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 La légende de la femme persécutée ...

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MessageSujet: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 0:17

Beaucoup d'Historiens l'ont défendue, parce qu'étant soi-disant inoffensive, très éprise de littérature, et n'ayant à se reprocher que le fait d'exprimer des idées désagréables devant les différents gouvernements ...

Vous avez sûrement reconnu ... Madame de Staël...

Fût-elle, pour vous, victime d'injustes pressions de la part de Napoléon, ou pensez-vous, au contraire, qu'au regard de ses comportements audacieux, elle n'eût pu qu'à se féliciter de ne s'être jamais retrouvée emprisonnée ?





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Percy
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MessageSujet: llemagne   Lun 26 Nov - 3:01

Compte tenu de la volonté de Napoléon de "caporaliser", dès le 18 Brumaire, les arts, la science, les académies, la presse, la littérature, en transformant les artistes et les intellectuels en serviteurs dévots de sa propre gloire, on peut estimer que Madame de Staël a échappé au pire.
Il faut en effet savoir que Savary fit ouvrir six prisons d'Etat où furent enfermés prêtres, journalistes et opposants de tous bords.
Or, quand on sait que Mme de Staël a osé écrire : "Bonaparte ne veut que des instruments; aucun génie ne lui plairait de quelque carrière qu'il fût. Un grand poète, lors même qu'il n'écrirait sur aucun sujet qui pût le blesser, l'offenserait par cela seul qu'il détournerait les regards de lui", on ne peut que s'étonner qu'elle n'ait pas connu le sort du marquis de Sade, envoyé à Sainte-Pélagie, puis dans un asile d'aliéné pour avoir publié Zoloé, une histoire de sa façon où l'héroïne scandaleuse ressemble fâcheusement à Joséphine.
Napoléon se contentera d'exiler la fille de Necker en Suisse, sachant que cet exil, pour une femme qui ne saurait vivre loin de la capitale, est un enfer.
Abhorrant les femmes intelligentes qui s'avisent de penser, il se complaît à la décrire comme "un laideron à turban", "une folle", "une coquine", "un corbeau" et la présente volontiers sous les traits d'une névrosée, voire d'une nymphomane qui ne lui aurait pas pardonné de n'avoir pu devenir sa maîtresse.
En fait, il lui reproche son indépendance d'esprit, ses amitiés avec le parti des idéologues, dont Benjamin Constant est le chef de file, son salon où elle reçoit diplomates, ministres et libéraux.
Outrée par les attaques contre Constant, Madame de Staël s'est laissé aller à qualifier le chef de l'Etat "d'idéophobe".
Furieux, il hurle : "Idéophobe, c'est gracieux ! Pourquoi pas hydrophobe ?! On ne peut pas discuter avec ces gens-là."
Et il la frappe de bannissement...
Chassée, Germaine se réfugie chez son père, à Coppet, en Suisse.
Mais ses amis vont l'y voir et recréent autour d'elle une petite société.
Pis encore, elle continue d'écrire. Tout cela la rend suspecte.
On surveille ses déplacements, on l'espionne, on menace de saisir ses papiers.
Quand en 1810, elle achève son essai De l'Allemagne, le livre, soumis à la censure, est condamné, car "ce n'est pas un livre français" et ses 5000 exemplaires sont pilonnés, ce qui entraîne la faillite de son éditeur et de l'imprimeur.
A son fils qui réclame des explications, Savary répond : "Vous pensez, Monsieur, que nous avons fait dix-huit années de guerre en Allemagne pour qu'une personne d'un nom aussi connu que votre mère imprime un livre sans parler de nous ? Ce livre sera brûlé et nous aurions dû mettre son auteur à Vincennes."
Menacée, craignant l'arrestation, Germaine quittera la Suisse occupée, gagnera la Russie et de là l'Angleterre où, en 1812, elle appellera "le monde libre" à s'unir "contre le pire ennemi du genre humain".
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ambrosio



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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 11:37

Force est de constater qu'aucun des auteurs que nous étudions en littérature n'étaient Bonapartistes sauf Stendhal.
Seul B.Constant revint tardivement avec Les Actes Additionnels.
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 13:50

Il y a eu beaucoup d'exagération, de poses et et de postures chez Germaine de Staël...

Le fait de croire que son père Necker avait failli sauver le royaume de France de la Révolution, lui laissait penser qu'elle était la nouvelle pythonisse de la Liberté !

Dès lors, Bonaparte n'avait qu'à bien se tenir d'autant qu'il avait repoussé ses avances !

On lui fait crédit d'avoir été un grand écrivain. Sa prose ne m'a jamais enthousiasmé, mais j'étais peut-être un peu jeune quand j'ai lu quelques passages de son oeuvre..

En tout cas, sur le plan politique, c'était une tête de linotte. Son Dieu fut soudain Alexandre, en 1812. Je ne me souviens plus des commentaires de la dame quand Russes et Autrichiens eurent violé la neutralité suisse en 1814... En a-t-elle seulement protesté ?

Il paraît qu'elle ne s'est pas trouvée bien des arrangements pris à Vienne. Elle pensait sans-doute que les états ne sont pas des monstres froids même quand leur souverain a du coeur...

Bref, pâmoison et illusions... Mme de Stael, c'est Emmanuelle Béart avant l'heure, le talent en plus (et la beauté en moins) ! lol!
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 14:23

Bonjour,

Je pense qu'entre ces deux-là il y avait une incompréhension totale, chaque partie campant sur ses positions et restant dans sa logique. J'en veux pour preuve la réflexion de Napoléon " Mais à la fin, que veut-elle ? " et la réponse de madame de Staël " Ce n'est pas ce que je veux, mais ce que je pense ! " Tout est là, deux conceptions différentes.

Cordialement.
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ambrosio



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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 15:21

Il devait la considerer comme un des monarques et vouloir signer un traité Laughing
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Esquirol

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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 21:12

Il n'y a pas grand-chose à ajouter à l'excellente réponse de Percy.
Peu importe que le caractère ou la justesse des idées politiques de Germaine de Staël. En essayant de la contraindre au silence, c'était bien la liberté d'exprimer une pensée divergente que Napoléon entendait réprimer.
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 22:47

Bonsoir,

La présence de Madame de Staël jugée dangereuse par Napoléon, cela ne fait aucun doute, mais encore faut-il se rappeler que ce fut également le sentiment des gouvernements précédents, et Monsieur de Staël, sous la Convention, avait déjà été invité à éloigner sa femme de Paris...

Plus tard, c'est au tour du Directoire à se méfier de la mégère, en la faisant surveiller à Coppet; avec l'ordre transmis de l'arrêter si elle s'avisait de rentrer en France !

Voilà pour ceux qui auraient tendance à imputer ce comportement à Napoléon seul ....

Albert Sorel avait bien résumer les agissements de Mme de Staêl, dans cette courte phrase :

"- Elle visait à gouverner l'Etat, de son salon"...

L'aversion que Bonaparte exprimait pour elle l'anima d'une haine violente qui la poussa à souhaiter le malheur du jeune Général.
Se positionnant alors à la tête des opposants, c'est chez elle que se tramèrent les complots ...

La "dame" eût bien de la chance d'avoir affaire à Bonaparte qui ne sût que se fâcher, sans la sévérité extrême qu'il était en droit d'exercer contre elle !
Dans sa bonté, en effet, tout en lui intimant l'ordre de s'éloigner de la Capitale, il lui laissa même entrevoir la possibilité de revenir sur cette mesure, au regard du comportement qu'elle adopterait ...

Mais, contrairement à ce que certains pensent, elle ne cessa d'enfreindre l'ordre donné par Bonaparte, et revint de nombreuses fois sur Paris, cherchant à communiquer sa rancune dans les foyers d'intrigues où se réunissaient les opposants au régime.

Jamais, cependant, il ne se décida à la faire arrêter, bien que maugréant qu'elle était une "peste" :

"- Cette femme, écrivait-il, continue son métier d'intrigante. Elle s'est approchée de Paris malgré mes ordres. C'est une véritable peste ..."

En conclusion, j'affirmerai ma conviction que le harcèlement venait de cette femme vers Napoléon, et non l'inverse.
Tant et si bie, que très vite Il ne voulut plus entendre parler d'elle, ni sous le rapport privé, ni sous celui de la politique, et c'était bien là son droit le plus légitime.
Car il avait aussi le devoir de lui défendre de se mêler des affaires du Pays, dans le but de conspirer ...

Ainsi, entre les deux, on en est bien à se demander lequel des deux a le plus tracassé l'autre ...
Elle n'a su , en effet, que lui nuire en attisant le zèle des ennemis, lors de ses périgrinations en Prusse, en Russie, en Angleterre et en Suède ...

Force détails de ces faits sont relatés dans son livre intitulé : 'Dix ans d'exil".





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Esquirol

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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Lun 26 Nov - 23:37

A vous lire, on finirait par croire qu'il est criminel de ne pas se soumettre à une décision injuste qui vise à étouffer la liberté de pensée et d'expression.
Vous dites que chez elle se tramèrent des complots. Cela me paraît être un amalgame plutôt faux. C'est par ses écrits ou au sein des assemblées parlementaires que l'opposition libérale dont faisait partie Mme de Staël a essayé de faire entendre sa voix, sans grand succès d'ailleurs car Napoléon a progressivement vidé ces assemblées de tout pouvoir (voir sur ce point un exposé détaillé dans L'histoire du Consulat et de l'Empire de Jacques-Olivier Boudon). Pour les complots, ce sont à ma connaissance plutôt les royalistes ou les jacobins qui y ont eu recours et non les libéraux. Mais si vous avez connaissance d'un complot auquel Mme de Staël aurait activement participé, faites-nous le savoir.

Albert Sorel a écrit : "Napoléon, soldat de la Révolution, vit se dresser contre lui les peuples que cette révolution avait appelés à la liberté." Est-ce selon vous un bon résumé des "agissements" de Napoléon ?
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Percy
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mar 27 Nov - 1:24

Le fait est que Napoléon s'y prenait très mal avec ses opposants politiques.
Il avait pourtant donné à Savary ces consignes : "Traitez bien les hommes de lettres; on les a indisposés contre moi en leur disant que je ne les aimais pas. On a eu une mauvaise intention en faisant cela. Ce sont des hommes utiles qu'il faut distinguer parce qu'ils font honneur à la France."
Malheureusement, Mme de Staël n'est pas homme de lettres... et c'est impardonnable aux yeux du chef de l'Etat.
Au vrai, il a tout fait pour être haï par les écrivains.
Outre ses mesures d'exil ou d'emprisonnement, il a établi sur l'édition une censure aussi pénible que celle pesant sur la presse.
L'arrêté du 23 septembre 1803 établit que "pour assurer la liberté de la presse (sic), aucun libraire ou éditeur ne pourra vendre un ouvrage avant de l'avoir présenté à une commission de révision, laquelle le rendra s'il n'y a pas lieu à la censure".
Le but est "d'arrêter la circulation des livres dangereux".
Ce qui justifie, outre la surveillance constante des libraires et des éditeurs, celle des colporteurs, distributeurs des ouvrages à la campagne.
A compter du 5 février 1811, ils doivent, en arrivant dans une commune, se déclarer à la mairie, et fournir leur catalogue de titres.
Comment dès lors s'étonner que, prenant ombrage de tout mérite qui ne lui revienne pas, Napoléon doive amèrement constater qu'il a pour lui tous les petits écrivains et, contre lui, les deux seuls grands, à savoir Germaine de Staël et François-René de Chateaubriand ?
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ambrosio



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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mar 27 Nov - 10:45

Et encore ! Bien leur en a pris d'être Français car à Nuremberg, le 26 aout 1806, le libraire Palm a été fusillé pour avoir écrit "L'Allemagne dans son plus profond abaissement", petit livre qui lui couta la vie...
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mar 27 Nov - 18:18

Même pas, car Palm n'était que l'imprimeur et ceci a été contesté.

L'ouvrage appelait clairement à prendre les armes contre les Français qui étaient traités de cannibales. Palm n'a pas voulu dénoncer l'auteur de ce pamphlet. Ceci l'a conduit jusqu'au peloton d'exécution... Ses complices ont bénéficié de l'intervention du roi de Bavière.

On y a vu la naissance du patriotisme allemand et -en un sens- ce n'est pas faux.
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ambrosio



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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mar 27 Nov - 18:45

Là aussi , pas de mystères. C'est d'Autriche que venaient les écrits publiés par Palm comme d'autres pamphlets anti-français circulant en Allemagne.
De dire que c'est le début du patriotisme allemend , je ne pense pas , il faut au moins attendre la déroute de Iéna et d'Auerstadt, puis la suite et surtout Tilsit pour allumer l'esprit national .
Pour Palm nous sommes encore dans la période " défaite mal digérée", sinon 1813 aurait eu lieue bien plus tot , je pense à 1809.



cheval au galop
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mar 27 Nov - 21:35

Bonsoir,

Je crois que je suis hors sujet, mais juste une précision, je pense que le patriotisme allemand commence en décembre 1807 à l'université de Berlin avec " les discours à la nation allemande " de Fichte, qui exalte la race et la nation germanique et rejette toutes influences étrangères. L'idée était dans l'air, d'autres philosophes ou écrivains moins connus avaient commencé à répandre ces idées, je pense à Jahn.

Cordialement.
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Esquirol

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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mar 27 Nov - 22:44

Charles Nodier, moins connu sans doute que Chateaubriand et Germaine de Staël, a lui aussi connu quelques ennuis avec la censure sous le Consulat.
Il fut enfermé en 1803 pour avoir écrit le poème suivant :
Citation :
La Napoléone

Que le vulgaire s'humilie
Sur les parvis dorés du palais de Sylla,
Au-devant du char de Tullie,
Sous le sceptre de Claude et de Caligula !
Ils régnèrent en dieux sur la foule tremblante :
Leur domination sanglante
Accabla le monde avili ;
Mais les siècles vengeurs ont maudit leur mémoire,
Et ce n'est qu'en léguant des forfaits à l'histoire
Que leur règne échappe à l'oubli.

Vendue au tyran qui l'opprime,
Qu'une tourbe docile implore le mépris !
Exempt de la faveur du crime,
Je marche sans contrainte, et n'attends point de prix.
On ne me verra point mendier l'esclavage,
Et payer d'un coupable hommage,
Une lâche célébrité.
Quand le peuple gémit sous sa chaîne nouvelle,
Je m'indigne du joug, et mon âme fidèle
Respire encor la liberté !

Il vient cet étranger perfide,
Insolemment s'asseoir au-dessus de nos lois,
Lâche héritier du parricide,
Il dispute aux bourreaux la dépouille des rois.
Sycophante vomi des murs d'Alexandrie
Pour l'opprobre de la patrie
Et pour le deuil de l'univers,
Nos vaisseaux et nos ports accueillent le transfuge :
De la France abusée il reçoit un refuge ;
Et la France en reçoit des fers.

Il est donc vrai ! ta folle audace,
Du trône de ton maître ose tenter l'accès !
Tu règnes : le héros s'efface ;
La liberté se voile et pleure tes succès.
D'un projet trop altier ton âme s'est bercée ;
Descends de ta pompe insensée ;
Retourne parmi tes guerriers.
À force de grandeur crois-tu pouvoir t'absoudre ?
Crois-tu mettre ta tête à l'abri de la foudre
En te cachant sous des lauriers ?

Quand ton ambitieux délire
Imprimait tant de honte à nos fronts abattus,
Dans l'ivresse de ton empire,
Rêvais-tu quelquefois le poignard de Brutus ?
Voyais-tu s'élever l'heure de la vengeance,
Qui vient dissiper ta puissance
Et les prestiges de ton sort ?
La roche tarpéienne est près du Capitole.
L'abîme est près du trône, et la palme d'Arcole
S'unit au cyprès de la mort.

En vain la crainte et la bassesse
D'un immense avenir ont flatté ton orgueil.
Le tyran meurt, le charme cesse ;
La Vérité s'arrête au pied de son cercueil.
Debout dans l'avenir, la Justice t'appelle ;
Ta vie apparaît devant elle,
Veuve de ses illusions.
Les cris des opprimés tonnent sur ta poussière,
Et ton nom est voué par la nature entière
À la haine des nations.

En vain au char de la victoire
D'un bras triomphateur tu fixas le destin ;
Le temps s'envole avec ta gloire,
Et dévore en fuyant ton règne d'un matin ;
Hier j'ai vu le cèdre. Il est couché dans l'herbe.
Devant une idole superbe
Le monde est las d'être enchaîné.
Avant que tes égaux deviennent tes esclaves,
Il faut, Napoléon, que l'élite des braves
Monte à l'échafaud de Sidney.
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ambrosio



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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mar 27 Nov - 23:08

Non , cher Rapentat, vous n'ètes pa hors sujet, justement , je crois que nous sommes au centre du sujet.

Quels sont les rapports entre Napoléon et les Artistes ? Peut on toérer qu'un régime considère les opposant comme des "ennemis politiques" ? est ce que le Dr Goebbels avait raison quand il disait : " Quand j'entends le mot Culture , je sort mon pistolet ". Nous avons connu pire depuis .
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 0:07

Ce qui apparaît tout-à-fait logique et empreint de bon sens, c'est que les individus soupçonnés de complots et autres machinations politiques, qui plus est, se targuèrent de se distinguer à coups de pamphlets pour le moins satiriques et dénués de fondement envers le Premier Consul , au début des années 1800, c'est que ces sombres personnages se retrouvèrent un jour emprisonnés.... Quel doux châtiment !

En revanche, si l'on veut ainsi attaquer Napoléon, il faut avoir l'honneteté d'aller jusqu'au bout... Et cette honneteté tient en une seule réflexion du Premier Consul, qu'un temps arriverait où l'on n'attacherait plus d'importance à de pareilles intrigues, et que l'on remettrait tous ces "mal-pensants' en liberté, et que, par conséquent, il n'était point utile de les mettre en jugement ...





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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 0:22

Bonsoir,

De tout temps le pouvoir en place a eut un oeil soupçonneux sur, ce que nous appelons aujourd'hui " les intellectuels " voir de les interdire d'édition, de les exilés et quelques fois les exécuter...!!
Malgré la sympathie que j'ai pour Napoléon, il ne faut pas oublier qui prît le pouvoir par un coup d'état militaire (d'autres l'auraient peut être tenté aussi ) donc ce qui suppose une reprise en main musclée après la chienlit du Directoire et des mauvaises habitudes prises par une certaine intelligentsia.
La vie de la France devait tourner autour de la Grande Armée et de ses bulletins ( menteurs diront certains ) donc l'impression de vivre dans une immense caserne et pour ces électrons libres que sont les intellos, cela devait être une sinécure. Il me semble me souvenir que lorsqu'un civil croisait un officier dans la rue, il devait le saluer en ôtant son chapeau, sinon gare à la réplique.
Et pour finir avec madame de Staël, je ne crois pas que ce soit dans les casernes que s'épanouissent les grâces féminines.

Cordialement.
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Esquirol

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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 0:28

Ambrosio a écrit :

Peut-on tolérer qu'un régime considère les opposants comme des "ennemis politiques" ?

Je crois qu'il pourrait difficilement en être autrement. On ne va quand même pas obliger le gouvernement et l'opposition à s'aimer et à vivre en parfaite entente. Cela pourrait donner la fâcheuse impression que le jeu politique est aux mains d'un petit groupe de personnes interchangeables, n'ayant en fin de compte aucune conviction et ne cherchant qu'à occuper le pouvoir à tout prix (ce qui, malheureusement, n'est peut-être pas toujours entièrement faux).
Mais j'imagine que ce n'est pas cela que vous vouliez dire, mais plutôt que vous vous interrogiez sur les limites des moyens que le pouvoir avait le droit d'utiliser pour réduire l'opposition et assurer sa perennité.
Dans le monde contemporain, il existe un relatif consensus parmi les populations des pays démocratiques pour condamner l'usage de la censure, de l'emprisonnement et des méthodes plus brutales encore pour museler une opposition qui cherche simplement à s'exprimer sans recourir à la violence. (En revanche, le consensus est moins clair en ce qui concerne les oppositions qui ont recours à la violence.)
Il n'y a pas grand monde qui oserait venir défendre publiquement aujourd'hui une dictature qui enferme ou exécutent ses opposants.
En ce qui concerne le passé, les choses sont cependant nettement moins claires.
Sur base de l'argument "Autres temps, autres moeurs", on a parfois tendance à excuser des comportements passés que l'on jugerait aujourd'hui intolérables. Dans la crainte de commettre des anachronismes, on s'interdit de juger le passé. Cette démarche qui consiste à se dire pour éviter les anachronismes qu'il faut voir une époque au travers des valeurs de cette époque me paraît toutefois parfaitement illusoire et un peu vide de sens.
D'une part, parce qu'il est impossible de faire complètement abstraction du fait que notre regard est celui de personnes du 21e siècle qui ont un savoir que n'avaient pas les gens de l'époque sur laquelle on se penche.
D'autre part, parce que les valeurs d'une époque, cela n'existe pas. Il a simplement existé des individus qui avaient chacun leurs valeurs, valeurs qui pouvaient d'ailleurs être parfaitement antinomiques.
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 1:46

Bonsoir cher rapentat,

Comme nul ne peut en douter, prendre le pouvoir n'est pas une démarche simple, et savoir qu'en faire apparaît encore moins facile, car il convient alors de prouver son mérite de l'avoir obtenu, ne serait-ce que pour la postérité ...

Vous évoquez, par ailleurs, "l'oeil soupçonneux" du pouvoir en place ...

Une sinécure ? Peut-être bien ... Mais combien d'intellectuels, confrontés à d'anciennes tyrannies, comme aux totalitarismes plus modernes, n'auraient pas envié le sort d'un Chateaubriand dans son hôtel particulier de Chatenay Malabry, ou celui d'une Germaine de Staël, dans son exil doré ??

Que de douces persécutions qui nous écartent vigoureusement des Bastilles , des bagnes et des échafauds !

Etre opposant du temps de Napoléon, ne mettait pas forcément la vie en péril, et il me semble que face à des monstruosités engendrées par des périodes plus proches de nous, il faut cesser de juger sévèrement le Grand Homme d'Austerlitz et de Waterloo.

Mais hélas, ce travers qui consiste à se référer sur des critères actuels pour juger et le Grand Homme et ses idées, n'a pas fini de sévir.

C'est, plus qu'un travers, c'est un manque de lucidité et une erreur absurde qui occultent complètement les intentions, les justifications et le contexte de ses actions.

Et s'il nous parait non envisageable de les comprendre, alors abstenons-nous tout simplement d'en devenir juges.





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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 2:18

Le coup d'état fut léger... A peine une entorse à la lettre de la Constitution, si souvent violée d'ailleurs que personne ne s'en offusquât !

Vendémiaire et Fructidor furent un peu plus violent. Mais il faut les absoudre -paraît-il- parce que c'était des coups d'état "républicains".

Diable ! Et le Consulat, ce n'est plus la République ? Il en est de cette légende comme celle de la femme persécutée: plutôt abusive. cheers
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Esquirol

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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 11:09

Joséphine a écrit:
Que de douces persécutions qui nous écartent vigoureusement des Bastilles
Désolé de vous contredire, mais les "douces persécutions" que vous décrivez ressemblent comme deux gouttes d'eau aux lettres de cachet de l'Ancien Régime. Or en employant le terme "Bastilles", c'est bien à cette pratique que vous entendez opposer "vigoureusement" les "persécutions" faites par Napoléon.
L'argument selon lequel cela dénoterait un manque de lucidité de se référer à des critères actuels pour juger les actes de Napoléon aurait pu avoir un semblant de cohérence si vous vous étiez abstenue de porter sur une époque antérieure le jugement que vous entendez dénoncer. Mais en glissant cette allusion à l'Ancien Régime, vous avez vous-même détruit votre argument.
Bruno Roy-Henry a écrit:
personne ne s'en offusquât !
Le poème de Charles Nodier dont j'ai cité le texte ci-dessus a été écrit dans le contexte du coup d'Etat. Résultat : un petit séjour en prison. Il ne faisait pas bon à l'époque de s'offusquer des coups d'Etat.
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 11:39

On ne peut s'empécher de penser à Pinochet avec ce sujet , l'époque où écrivain chilien voulait dire "éxilé". Laughing Laughing Laughing
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 11:53

Esquirol a écrit:

L'argument selon lequel cela dénoterait un manque de lucidité de se référer à des critères actuels pour juger les actes de Napoléon aurait pu avoir un semblant de cohérence si vous vous étiez abstenue de porter sur une époque antérieure le jugement que vous entendez dénoncer. Mais en glissant cette allusion à l'Ancien Régime, vous avez vous-même détruit votre argument.

Merci d'adopter un autre ton: nous ne sommes pas en cours et nous n'avons pas à subir l'ire de quelconques "professeurs". De plus, un style moins lourd ferait gagner un peu de clarté dans la compréhension de ce genre de réflexions... salut

Quant à Charles Nodier, son poème est assez réussi, en effet. Quelle fut la durée exacte de son emprisonnement ? Je ne me souvenais plus qu'il avait été incarcé sans jugement...
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Esquirol

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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   Mer 28 Nov - 12:10

On pourrait aussi penser à la Birmanie ou à la Russie de Vladimir Poutine.
Mais en faisant cela, nous risquons de tomber dans le travers dénoncé par Joséphine (travers dans lequel elle tombe elle-même, il est vrai, en ce qui concerne l'Ancien Régime).
Je pense toutefois que son argumentation est historiquement incorrecte. La revendication du droit à la liberté d'expression a été clairement formulée par les philosophes des Lumières dans le courant du XVIIIe siècle. Et c'est un des principes qui avait été inscrit dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789.
Citation :
Art. 11. -

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.
Il n'y a donc pas besoin de se référer à des critères actuels pour déplorer la censure pratiquée par Napoléon.
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MessageSujet: Re: La légende de la femme persécutée ...   

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