Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon 1er.....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon 1er.....   Mar 5 Oct - 14:59

...... sunny ......

Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon...
....(Sources...Jacques Marnat)....

.......Le Landau de Napoléon se trouve actuellement au Musée National de Malmaison...Il y a été mis en dépôt par les descendants du feld-maréchal Blücher qui en avait pris possession à Waterloo.


Le Landau et la Dormeuse.....les Bottes de Sept Lieues de Napoléon.


De Quels moyens l'Empereur disposait-il pour se déplacer en temps de guerre, quelles que soient les conditions météorologiques ou celles imposées par l'état des routes ?......De voitures militaires si performantes qu'elles font encore notre admiration.

Le 25 janvier 1814, à 3 heures du matin, Napoléon quitte les Tuileries, La berline Impériale prends la direction de Châlons-sur-Marne par un temps affreux.....des bourrasques de neige balaient une route souvent verglacée..... ornières et fondrières ajoutent à la difficulté du parcours.....Et pourtant vers 19 heures, l'Empereur arrive à Chalons, Cent soixante kilomètres ont été parcourus dans des conditions particulièrement éprouvante.....un record.

De quels moyens l'Empereur disposait-il pour ce déplacer en temps de guerre, quelles que soient les conditions météorologiques ou celles imposées par l'état des route ? Le baron Fain fournit la réponse..... « A l'armée, l'Empereur avait trois équipages différents...sa voiture de poste, sa calèche de service léger et ses brigades de chevaux de selle, »

En fait, la voiture de poste était une lourde berline coupée et la seconde voiture de « service léger », un landau d'une conception originale. En campagne, Napoléon disposait ainsi de deux voitures ayant chacune un usage bien défini, Si l'Empereur prit l'habitude d'organiser de cette manière ses déplacements, ce n'est toutefois qu'en prévision de l'invasion de la Russie en 1812 que ses véhicules militaires furent réalisés suivant de strictes et astucieuses directives.

Il y en eut quatre. Trois berlines connues sou le nom de « dormeuses » et un landau, En Russie, les distances à couvrir se montraient considérables alors que l'état des routes et des chemins serait éprouvant pour le matériel, les voitures devaient être d'une grande robustesse et dotées d'un confort efficace. Ce fut le carrossier Getting qui fut chargé de leur réalisation. Getting ayant déjà travaillé pour l'Empereur avait donné toute satisfaction....il était le directeur des ateliers de Cauyette, rue des Martyrs à Paris.



Les dormeuses étaient aménagées de telle sorte qu'elles permettaient à leur occupant d'effectuer de longs trajets, de jour comme de nuit. Attelées en poste, tout comme le landau, elles utilisaient les chevaux de relais qu'avaient prévus les services du grand Ecuyer impérial, en moyenne toutes les cinq lieues, Six....voire huit.....robustes bêtes des Ecuries impériales enlevaient une dormeuse dont le poids total en charge.....comme on dirait aujourd'hui.....devait être proche de celui d'une automobile moderne. Le baron Fain affirme que les aménagements « offraient toutes les ressources d'une maison roulante ».

En effet, un matelas judicieusement disposé accueillait l'Empereur qui s'y jetait vêtu et botté, couvert de ces peaux d'ours qu'il affectionnait lorsque la température l'exigeait, Le souverain avait à sa disposition, par un jeu de tiroirs et d'abattants, de l'encre, du papier, des livres, des cartes, un nécessaire de toilette, « une cantine de flacons à vins et liqueurs garnis de bouchons de vermeil », des vêtements de rechange. Un pupitre mobile permettait d'écrire, des fontes à pistolets, une soute recevant une épée complétaient cet équipement remarquable répondant parfaitement aux exigences de l'Empereur. Il pouvait y conserver avec les hauts responsables du moment, rédiger des messages immédiatement transmis par les courriers impériaux, lire, consulter ses cartes, se restaurer, dormir.....D'épais rideaux de cuir assuraient l'intimité.

A mi-hauteur, à l'avant, la partie demeurée libre en raison de la conception « coupée » de la berline était occupée par un coffre permettant l'installation d'un matelas, dans le sens de la longueur.

Ce matelas, lorsqu'il n'était pas utilisé, prenait place à l'arrière du train et avait deux emplois....dans la dormeuse ou au bivouac. L'aménagement de l'arrière avait été étudié minutieusement, comme nous l'apprend la lecture du marché de Getting.... « Un grand châssis de bois de frêne posé sur le derrière du train pour recevoir un lit complet, garni avec de grands cerceaux de fer couverts en cuir gras ».

Cette première dormeuse fut livrée aux Ecuries impériales le 5 mars 1812 et remplaça définitivement les véhicules utilisés jusqu'alors par Napoléon durant les opérations militaires, berlines, calèches ou « coureuses », qui n'avaient pas été particulièrement étudiées comme le furent les quatre voitures fabriquées par Getting, Elle regagna la France fin 1812 au début de 1813, La deuxième entra aux Ecuries impériales le 18 mars 1813, et la troisième est le résultat d'un tour de force technique de Getting puisqu'elle vit le jour en trois semaine environ.

Pourquoi une telle prouesse ? La première dormeuse servit à Marie-Louise pour se rendre à Vienne et nous ne savons pas ce qu'elle est devenue. La deuxième fut utilisé par Napoléon après les adieux de Fontainebleau pour gagner Saint-Tropez, elle l'accompagna à l'île d'Elbe, fit sans doute la traversée de retour et serait le véhicule abandonné dans la région de Grasse le 2 mars 1815.

L'Empereur s'empressa donc de commander une nouvelle dormeuse dès le début du mois d'avril 1815....elle lui fut livrée le 30. On peut fort bien imaginer que carrossiers, charrons, menuisiers, forgerons, selliers des ateliers de Cauyette, sous la haute autorité du maître carrossier Getting, furent mobilisés pour travailler, peut-être par équipe se relayant jour et nuit, de façon à fournir à l'Empereur une voiture dont il avait pu apprécier les qualités au cours des campagnes de 1812, 1813 et 1814. Combien d'heures de travail furent nécessaires pour mener à bien un tel ouvrage ?

...A Suivre...

....

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon 1er.....   Mar 5 Oct - 19:20

Intéressant sujet que vous abordez là mon cher J-B !
Savez-vous que pour honorer le Premier Consul lors de sa visite en 1803, la ville de Bruxelles lui avait offert un carrosse de gala ?
Celui-ci fut commandé à un orfèvre en la matière, le carrossier Simon fils.
Ce chef-d'oeuvre tout en glace conjuguait le bronze doré de personnages mythologiques et le velours brodé d'or.
Il fallut 38 jours aux ouvriers spécialisés pour réaliser l'objet dont la valeur fut estimée à 42.825 francs de l'époque.
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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Re: Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon 1er.....   Mer 6 Oct - 9:56

...... sunny ......

Cher Luc...Non je ne savais pas Merci à vous de cette information historique...!!!!


Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon...
....(Sources...Jacques Marnat)....

(Suite)........




Cette troisième dormeuse fut facturée 10 832 francs, comme la précédente d'ailleurs, sans supplément pour la rapidité d'exécution, remarquons le. Incontestablement, ce fut elle qui transporta Napoléon de Paris à Avesnes où il arriva le 13 juin 1815 pour engager les hostilités. Et il semble bien qu'il ne l'utilisa plus. Mais elle n'en connut pas moins une aventure très curieuse.

Au soir de la bataille de Waterloo, elle tomba au pouvoir du major prussien Von Keller, à l'entrée de Genappe, alors qu'elle était immobilisée sur un chemin détrempé par les pluies, Son équipage avait jugé bon de se replier à la vue des Français battant en retraite dans la plus grande confusion. Il était d'usage que la dormeuse fût tenue disponible sur le champ de bataille, à proximité des réserves de la garde impériale, probablement près de la Belle Alliance, ce 18 juin 1815. La débandade des troupes françaises inquiéta les deux hommes qui en étaient responsables....le premier piqueur, Archambault aîné, était le postillon qui aurait été un certain jean Horn. Un fait est sur, Archambault décida de quitter la dormeuse devenue inutilisable et emporta avec lui le trousseau du véhicule.

Les Prussiens arrivent, en l'occurence le bataillon de fusiliers du 15è régiment d'infanterie commandé par le baron Eugen Von Keller, Version Von keller....le postillon, pour éviter que la voiture soit capturée, fouette l'attelage (peu vraisemblable, le véhicule est embourbé !) mais les soldats tuent les deux chevaux de tête et le postillon, Keller sabre le cocher (?) et force la portière, A ce moment, il aperçoit Napoléon qui, se jetant hors de la voiture, saute à cheval du côté opposé, perdant son chapeau, son épée et son manteau, Ces trois objets sont envoyés le lendemain à Blücher.



Il est admis aujourd'hui que cette fuite de l'Empereur a été imaginé par Von Keller, Les trophées au feld-maréchal avaient tout simplement étaient trouvés à l'intérieur de la dormeuse par le major.

Peu après, Keller fait convoyer sa prise au lieutenant et quatre hommes jusqu'à Düsseldorf où elle est confiée à l'épouse du major, le 25 juin, Revenons à Archamboult, Il resta en possession du trousseau de clés qui se trouve actuellement au Musée National de Malmaison, accompagné d'une note de la main d'Archambault...... « Ces six clés sont celles de la voiture de l'Empereur Napoléon que j'ai été forcé d'abandonner sur la route des Quatre Bras le 18 juin 1815, jour de la bataille de Waterloo, à 8 heures du soir, Archambault aîné, ex-piqueur de l'Empereur Napoléon ».

La dormeuse se trouve donc à Düsseldorf, chez la baronne Von Keller, et peu de gens connaissent son existence (Blücher lui-même n'est pas au courant de sa capture qui ne lui a nullement révélée le major qui l'a orienté sur une fausse piste, le landau, nous le verrons), Von Keller a décidément le sens des affaires et fait preuve d'un opportunisme adroit. Il transporte de l'autre côté de la Manche le précieux véhicule avec les quatre chevaux et le vend au gouvernement britannique pour 2500 livres, somme considérable à l'époque. La dormeuse entre le 27 novembre 1815 dans les Ecuries Royales, et est revendue dès le 23 décembre à William Bullock pour la même somme.



Bullock, propriétaire du London Museum situé dans l'Egyptian Hall à Piccadilly, sut admirablement tirer parti de son acquisition en exposant la voiture et ses accessoires, les quatre chevaux survivants et leurs harnais. Une brochure fut éditée, décrivant le véhicule et relatant sa capture suivant la version Keller. Au mois de mars 1816, Bullock affirmait que son exposition avait attiré plus de 100 000 personnes. Il eut alors une idée de génie en décuplant la curiosité de ses visiteurs puisqu'il leur offrit la présence du postillon laissé pour mort a Genappe !

Une seconde brochure fut mise en vente aux portes du London Museum. A ce sujet, il est intéressant de se référer à l'article du comte Gérard de Contades sous le titre..... « Trouvailles et curiosités : les souvenirs de Jean Hornn, cocher de Napoléon ». L'auteur de cet article a analysé minutieusement le livret au titre séduisant.... « Récit de Jean Hornn, cocher militaire de Napoléon Bonaparte, contenant ses souvenirs sur ce mémorable personnage pendant les dix dernières années passées à son service personnel ».

Il y a évidemment dans le ton de cette présentation quelque chose qui sent le boniment de fête foraine. Jean Hornn était un mystificateur recruté par Bullock ? La brochure esquisse brièvement le passé du postillon qui serait né le 9 mai 1787 en Hollande. Il vint en France et, selon ses affirmations, aurait été engagé le 20 mars 1805 comme postillon dans les Ecuries Impériales.

Comment Bullock rencontra-t-il jean Hornn ? Nous avons peu de renseignements à ce sujet. Bullock affirme qu'il s'était rendu en France, sans doute courant mars 1816, dans le but de ramener à Londres un ancien serviteur de Napoléon, ce qui n'a rien d'illogique, compte tenu des qualités de Bullock, homme dynamique qui savait offrir des sensations rares au public.



Retrouvant la trace de Hornn, le miraculeux rescapé, il n'a aucune peine à le convaincre de le suivre car le cachet proposé devait être alléchant. Jean Hornn raconta que, grièvement blessé et ayant perdu connaissance, il avait été finalement recueilli par les Anglais, soigné, amputé d'un bras et libéré.

Bullock qui, décidément, allait jusqu'au bout de ses entreprises, ne se contenta pas de l'exposition du London Museum puisqu'il parcourut le Royaume-Uni. En décembre 1818, jugeant sans doute qu'il avait suffisamment exploité les ressources commerciales de la voiture, il la mit aux enchères. Que devint jean Hornn ? Nous l'ignorons, nos recherches n'ayant donné aucun résultat. Avait-il été réellement au service de napoléon ? Etait-il un imposteur ? On perd sa trace après 1816, et il n'est pas prouvé qu'il suivit Bullock jusqu'en Ecosse ou la dormeuse fut exposée.

L'histoire de cette voiture ne prend pas encore fin. Durant près d'un quart de siècle, on va plus ou moins l'oublier puisqu'elle est reléguée dans un entrepôt de voitures (The Carriage Repository Grays inn Rd). En 1842, elle est acquise par le célèbre musée de Mme Tussaud, à Londres, pour la somme de 6000 livres.

A....Suivre...


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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon 1er.....   Mer 6 Oct - 16:37

On voit à quel point ces objets entretiennent le mythe napoléonien.
Il est également stupéfiant de constater à quelles légendes et récits fantastiques ils ont donné naissance.
Quant à la dormeuse capturée au soir de Waterloo, je ne connais que trop bien le triste sort qui fut le sien après son acquisition par le musée Tussaud...
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MessageSujet: Re: Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon 1er.....   Jeu 7 Oct - 9:35

...... sunny ......

Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon...
....(Sources...Jacques Marnat)....

(Suite)...

Napoléon disposait également d'une voiture d'un style différent, un landau, terme désignant à l'époque un genre de berline muni de deux capotes, l'une à l'avant, l'autre à l'arrière, et pouvant se replier. Les glaces latérales s'escamotaient et leurs montants disparaissaient, transformant ainsi radicalement le véhicule qui, découvert, permettait d'avoir un angle de vision complet. Sa suspension, robuste et élégante, donnait à l'avant-train le loisir de pivoter à 90 degrés, d'où une maniabilité exceptionnelle. Comme la dormeuse, le landau était attelé en poste. Pas de cocher non plus, évidemment, mais un siège semblable à celui de la dormeuse était réservé au mamelouk.

Un aménagement permettait à Napoléon de s'allonger complètement et éventuellement dormir....une moitié du panneau avant, montée sur charnières et munie d'un soufflet de cuir, s'abaissait, augmentant de cette façon la longueur de la caisse d'une trentaine de centimètres. Très élaboré, le landau comportait à l'avant deux fenêtres aux glaces et montant escamotables comme sur les côtés.

Toutes les ouvertures possédaient des volets coulissants à lames mobiles. Napoléon avait de cette façon la possibilité de se protéger des regards indiscrets. Peinte en rouge sombre et agrémentée de frises dorées et de baguettes argentées, la caisse reposait sur un train couleur amarante. A la fois sobre et élégante, cette voire de « service léger » ne manquait pas d'allure.

Le landau fut commandé en prévision de la campagne de Russie, vraisemblablement en janvier 1812, toujours à Getting. Mais accablé par les nombreuses commandes, le carrossier ne put livrer pour l'entrée en campagne de la Grande Armée, et le véhicule ne rejoignit les équipages de l'Empereur à Vilna que le 8 juillet 1812. Il avait coûté la somme de 11561 francs et, pour les accessoires qui l'équipaient, 1832 francs.


Il échappa au désastre de la campagne de Russie. Remisé pendant près de trois ans, c'est à Waterloo qu'il reprit du service. L'Empereur l'utilisa certainement entre le 13 et le 18 juin. Plus maniable que la dormeuse, complètement découvrable, il était préférable pour accomplir rapidement de courts trajets d'ordre stratégique. Il tomba au pouvoir des Prussiens aux Quatres bras.

Le valet Marchand occupait certainement le siège du mamelouk (au fait, qui était le postillon du landau ?). Marchand parvint à s'enfuir en emportant « 300 000 francs en billets de banque » qu'il cacha contre sa poitrine. Le landau fut pillé de tous les ornements et accessoires qu'il possédait. Le 20 juin, Blücher en prenait possession alors que naissait la légende de la fuite de « Bonaparte ». Von Keller entretint savamment le silence sur la capture de la dormeuse qui avait pris déjà la route de Düsseldorf, Le vieux feld-maréchal ignora sans doute pendant de long mois qu'il existait en réalité deux voitures.

Peut-être crut-il que la dormeuse était une supercherie et que lui seul était propriétaire d'une authentique voiture militaire de Napoléon ? Toujours est-il que Von keller avait tiré de sa fructueuse prise de guerre 2500 livres sterling !

Quel destin eut ce landau par la suite ? Il fut conservé avec beaucoup d'égards par la famille Blücher, à Krieblowitz, près de Breslau en Silésie, de 1815 à 1944. La voiture fut évacuée vers la Bavière après la dernière guerre et elle trouva asile à Donaueschingen, chez le prince Fürstenberg. Entre temps, elle avait été prêtée à une exposition à Breslau en 1913, puis à Berlin en 1933 -1934.

Le comte Blücher Von Wahlstatt, descendant direct du feld maréchal Blücher, décida de la mettre en dépôt au Musée national de Malmaison. C'était en 1973. Ce geste était généreux, certes, mais surtout symbolique. Dans une Europe moderne, la voiture de « service léger » de l'Empereur n'avait plus de valeur de trophée. Elle est désormais une émouvante pièce de musée, témoin de la perfection artisanale de l'époque.



Il existe, à la Walker Gallery de Liverpool, un tableau célèbre d'Edward Croft.....Au soir de la bataille de Waterloo. On y voit une voiture offrant une ressemblance frappante avec la dormeuse détruite dans l'incendie du musée Tussaud.

Nous ne savons pas comment le peintre s'est documenté pour réaliser sa toile. Peu importe. Il apparaît certain que le rôle de premier plan qu'ont joué les voitures militaires de Napoléon, en lui permettant de se déplacer sans perte de temps tout en ayant la possibilité de travailler, de réfléchir, de rédiger ses ordres, de les communiquer pour exécution, de prendre du repos, a impressionné ses contemporains et impressionne encore.

FIN.

Pour en savoir plus.

L'intermédiaire des chercheurs et des curieux, n°665 du 10 septembre 1894.

Max Terrier, « le landau de Napoléon et son histoire », la Revue du Louvre n°2, 1975,

Anthony de La Poer, « Phaeton's chariot (s) : The Mystery of Napoleon's Waterloo Carriage », Military Illustrat ed, février 1991.

......

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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Les Bottes de Sept Lieues de Napoléon 1er.....   Dim 24 Oct - 13:29

Merci Jean-Baptiste.

Amicalement,
Eric LM
salut

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