Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 ////LA MARINE DU SECOND EMPIRE

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MessageSujet: ////LA MARINE DU SECOND EMPIRE   Jeu 7 Oct - 15:50

Après la chute du premier empire et le retour de Louis XVIII en 1814, de Charles X en 1824, de Louis Philippe en 1830, et le retour à l'empire, le second, à l'avènement et sous la présidence De Napoléon III, la marine n'a plus à supporter le poids de l'hégémonie de la marine britannique.Elle va traverser une période de paix mais aussi d'instabilité de politique intérieure, entrer progressivement mais lentement et difficilement vers la modernité en abandonnant presqu'à contre-coeur la voile au profit de la vapeur.Néanmoins elle va faire encore parler d'elle.
-En 1815, elle subit les outrages de la restauration en la personne de son ministre Bouchage qui va la défaire de l'héritage de Napoléon 1er: mise en demi solde de centaines d'officiers aguerris,suspects politiquement,appel à ceux de la royauté qui n'avaient pas navigué depuis vingt cinq ans, suppression des équipages de haut bord, etc..etc..Bref tout un arsenal de mesures tenant plus de la logique courtisane où le dogmatisme tient lieu de projet d'avenir.L'illustration de cette gabegie fut l'entrefilet paru le 10 septembre 1816 au Moniteur Universel annonçant le plus stupide et le plus sordide drame de la mer (cf : l'aventure de la "Méduse" cette frégate flambant neuf de 44 canons) qui va faire grand et tourner au scandale politique.
- En 1817 c'est Champlatreux qui prend le ministère de la marine,suivit aussitôt par le baron Portal d'Albarèdes qui fait un audit de la marine pour en conclure qu'elle doit "être capable de se suffire au premier besoin, de se renouveler, de s'agrandir" vérité qu'il est toujours bon de dire. Et de préciser que le format doit être de 38 vaisseaux, 50 frégates pour un budget passant de 45 millions à 65.Propositions approuvées par le roi comme des députés pour la forme sachant que sur le fond les promesses ne seront pas tenues.
- En 1821, son successeur, le marquis de Clermont Tonnerre crée la commission des travaux, le conseil d'amirauté, n'étant rien de moins que ce que Napoléon sous d'autres appellations avait déjà crée.
- En 1823, l'intervention française pour étouffer la révolution espagnole montre l'incapacité de réarmer en urgence la moindre force navale.
- En 1827, le 20 octobre, en baie de Navarin, la flotte franco-anglo-russe défait la flotte turco-égyptienne.Paradoxalement cette bataille relativement marginale remet la marine à la mode. L'Orion rebaptisé Borda accueille à Brest le collège naval parti de là où il végétait, Angoulême...et le budget de 65 millions imaginé par Portal est confirmé au baron Hyde de Neuville, dès qu'il succéda à Chabrol en 1828.
- En 1830, c'est le baron d'Haussez sous Charles X qui obtient le ministère de la marine.Année qui va marquer durablement l'histoire de France par la conquête de l'Algérie.Opération de prestige consécutive au soufflet administré au consul de France par le célèbre chasse mouche,mais surtout une opération politique dont on ne fera pas l'exégèse ici.La marine, héritière des bâtiments lancés sous Napoléon 1er sous l'autorité de l'amiral Duperré, va mener à terme une imposante opération amphibie avec 600 navires et 30000 hommes du corps expéditionnaire.D'Haussez,un homme au parcours énigmatique,ancien compagnon de Cadoudal,aurait répondu à l'ambassadeur de grande Bretagne qui s'agaçait de ces préparatifs " allez dire à votre maître d'aller se faire foutre"
- En 1831, c'est le vice amiral comte de Rigny, auréolé de la bataille de Navarin, qui prend le portefeuille de la marine; son objectif est d'obtenir les crédits pour constituer une escadre d'évolution, pour lui redonner la capacité de projection qu'elle avait perdue.Bien entendu il y a un autre héritage, celui d'une marine réticente et toujours conservatrice qui entend mal ou qui ne veut pas admettre la mutation technologique, ayant pour conséquence d'accentuer son retard par l'aveuglement de ses cadres.Et pourtant le progrès était déjà en marche par :
- Fulton qui reprenait l'idée de machines à vapeur, imaginées déjà en France en 1770, et proposée en vain à Napoléon 1er et Decrès en 1803.Le même Fulton avec son "Clermont"qui, quatre ans plus tard, en faisait démonstration entre New York et Albany, sortant du stade expérimental.
- Jouffroy d'Abbans,qui déjà avait remonté la Saône pendant un quart d'heures à Lyon le 15 juillet 1783 avec un prototype à vapeur..
- Le marquis de Clermont Tonnerre qui avait envoyé en 1822 une délégation étudier aux états unis les possibles applications militaires des navires à vapeur, et qui formulait un avis très positif sachant que la marine britannique n'y était pas indifférente.
- Le comte Chabrol qui accepta en 1826 d'ouvrir un atelier de machines Indret, lançant le "Sphinx" en 1829, mais avec une machine anglaise alors que jusque là les premières machines purement françaises subissaient quelques déboires..
A suivre..



































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MessageSujet: Re: ////LA MARINE DU SECOND EMPIRE   Lun 11 Oct - 15:53

Tous les progrès enregistrés jusque là n'avaient pas convaincu encore la marine, ses officiers ne pouvant s'enthousiasmer pour des machines à vapeur d'appoint peu fiables, puantes, dont les escarbilles salissaient ponts et voilures et dont l'autonomie posait un problème que n'avait pas la voile.Tous, plus ou moins persuadés de cela, sauf comme toujours certains visionnaires comme les futurs vice amiraux Labrousse, Paris ou encore François d'Orléans,prince de Joinville.
La vis d'Archimède fut inventée par Frédéric Sauvage en 1832,celui qui construira le "Corse" alors qu'en même temps le suédois Ericsson et l'anglais Smith développaient l'hélice à plusieurs pales.Malgré cela les roues motrices sur les flans du navire étaient trop exposées, utilisaient trop d'espace au détriment des sabords d'artillerie, et la vulnérabilité des chaudières était évidente.
En 1833 la marine ne comptait que 7 vapeurs sur 145 navires armés, n'en construisait que 6 sur les 78 unités mises en chantier.L'époque restait houleuse, l'instabilité des gouvernements était désastreuse pour les réformes et les expérimentations françaises restaient insuffisantes pour envisager une marine nouvelle génération.
En 1837 pour justifier une augmentation du budget de la marine et devancer les critiques des parlementaires, Rosamel effectue un état des lieux de la marine, les conclusions de son rapport ne sont pas brillantes.
En 1838, une expédition navale contre le Mexique défait les mexicains.Prise de Véra Cruz.
En 1840 un débarquement a lieu en Terre Adélie.
En 1842 le contre Amiral Dupetit Thouars prend possession des iles Marquises.
Cette même année le prince de Joinville,membre de l'Amirauté, s'agaçait de la lenteur des décisions.Il publia dans la revue des deux mondes des papiers virulents: " Nous nous croisons les bras,l'Angleterre agit.Nous discutons théories,elle poursuit des applications." De fait, puisque la Navy ne comptait pas moins de 120 navires à vapeur modernes.
En 1846, le 17 décembre, pacification de Tahiti après que le C.V Bonnart ait pris à revers le fort de Fautahua.
En 1847 le baron Tupinier rend compte au conseil d'Amirauté de l'inadaptation calamiteuse de nos arsenaux et de la nécessaire modernisation de la flotte.
En 1848 c'est l'insurrection, la République est proclamée, Napoléon III est élu Président.Pendant les désordres la marine continue de vivoter et s'enferme dans ses mauvais choix.Le contre amiral Vérinac de St Maur à la fois moderne et dépassé, comme la marine elle même,quittait son ministère en prophétisant que chacune des deux marines, à voiles et à vapeur, ne dureraient que quelques années encore et que seulement dans les décennies à venir les deux puissances seraient réunies.
La constitution de 1848 fonde les trois départements français d'Algérie, faisant enfin de la méditerranée la "mare nostrum" Et la marine cherche toujours des solutions que ne trouveront pas les douze ministres qui vont se succéder en coup de vent jusqu'en 1851.
En 1851 Dupuy de Lôme, au vu du rapport de Tupinier,obtint de lancer le "Napoléon" premier des vaisseaux de ligne à hélices, alors que "l'Océan" de 118 canons, vieux monstre de bois de 60 ans d'âge et de cinq siècles de perfectionnement, figurait toujours sur la liste des navires en activité.L'amiral Jurien de la Gravière résumait ce grand écart par "entre "l'Océan et le "Napoléon" il y a la distance qui sépare le reptile de l'oiseau"
Signal fort puisque malgré tout après s'être laissée surprendre la marine réagissait.Il est vrai que la marine de commerce plus entreprenante quant à elle s'engageait dans la voie de la modernité.Le gouvernement soumis le projet de loi qui verra la création des messageries nationales en 1851, devenues messageries maritimes,et en 1855 la compagnie générale maritime devenue la compagnie générale transatlantique.
L'ancien "Tonnant" resté sur cale depuis quarante ans, va être lancé en 1854 à Rochefort, condensé de la déchéance des derniers grands vaisseaux,puis refondu à Brest pour son adaptation à la vapeur tout en conservant ses lignes d'origine, ses voiles, et en particulier sa poupe traditionnelle reconnaissable aux grands balcons des quartiers des officiers.D'autres vaisseaux, condamnés, serviront de prisons, de casernes ou d'hôpitaux.
En 1853, le "Phoque" débarque des troupes à Nouméa qui devient le chef lieu de la Nouvelle Calédonie qui sera proclamée colonie française.
En 1854, la guerre de Crimée va offrir à Napoléon III, une fois n'est pas coutume, la réalisation d'une alliance avec l'Angleterre.Cette guerre va accentuer le processus de modernisation indispensable devant l'effet ravageur des obus explosifs utilisés par l'artillerie de marine. La confirmation de la vapeurs se fait jour,et la puissance de feu des cuirassés révèle leur utilité, conditions préalables à tout débarquement .
Le 1er janvier 1857 l'Amiral Hamelin signe le décret mettant fin à l'ère de la voile soulignant que" tout navire n'étant pas pourvu d'un moteur ne pourra être considéré comme navire de guerre"
Bien entendu le compromis voile/moteur subsistera encore fort longtemps, mais la mutation spectaculaire aura pour cadre la seconde moitié du siècle de paix qui règnera en Europe.Ce renouveau s'accordant au faste impérial se traduisit par la réception offerte à la reine Victoria à Cherbourg le 3 septembre 1858 à bord de la "Bretagne" dernier vestige de la flotte d'antan.
Dupuy de Lôme va lancer le 24 novembre 1859 la 'Gloire" Frégate cuirassée à Hélices pourvue d'un blindage de 12 cm, filant onze nœuds pour une autonomie de 14 jours, armée de 34 canons à chargement par la culasse, et à obus explosifs pouvant perforer 12cm de tôle à 800 mètres de distance.Douze de ces frégates vont être mises en chantier, provoquant la réaction immédiate des anglais qui lancèrent en catastrophe le "Warrior" et le "Black Prince" les deux marines s'observant de près bien que "l'entente fut cordiale"
A suivre...








































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MessageSujet: Re: ////LA MARINE DU SECOND EMPIRE   Lun 11 Oct - 18:33

les architectes navals remirent au goût du jour l'éperon d'abordage, puisque l'acier et la vitesse le permettaient. Possibilité sans avenir , presque jamais sinon jamais utilisée, du fait que l'artillerie moderne interdisait ce type d'engagement. Malgré tout ce profil effilé de proue subsistera encore longtemps comme la disposition des canons maintenus en bordée suivant la tradition, qui laisseront place aux tourelles "barbettes" ou encore des canons qui seront disposés sur les mâts quand ceux ci prendront leur configuration "militaires" Quant aux structures métalliques elles feront encore bon ménage avec le bois en particulier pour les aménagements intérieurs.
En 1857 diplomatie et accords internationaux autorisent, de Tien-Tsin à Saïgon, à remonter le Yang Tsé Kiang jusqu'au coeur de la Chine.Le prétexte d'y protéger les ressortissants français va engager la marine française dans les combats d'extrême Orient.Cette marine forte de 400 navires dont 34 cuirassés sera largement dispersée outre mer et va donner la réplique à la marine britannique.La présence française désormais en Afrique ou en Asie permet alors à Napoléon III d'agir sur les affaires du monde.
En novembre 1869 le canal de Suez est inauguré par l'impératrice Eugénie.
En juillet 1870, dans la guerre improvisée contre la Prusse Napoléon III capitulait, alors que l'empire était plébiscité.Aux alentours les puissances se hâtaient d'établir leur empire en matant ici et là les résistances.
Dans la guerre contre la Prusse la marine fut incapable d'ouvrir le front espéré sur les arrières allemandes, même pas d'assurer un blocus de ses côtes, faute d'en avoir les connaissances hydrographiques, et surtout en absence de plans réalistes.Les gros cuirassés et garde-côtes, inadaptés, n'eurent d'autres activités que le ravitaillement et le transport de matériels.Ne restait qu'a suppléer l'armée défaillante et à se résoudre à combattre à terre, tout au plus à naviguer sur les rivières comme ce fut le cas sur la Seine.Outre ses 30000 hommes d'infanterie de marine, la flotte débarqua ses effectifs à terre pour rejoindre la capitale afin de constituer le noyau de l'armement des forts de Paris, avec ses 30000 marins,600 officiers et un millier de canons.Malgré une résistance héroïque, la reddition était inévitable, elle intervint le 1er mars 1870 et selon les clauses les allemands entraient dans Paris.Quand les prussiens quittèrent la capitale,mais pas la France,laissant place aux émeutes des fédérés face aux versaillais,la marine fut dépitée: si les marins avaient déchainé l'enthousiasme des parisiens, on ne leur pardonnera pas de ne pas avoir arrêté les prussiens, rien de moins.Elle deviendra la victime expiatoire de la nouvelle humiliation de la France.
Déchéance de l'Empire le 4 septembre 1870.Pour la marine décidément rien ne va changer, elle va replonger dans une nouvelle ère, jusqu'à la fin du siècle, période dans laquelle elle sera tiraillée par les hésitations des anciens face aux nouveaux concepteurs de la jeune école, qui ne feront qu'aggraver son retard.Si ce n'est le sursaut qui va en faire, dans les trente premières années du 20ème siècle, une des marines les plus redoutables de l'époque, mais l'illusion là encore sera de courte durée, mais cela est une autre histoire qui dépasse le cadre des empires napoléoniens.
La marine, de la révolution à l'Empire, de l'Empire à la Restauration, de la Restauration à l'Empire et de l'Empire à la République, n'en aura pas fini de pleurer sur elle-même.
Fin.
La majeure partie du texte est inspirée du livre du contre-amiral François Bellec, de l'académie de marine:"De la Royale à la marine de France" ed.Monga/Marine Nationale.








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Jean-Yves
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MessageSujet: Re: ////LA MARINE DU SECOND EMPIRE   Dim 24 Oct - 13:51

Le Second Empire est, sur bien des points, fort méconnu. C'est vraiment dommage.

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