Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 A/// LA MARINE IMPERIALE EN CHIFFRES

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MessageSujet: A/// LA MARINE IMPERIALE EN CHIFFRES   Lun 27 Sep - 18:36

Les fluctuations quantitatives ou qualitatives sont constantes dans la marine française, elles ne sont que linéaires dans la marine britannique.De ce fait nous ne prendrons qu'un exemple, celui de l'année 1812, situé à mi-chemin d'une période significative, et concerne le gros de la flotte.
1/ Unités en service:
-62 vaisseaux, 32 frégates, soit 94 navires pour la France.
Elles ne représentent que 30% des forces britanniques.Si l'on rajoute aux forces françaises l'appoint des forces alliées ( Espagne, Hollande, Italie) elles détiennent au total 145 unités.Elles ne représentent alors pratiquement que 50% de la Navy qui totalise 335 unités.
2/ Budget:
Dans cette même année le budget consacré à la marine est de 151 millions de francs soit 13% du budget total militaire de la France qui est de 1168 millions.Celui de la Navy est de 582 millions et représente 40% du budget total militaire du royaume uni, qui est 1455 millions.La part des deux pays consacrée à la guerre est déjà différent mais il laisse deviner alors les choix stratégiques de deux politiques différentes.
3/ Effectifs:
- les matelots:
Le nombre de marins opérationnels dans la marine britannique est de 171000 hommes.Celui de la marine française est difficile à chiffrer, il tourne autour de 60000 hommes.On sait par contre que le nombre d'officiers mariniers est de 13700 hommes, pour le reste on peut se baser sur un chiffre prévisionnel de 85000 hommes au total en 1808 ( avec aussi un objectif de 100 vaisseaux et 60 frégates, chiffre qui ne sera jamais atteint) en suivant les vœux pieux de Napoléon.Ces effectifs sont fluctuants puisque depuis la fin de la paix d'Amiens en 1803, le grand commerce maritime et la pêche ont pratiquement disparu en France, libérant un grand nombre de marins ( on est matelot dans la marine de guerre, marin dans la pêche et le commerce) Alors qu'on sait néanmoins qu'il a manqué près de 14000 hommes pour équiper les escadres de Brest, de Toulon, et autres ports.En 1812, la moitié de cet effectif théorique aura été tué ou fait prisonnier.En 1814 ce ne sont pas moins de 58000 hommes qui croupissent sur les pontons anglais et espagnols, mais selon Philippe Masson, ils sont 80000 au total si l'on rajoute les marins de pêche.Rappelons aussi que les anglais libéraient une certaine quantité de prisonniers quand ils ne pouvaient subvenir à leur alimentation, ou quand ils devenaient une charge: ainsi au lendemain d'Aboukir, Nelson va libérer 3500 d'entre eux qu'il ne pouvait pas nourrir.
Les officiers généraux:
47 anciens officiers généraux vont servir la marine de l'empire, la plupart issus de la Royale.
- 17 sont nobles, anciens gardes marine, officiers rouges.
- 20 sont d'anciens officiers bleus ayant servi comme officiers auxiliaires.
De ceux là 4 vont mourir au combat, 3 vont mourir de mort naturelle ou de désespoir, 3 vont rester prisonniers en Angleterre, 8 seront privés de commandement suite à leurs échecs.
neuf autres, les plus jeunes qui vont prendre la relève viennent du corps des officiers mariniers ou de la marine marchande, promotion impensable sous l'ancien régime.
- Le plus jeune des vice-amiraux a 41 ans ( Bruix) le plus vieux 67 (Thévenard)
- la moyenne d'âge des vice-amiraux en activité en 1800 est de 50 ans, celle des contre-amiraux est de 44 ans, en moyenne dans l'armée de terre les généraux de division ont 32 ans.
Les promotions sont le fait de conseils éclairés auprès de l'Empereur qui garde le pouvoir de nomination directe suivant sa volonté, et l'équité n'est pas toujours de mise.
C'est le cas d'un jeune de 16 ans, entré dans la marine en 1800, lieutenant de vaisseau en 1801, contre-Amiral promu à 21 ans, grand aigle de la légion d'honneur, prince de France avec rente de un million de francs.Cette ascension fulgurante qui dénote n'est pas le fait d'avoir désobéi à son amiral, d'avoir abandonné son escadre pour rentrer en France, non, c'est le fait qu'il se nommait Jérôme Bonaparte.
4/ la vie quotidienne du matelot:
Les maladies:
Dans ces périodes il ne faut pas omettre les pertes causées par les maladies ( scorbut, typhoïde, typhus, dysenterie) sur lesquelles les services de médecine et de préventions sont très en retard par rapport aux anglais.De ce fait 15 à 20% des effectifs d'un équipage manquent à l'appel.La promiscuité, l'exiguïté des espaces en plus du manque d'hygiène concourent à cette hécatombe.Sachant que sur un vaisseau de guerre l'espace individuel est de 1.8 m2, de 4 m2 sur un navire de pêche, de 6m2 sur un navire de commerce.
La nourriture:
A l'insalubrité s'ajoute la souillure des aliments, à leur mauvaise conservation.Dans la marine anglaise depuis la révolte de 1797,un grand soin est apporté aux repas.Les anglais veillent à leur approvisionnement en produit frais, en variant les menus et en forçant la consommation d'oignons et de citron.Lors de l'expédition de Nicolas Baudin ( voir biographie sur ce forum) les instructions de Forfait ministre de la marine en date du 29 septembre 1800 indiquaient que " les eaux minérales préparées à l'acide "citronnique" est une forme séduisante "simple recommandation alors que la marine anglaise l'impose, c'est dire le fossé qui existe entre les deux entités.
La discipline:
Des excès à l'arbitraire des punitions subies pendant l'ancien régime succède une forme de discipline mieux comprise et mieux acceptée dans la marine française que dans la marine britannique qui utilise des formes plus sadiques.Néanmoins il faut relativiser les comparaisons, la discipline de fer est commune aux deux marines les abus en la matière sont réels mais non généralisés(Voir sur ce forum le comparatif des codes de justice militaires)
A suivre.....




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MessageSujet: Re: A/// LA MARINE IMPERIALE EN CHIFFRES   Mar 28 Sep - 10:51

Suite..
5/le recrutement:.
Les matelots:
Tout jeune dans les départements du littoral dès l'âge de 17 ans est inscrit sur un registre spécial, l'inscription maritime.Quelle que soit sa fonction (il est le seul à exercer les métiers de pêche ou de commerce) il est tenu, sous l'avantage de recevoir une rémunération doublée et d'un régime de retraite ou d'invalidité, d'effectuer un service à bord des navires de guerre à raison d'un an sur trois.Cette obligation concerne les hommes de 17 à 50 ans.Ce qui est insuffisant puisqu'ils ne représentent que la moitié des effectifs,soit environ 30000 hommes.D'où la militarisation de la marine qui prendra un importance accrue en 1806, jusqu'à atteindre la moitié d'un effectif de bord dans des taches spécifiques (canonnage, mousqueterie) le recrutement se faisant par le biais de la conscription.Les concepts d'organisation de l'armée de terre vont ainsi chambouler ceux de la marine, ceux du commandement en particulier.
Dans la marine britannique le recrutement est basé sur le volontariat, fort apprécié parce qu'il fournit les meilleurs équipages.Il est basé aussi sur le racolage qui prendra des formes de contrainte de par les méthodes musclées des recruteurs.Et encore par les remises de peine accordées aux criminels, mauvais choix souvent parce que certains étaient porteurs de la "fièvre de taule", le typhus, et enfin par les "quota acts" qui imposaient à chaque comté en fonction de leur importance la mise à disposition de contingents, autre forme de conscription.Sans compter la "press" la forme la plus ultime qui consistait lors d'une escale d'un navire, à débarquer la troupe pour arrêter et enrôler de force tout individu ne pouvant justifier d'un emploi ou d'une situation stable.
Les ouvriers des arsenaux:
Recrutés sous les formes habituelles, les ouvriers des arsenaux vont du fait de la militarisation de la marine dès 1806 avoir deux statuts: les uns militaires, les autres civils.Les militaires dont les crédits sont imputés sur ceux de l'armée de terre, sont formés en compagnie.En moyenne annuellement, de 1800 à 1814,l'ensemble des ouvriers représentent 20000 hommes.En 1806 cette nouvelle source de recrutement devait permettre l'embauche de 7000 hommes: 3000 manqueront à l'appel soit par désertion, soit par blessures. Le pourcentage de personnel les uns par rapport aux autres est ainsi variable.En 1800, 16850 ouvriers civils travaillent dans les arsenaux, pas un seul militaire.En 1811,au plus fort, les militaires sont au nombre de 5000, les civils au nombre de 18000.Devant la pénurie d'ouvriers et pour les travaux les plus pénibles ( voile, cordonnerie) on va faire appel aux forçats: ils vont représenter jusqu'à 17% des effectifs.
Les officiers:
22% viennent des milieux militaires, 12% de la bourgeoisie,42% sont fils de commerçants ou d'artisans.Recrutés sur concours et après un an d'école ils sont aspirants, continuent leurs études par un embarquement de deux ans et peuvent présenter le concours d'enseigne de vaisseau, quatre ans après celui de lieutenant de vaisseau pour espérer avoir un commandement. L'enseignement se fait sur deux navires à quai: le "Tourville" à Brest, le "Duquesne" à Toulon, prémices de l'école navale ouverte en 1810.La durée de formation est donc beaucoup plus longue que dans l'armée de terre.Dans cet enseignement il n'y manque que l'essentiel, celui de l'expérience qui s'acquiert par la mobilité en mer.On se référera à la littérature en la matière qui décrit les désordres indescriptibles qui règnent quand les bâtiments en escadre manœuvrent à l'intérieur ou à l'embouchure des ports, dans un zone limitée du fait du blocus anglais, dans lequel l'exercice au canonnage n'a qu'une valeur théorique.
6/Les salaires: loi de finance du 1er avril 1808.
Ils varient dans un rapport de 1 à 15 dans la marine britannique, de 1 à 14 dans la marine française. 1 étant le salaire du simple matelot, 14 celui du capitaine de vaisseau.Au delà les salaires n'ont qu'une signification relative ils dépendent des mérites de chacun ou plus souvent des faveurs qui leurs sont accordées.On ne pourra reprocher à Napoléon d'avoir annulées celles-ci en cas de manquement des intéressés, certains amiraux ont été disgraciés pendant des années mais continueront de percevoir leurs salaires à ne rien faire.
Traitement annuel: (en francs germinal ou franc or, monnaie stable jusqu'en 1915.Un franc: 2,5 euros)
Un capitaine de vaisseau perçoit 4000 francs à terre, 6000 francs en mer. Celui du matelot est de 328 francs à terre, le double à la mer. Salaire diminué du prix de son uniforme.
Un lieutenant de vaisseau perçoit 1815 francs à terre, 2400 en mer ( un curé de paroisse touche 1500 francs, un ingénieur des ponts et chaussées 4000, un sous préfet 4000) un officier de marine est tenu de payer un loyer dans les ports d'affectation sans indemnité de logement.
A suivre...








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MessageSujet: Re: A/// LA MARINE IMPERIALE EN CHIFFRES   Jeu 30 Sep - 17:13

Suite..
En 1800 la rémunération d'un contre amiral est de 12000 francs, plus 5000 à la mer.C'est 15% de plus qu'un général de division en campagne.C'est dire que le personnel de marine ne recherche pas la fortune alors que dans le commerce il pourrait doubler son salaire.A noter que dans la marine les salaires ne sont pas versés de façon régulière, allant parfois jusqu'à 15 mois de retard, ce qui n'arrange ni le moral ni l'état d'esprit du bord.Les hommes qui meurent de faim n'ont pas de zèle disait Caffarelli, préfet de Brest, parlant des ouvriers de l'arsenal jugés peu productifs. Il en est de même parmi les équipages.
Si l'élargissement de la gamme des salaires est décidé en 1806, instituant une rémunération proportionnelle à la tâche accomplie permet un gain de productivité, il va se heurter à Brest, Toulon et Rochefort au problème des approvisionnements des matières premières du fait du blocus.Ainsi la production n'est plus assurée, les rendements trop faibles. Le 17 décembre 1804, Decrès par souci d'économie va faire procéder à des licenciements jetant 4000 ouvriers au chômage avec des arriérés de solde impayée depuis plusieurs mois, devant la colère impuissante mais silencieuse de la plupart des familles subissant la disette ou la malnutrition.La politique sociale de Napoléon ne suffisant pas à endiguer le manque d'approvisionnement.Quelques années après à Anvers, à Toulon la situation va perdurer: cela va se traduire en 1812 par une forte augmentation des déserteurs.
Avancement:
l'accès au grade d'officier est désormais ouvert à tous, la distinction entre officier bleu et rouge tous deux issus de la royauté est supprimé; il permet de rajeunir les cadres et de procurer un nouvel état d'esprit d'un corps bien trop imbu de ses origines.Toutefois le manque d'expérience résultant de l'absence de pratique à la mer va contribuer à dénaturer son jugement et restreindre son courage.
Pour les lieutenants de vaisseau l'avancement se fait annuellement pour 1/4 à au choix, 3/4 à l'ancienneté.Pour les capitaines de vaisseau 3/4 au choix de Napoléon,1/4 à l'ancienneté.
A la fin de 1811, 1159 officiers sont répertoriés:
25% sont prisonniers, 11% servent dans la garde impériale, 63% servent dans les escadres à quai à Anvers, Brest, Toulon, la Spezzia...mais seulement 16 officiers sont en mer.
7/ les officiers mariniers.
Seul corps naval en sur-effectif du consulat à l'empire, les corps des officiers mariniers (sous officiers)
composé de quatre niveaux, maistrance de la manœuvre, contre-maître, second maître et premier maître,est l'ossature principal de la marine.Ces hommes ont fait le choix de la marine de guerre malgré les salaires et primes plus avantageux de la course.Proches des matelots par leurs origines sociales ils sont en charge de par leur expérience à la mer, entre autre, de l'apprentissage des conscrits, de souder les équipages et de donner un âme à un navire.Mais dans l'indifférence méprisante des officiers passés par le cursus classique, à l'exception des 18% d'entre eux issus du même corps qui seront nommés officiers.Dans la marine anglaise plus traditionnelle 7% des officiers viennent du "low desck"
8/ les choix: les escadres.
La révolution et le directoire dans le peu de réalisations entreprises, avaient à l'esprit la puissance et le prestige, dans une évolution technologique en panne.Une marine vieillissante où l'art de naviguer, absent,sera l'héritage laissé à l'empire, et où la marine se limite à un rôle d'accompagnement, de transport.Elle donne la préférence aux vaisseaux lourdement armés, mais lents à la manœuvre.Devant un ennemi elle ne recherche pas le combat, sauf en cas de nécessité: sans vouloir brider l'esprit offensif des marins, elle assume déjà à l'évidence la supériorité des anglais.Le rôle des frégates, qui elles ont la faveur des anglais, est alors de perturber le commerce britannique, tout au plus de remplir les missions de soutien accompagnant une opération militaire vers les possessions françaises menacées.Forfait écrivait alors à Napoléon "c'est en vain qu'on se flatterait de tenir tête aux anglais si l'on fait la guerre maritime à leur manière"
ce qui est un paradoxe tout à fait révélateur de cette volonté de ne pas les tenir en échec sur leur domaine réservé.Et pour se renforcer dans cette inertie on reste dans les concepts tactiques de la vieille marine qui n'est pas bien entendu celle des anglais.
le modèle français:
La marine française reste fidèle à ses vieux principes à savoir la sacro sainte ligne de file pour engager le combat en évoluant au plus près (au vent)alors que l'ennemi est sensé être sous le vent, en parallèle. Suffren pourtant s'était déjà libéré de cette tactique en attaquant l'ennemi sur son arrière garde, en traversant perpendiculairement les lignes adverses.Le code tactique français réprouve cette manœuvre jugée trop hardie parce qu'elle ne permet pas de rompre le combat en utilisant la force du vent favorable.Rompre, tel est le maître mot.La tactique du tir français consiste alors à ralentir ou à stopper l'adversaire, le forcer à se dégager du combat pour éviter l'abordage. Pour ce faire priorité est donné au tir à démâter à longue distance, qui bien entendu est moins précis, quand il n'est pas trop court.
le modèle anglais:
La tactique anglaise est totalement différente.Si les navires anglais sont en règle générale plus lents, moins évolutifs, ils sont plus robustes et possèdent par contre une puissance de feu supérieure non pas par la quantité de l'artillerie mais par sa qualité: les canons anglais sont plus légers, plus maniables,plus rapides à mettre en œuvre avec moins de servants, la cadence de tir est deux fois plus importante que celle d'un canon traditionnel français. L'élément principal étant l'utilisation de poudre de meilleure qualité,la mise à disposition préalable de gargousses, l'installation de platines améliorant la mise à feu, et surtout l'emploi de la caronade, ce canon court de faible portée mais d'un calibre plus important monté sur un axe qui permet d'orienter le tir sur 180°, un engin qui fait des ravages en combat rapproché. Le but affiché est on ne peut plus clair: tirer plein bois pour ravager les ponts, détruire, détruire sans merci en tir à tuer.Ce sera le leitmotiv de Nelson.Pour ce faire un seul objectif : couper la ligne ennemi, se concentrer sur l'arrière garde d'abord obligeant la ligne de tête à faire demi tour ou à fuir.Si le coup de boutoir expose un temps les navires au feu croisé de la ligne ennemi, ses propres canons n'étant pas en position de tir, le tout est compensé par la vitesse d'exécution et la maitrise du vent, l'attaque se faisant à la perpendiculaire des forces adverses, l'art de la manœuvre et la dextérité des canonniers font le reste.Les batailles d'Aboukir (ligne de file mais à l'ancre coté français, le pire des scénarii ) et de Trafalgar font référence à ce qui définit le mieux les approches des deux marines sur le plan de la stratégie navale.
L'entretien de la flotte:
Un élément est aussi à prendre en compte: les difficultés d'approvisionnement, faute de ressources, conduisant les arsenaux à utiliser des composants de moindre qualité en provenance de Corse ou de Provence.En particulier les bois de charpente pour les oeuvres vives et surtout la mâture.Les forêts françaises ne peuvent subvenir qu'au besoin en petites mâtures des frégates.Les seules fournitures proviennent des conquêtes terrestres qui ont permis d'étendre les ressources par les transports réalisés vers les arsenaux par des bâtiments danois, hollandais, russe, et par l'intermédiaire de négociants d'Amsterdam, de Naples, de Bordeaux, du Havre. A partir des forêts pontificales de Castro, de Dalmatie, et d'Istrie. Autre problème celui de la conservation, compte tenu des désordres de stockage des arsenaux, des matières premières sensibles aux intempéries.Pour couronner le tout l'ensemble des retards prolongés des paiements, cause de la défiance des fournisseurs.Il en va de même de la qualité des matériaux en particulier pour la voilerie, le lin anglais est remplacé par le coton américain moins résistant, qui nécessite de passer par des agents étrangers d'Allemagne et du Danemark.Le nombre de fois où des bâtiments prenant la mer pour la première fois sont rentrés au port pour avaries ou mâts cassés sont légion. Héritage de la révolution prolongé jusqu'à l'empire.
9/Conclusions
A l'avènement de l'empire les choses n'iront pas en s'arrangeant.Une seule raison en est la course en avant puisque seule la guerre qui va entraîner la guerre peut financer les dépenses qui sont d'après l'analyse de P.Branda à hauteur de 50% financés par les pays conquis sous forme d'indemnité de guerre comme les subissent la Hollande, l'Espagne, l'Autriche, l'Italie...et allons même jusqu'à l'Egypte quand Napoléon, comme gage de bonne foi envers le directoire aux abois, lui ramène 200 millions pris sur le pays, la pierre de rosette n'étant qu'un complément scientifique sans valeur économique directe.Et pourtant les déficits de l'Angleterre sont deux fois plus élevés que la France. Alors cela appelle les questions: pourquoi, comment?

Pour y répondre Jean Claude Gillet dans son livre "la marine impériale" ed.Giovanelli dont le texte présenté ici s'est inspiré, a effectué une analyse très complète de cette période.Analyse qui a été largement débattue, voire partagée par d'autres historiens, que d'autres aussi auraient du mal a contester. Ce livre a un mérite certain parce qu'il présente de façon détaillée tout un empilage de faits qui expliquent les déboires d'une marine qui mérite mieux que l'impression injustifiée qu'elle a laissé sans le vouloir, alors que la responsabilité en incombe d'abord à ceux qui n'avaient pour elle qu'un soupçon de considération.
Fin.



















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