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 BAVASTRO joseph,capitaine de frégate auxiliaire, corsaire.

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MessageSujet: BAVASTRO joseph,capitaine de frégate auxiliaire, corsaire.   BAVASTRO joseph,capitaine de frégate auxiliaire, corsaire. Icon_minitimeVen 30 Oct - 16:40

Né le 26 mars 1760 à St Pierre d'Arène,dans le comté niçois royaume de Sardaigne,mort à Alger le 10 mars 1833.

La méditerranée,et Nice,seront pour Joseph Bavastro ce que la mer du nord, et Dunkerque, ont été pour Jean Bart.Avec les points communs partagés par l'un et par l'autre qui les caractérisent:le courage,l'audace,la bravoure.Pour eux comme pour d'autres Surcouf aussi, ils entrent dans l'histoire avec une aura légendaire des gens nés sous bonne étoile.
Le père de Joseph,Miguel Bavastro,est ingénieur hydrographe chargé du chantier d'agrandissement du port de Nice en 1760,où il s'est installé.Quand le petit Joseph devenu adolescent reconnaît sa première frégate qu'il aperçoit du haut du mont-Boron,il jure qu'un jour il naviguera,au grand désespoir de son père.Placé devant le fait accompli,il ne pourra que lui conseiller de devenir armateur ou corsaire.
Joseph deviendra donc armateur à son compte, ou au service de puisssants armateurs génois, jouissant déjà d'une solide réputation parmi les commerçants des côtes de Ligurie, de Provence ou des états barbaresques.Son expérience de la mer,il la doit après avoir bourlingué sur la mer depuis vingt ans déjà.Quand les troupes françaises traversent le Var en 1792 et portent la révolution dans le comté de Nice, il s'engage aussitôt dans le combat que mène depuis quelques années déjà son compagnon et vieil ami d'enfance Masséna,autre Niçois célèbre, et veut devenir corsaire de la république.Il n'a pas la nationalité française.Ni de passeport non plus.Et ne peut prétendre à occuper un poste dans le grand corps de marine: d'ailleurs il ignore ce qu'est un navire de guerre.Sa zone de prédilection: la méditerranée qu'il connaît bien, plus particulièrement les eaux espagnoles où il va guetter l'anglais et le harceler.Dès l'année 1800, et sans interruption jusqu'en 1815, le fidèle à Napoléon va multiplier les attaques de tout ce qui est commerce britannique.Et puis les escadres françaises vont d'échecs en échecs ,devant la toute puissance maritime de l'Angleterre, elle qui a vite compris que sur terre elle ne pouvait rivaliser avec les armées de Napoléon.Alors elle va s'employer à construire une marine pour être maîtresse de la mer, de toutes les mers, controler les côtes de France en imposant de blocus de ses ports,perturber les échanges commerciaux avec ses colonies,et s'y rendre maître souvent.Il ne reste que la solution de remplacement, celle de la guerre de course, qui va supplanter la marine de guerre pour faire obstacle à l'union jack dans son propre commerce indispensable à sa survie.Avec des hauts et des bas, parce que cette forme de piraterie d'état déjà prônée par la convention le 31 janvier 1793 est l'aveu même de son impuissance.La guerre du faible au fort,stratégie maritime de recours quand un pays n'a pas ou n'a plus de marine.D'ailleurs les corsaires français perturbent notablement les anglais,les obligeant ainsi en réaction à décupler encore plus leurs efforts d'armement maritime, mais on ne peut nier que la course n'a été véritablement d'aucun secours à l'empereur sur le plan stratégique.
Pour Bavastro,celui que l'on va surnommer le "lion de Gibraltar" la bonne étoile ne l'abandonnera pas.Il ne sera jamais capturé,il ne fera pas partie des milliers d'autres corsaires qui croupiront tôt ou tard sur les pontons anglais.A Nice,dans sa maison sur le port le 19 mars 1803,il fait un rêve prémonitoire pendant lequel il livre un combat victorieux contre la perfide Albion.Alors que Bonaparte forme le camp de Boulogne,il se met en quête d'un navire et d'un équipage, la guerre l'autorise désormais à prendre la mer et à la faire.Muni des lettres de course,il arme un Chébec,"l'Intrépide" et après cinq mois de course à guetter une proie, celle-ci vient à sa rencontre:deux bricks anglais,à l'aube du 12 aôut,montrent leurs mâtures, "l'Astrée" et la "Mary Stevens" Les anglais viennent à portée de canons et tentent de prendre en étau Bavastro qui déploie les couleurs de France en virant de bord pour se placer dans le sillage de "l'Astrée" sous la poupe de laquelle il s'embosse pour se protéger du feu, et lance ses grappins.Ses hommes partent à l'abordage,corps à corps furieux et violents, à la hache.En dix minutes Bavastro s'est rendu maître du premier bâtiment alors que le second pensant par vanité que son homologue viendrait facilement à bout du corsaire téméraire, va l'engager à son tour au canon en tirs de dématage.Bavastro a l'art de la manoeuvre,il va se placer à la poupe de la "Mary Stevens" renouvelant encore la même stratégie.Ses équipes d'abordage vont avec fougue se rendre maîtres du navire, dont les survivants vont proférer des chapelets d'injures envers ces brigands de français.Et se rendre.Le chébec, le beau trois mâts armé en voiles latines de Bavastro, va rejoindre Tarifa avec ses deux prises, et la nouvelle va se propager sur le pourtour méditérranéen, faire le tour de la France, et jusqu'en Angleterre.Bonaparte quelques semaines va lui décerner une hache d'honneur.
A suivre...
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MessageSujet: Suite   BAVASTRO joseph,capitaine de frégate auxiliaire, corsaire. Icon_minitimeVen 30 Oct - 21:53

..dont il se prévaudra tout le reste de sa vie.A Cadix,sur décision de l'amirauté, le consul de France va l'élever au grade de capitaine de frégate auxiliaire.La légende de "l'enfant chéri de la victoire" va prendre une ampleur telle qu'elle va emprunter des formes d'expression diverses et variées: ex-voto placés dans les sanctuaires niçois,madone de la Garoupe remerciée au pied du phare d'Antibes,notre dame de Laghet au col d'Eze,votifs ornant les cimaises de musées régionaux..et les aquarellistes tels qu'Antoine Roux qui va immortaliser l'évènement.Déjà héros du blocus de Gènes en avril 1800,l'histoire aurait pu s'arrêter là,mais ce n'est que le début pour Joseph Bavastro d'une longue et faste période.Le coût d'un armement étant élevé il va se mettre au service d'un armateur, le sieur Pollan, qui possède la "Joséphine" ancienne corvette anglaise déjà prise par Bavastro, rebaptisée ainsi en l'honneur de l'Impératrice. Ce navire véloce armé de dix huit canons va faire le bonheur du corsaire et avec lui les prises vont se succéder: le " St Constantin" sous pavillon russe, la "Mary" puis "l'Envie" anglaises,et encore la "Catherine" anglo-américaine.Suivront encore le "Mont Carmel" le "Malbrouk" la "Mimosa" le "Nemer" puis "l'Hibernie"...Ayant échappé aux poursuites de l'amiral Cochrane, il va s'emparer du "Mercuri" du "Seyda" et du "San Giorgio di Nazione" avant de désarmer son navire à Barcelone.Pour cette seule croisière la liquidation des prises faites aux anglais est chiffrée le 10 février 1804 à soixante quinze millions de francs.Tout porte à croire à l'enrichissement du corsaire,sinon de son armateur,dont on sait qu'entre eux régnaient des conflits perpétuels.Les témoignages du commissaire de la marine sur les actes de liquidation l'attestent en 1810.Tout s'est réglé devant les tribunaux de Marseille sommant l'armateur de s'acquitter de ses dettes, sans compter les procédures et les chicanes administratives et judiciaires qui vont s'accumuler et prendre un temps infini pour solder et apurer les comptes.La guerre de course répond à des règles strictes: pour éviter les abus, Bonaparte, le 27 mars 1800 reprenant l'ordonnance de 1681, crée un conseil des prises,chargé de connaître les contestations relatives à la validité ou l'invalidité des prises.Dans ce dernier cas la main levée, par décisions des tribunaux statuant sur les plaintes déposées, peut amener l'Armateur à verser dommages et intérêts.Ce sera le cas de l'armateur Pollan.Le bilan financier de la campagne de la " Joséphine" en particulier sera désastreux.Par exemple il faudra près d'un quart de siècle, 1833, pour enfin établir un bilan de la prise de la "Mary" datant de 1817! Sans entrer dans les détails des procédures engagées,le bilan établira un solde net de pertes s'élevant à quarante cinq mille francs, somme que l'armateur aura à verser sur le champ,ainsi que le remboursement de la dette envers le trésorier des invalides de la marine! Bavastro sur ses biens propres versera dix mille francs.Pire: A la date du dernier procès Pollan et Bavastro étaient déjà décédés.
Joseph Bavastro n'est pas amer,il ne courrait pas après la fortune mais après la gloire,au service d'une république qu'il faisait sienne.Ses déboires ils les appréhendaient avec la nonchalance de son caractère méditérranéen disant " quand j'entrouve mes paupières après de longues siestes,je vois encore s'agiter devant moi les grands navires...En leur compagnie, j'ai parcouru toute la méditerranée, j'y ai fait fortune et je m'y suis ruiné...Mes amis en sont témoins,ils n'ignorent pas que nul ne meurt plus pauvre que l'armateur corsaire qui a gagné beaucoup d'argent" De l'argent il en a gagné parcourant le golfe du Mexique,accompagnant Simon Bolivar dans sa lutte pour l'indépendance de l'amérique latine ou remontant le Mississipi, et il a tout perdu au gré des aléas de l'aventure.Et puis le voici encore à Alger, dans cette Afrique du nord nouvellement conquise par les armes par Charles X, en poste dans son nouveau rôle de commandant du port de 1830 à 1832.Puis le vieux corsaire deviendra le cadi (maire) d'Alger la Blanche qu'il connait depuis maintenant cinquante ans, à charge pour lui d'apaiser les esprits et conquérir le coeur du peuple.
Malade, et à la veille de sa mort la France reconnaissante enfin ( pas celle de Napoléon Bonaparte, celle de Louis Philippe) va lui octroyer la nationalité française,celle dont il a toujours révé,ultime reconnaissance bien tardive pour le corsaire niçois. Il repose dans la partie nord des cimetières du chateau à Nice.
FIN.
source : Neptunia,les amis du musée de la marine,extraits du livre de Gérard A.Jaeger: grandeur et misère du corsaire J.Bavastro.
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