes pas contents allez bivouaquer à la belle étoîle !
- Ah c'est comme ça ? Eh bien place tes soldats d'un côté et moi je mets les miens de l'autre et on verra à qui les logements reviendront !! "

En avant-garde marche le capitaine Laborde qui veille aux vivres, aux logements et aux transports, quand il y en a...
IL est accompagné de cinq cavaliers et d'un officier de Hussard Hongrois, grand admirateur de l'Empereur...
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MessageSujet: ROANNE   Mar 26 Sep - 21:16

Neil Campbell :

" le 22, à sept heures du matin, nous poursuivîmes notre route pour Lyon jusqu'à Roanne où nous résolûmes de fiare halte. Nos trois derniers relais avaient été parcourus sans escorte, mais à partir de celui-ci nous devions être accompagnés pard des détachements autrichiens.
Ce soir-là nous fûmes rejoint par l'officier autrichine qui avait été envoyé à Paris avec la note dans la quelle Napoléon protestait contre l'enlèvement des canons et des munitions de l'île d'Elbe. les souverains acquiesçaient à sa demande ..."


Le général Dupont, nouveau ministre de la guerre, avait expédier une note au gouverneur de l'île d'enlever l'artillerie des forts et de laisser l'Empereur sans moyen de défense.
Napoléon en avait fait part au général Koller commissaire autrichien :
" Je n'ai pas désiré un royaume, je n'ai pas demandé la Corse à cause de cela. Je ne veux pas d'autre puissance que celle qui doit assurer ma personne contre les Etats Barbaresques et contre les Pirates. Si j'ai cette assurance, je vivrai là comme un juge de paix, mais je ne veux pas rester à l'île d'Elbe si cette résidence n'est pas protégée "
Le génral koller lui répondit qui'l en ferait part ua gouvernement provisoire .
" Je n'ai rien à faire avec le gouvernement provisoire mon traité est avec les souverains alliés ! C'est à eux de le faire respecter.. "

le Baron Peyrusse, le trésorier de l'île d'Elbe, dans son Mémorial :

" Sa majesté nous déclara que la royuaté de la Corse et la souveraineté de Gênes lui avaient été offertes mais que pour être moins en vue, elle avit préféré l'île d'elbe ".

En fait si on se référe aux Mémoires de Caulaincourt, on peut y lire que c'est lui qui refusa la Corse pour ne pas l'amputer du territoire national.

Campbell ajoute " que madme Mère et son demi-frère le cardinal Fesch sont dans le voisinage de Roanne, à 1 mille environ de la route, habitant un château appartenant au cardinal, mais nous ne pûmes savoir s'ils eurent quelque communication avec Napoléon..."

Louis Garros Il quitte Nevers à 6 h00. passe à Saint Pierre-le-Moutier, Villeneuve-sur-Allier, Moulins. Il couche à Roanne.

Le capitaine Laborde arrive aux abords de Lyon mais se heurte à un chef de poste royaliste ardent, qui sort le sabre, annonçant qu'il n'y aura rien tant que les Elbois n'auront pas enlever leur cocarde.
Immédiatement c'est la bagarre Laborde suivi du Hongrois chargent des deux côtés le chef de poste qui s'enfuit à toutes jambes. Il court encore...
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MessageSujet: ROANNE   Mer 27 Sep - 11:51

Samedi 23 avril 1814.

Neil Campbell :
"Au moment de quitter Roanne, le matin du 23, Napoléon, comme je m'y attendais d'après quelques mots dits la veille, me pria de partir en avant, sans faire de halte jusqu'à Aix et là par l'intermédiaire du maréchal Masséna de m'adresser à l'amiral, commandant en rade de Toulon, pour obtenir un vaisseau de guerre anglais, qu'il préférait à un vaisseau français, voulant prévenir toute observation désagréable qui pourait être faite par l'équipage de celui-ci..."

Campbell prend donc les devants et sera le premier à rencontrer Augereau à Valence...

Le Bataillon Napoléon, drapeau au vent, arrive aux barrières de Lyon, où une véritable armée autrichienne bivouaque. Il y a là 20.000 hommes et 30 pièces d'artillerie.
les conversations s'engagent et comme il faut empêcher un contact trop pressant on dirige la Garde vers les boulevards de la Guillotière, où elle va cantonner;
En attendant la foule s'est grossie, apprend que l'itinéraire est changé et accourt en masse le long du Rhône pour suivre le Bataillon, avec à sa tête fier et superbe le général Cambronne.
Au moment de traverser la Place Bellecour, un groupe d'Autrichiens attablés s'écrient :
" A bas la cocarde tricolore ! "
Le colonel Mallet commande " Halte ! " et se dirige vers la terrasse en s'écriant :
" Que ceux qui ont crié " A bas la cocarde tricolore " s'avancent. Je demande raison à ceux qui ont eu la lâcheté d'insulter la Garde. je ne voudrais pas les exposer à être châtiés par les braves que je commande "
Devant cette attitude ferme et résolue, les Autrichines quitte la terrase pour se réfigier dans le café..
Alors Mallet :
" Arme sur l'épaule ! En avant ! Marche ! "
Et narquois, têtes hautes, on se remet en marche tandis que la foule exulte...


Louis Garros :
Samedi 23 avril : A Tarare, M. et Mme Guizot ( le futur ministre...), revenant du Gard, l'apercoivent au milieu de groupes nombreux qui l'entourent avec admiration. A Salvagny près de Lyon, il se promène seul sur la route, à la nuit, rencontre le curé de la paroisse et converse avec lui.
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MessageSujet: LYON   Jeu 28 Sep - 10:35

Arrivé à Lyon tard, vers 22 h30, Napoléon est levé à l'aube et quitte la capitale des Gaules sous les cris de " Adieu Gloire de la France ! "...
Ce dimanche 24, il descend sur Vienne et déjeune au Péage-de-Roussillon.

Qu'on se souvienne qu'il a été jeune lieutenant à Valence et on imagine le chemin parcouru depuis lors.

Campbell est parti devant. Il a rencontré le maréchal Augereau qui commandait l'armée de Lyon qui a cruellement fait défaut pendant la Campagne de France où l' Empereur l'attendait sur les arrières des Autrichiens sur Dijon.
Neil Campbell apprend à Augereau que Napoléon approche.

Augereau, abandonné par son armée qui s'est révoltée contre lui, pour avoir livré Lyon aux Autrichiens comme Marmont avait livré Paris, semble déconcerté pensant que Napoléon aurait pris la route des Alpes par Grenoble.
Augereau accuse l' Empereur d'avoir fait verser le sang par ambition personelle :
" Il n'a même pas fini comme il aurait dû finir...C'est un lâche...Il aurait dû marcher sur une batterie et se faire tuer...
Si je le rencontre je le lui dirais ! "

Napoléon rencontre Augereau ce dimanche.
Augereau, casquette visée sur la tête, salue militairement, tandis que Napoléon lève son chapeau comme on salue un personnage de marque. Après un échange très vigoureux les deux hommes sachant qu'ils ne vont plus se revoir s'attendrissent et les commissaires étrangers restés dans les voitures les verront s'embrasser.
Les deux frères d'armes doivent avoir en mémoire leur première entrevue en mars 1796 à Nice en présence de Masséna, Sérurier, Laharpe, ses divisionnaires de l'armée d' Italie.

Arrivé près de l'Isère, le train impérial passe sur un bac, le pont avait été miné et avait sauté pour arrêter la poursuite de l'ennemi. Pendant que les voitures stationnenet, un bataillon remonte etr passe près de l'Emperuer lui rendant les honneurs.
Un soldat crie " Sire ! le maréchal Augereau a vendu votre armée ! "


Louis Garros notre :
A 18 h30, il est à Montélimar, s'arrête quelques heures. Il reçoit le sous-préfet Gaud de Rousillac. Il passe ensuite à Donzère.

Le capitaine Laborde ouvrant la marche des six cents du Bataillon Napoléon entre en Savoie.
Le 4 mai, ils seront à Chambéry.
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MessageSujet: LE MIDI   Jeu 28 Sep - 20:25

A mesure que la route descend vers le Midi, les acclamations deviennent de plus en plus rares. Les populations commencent à regarder ces voitures de voyages avec une sorte de dédain.
En Provence, des cris fusent au relais de poste au moment du changement de chevaux.
Bourrienne dira dans ses Mémoires que " près d'Avignon, un homme vêtu d'habits grossiers, mais que des bas de soie, des lunettes à branches d'or trahissaient et désignaient comme une personne de la bourgeoisie, arriva avec un autre inconnu, à travers champs, près de la voiture de l'Empereur, s'entraidant pour voir à l'intérieur de la berline. Pelard, le valet de chambre, leur intima l'ordre de cesser et devant leur résistance dut prendre un pistolet "...

Ce n'est que le commencement...

Vers Saint-Andéol, dans la montée d'une côte, Napoléon fatigué de la voiture descend et marche avec Bertrand.
Les valets descendus aussi les précédent.
Le maître de poste dit à Pelard
" Ce sont les voitures de l'Empereur qui viennent là-bas ?
- Pas du tout ! réplique Pelard, ce sont les voitures des commissaires
- Non non ! Ce sont les voitures de l'Empereur ! Je le sais, j'ai été soldat...J'ai servi en Egypte et je veux lui sauver la vie. Je viens de traverser Orgon vers où vous allez. Si l'Empereur s'y arrête il est mort. Toute la population est sur pied poussant des cris sauvages autour d'un mannequin habillé en général français qu'on a pendu au haut d'un mât et arrosé de sang. Avertissez-le, s'il s'arrête à Orgon, c'en est fait de lui... "

Pelard en parle au général Bertrand qui en fait part à l' Empereur devant les commissaires...

Une brochure " Relation du passage de l' Empereur à Orgon " rapporte :

"' Bernard Vernet, courrier, chargé du service pendant le voyage, traversa le village vêtu des habits impriaux, l'Empereur ayant ceux du courrier et galopant en avant avec Amadieu. Un chenapan, qui menait tout ce tapage, était armé d'un fusil et voulut tirer sur celui qu'il prenait pour l' Empereur Napoléonon. Il ne le fit pas parce qu'il vit un Saint-Esprit brodé sur la poitrine du courrier travesti en empereur. "



Louis Garros :

Lundi 25 avril : Il est à Orange à 3 h00. Là se font sentir les premiers symptômes d' hostilité. A 6 h 00 en Avignon, il échappe par surprise aux violences de la foule; Halte à SaintAndéol. Il revêt une lévite bleue, se coiffe d'un chapeau rond et part à franc d'étrier, traverse Orgon où la foule est surexcitée, sans être reconnu. derière lui, les voitures du convoi sont lapidées. A Saint-Canat, il s'arrête très fatigué dans une auberge appelée La Calade. Les commissaires l'y trouvent, affaissé sur une table, la tête dans les amins. Après le repas, il se retire dans une pièce voisine et s'endort contre l'épaule de son valet de chambre.
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MessageSujet: LE MIDI   Ven 29 Sep - 14:01

La Conscription, cet impôt du sang, est le principal grief que fait La Provence au système napoléonien.
En effet le préfet de Marseille, l'ancien Conventionnel Thibaudeau, l'ami de Fouché, était très sévère à ce sujet et n'admettait auncune excuse. Peyrusse précise qu'à la fin de L'Empire il n'a échappé que de peu à la colère des populations en se réfugiant chez des amis Royalistes, à Arles...

Napoléon est vraiment très affecté. Il se souvient très bien, qu'en 1793, après la prise de Toulon, il avait protégé les Royalistes contre les Représentants du Peuple, Robespierre jeune ou Ricord...

Le mardi 26 avril, afin de quitter l'auberge sans encombre, il consent à prendre l'uniforme du général Koller, la pelisse, le bonnet de fourrure et monte dans la voiture du commissaire autrichien



A midi, on déjeune à Saint-Maximin, où a habité son frère Lucien qui, à l'époque, avait épousé la fille de son aubergiste Boyer...

Napoléon reçoit le sous-préfet d'Aix, qui sollicite l'honneur d'être reçu par l' Empereur.
Il parle longuemment avec ce fonctionnaire et se plaint des provençaux :

" J'arrive plein de confiance au mileu de vous et je ne trouve ici que des enragés qui menacnet ma vie. Il paraît que c'est une méchante race que vos Provençaux. Ils ont commis toutes sortes d' horreurs et de crimes dans la révolution et parraissent tout disposés à recommencer. Mais quand il s'agit de se battre avec courage ce sont de foutus lâches. Jamais la Provence n'a fourni un seul régiment sur lequel je pusse compter... "

L'arrivée à Brignoles sera plus calme mais Napoléon quitte cette ville pour rejoindre, au château de Bouillidou, sa soeur Pauline. Ce château près du Luc appartenait à M. Charles du Corps législatif qui l'avait mis à disposition de la princesse.

Louis Garros ajoute :
A 4 heures déjeuner au hameau de la Grande Pugère. Il passe à Saint-Maximin et à Tourves. Dans l'après-midi il s'arrête au Luc, au chateau de Bouillédou où le reçoit sa soeur Pauline.

Le colonel Neil Campbell est à Fréjus.
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MessageSujet: FREJUS   Sam 30 Sep - 15:58

On comprend mieux pourquoi l'an prochain Napoléon évitera de reprendre cette route et passera par les sentiers muletiers des Alpes de Provence.

Mais pour l'heure il arrive à Fréjus.
Il devait embarquer à Saint-Tropez où l'attend M. de Moncabrié commandant la frégate la Dryade et nous pouvons lire le récit dans le Journal de M. de Charrier-Moissard, qui lui commande le brick l'Inconstant, suivant un ordre du minitsre de la Marine transmis le 13 avril 1814 au Préfet maritime de Toulon. Ce même ordre spécifie qu'un brick sera donné en toute propriété à Napoléon Buonaparte. C'est l'Inconstant qui est choisi...Ils arrivent en rade de Saint-Tropez le 25.

" Le 27 avril 1814 : Le temps demi-couvert, le vent variable du nord à l'est, presque calme dans la matinée et très variable l' après-midi.
a deux heures du matin, M. Koulvakhov, aide de camp de M. le comte de Schouvalow, aide de camp du tsar, un des commissaires chargés d'accompagner Napoléon jusqu'à son embarquement vint à bord de la férgate la Dryade et remit à M. de Moncabrié une lettre datée du luc le 26 avril lui portant invitation à se rendre à Fréjus pour y recevoir l' ex-Empereur, attendu que les chemin réellement impraticables ne lui avait pas permis d'arriver du Muc à Saint-Tropez avec les voitures. Ils le prévenaient que les chevaux et une grande quantité de bagages devaient être embarqués. "

Neill Campbell est lui à Fréjus et pour se conformer au désir de Napoléon avait fait venir de Marseille la frégate anglaise The Undaunted commandée par la capitaine Usher.

Louis Garros note
Mercdei 27 avril : Dès l'aube, il se remet en chemin et au lieu de se diriger vers Saint-Tropez, il bifurque sur Fréjus où il arrive à 11 heure et descend à l'aubrege du Chapeau rouge.

Gilbert Stenger dans " Le Retour de l' Empeur " chez Plon en 1910, ajoute qu'il eut le temps de visiter la maison paternelle de Siéyès.
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Jean-Yves
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MessageSujet: Re: Séjour de l'Ile d'Elbe (avril 1814, février 1815)   Lun 24 Mar - 19:46

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Séjour de l'Ile d'Elbe (avril 1814, février 1815)
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