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 Psychologie du soldat

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Judgefredd

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MessageSujet: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 11:02

Bonjour,

Au gré de discussions avec le Lieutenant Legros, nous en sommes venus à s'interroger sur l'état d'esprit du soldat napoléonien et sur ca capacité à apréhender le danger qu'il vivait.

La question qui se pose est de savoir comment un homme des cette époque réussissait à faire face volontairement à une mort certaine sans éprouver le réflexe de se dérober.

Comment les soldats du premier rang d'un régiment d'infanterie montaient-ils au front sachant très bien que le premier rang (au moins) serait anéantis par la fusillade ennemie ?
Comment un régiment de cavalerie ou d'infanterie pouvait-il tenir, immobile, à subir le feu d'une artillerie pendant parfois plusieurs heures avant d'entrer en action (comme la Brigade Infernale punie par Lasalle) ?
Comment un soldat réagissait à voir ses camarades tomber autours de lui, et comment pouvait-il combler les brèche sachant qu'il serait le prochain ??

Autant de questions qui se pose sur la manière d'affronter le mort entre 1800 et 1814, et que le seul culte de l'Empereur et la volonté de porter les idées révolutionnaires à travers l'Europe ne nous semblent pas desraisons suffisantes...

Nous aurions donc aimé avoir vos sentiments sur cette question.

salut
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Thermidor

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 13:19

Mon sentiment est que les soldats de tout temps et de toutes époques se sont comportés de la même façon au combat,les combattants de 14-18 ne se sont pas dérobés à la guerre de tranchée et pourtant elle fût tout aussi horrible et encore plus destructrice qu'un guerre en ligne, les soldats débarquant sur les plages Normandes on fait ce qu'ils avaient à faire,et l'on peut multiplier à l'infini les exemples.
Concernant l'homme du 18/ 19ème siècle, le "dressage" terme employé pour la formation du soldat, le préparait à tenir son rang, à le serrer, et à aller de l'avant.
On pourra disserter longuement sur ce qui fait tenir le soldat dans des situations périlleuses,effectivement comme cela a été proposé plus haut, la défense de la nation,certaines valeurs,plus quelques arguments savamment orchestrés par l'encadrement.
Les mémoires de ces fantassins et cavaliers ayant participé au campagne impériale, sont étonnamment joyeuses, et les mémoires de ces hommes le plus souvent sont pleines d'anecdotes ne concernant que peu le combat,le plus souvent c'est la fatalité qui caractérise, les blessures qu'ils ont pu recevoir, ou bien les camarades tués, d'ailleurs certaines scènes tragique sont racontés sur un ton plutôt léger.
Mais je suppose que si Dups voit ce post, il pourra vous en dire plus sur ce thème qu'il connaît bien.
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dups

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 13:25

Citation :
faire face volontairement à une mort certaine

D'abord, parce que statistiquement, cette mort ne semble pas si "certaine" que cela.

Et ensuite rien de plus que dans toutes les armées du monde dans toutes les guerres:
- La certitude de la justesse de la cause pour laquelle on se bat.
- Le sens du devoir et/ou de l'honneur.
- L'esprit de corps.
- La confiance dans ses chefs.
- La confiance dans ses camarades.
- L'éducation à un certain nombre de vertus militaires.; discipline, autorité, obéissance...
- Le sentiment de supériorité sur l'adversaire.
- L'alcool qui désinhibe.
- L'instinct de survie.
- Le stress positif qui permet de se dépasser.
- L'idée que hors la victoire point de salut.
- La crainte du châtiment.
- Se sauver ? Pour aller où ? (généralement au fin fond de l'Europe avec des populations pas toujours favorables, sans carte, ni notion d'où l'on se trouve...)

Et j'en oublie sûrement.

Il suffit que deux ou trois de ces conditions soient remplies pour que le soldat face son devoir. C'est certain que quelques unes des notions ci-dessus peuvent nous sembler aujourd'hui désuètes, mais elles avaient encore cours à l'époque.
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dups

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 13:26

Tiens !

Citation :
je suppose que si Dups voit ce post, il pourra vous en dire plus sur ce thème qu'il connaît bien.

Tu me connais bien toi dirait-on ?
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Judgefredd

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 13:28

Nous avions en effet fait ce parrallèle vers la guerre de 14-18 mais aussi vers le fait qu'une fois confronté au danger, l'esprit cesse -en quelque sorte- de fonctionner normalement.
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Thermidor

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 15:15

Citation :
Tu me connais bien toi dirait-on ?

Il vaut mieux un qui sait que deux qui cherchent !
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 17:23

Citation :
l'esprit cesse -en quelque sorte- de fonctionner normalement.

C'est assez vrai, le combat par le stress qu'il induit fait passer le soldat dans un "état second".
C'est pour cela que l'entraînement s'appuie sur la répétition des gestes (drill) pour que ceux-ci deviennent des réflexes, des automatismes. L'esprit ainsi préparé, le soldat se raccroche à ce qu'il connaît parfaitement; la voix de son chef, des gestes sûrs qu'il a répété maintes fois, la présence de son camarade qui rassure... Le soldat se concentre alors sur l'exécution de ce qu'on lui commande, ce qu'il connaît et oublie ainsi la nature de son environnement.
Ceci constitue cependant un équilibre fragile qui peux s'effondrer à la moindre anicroche (la fuite de Golimyn et d'autres en sont un exemple)

Il peut y avoir aussi une part de résignation et de fatalité, qu'alimente un fond religieux ou superstitieux et ce malgré le passage de la révolution."Je m'en remets à Dieu !", "Advienne que pourra !", "C'est le destin !".
On prétend que Lassalle avait eu le pressentiment de sa mort le matin de Wagram (anecdote de la pipe cassée) Il n'en a pas moins chargé comme un beau diable.
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MessageSujet: un peu de philo dnas la psycho   Mer 23 Sep - 17:53

Bonjour,

Cette question est devenue depuis la 2GM une question centrale de l'approche psychologisante du combat, les travaux de Schills et Janowitz, insistent sur la notion de groupe primaire.

Le groupe primaire ou groupe restreint, présente les caractéristiques suivantes : (Je suis parti d 'une définition savante en l'appliquant à la question posée )

— nombre restreint de membres, tel que chacun puisse avoir une perception individualisée de chacun des autres, être perçu réciproquement par lui et que de nombreux échanges interindividuels puissent avoir lieu ; i.e les rangs du peloton, tout ce qui se trouve à portée de vue et ce depuis le "drill" initial.

— poursuite en commun et de façon active des mêmes buts, dotés d’une certaine permanence, assumés comme buts du groupe, répondant à divers intérêts des membres, et valorisés;I;E, vous avez intérêt à faire comme les autres.

— relations affectives pouvant devenir intenses entre les membres (sympathies, antipathies, etc.) et constituer des sous-groupes d’affinités ; nous avons tous en mémoire les récits de disputes et de duels pour des broutilles, qui renforcent la cohésion du groupe, y compris dnas la vision littéraire de l'aventure napoléonienne (Cf, un conscrit de 1813 d'Erckman-Chatrian).

— forte interdépendance des membres et sentiments de solidarité ; union morale des membres du groupe en dehors des réunions et des actions en commun ;ce que l'on peut appeler l'esprit de corps et cela suivant un processus scalaire.

— différenciation des rôles entre les membres ; le vétéran, l'ancien, le jeunot etc.

— constitution de normes, de croyances, de signaux et de rites propres au groupe (langage et code du groupe). voire les pages d'argot miliatire du Pigeard.

Toutes ces caractéristiques ne sont pas nécessairement présentes à la fois dans le même groupe. Le vocabulaire est particulièrement riche en termes qui entrent dans cette catégorie : antenne, aréopage, ban, brigade, cartel, caste, cénacle, clan, collège, comité, commando, commission et sous-commission, communauté, commune, consortium, corps, coterie, cour, directoire, équipe, groupuscule, jury, patrouille, phalange, phratrie, pléiade, noyau, secte, tribu. On puet y ajouter tous les niveaux d'une unités napoléonienne du peloton à la Grande Armée elle même.

Et bravo, à tous les courageux qui ont lu jusqu'au bout.

Cordialement et sans prétention aucune

gboue
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 17:57

Si je peux me permettre, ce qui est finalement trés étonnant, c'est que ces soldats on fait leurs devoirs, une grande partie etait issue de la conscription.
Quand on connait l'impopularité de la conscription, les sévices volontaires que ce faisait certains appelés pour l'éviter c'est quand meme trés etonnant de voir leurs comportements sur le champs de bataille.
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 18:19

Non seulement tu peux te permettre, mais c'est là que je voulais en venir Ténardier.

Comment cela a pu se passer ?

Tout ce que vous avez écrit est parfait et explique bien des choses du point de vue militaire.

Une fois dans la bataille, c'est tuer ou être tuer, on n'a pas le choix, c'est acquis.

Mais comment, à un moment donné, un groupe d'hommes parvient à rester en place, malgré tout ce que vous avez expliqué, face à ce que devait être une charge de cavalerie par exemple :
le bruit, le sol qui tremble, les regards entre soldats, la vision de cette ligne qui s'avance vers vous, voir pas de repère visuel selon le terrain ce qui est encore pire, ...

C'est de la folie en somme.
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Thermidor

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 18:47

Vous réitérez les questions! il est vrai que c'est difficile de se projeter dans des situations si exceptionnelles, c'est d'ailleurs en grande partie pour cela que nous avons choisi, qui la reconstitution, qui la figurine,qui la lecture,ou l'étude de documents,...
Il nous arrive souvent entre nous d'évoquer ce qu'ont pu ressentir ces hommes,et jusqu'à présent bien qu'essayant régulièrement et modestement de leur ressembler le temps d'une reconstitution, nous n'avons toujours pas les réponses.
Mais je crois que gboue et Dups ont parfaitement répondu à vos interrogations.Non ?



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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 19:16

Non, on ne réitère pas Thermidor.

La théorie militaire, je la connaissais déjà. Elle a été parfaitement exposée par Dups, GBoue, et toi.

Ce qui est intéressant, c'est ce que chacun en pense. Car tu le dis bien, la réponse, on ne l'a pas, et à moins de trouver de nouveaux écrits, on ne l'aura pas.

Cela n'empêche pas de s'interroger et de débattre.
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Thermidor

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 20:01

Citation :
Cela n'empêche pas de s'interroger et de débattre.

Bien sur, d'ailleurs ma phrase est un peu sèche,et pas vraiment à propos, je m'en excuse
Citation :
Vous réitérez les questions!

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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 20:49

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dups

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Mer 23 Sep - 22:11

Citation :
Mais comment, à un moment donné, un groupe d'hommes parvient à rester en place

je vous propose une réponse un peu pompeuse, mais je vais l'illustrer.

Parce que ce sont des hommes !!

"Comment à un moment donné, un homme parvient à tenter de faire le tour dumonde en solitaire à la voile ?"
"Comment à un moment donné, un homme parvient à se jeter dans le vide depuis un avion."
"Comment à un moment donné, un homme parvient à tenter l'aventure de monter au sommet de l'Everest."
Je n'insiste pas ?

Je pense que ceci relève de notre humanité... D'ailleurs, il n'y a guère que l'homme capable de faire la guerre. C'est probablement qu'il a tout les rouages psychologiques nécessaires à se déterminer à éliminer son prochain.

Sinon, mais au risque de reboucler avec ce que j'ai dit plus haut, en reprenant l'exemple de la charge de cavalerie:
D'abord beaucoup de carrés ont été enfoncés parce que ceux-ci ont été affaiblis par les fuyards, bien plus qu'au travers d'un choc entre infanterie et cavalerie. La peur a bel et bien existé.
Ensuite, fuire mais là encore, pour faire quoi, pour aller où ? Semer un cheval à la course ? Tourner le dos à la menace ? L'instinct de survie amène à se regrouper pour faire corps et bloc. Enfin les seuls repères que l'on a c'est l'instruction reçu et les ordres des chefs. Alors, on les croit.

Je ne sais pas si j'ai répondu à votre interrogation ? Je pense qu'il n'y a guère plus à comprendre.
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ThiNap
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Jeu 24 Sep - 1:23

J'ai un peu hésité à participer à cette discussion. A la lecture de ce sujet, un mot m'est simplement venu à l'esprit : COURAGE.

Mais il faut associer au courage de ces soldats (pour la plupart il s'agit de ceux de l'An II) je pense qu'il faut également adjoindre l'idée - belle - de faire connaître et triompher les principes des hommes de 1789 et des idéaux de la Révolution : ces mêmes mots qui sont gravés sur les frontons de nos bâtiments pubics : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.
L'Empereur était - et est toujours, l'héritier de la Révolution. La Révolution est, à mon sens, un tout. Le 18 Brumaire est la suite logique du 14 juillet 1789, et surtout du 10 août 1792.

Les soldats Français n'ont pas directement servi un régime ou un homme (républicain, consulaire, impérial), mais avant tout un idéal et ils avaient surtout l'envie de changer le monde.

Bon, c'est mon idée et mon avis. A voir si je ne suis pas un peu (ou beaucoup) idéaliste. Mais ces idées sont tellement belles et porteuses d'espérances ...

_________________
ThiNap
- Un seul son de sa voix, un signe de ses yeux donnaient une secousse au monde. [Chateaubriand]
- Il n'y a d'immortalité que celle qu'on laisse dans l'esprit des hommes [Napoléon Ier]
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Jeu 24 Sep - 9:50

Ce n'est pas proprement parler une discussion, encore moins un débat Thinap. Je m'explique.

Quand il m'arrive de disposer ma compagnies de grenadiers, d'infanterie de ligne, des escadrons de cavalerie, ...; grâce au nombre de figurines, ça commence à donner une certaine mesure de ce que cela pouvait être
Alors, il m'arrive souvent de me demander comment ce fut possible humainement.

Donc, le but du sujet lancé par Frédéric après nos conversations, c'est juste de savoir comment chacun pense ou appréhende la chose, exactement comme vous venez de le faire.

C'est tout, juste ça.
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MessageSujet: PSYCHOLOGIE DU SOLDAT   Jeu 24 Sep - 17:52

bonjour.sujet plus qu'intéressant.Sa complexité me pousse à être prudent.Et même plus, parce que je n'ai pas de réponse.Mon expérience personnelle dans une unité que l'on qualifie d'élite ne peut servir de réponse aux sentiments qu'éprouve un combattant au moment de vérité.Transcender les valeurs de courage, d'abnégation,de camaraderie,de morale, de discipline, d'honneur, de valeur, de sacrifice pour son pays, etc.. se mêlent à d'autres, comme la peur par exemple, la lâcheté,..ce serait admettre que celui qui part au combat la fleur au fusil, comme en 14,a fait un vide de réflexion sur ce qui l'attend: la mort.Qu'est ce qui pousse un soldat du roi à marcher en première en ligne,au pas,sachant qu'il va être fauché aux premiers coups de mousquets? a t'il gardé toute sa sérénité à ce moment? qu'est ce qui pousse les cavaliers de l'empereur à foncer sabre au clair?...Son chef Lassalle parce qu'il est meneur d'homme et courageux, et qu'il montre l'exempe à suivre? est ce seulement pour cette raison? et qu'est ce que le courage? Et quoi, se montrer courageux en pareil moment, suffit-il à ne pas se poser la question: pourquoi je me bat? et est ce d'abord pour la bonne cause? Y a t-il une osmose qui se crée au moment fatidique parce que la la théorie des masses en mouvement fait l'unité de pensée et d'action?
Hé là..hé là...stop, je m'arrête là, ma mitrailleuse à paroles s'enraye. et comme dans la chanson de Gabin je dirais
"je sais..je sais ....et puis finalement je sais pas.."

un livre toutefois : capitaine Léon Michel Routier,aux éditions des grenadiers, une étude sur la psychologie de l'armée impériale par le récit d'un soldat...
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lieutenant legros

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Jeu 24 Sep - 18:22

Gabin, excellente citation Jean-René, et merci pour votre opinion.

... A la fin de ma vie, si il y a une chose que je sais, c'est qu'on ne sait jamais...

Plein de sagesse cette phrase.
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urvoy

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Ven 25 Sep - 9:14

Tout ce qui a été dit est juste....et il ya encore une chose, l'idée profonde , l'espoir que l'on s'en sortira, que le mauvais coup sera pour l'autre, même si l'espoir est mince...(la psychologie du kamikaze, rare, étant très différente )
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Ven 25 Sep - 16:10

Mon analyse concerne les conflits de nos jours, et pour un soldat de Napoléon je ne pense pas qu'il existe une différence.

Pour un combattant, une bataille n’est qu’une succession de facteurs qui ont la forme suivante :

-Violence des accrochages : Les combattants progressent ou bien attendent l’ennemi, cela peut durer des heures.
Et puis soudain, il est là, c'est l'accrochage. Chaque camps essayent d’avoir l’ascendant psychologique sur l’autre.
Un assaut peut être précédé d’une préparation d’artillerie afin de détruire l’essentiel des défenses mais aussi de briser la volonté de combattre de l’adversaire.
Le combat s’achève soit par la mise en déroute de l’adversaire, soit par son anéantissement.

-Vision fragmentaire des combats : Que se soit au niveau du combattant individuel ou bien celui de la compagnie, la vision des événements n’est que partielle. Aligné dans les rangs, enfermé dans son carré, le soldat ne voit et n’est conscient de ce qui se passe que dans les 50 à 100 m autour de lui. Le terrain mais aussi l’effet des armes limite sa visibilité.

- Maintien des liaisons : Le combattant essaye de toujours rester au contact de ses camarades et de son chef, pour ce donner du courage et agir à l’imitation de son entourage. Ce besoin est d’autant plus important chez le combattant novice ou peu expérimenté.
Pour le chef, le problème est le même, garder le contact avec l’échelon supérieur pour rendre compte des évolutions de la situation, et pour éventuellement recevoir d’autres ordres.

Tous ces éléments génèrent du stress chez le combattant

Les réactions de l’homme au combat :

Un vieil adage militaire compare une unité à une chaîne, si un des maillons est fragile, c’est toute l’unité qui est menacé. Hors l’homme est fragile, au combat il est confronté à deux facteurs contradictoires.

D’un coté, ses convictions morales, son sens du devoir de soldat, mais aussi le fait de ne pas paraître un lâche au yeux de ces camarades.
Tout cela est sérieusement émoussé par ce qu’il voit, par les cris de ses compagnons blessés, tués ou mutilés.

D’un autre coté, son instinct de survie, cette peur de ce qui arrive mais aussi de ce qui peut arriver. Cette peur engendre une anxiété qui au fil des heures va augmenter.
Chez certains soldats ayant certaines prédispositions (mais peut on parler de prédisposition en matière de peur de mourir ou d’être mutilé), cette anxiété peut déboucher sur des cas de paralysie, de tétanie.
N'est-il pas déja arrivé que l'on retrouve des fusils sur les champs de bataille, chargés de 3 à 4 balles dans le canon ? Pourquoi ces hommes n'ont-ils pas fait feu ? Ces hommes n’étaient sûrement ni des lâches, ni des faibles ; ils étaient tout simplement trop effrayés pour utiliser leurs armes...et ils chargeaient...ils chargeaient...ils chargeaient...sans jamais tirer.

La réponse au stress du combat n'est donc pas toujours la même d'un individu à l'autre; suivant les cas, ses effets peuvent même être radicalements opposés.

On retrouvera ainsi sur les champs de bataille des combattants présentant différents symptômes de stress, allant de l'hystérie à la paralysie :

Envie fréquente d’uriner, soif intense, refus de s’alimenter ou nourriture rejetée, individus ayant peur d’être seul, de s’exposer au feu...
sous des tirs d’artillerie, transpiration importante, sphincter qui se relâchent, contractions musculaires, tremblement parfois important (impossibilité de recharger son arme).
même pour des hommes se connaissant depuis longtemps, refus de partager rations alimentaires, couvertures, abris ou munitions.
d'autres deviennent insomniaques, et ont de plus en plus de difficultés à identifier l’ami de l’ennemi, deviennent irritables, et ont des accès de fureurs pour des motifs bénins
chez certains, apparaissent des tremblements et la difficulté à comprendre les ordres.

reste enfin une catégorie ; celle de ceux que l'on prendrait parfois pour des héros et qui sont en fait des combattants devenus indifférents au danger, envahis par un sentiment de puissance, hystériques ou rendus quasi fous par l'ambiance des combats, devenus incontrôlables et incommandables…

Salutation
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Judgefredd

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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Ven 25 Sep - 16:48

Et dire que Gilles et moi avions hésité avant de poster ce sujet...
S'il n'étais pas évident à exposer, nous réalisons que le sujet est finalement plus complexe que prévu et qu'il est d'un intérêt flagrant.

Certains parlaient du sentiment révolutionnaire et de l'envie de propager cet élan à travers l'Europe. Nous y avions pensé avec Gilles, mais il nous semble être un peu léger à lui seul pour expliquer ceci.
Et que dire des troupes étrangères ajoutées aux troupes françaises pour qui la Révolution n'a eu pour influence que de modifier le nom de leur chef. Peut-on dire que le sentiment révolutionnaire les aidait à "encaisser" l'épreuve du combat eux aussi ?

On peut pê également invoquer l'envie de revanche sur les royautés européennes, l'envie d'élévation sociale (n'oublions pas le formidable ascenseur que fut l'armée à cette époque)...

Et pê que la résistance du soldat venait juste du fait qu'il revenait à son instinct naturel basique -et pê animal- de tuer ou être tuer...

salut
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Ven 25 Sep - 17:37

whouahou vaste debat ,la reponse ? je ne la connait pas ,mais moi meme etant ancien militaire ,ayant connut le feu(tchad liban,golfe,yougo) la reponse est difficile ,c'est une question de groupe(deja evoqué ,plus haut),en un mot la cohesion,le chef qui donne l'exemple,qui est devant ou avec(mais si il se trouve derriere ,hum.....) dans ces moments la ,si je peux dire on ne se pose pas de questions ,on va de l'avant,est apres on reflechi,je ne sais pas si les soldats de l'epoque ,avaient le meme ressentiment,mais moi ,en tout cas j'ai eu des chefs au debut qui savaient mener des hommes ,et avec eu on va au bout du monde,
ceci dit,autre guerre autre epoque,dirait certains ,mais sachez que lorsque que vous avez une kalach en face de vous ou un mousqueton ,la reaction est la meme ,on tire le premier,mais pour en revenir au debat ,pour moi c'est une question de groupe de commandement,
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Ven 25 Sep - 20:29

Citation :
Certains parlaient du sentiment révolutionnaire et de l'envie de propager cet élan à travers l'Europe.

Ces sentiments me semblent passés sous l'Empire. Valable avec les volontaires de l'an II et quelques successeurs, ces idéaux auraient d'ailleurs été en contradiction avec le régime impériale.
Et quand bien même...Si ces sentiments ont pu motiver à entrer dans l'armée, loin des combats, je pense qu'il n'en reste rien au feu. Là, on revient à des comportements plus terre à terre.

Je pense que les sentiments qui font entrer dans l'armée ne sont pas ceux qui face au danger s'imposent. Pour illustrer cela je prendrai l'exemple de Maurice de Tascher écoeuré de ce qu'il voit en Espagne (le sac de Cordoue entre autre) ne croit plus à rien et reconnaît la légitimité de la résistance espagnole.
Cependant à Baylen il va participer à plusieurs charges, tuer le colonel du régiment de Guadalajara et se battre sans hésiter.

Etre soldat c'est un métier dont la guerre fait partie. On s'y prépare et on pense à cet hypothétique engagement assez souvent sans savoir comment on réagira. Discutés avec des hommes ayant connu le feu. Ils sont généralement assez humble et bien incapable d'expliquer leurs réactions sous le feu. Ils en parlent comme d'une chose normal, avec détachement, comme s'ils n'avaient pas été maitre de leurs réactions mais avec le sentiment d'avoir fait leur job.
Je pense que nos anciens s'attachait à vivre l'instant à se garantir du froid, de la faim, de la soif ou d'autres agressions et arrivait sur le champ de bataille avec fatalité et animés selon leur nature par tout ou partie des sentiments divers énoncés ci-dessus. Sentiments qui peuvent d'ailleurs varier d'un combat à l'autre; parfois un homme qui se sera montré particulièrement froid au feu ou courageux pourra pour des raisons obscures être envahi par la peur le combat suivant et inversement. D'ailleurs, on prétend parfois que le courage est une expression de la peur dominée (cela recoupe la conclusion de monsieur Lapointe)
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   Sam 26 Sep - 13:54

Il y aussi d'autres sentiments qu'on évoque peu: la haine et la vengeance,plus ou moins accentués suivant la nature des conflits: des corps mutilés inutilement, des otages innocents etc...qui effacent tous les sentiments que l'on a décrit fort justement plus haut.Il me semble que l'homme à qui on attribue les sentiments dits "humains" qui n'appartiennent qu'à lui, parce l'animal primitif en est dépourvu surtout que l'homo sapiens en a décidé ainsi, a cette intelligence supérieure qui fait qu'il a toujours voulu faire la paix pour mieux préparer la guerre, et toujours fait la guerre pour espérer la paix,avec toujours de bons et vrais sentiments, les plus purs qui soient, et cela depuis l'éternité.
alors qu'est ce qui nous différencie du lion quand il est en cage? Quand il est en liberté et repu c'est le plus pacifiste, à condition de ne pas entrer dans son territoire. Quand il a l'estomac dans les talons il est capable de tout.Ce coup ci je revendique mon intelligence qui n'est pas très éloignée de celle de la laitue, finalement.
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MessageSujet: Re: Psychologie du soldat   

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Psychologie du soldat
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