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 Murat en Espagne 1808

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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Murat en Espagne 1808   Ven 2 Mai - 12:28

Quant à l’Espagne, sa situation pourrait se définir sur deux plans. D’abord, les problèmes qui divisent la famille régnante : Ferdinand, Prince des Asturies, sous l’influence de Don Juan de Escoïquitz, chanoine de Saragosse et ancien précepteur du Prince, diffuse des pamphlets sur Godoy et le reste de sa famille. Ceci débouche sur un procès, et Ferdinand est mis aux arrêts dans son palais ! Ses complices sont jugés et condamnés. Godoy, à la fois premier ministre et favori du roi Charles IV, ainsi que de la reine Louise, était très mal vu des Espagnols. Ensuite, le fait que l’Espagne, alliée de la France depuis le traité de Saint Ildefonse de 1796, avait très mal vécu la défaite de Trafalgar. Elle se voyait maintenant obligée d’appliquer l’embargo contre l’Angleterre selon les accords de Tilsitt. Son voisin, le Portugal, n’ayant pas respecté cet embargo, subissait l’invasion des troupes françaises et espagnoles. Si l’on tient compte du patriotisme et de la fierté de ses peuples, alimentés par leur passé, cette expédition présentait les plus grands risques. Enfin, sur cet état des choses, vient se greffer une réaction mystique : les Espagnols très catholiques vivent mal la conduite des Français à Rome et au Vatican. Le 2 février, le général Miollis avait fait son entrée à Rome, et le 2 avril la province pontificale des Marches était annexée au Royaume d’ Italie. Symbole tout aussi évident, le désarmement des Gardes Suisses du Pape…
Or, le 27 septembre 1807, un accord était intervenu entre l’Espagne et la France sur le partage du Portugal au bénéfice de la reine d’Etrurie pour le nord, et de Godoy pour le sud, le centre restant à la France.
Depuis le 13 novembre 1807, officiellement, la maison de Bragance avait donc cessé de régner au Portugal. Le Prince des Asturies demande à Napoléon d’épouser une princesse Bonaparte… L’Empereur craint que l’Angleterre veuille se lancer dans une campagne continentale par la Péninsule Ibérique. Pourquoi alors ne dit-il rien à Murat ?
Le 27 février 1808, Murat envoie Exelmans auprès du maréchal Moncey, et Manhès auprès du général Dupont. Les courriers qu’il reçoit ne sont pas optimistes. Si Napoléon lui demande de prendre possession des forteresses espagnoles lorsqu’il arrive à son quartier général, Murat constate que ces ordres ont déjà été envoyés aux commandants en chef et que la plus part des forts de la Catalogne et du pays basque sont déjà entre les mains des troupes françaises. Les unes sont prises par intimidation, les autres par ruse. Au début, les Espagnols croient que nous sommes venus chasser Godoy du pouvoir. Peu à peu, le doute et la grogne s’installent dans le pays. A cette époque, déjà, Duhesme signale des attentats contre nos soldats à Barcelone. En envoyant la Garde Impériale à Vittoria, ainsi que ses chevaux, Napoléon fait croie qu’il ne va pas tarder à arriver en personne.
Après une proclamation destinée à l’armée, mais rédigée par l’Empereur, Murat se rend à Vittoria. L’accueil y est joyeux : acclamations, danses et délégations des Etats suivant le cortège… Mais, à Pampelune, les moines commencent à prêcher la rébellion. Murat exécute les ordres au mot prés, sans connaître les desseins de son Maître. Il note tout et transmet à Paris. Il a du mal a équiper et à nourrir hommes et chevaux, les transports sont lents et les routes pas bonnes. Le 15 mars, de Burgos, Murat prévient qu’il y a des mouvements de troupes et un recrutement intensif organisé par le Prince de la Paix, Godoy. Plus les Français s’approchent de Madrid, plus les événements se précipitent. Le Prince Ferdinand a fait abdiquer son père à Ajanjuez, il a destitué Godoy et provoqué des émeutes… Murat assiste inactif (et surtout sans comprendre) à cette révolution de palais qui attise d’avantage l’inquiétude des Espagnols à l’égard de la présence de ses troupes.
Le roi Charles IV qui avait abdiqué le 19 mars, revient sur sa décision le 21. Officiellement, son fils n’est pas roi. L’affaire devient de plus en plus confuse tant à la cour d’Espagne que dans l’esprit du Grand-duc de Berg. Que les champs de bataille sont simples en comparaison de cet imbroglio !
Le 23 mars, Murat entre dans Madrid et passe les troupes en revue. Il s’agit de la 1e Division de Moncey plus les Cuirassiers et les Dragons de Grouchy. Il loge au Palais de l’Amirauté. Il fait preuve de diplomatie autant qu’il peut afin d’éviter des émeutes. Comme d’habitude, l’accueil populaire est enthousiaste, mais faut-il s’y fier ? Murat est prudent, et écrit plusieurs fois par jour, si nécessaire, à l’Empereur qu’il supplie de venir le plus vite possible sur place. Nous savons que, depuis le 27 mars, Napoléon pense d’assumer la couronne d’Espagne, il en a déjà fait part à Joseph, roi de Naples, en la lui proposant. Comme l’écrivent M. Jean Tulard et le Comte Murat, la lettre envoyée par Napoléon à Murat (dans laquelle il lui reproche son entrée dans Madrid) est un faux. Le comte Murat remarque : « L’Empereur traite Murat de « mon cousin » depuis 1805 jusqu’en 1806, où toutes ses lettres, à partir du 15 août, commencent par Mon Frère » . L’Empereur est trop heureux d’avoir sur place un exécutant consciencieux et dévoué, il attend que le fruit soit mûr pour le cueillir… surtout que l’ordre de rentrer dans Madrid, ainsi que sa date, avait été fixé par l’Empereur lui-même. Nous avons vu Joachim Murat général de cavalerie, puis commandant d’armées, maintenant le voici en diplomate comme en Italie. Par contre, Napoléon balayait d’un revers de manche tous les avertissements de son lieutenant général quant à l’état d’esprit des Espagnols.
Petits incidents et leurs conséquences
Un calme précaire régnait dans Madrid et ses environs. Ferdinand fait publier les pièces du procès et reprend le chanoine Escoïquiz à son service. La chute de Godoy a fait plaisir au peuple, mais Ferdinand ne fait pas l’unanimité.
Murat est chargé de ne pas reconnaître le nouveau roi et de protéger, voire ramener Charles IV à l’Escurial. Là-dessus, un incident va exciter les esprits. Le 1er avril, un cavalier français marche sur les pieds d’un civil au cours d’une patrouille. Aussitôt c’est une empoignade révélatrice des sentiments réels des Espagnols. Le régiment des Gardes du Corps doit intervenir pour calmer les esprits.
Murat eut alors le malheur de déplaire à Napoléon sur deux points : avoir écrit une proclamation annonçant l’arrivée imminente de l’Empereur ; l’affaire de l’épée de François 1er gardée par les rois espagnols depuis Pavie. Ferdinand l’offre à Murat qui l’envoie en France. Napoléon loin d’en être touché, rabroue le Grand-duc de Berg…
Le 7 avril, à l’aube, Murat (qui, la veille, avait ramené les troupes autour de la capitale) va chercher Charles IV et la reine pour les amener à l’Escurial. Cette soudaine accélération des évènements coïncide avec l’arrivée de Savary, aide de camp de Napoléon. Ce n’est pas la franche amitié entre les deux hommes depuis l’affaire du duc d’Enghien. Bessières arrivé à Burgos. Il ne se veut pas rassurant dans ses deux lettres : « Il me tarde beaucoup d’avoir de vos nouvelles et de savoir ce qui aura été fait pour remplir les intentions de l’Empereur… Le général Savary a du vous voir aujourd’hui, l’objet de sa mission est bien autre chose. A tout évènement, je vous prie de compter sur mon zèle et mon dévouement….Il y a eu de l’effervescence dans les têtes à l’arrivée de ce jeune Prince (Duc de l’Infantado), mais la populace des villes est partout la même, on en fait ce que l’on veut en la châtiant ; cependant le parti régnant augmente tous les jours de puissance, il se dépêche de déplacer ou de changer de gouverneurs… ».
Napoléon se rend à Bayonne et pense d’y être pour le 6 avril. Il demande à Murat de lui envoyer toute la famille royale espagnole. Le premier à partir sera le Prince des Asturies, suivi du roi, de son épouse, de la reine d’Etrurie, de Godoy et de Savary. L’ambassadeur de France, de Beauharnais, est remplacé par Monsieur de Laforest, le 9 avril 1808.
Le 20 avril, le Prince (qui déjà signe ses courriers « Ferdinand VII »…) arrive à Bayonne. Peu de temps après, le 23, c’est le reste de la famille qui arrive. Napoléon a son idée, il n’est pas tendre et même assez méprisant : « Ces gens là ne méritent pas de régner. C’est justice de les chasser du trône. Et c’est l’intérêt de ma dynastie, de l’Europe et de l’Espagne. Quant à Ferdinand VII, qui se veut roi, celui là, c’est l’ennemi. »
Pendant que Napoléon, habilement, négocie le transfert de la couronne d’Espagne à son profit, à Madrid et dans tout le pays où se trouvent des troupes françaises, la révolte s’organise. Le peuple espagnol supporte difficilement que les troupes alliées de ce pays, et qu’il croyait venues chasser Godoy, aient délivré ce dernier pour l’envoyer à Bayonne. Le départ des Infants est aussi mal vu. L’ensemble est dûment orchestré par les religieux et par certains membres de la Cour proches de Ferdinand. Le 2 mai, la poudrière explose. Les insurgés, qui avaient eu le droit de prélever des armes dans les casernes lors des évènements d’Ajanjuez, attaquent les Français dans les rues. C’est un soulèvement massif que Murat doit affronter. Il a avec lui les Marins de la Garde, les Chasseurs à cheval et les Mamelouks, les Chevau-légers polonais ainsi que les dragons de Grouchy et l’infanterie de Moncey (Division Gobert). Murat ne connaît pas ce genre de bataille mais il s’adapte très vite. Ses aides de camp portent les ordres souvent au péril de leur vie. La répression commence. Les Mamelouks sont une cible de choix dans ce pays catholique qui a longtemps été occupé par les Arabes. Il n’y a pas que des Madrilènes : les Espagnols sont venus de partout, prés de 400.000 personnes sont groupées dans la capitale. Murat fait déblayer l’avenue du château au canon, puis rejoint Daumesnil qui charge, deux chevaux tués sous lui et une blessure. Par les portes de Ségovie, Tolède et Foncaral, c’est infanterie qui investit la ville. Gobert prend la Puerta del Sol, Lefranc est à l’Arsenal où les révoltés veulent prendre des canons. De midi à cinq heures, c’est une fusillade continue, un massacre. Les immeubles qui hébergent des tireurs sont pris à la baïonnette et les habitants exécutés sur place. Au couvent de Santa Maria de Atocha, les Mamelouks décapitent tous les moines… La nuit tombe sur Madrid, seuls quelques tirs isolés rappellent l’émeute. Murat reçoit les félicitations de la Junte pour la manière dont l’armée française a maîtrisé la situation. Le même jour, à Bayonne, Charles IV signait un décret nommant Murat Lieutenant Général du royaume. Le soir du 2 mai, Murat rédige une longue proclamation en deux langues : il explique les raisons de la répression et incite les dirigeants, la population, les moines et l’armée à respecter la paix alors qu’à Bayonne se joue leur avenir. Pour lui, il n’y a ni faiblesses ni concessions. Le lendemain, les exécutions des prisonniers pris les armes à la main serviront d’exemples, 200 d’après le Grand-duc s’ajoutant aux 1.200 de la veille. La Junte le nomme président du gouvernement espagnol. Il écrit aux Capitaines Généraux commandants les provinces pour exiger leur obéissance. Murat fait bloquer par le général espagnol Socorro Solano le territoire de Gibraltar par où s’infiltraient les espions anglais trouvés à Madrid, ainsi que l’or alimentant la révolte des paysans. Le temps que Murat « règne » sur l’Espagne a pu faire penser qu’il avait des prétentions sur ce trône. Nous citons une longue lettre de Murat à Napoléon, datée du 9 mai 1808, à midi, pour témoigner de son état d’esprit dans ce contexte :
« A Sa Majesté l’Empereur, Sire, Je reçois les deux lettres de V.M. du 6, avec les lettres du Prince des Asturies à V.M. et à la Junte ; elles seront imprimées demain l’une et l’autre, et feront suite à toutes les autres pièces. Aujourd’hui toute la Cour, tous les généraux, tous les corps des officiers de la Maison du Roi et de la garnison m’ont été présentés. Demain, je recevrai tous les tribunaux et toutes les autorités civiles. La journée d’aujourd’hui a été ce qu’on, appelle ici un jour de baise –mains, mais j’ai cru devoir me dispenser de cette cérémonie ; je ferai observer ici l’étiquette des Tuileries.
Le général Rouyer part demain pour Talavera où je réunirai les deux régiments suisses, un bataillon de Savoie, fort de 700 hommes et un bataillon d’Aragon fort de 1200. Je ferai commander la brigade des Suisses par le général Schramm, et les deux bataillons par un général espagnol. J’enverrai au corps du général Dupont une compagnie d’artillerie légère qui se trouve à Aranjuez et le régiment des carabiniers espagnols, fort de 600 hommes. Je désire que V.M. approuve ces dispositions.
Sire, j’adresse ci-joint à V.M.l’état de nos caisses espagnoles. Vous verrez que nous sommes rien moins que riches ( puis vient une liste de mesures sur les colonies espagnoles, notamment sur le tabac )…Je ferai communiquer demain officiellement au corps diplomatique la protestation de Charles IV, l’abdication de Ferdinand et les autres pièces. Tout le corps diplomatique n’attend que cette communication pour demander à m’être présenté. J’attendrai les ordres de V.M. pour les faire communiquer aux ambassadeurs espagnols près les Cours étrangères.
J’adresse à V.M. la réponse du capitaine général de Madrid à ma circulaire, les nouvelles des ports et une lettre du marquis de Caballero qui réclame à juste titre contre l’inculpation qui est portée contre lui dans le rapport de Monthion. (…) V.M. ne pourrait rien faire de plus agréable pour l’armée espagnole que d’accorder quelques croix de la Légion d’Honneur à quelques officiers de cette nation et me permettre de disposer de quelques ordres de Charles III en faveur de quelques militaires français. Je réitère à V.M. la demande du grand aigle de la Légion en faveur du général Belliard. V.M. n’a pas dans ses armées d’officier qui le serve avec plus de zèle.
Murat gère l’Espagne, mais il suit aussi Junot au Portugal. De nombreuses lettres envoyées à Napoléon, à la Junte, aux généraux espagnols et aux commandants français font état de son travail et de son attention à l’égard de tous les sujets, y compris les colonies de ce royaume. Comme Napoléon, il pense que le danger peut venir de Cadix et de l’Andalousie, il y envoie des troupes.
Puis, soudainement, Murat tombe malade. Le 26 mai, il se fait transporter dans la propriété des Ducs d’Albe. Laforest note dans sa correspondance : « Sa maladie est un contre-temps que je déplore, tant pour lui que pour les affaires confiées à sa vigilance. Sous les apparences de la sécurité la plus propre à en inspirer à la capitale et dans les provinces, il veillait sans cesse, et sa prévoyance prévenait ou étouffait tous les incidents. Les faits qui pouvaient paraître graves aux observateurs ordinaires cessaient d’avoir de l’importance, lorsque avec l’activité qui lui est propre, il remédiait à tout »
Au début de juin, c’est la révolte générale dans toute l’Espagne. Moncey et ses 15.000 hommes partent pour Valence, Chabran et 7.000 soldats pour Barcelone, Bessières s’occupe de Valladolid, des Asturies et de Santander, l’Andalousie s’enflammant autour de Dupont à qui Junot envoie 4.000 hommes du Portugal. Les soldats espagnols désertent et rejoignent les insurgés.
Le 3 juillet, il était à Bayonne. Caroline avait rejoint Napoléon qui lui avait loué une propriété à Lauga, depuis le 26 juin. Le 10 juillet, une longue discussion a lieu entre l’Empereur, sa sœur et Murat, puis en fin de journée c’est le nouveau Roi de Naples qui part pour prendre les eaux à Barèges !
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Trajan

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MessageSujet: Murat en Espagne 1808   Lun 12 Mai - 23:51

Belle description de ce qui est effectivement le point de départ du "bourbier espagnol", second front toujours ouvert, et dans lequel les meilleurs régiments vont fondre et s'épuiser... pour finalement faire défaut en Autriche puis en Russie...
Le Dos de Mayo marque le point de départ de la guerra de independencia. Pourtant, après cette émeute explosive, il me semble que l'empereur pouvait encore "ratrapper l'affaire". Après tout, l'Espagne fournissait déja, bon gré mal gré, un soutien non négligeable à la France: il suffit de souligner qu'une partie de l'armée espagnole prêtait main forte aux projets napoleoniens au Portugal, que des milliers de soldats du Corps du Général la Romana servaient l'empereur dans le Nord et il convient enfin de rappeler le sacrifice héroïque de la flotte espagnole à Trafalgar.
L'Espagne aurait pu être un allié précieux pour l'Empire, avec un Bourbon à sa tête. Malheureusement, l'empereur a profité de la discorde régnant au sein de la Cour d'Espagne pour placer son frère Joseph à la tête de cette Nation de onze millions d'hommes, peu disposés à accepter un souverain du sang des Bonaparte. Erreur fatale? Joseph, si heureux dans son palais Napolitain, se serait bien passé d'un tel cadeau empoisonné. Malgré tous ses efforts et ses qualités -supérieures à FerdinandVII sur tous les plans- il ne parviendra jamais à vraiment "régner"... Quand au peuple espagnol, il sera aussi le grand perdant de cette histoire car au retour de Ferdinand VII le désiré"", ce dernier se montrera bien ingrat, et encore plus rétrogade que Louis XVIII. Son règne portera en lui le germe des guerres carlistes, véritables guerres civiles qui vont secouer l'Espagne tout au long du 19e siècle. Mais ceci est une autre histoire...
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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mar 13 Mai - 12:17

Je partage globalement votre analyse en général.
Par contre concernant Naples , il faut quand même dire que ce n'était pas si tranquille que l'on croit , las Calabres étaient aux mains des brigands et des agents de Palerme.
Les Abruzzes et la Terre de Labour produisaient des brigands également .
Le fameux Fra Diavolo à lui seul avait 200 hommes, sorte de guérilla napolitaine difficile à traquer.
Financièrement , la corruption était naturelle, une armée inexistante, les réformes mal appliquées, etc.
C'est réellement en 1811 que Murat aboutira a en faire un royaume "sous le plus beau ciel du Monde" et en 1813 , Naples est un Etat moderne et presque autonome, plus de dette extérieure, un armée nationale , une économie solide malgré le Blocus et le ralliement de la noblesse au régime. Je fais court, la liste est longue.

Pour l'Espagne le problème de Joseph c'est de n'avoir rien fait pour devenir populaire, les pays du Sud aiment bien les dirigeants qui les valorisent. C'est sur qu'entre la réputation de Murat et celle de Joseph , il y a un fossé. Avec Jourdan comme chef d'EM , il était mal parti, les différents Maréchaux ne prenaient leurs ordres que de Paris et encore...
Je ne parle pas de l'armée josephiste, c'était par centaines que les soldats rejoignaient les guerillas ou l'armée régulière.

L'Espagne est un sujet trés interessant mais épineux. Murat aurait forcément fait mieux mais combien de temps ?
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Trajan

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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mar 13 Mai - 12:44

Il est vrai que Murat a réalisé en peu de temps un travail extraordinaire pour "moderniser" son petit Etat.
Des réformes courageuses ont permis la fin du systeme féodal, et ses injustices. je pense que de ce point de vue le peuple Napolitain a du apprécier le Roi Murat. La lutte contre l'insécurité intérieure et les moyens engagés en ce sens, montrent effectivement la force de caractère de notre homme. Je crois que ces aspects sont bien détaillés dans l'ouvrage "Mahnes, vice roi des Calabres", et permettent de bien prendre la mesure des nuisances causées par ces bandes de brigands.
Il faut ajouter que Murat à eu l'intelligence de s'entourer d'hommes fidèles et compétents dans les domaines qu'il ne maitrisait pas forcément: je pense au ministre Agar. (mais ma mémoire peut me jouer des tours, n'étant pas spécialiste de la question Napolitaine Embarassed )
A l'inverse, on peut dire que Joseph n'a pas été "gaté" par son entourage: son Chef d'EM est effectivement l'un des maréchaux les moins glorieux, le moins titré d'ailleurs me semble t'il, même s'il est considéré comme un "honnête homme. Cela ne suffit pas pour tenir un pays en proie à la guerre civile. Quant aux autres maréchaux (y compris Dorsenne qui n'est même^pas Maréchal d'ailleurs) on comprend vite qu'ils travaillent pour eux mêmes, et n'acceptent pas de lien de subordination envers Joseph, chef de guerre peu crédible....
Pour ce qui est de l'armée Josephiste, c'est un sujet peu étudié encore, et j'éspère trouver sur ce forum des pistes pour faire avancer ce sujet....
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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mar 13 Mai - 13:01

Encore d'accord avec vous. Agar était un avocat de Cahors qui servit Murat de 1804 à 1815, sa gestion à Dusseldorf lui donna le titre comte de Mosbourg. Il travaillait beaucoup et dans le bon sens pour son maitre.

Sans faire de pub , mon ami Luis Sorando a publié pas mal d'articles sur l'armée de Joseph dans Soldats Napoléoniens.
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Trajan

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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mar 13 Mai - 18:39

Je possède tous les numeros de Soldats Napoleoniens, je trouve que c'est de loin ce qui se fait de mieux sur le sujet. c'est la seule revue qui aborde régulièrement des sujets nouveaux (espagnols, Danois, Napolitains, dragons russes,unités rares, etc...) et qui traite aussi les sujets "classiques" (lanciers polonais, chasseurs à cheval etc...) avec une iconographie rare ou inédite. (ça change des sempiternels grenadiers à pied que je respecte beaucoup, mais que l'on connait par coeur)
Mon seul regret, c'est que SN ne sorte que tous les trois mois!

pour en revenir au sujet, il y a deux cent ans, quasiment jour pour jour, L'Empereur, faussement rassuré par le calme apparent depuis les évènements de Madrid, envoie à Murat les premiers ordres concernant le déplacement du Corps de Dupont vers Cadix. La campagne d'Andalousie commençait...
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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mar 13 Mai - 19:09

Comme vous le saurez , j'ai des amis espagnols et je peux vous dire que Baylen sera fétée chez eux autrement que nous avons fété Austerlitz, Iéna , Eylau et Friedland.

Je peux vous dire qu'en Italie en septembre ce ne sera pas triste non plus avec le bicentenaire des 200 ans de l'arrivée de Murat à Naples.

J'attends les photos de Tolentino pour l'évocation annuelle de la bataille.Dés réception je vous les mets en ligne.

Comme je l'ai dit il y a peu , l'Espagne et le Portugal sont les résultats de cet aveuglement de Napoléon face à Alexandre à Tilsitt. Sans ce traité il aurait été obligé de surveiller l'Europe continentale. Mais là nous retombons dans la fiction historique.

Merci pour SN, je vais transmettre aux interessés Laughing Laughing Laughing Je suis sur qu'ils apprécieront.
Pour la parution tous les 3 mois "certains" s'en approchent et ce n'est pas par hasard...
La Qualité ne va pas de pair avec la Quantité . Les sujets et les auteurs ne sont pas extensibles non plus .
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Ximo

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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mer 14 Mai - 16:53

Cher Patrice, cette année nous célébrerons, Bailen, Valence, Saragosse, Gerona, etc.., j'espère que l'année qui vient tant les institutions comme les citadins ils continuent de célébrer tous les événements (des victoires, et des échecs) puisque dans le fond plus qu'une célébration doit être un hommage aux hommes qui des deux côtés luttaient pour une idée.

Au sujet de l'uniforme et de l'organisation des troupes du Roi José I, en espagnol ce n'est pas qu'existe peu d'information, si je ne me trompe pas, n'existe aucune.

Certes, si je ne me rappelle pas mal à Naples, deux infantes de l'Espagne sont enterrées c'est-à-dire les filles de José.
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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mer 14 Mai - 18:20

Cher Ximo,

Je comprends trés bien que vous célébriez votre "guerra de Independencia".
Je ne veux pas faire de polémique mais si l'on ne veut pas comprendre que l'on ne doit pas annexerun pays comme on achète un gateau , si l'on ne veut pas tenir compte des mentalités et du passé historique des Autres , il est normal que la réaction soit vive et brutale.
En plus , Napoléon n'a pas nommé celui qui pouvait plaire et faire honneur au peuple d'Espagne . Pepe la botella avait déja perdu "son "royaume en passant la frontière.
Ne m'en veux pas , mais pour 2008, je vais féter l'arrivée de Murat à Naples et la prise de Capri cheers cheers cheers

Salud Amigo




cheval au galop
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Ximo

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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mer 14 Mai - 18:51

Patrice
1er je dois demander excuses par mon erreur est la femme de José I et sa fille Charlotte qui sont enterrées en Italie, mais concrètement dans l'église du "Santa Croce" à Florence, et non à Naples comme j'il croyait

http://img138.imageshack.us/img138/7263/charlotegu5.jpg

2º Je crois que je peux avoir un problème à l'heure d'exprimer ce que je veux dire en français (a utilisé le traducteur automatique et tous savons qu'existent des lutins) considère que dans España il nous serait allé mieux avec tout Roi qu'avec Fernando VII "Le Désiré", je pense réellement que José pourrait avoir été un bon Roi et que ses efforts, pour arriver à un premier accord avec las Juntas et après avec les Cortes de Cadix pareil ils le démontrent.
Mais il y a deux graves erreurs dans la politique de Napoleón en Espagne, le premier et plus important d'imposer une nouvelle dynastie par la voie de faits consommés (Fernando aurait été ce que dans ici un bon chien se dit faldero) et en deuxième lieu (et dans ce cas je le regrette pour être ton son grand admirateur) de consentir et(ou) d'encourager la répression de Murat à Madrid.
Je crois sincèrement qu'avec un peu plus une patience et une volonté au lieu des ennemis Napoleón aurait eu dans nous envers ses meilleurs alliés.
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Patrice Raynaud



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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   Mer 14 Mai - 19:34

Olla Ximo ,

Si une expression ou une phrase importante te donne du soucis , mets la en Espagnol, je traduirai pour les membres du forum.
"Mon ami" Murat n'avait pas dordre d'ensemble sur sa place à tenir dans cette aventure , il a fait comme un militaire quand le soulévement de Madrid s'est passé.
Les erreurs sont nombreuse , délivrer Godoy, faire venir les Bourbons at les Infants à Bayonne , occuper les forts et prendre les armes de nos Alliés , car début 1808 l'Espagne est notre alliée.
Par la suite tout va pousser l'Espagne dans les bras des Anglais et leur donner une vaste base en Europe.


Je ne pense pas que Ferdinand VII était un bon roi, mais il était Espagnol...

Les Bonaparte aprés la chute de Napoléon sont allés en Italie ce qui prouve que Pie VII n'était pas rancunier Laughing ni les Autrichiens...

Ce débat est interessant dans la mesure ou nous avons les deux aspects d'un fait historique.

A la proxima vez.
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MessageSujet: Re: Murat en Espagne 1808   

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Murat en Espagne 1808
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