Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

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 GRANDVAL Joseph-Antoine ...

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MessageSujet: GRANDVAL Joseph-Antoine ...   Dim 14 Jan - 18:37

Alors qu'il est de coutume d'évoquer les Médecins ayant entouré l'Empereur et de l'Impératrice, qui de ce fait virent leur nom hissé sur le trône de la Postérité, il est beaucoup moins habituel de parler du Médecin de Laetizia Bonaparte et de Joseph Fesch, en la personne de Gaspard-Paul GRANDVAL ...

Ce brave Médecin, originaire de Morestel dans l'Isère, marié à Marie-Nicolette Susini, de Sartène, était le père du petit Joseph-Antoine GRANDVAL, né le 10 Novembre 1798, à Ajaccio ...

Lors de sa naissance, ce petit GRANDVAL fût porté sur les fonts baptismaux par les deux personnages célèbres, cités ci-dessus : la mère de Napoléon, futur Empereur des Français, et son Oncle Joseph Fesch ....

D'entrée, passionnante, cette histoire, bien sûr, ne s'arrête pas là, et le petit GRANDVAL va bien vite grandir ...

Il est intéressante de savoir qu'il avait un frère, Jean, de quinze ans son aîné, et qui deviendra, à l'instar de son père, Chirurgien des Armées.
C'est d'ailleurs à ce titre qu'il accompagnera Napoléon, durant douze de ses Campagnes ...
Evincé durant une dizaine d'années sous la Restauration, il terminera sa carrière en tant que Chirurgien Major, et sera fait Chevalier de la Légion d'Honneur ...

Mais Joseph-Antoine a aussi une soeur plus âgée que lui, et mariée à un Capitaine de Génie ...
C'est dire combien les circonstances furent réunies dans la famille du petit GRANDVAL, pour le faire évoluer dans le culte et le respect de l'Empereur ...

En 1806, notre petit homme fête ses huit ans ...
C'est l'année de la mort de sa mère, et celle du commencement de ses études.
Celles-ci débuteront sur place, à Ajaccio, puis se poursuivront jusqu'à l'âge de douze ans dans un lycée de Marseille.
Vers les années 1808/1809, il sera interne au Petit Séminaire de Reims, avant d'intégrer, en 1814, le Collège des Jésuites d'Amiens, où il retrouva son frère, alors en garnison dans cette ville ...

Très bon élève, ardent au travail, Joseph-Antoine GRANDVAL n'était toutefois nullement intéressé par la vocation religieuse.

Arrive la fin de l'Empire, en 1815 ; cette année-là, il se verra renvoyé du Collège pour avoir manifesté ouvertement sa fidélité à l'Empereur ...
Qui s'en étonnerait à l'heure où il ne fait pas bon d'honorer encore le Grand Homme !...

Toutefois, cette éviction lui servira, puisqu'elle lui permettra de s'éloigner, de façon définitive, du projet religieux auquel tenait sa famille ...

Il revient alors en Corse, en 1816, année douleureuse de la disparition de son père...

Les difficultés financières surgissent alors, et le grand frère Jean se retrouve sans emploi ...Mais son parcours lui ayant laissé de nombreuses et nobles connaissances, il parvient à placer son jeune frère Joséph-Antoine à Toulon où ce dernier entame des études de Pharmacologie.

Evoluant alors dans le domaine de la Physique et de la Chimie, ce bref parcours lui servira pour sa future carrière ...
César Delestang, devenu son ami à cette époque, sera aussi son futur Associé.

Après ce passage à Toulon, il trouvera un modeste emploi de "Commis de pharmacie" à Marseille.
Mais il se montre finalement fort peu enthousiaste pour cette profession, et envisage alors d'embrasser la carrière des Armes.

Il part alors s'en remettre au Général commandant la 91ème Division militaire ...
Cet Officier, ayant parfaitement connu le père de Josph-Antoine, le dissuade aussitôt de s'engager dans cette voie, et lui recommande plutôt le domaine du Commerce ...

Le futur Industriel dira alors :

"C'est pourquoi, d'indécis que j'étais d'abord, je tournais irrémédiablement mes vues du côté de l'Industrie Commerciale" ...



A suivre ...






salut
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MessageSujet: Re: GRANDVAL Joseph-Antoine ...   Mar 16 Jan - 18:40

Voilà donc notre futur Industriel, aux aguets d'un bon plan ...

Se trouvant toujours à Marseille, où travaillent plusieurs raffineries au "sucre colonial", Grandval s'aperçoit que les écumes de cassonade sont rejetés à la mer, sous la forme d'une pâte brune et visqueuse, dans des caisses en bois ...

Analysant ces résidus, Grandval imagine alors que l'on pourrait en faire des sirops ...

S'associant avec son ancien ami, Delestang dont j'ai parlé plus haut, devenu marchand de conserves, et avec son bailleur de fonds, les voilà partis dans la création d'une petite enterprise ...

Dessinant lui-même tous les appareils nécessaires au fonctionnement de la distillation, il les fait ensuite réaliser par un chaudronnier.

Après avoir fait ramasser les écumes, de nuit, il les exploite le jour.

Hélas, faute de capitaux, son projet ne durera pas plus de deux années...
Mais, fort de cette expérience, Grandval s'en servira pour l'avenir, songeant à s'assurer pour l'avenir l'indispensable concours d'une banque ...

Se passe alors quelques années, jusqu'en 1827, durant lesquelles Grandval trouvera à s'associer au meunier Girard , pour acquérir quelques subsides ...

Toujours associé à Girard, il retourne alors vers l'industrie sucrière, où il perfectionnera un procédé de fabrication , "le noir animal", qui possède des propriétés de filtration et de blanchiment du sucre.

C'est alors que sa Société prospère rapidement, et, dès lors, le nom de l'Industriel se touve étroitement lié à l'industrie sucrière de Marseille.

Deux années plus tard, nous sommes donc en 1829, Grandval persuade Girard de racheter une raffinerie toute proche, faisant appel, cette fois, à la banque Lauront, la plus réputée sur Marseille ...

Avec un emprunt de 200.000 Frs et un apport de chacun des deux associés de 50.000 Frs chacun, Grandval peut enfin envisager de passer de l'artisanat à l'industrie ...

A partir de 1830, l'on voit la production des raffineries doubler, tout en conservant leurs structures commerciales et techniques connues sous l'Ancien Régime.

C'est alors qu'est mis en marche "le processus de destruction créatrice", qui vise à améliorer les techniques et les rendements, en supprimant les plus "faibles".
Ainsi, en 1844, il ne reste plus que sept raffineries à Marseille, sur les vingt existantes au départ.
La production ayant triplé et les emplois étant passés de 600 à presque 900, il s'agissait là d'une véritable révolution ...

Enfin, en 1860, il ne restait plus que trois raffineries à Marseille, avec 2.000 ouvriers, dont 1.500 ....... chez Grandval !

Toujours soucieux d'améliorer ses performances, Grandval se penche alors sur six points essentiels :

1) Recrutement de cadres très qualifiés (D'où ses déplacements à l'étranger).

2) Il regroupe ses locaux dans un seul bâtiment, un des plus grands de l'époque "Au Domaine Grandval", Boulevard des Dames.
Le tout sur une superficie de 18.000 m2, jouxtant le port, pour une valeur totale de sept millions.

Le Préfet de l'époque, Maupas, dira de Granval qu'il possède en 1863, la raffinerie la plus importante d'Europe !

3) Il fonde "la Caisse Centrale du Commerce Marseillais", désireux de créer un véritable groupe induistriel, afin de maîtriser toutes les facettes de son entreprise.
Par ailleurs, afin de s'assurer des approvisionnements réguliers en sucre colonial brut, il s'associe avec deux négociants d'Amérique.
Il produit "le noir animal" indispensable et distille directement les mélasses.

4) Il s'attaque à l'innovation technologique, en introduisant de touts nouveaux procédés, comme le clairçage, la casse, la purge des pains, ainsi que de nouveaux matériels comme des grilles mobiles, des fumivores, des centrifugeuses, achetés en France, en Angleterre, en Belgique et en Prusse ...

Il en résultera un sucre d'une qualité exceptionnelle ...

5) Soucieux de l'emploi et du salaire de son personnel, Grandval est perçu par tous comme un "patron social"
On disait de lui, qu' "il savait commander les hommes, mais toujours en les aimant ; en cela, il fut un père pour ses ouvriers" ...

Elu Président des Prud'hommes de Marseille, ses avis firent toujours autorité.

6) L'Exportation :les produits de Grandval se trouvent présents dans toutes les grandes expositionsindustrielles, où il se voit décerner nombre de récompenses.

En 1862, Grandval expose à Londres, assurant les trois quarts des exportations marseillaises sur tout le pourtour méditérranéen ...

A leur apogée, les raffineries Grandval produisaient quotidiennement 120 tonnes de sucre, soit encore 15.000 pains de 8 kilos, au total une production annuelle de plus de 40.000 tonnes ...



A suivre ...
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MessageSujet: Re: GRANDVAL Joseph-Antoine ...   Mar 23 Jan - 19:05

C'est ainsi que Grandval devint, sous le Second Empire, l'un des plus grands Capitaines d'Industrie, n'échappant bien sûr pas aux difficultés essentiellement générées par les crises économiques et la concurrence qui se développa au fil du temps ...

Son affaire était à son apogée alors qu'atteignant soixante-six ans, il tomba malade.
C'est à ce moment qu'il décida de se retirer des affaires et de vendre à Charles Rostand qui fera faillite ...

Le décès de Grandval ne laisse pourtant pas sa famille dans la misère.
En effet, un patrimoine immobilier considérable et un portefeuille de titres des principales affaires maritimes, industrielles et bancaires de Marseille constitue la succession de ce grand Industriel ...

Il passa les dernières années de sa vie à Cannes ; là, perdant peu à peu la vue, il devint aveugle en 1869.

Il s'éteignit le 12 Mai 1872, entouré par l'affection de son épouse et de ses enfants.


De ce grand industriel que fut GRANDVAL, ces trois points sont encore intéressants à évoquer, à savoir :

1) Grandval et le Bonapartisme
2) La personnalité de Grandval
3) Grandval ou "le Bienfaiteur d'Ajaccio" ...


1) Un fervent Bonapartiste.

Si l'on résume le parcours de Grandval depuis sa naissance, on ne s'étonnera pas qu'il fut un fervent Bonapartiste ...

En effet, il fut le fils d'un Officier de santé, qui lui-même était le Médecin de la famille Bonaparte, baptisé par Laetizia, mère de Napoléon, et le Cardinal Fesch, Oncle de l'Empereur ; mais il fut également le frère d'un Officier de santé qui s'est couvert de gloire sur les champs de bataille, au cours de douze campagnes aux côtés de Napoléon, enfin, il faut le neveu d'un Capitaine du Génie de la Grande Armée ...

Ainsi s'explique son enthousiasme et son soutien sans faille au régime impérial de Napoléon III, d'autant qu'il compte parmi ses amis, le Comte Bacciochi, son Premier Chambellan.

Représentant le premier canton de Marseille au Conseil Général durant le
Second Empire, il concourt à l'organisation de la Société du Prince Impérial ; enfin, localement, il exercera d'importantes fonctions au sein de diverses Administrations.

Le 4 Octobre 1852, il fut décoré de la croix de Chevalier de la Légion d'Honneur ; enfin, le 163 Août 1864, il se voit décoré de la croix d'Officier de la Légion d'Honneur, par Napoléon III lui-même, devant tous les ouvriers de son usine ...




A suivre ...
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MessageSujet: Re: GRANDVAL Joseph-Antoine ...   Mer 24 Jan - 15:45

2) La personnalité de Grandval.


Ce fils de fonctionnaire se retrouvant orphelin très jeune connut une enfance bien difficile, et son adolescence constamment confrontée aux difficultés également, contribua à lui forger son caractère ...

Marié à 23 ans à Marseille, il deviendraun mari et un père très attentif.
De ses 14 enfants, 5 décèderont en bas âge ...

Grandval aimait beaucoup sa famille et avait coutume de dire que son ambition n'était pas seulement de devenir un grand Industriel, mais aussi de faire fortune pour le bien-être et le confort des siens, sans oublier les pauvres.

Sa fortune, fruit de 46 années de labeur assidu lui rapporta un bénéfice net de ... 600.000 Frs par an.

Cette aisance financière ne transforma pas pour autant la nature généreuse de Grandval qui le poussait toujours à se rendre utile aux siens et à secourir les malheureux.
Il donnait également à d'autres grandes villes comme Cannes ou Vallauris, sans oublier son île natale ...
Il était de ces hommes discrets qui, tout en faisant des dons pour sa ville, invitait le Maire d'Ajaccio à ne jamais faire état de sa générosité...

Cultivé, amateur d'art et de littérature, il organisait de grandes réceptions et manifestations culturelles dans son Château, à Marseille ...


3) Le Bienfaiteur d'Ajaccio.


Comme nous l'avons vu précédemment, la générosité de Grandval ne connut pas de limites.
Il fut le bienfaiteur de l'Hospice de Bonifacio, de l'église de Sartène, de Fozzano, de Mezzavia, et surtout d'Ajaccio à partir de 1859 ...

En 1858, alors qu'il rencontre une mère en pleurs parce que son fils, soutien de famille venait d'être enrôlé, il embauche aussitôt le second fils ...

L'année suivante, fort de l'exemple précédent, il fait libérer du Service cinq autres jeunes dont le salaire s'avérait indispensable à la famille ...

N'oubliant jamais ses amis d'enfance, il s'enquiert régulièrement de leur sort, assurant des moyens d'existence à ceux qui en manquent.
Par ailleurs, il accorde des secours annuels aux famille les plus pauvres de sa connaissance ...
Enfin, il accorde une pension annuelle à des malades atteints de cécité.

Mais c'est sur l'Hospice d'Ajaccio que Grandval portera le plus d'efforts, et, en remerciement de tous ses bienfaits, la Municipalité décidera de donner le nom de l'Industriel à une artère importante de la ville, qui est aujourd'hui l'actuelle Cours Grandval ...

Lorsqu'il mourût, en 1872, Ajaccio décidera de la réalisation d' un monument à sa mémoire.
Mais ce n'est que six ans plus tard, le 10 Novembre 1878, date anniversaire de la naissance de Joseph Grandval, que sera inauguré ce monument, rendant ainsi au grand Industriel du siècle, les hommages qui lui revenaient.


FIN.



Récit tiré d'un article de La Cohorte, par Jean Alesandri.





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