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 Joseph Poniatowski Général Polonais Maréchal de l'Empire....

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Jean-Baptiste
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MessageSujet: Joseph Poniatowski Général Polonais Maréchal de l'Empire....   Mer 8 Déc - 19:22

....... sunny .......

Joseph Poniatowski... Général Polonais Maréchal de l'Empire...!

..... (Sources Jacques Dupuy).


.....Le Prince Joseph Poniatowski...(°1763 +1813).



Rien ne laissait prévoir le destin de Joseph Poniatowski alors qu’il servait comme jeune officier de l’armée impériale enfant chéri des salons de Vienne.

Il est né en 1763, dans la capitale des Habsbourg, d’un père général au service de l’Autriche, frère cadet du futur roi de Pologne Stanislas Auguste. Sans descendance légitime, celui-ci s’était pris d’une vive affection pour l’adolescent et en était devenu le tuteur. Pépi….ainsi l’appellera le roi…avait beaucoup de charme, de vives dispositions pour l’équitation, pour les armes, peu pour l’étude. Il n’en parlait pas moins le français et l’allemand aussi bien que le Polonais.

Elevé par sa mère à Vienne, après la mort prématurée de son père qui ne lui laisse pas de fortune, il prend du service dans l’armée autrichienne à 17 ans. A 23 ans le voilà lieutenant colonel des chevau-légers de l’empereur et bientôt aide de camp de Joseph II. A ce titre, il est présenté au roi de Prusse, Frédéric Guillaume II, puis à la Grande Catherine (dont Stanislas Guillaume avait été le protégé et l’amant).

A Vienne le jeune homme, superbe dans son uniforme blanc et or, est de toutes les fêtes, avec son ami l’élégant prince de Ligne. Il danse à ravir et joue passablement du clavecin. Mais l’armée autrichienne entre en campagne contre les Turcs, Joseph est sérieusement blessé en menant une colonne à l’assaut. C’est alors qu’il fait la connaissance du prince Charles Schwarzenberg, le futur vainqueur de Leipzig.


Cependant les nuages s’accumulent sur la Pologne. Une constitution libérale est votée en 1790. On s’émeut à Saint-Pétersbourg de ce relent de « peste française », comme dira Catherine II. La diète décide le rappel des officiers polonais en service à l’étranger et nomme le prince général major des armées polonaises, chargé de mettre sur pied une force de cent mille hommes.

Joseph est mal préparé à une telle responsabilité. Il semble surtout, à ce stade, absorbé par la vie mondaine de Varsovie, ses succès féminins, une liaison avec une petite actrice française dont il aura un fils. Pourtant il a, sous ces apparences, un fond de sérieux, de modestie même qui se manifestera plus tard par des crises de pessimisme, voire de dépression.

Il est parfaitement conscient de devoir son commandement…il a vingt-neuf ans, ses décorations, ses dotations à la faveur du roi plus qu’à son propre mérite. Au moins sait-il reconnaître celui des autres. C’est ainsi qu’il fait entière confiance à Kosciuszko, officier instruit….il a fait des études militaires en France…et expérimenté…il a combattu avec Washington, bien que les deux hommes soient par tempérament radicalement opposés, l’un impulsif et volage, l’autre méthodique et vertueux, mais tous deux farouches patriotes, décidés à secouer le joug de la tsarine.


Or celle-ci dispose d’un fort parti pro-russe en Pologne, qui se constitue en une confédération de Targowica, pour abolir la nouvelle constitution, considérée comme « criminelle ». L’impératrice lance sur l’Ukraine polonaise un corps de 60 000 homes à quoi Poniatowski ne peut opposer que 20 000 soldats. L’intendance est déficiente, la discipline aussi, les munitions manquent.

Le prince est le premier au feu et remporte un succès local à Zielence, mais le roi, convaincu que toute résistance est inutile, capitule. Joseph doit battre en retraite, puis la rage au cœur, déposer les armes sur ordre de Stanislas Auguste. Il est alors la cible de toutes les critiques qui couvaient sous une jalousie jamais éteinte.

Que faire ?...Poniatowski envisage un moment de reprendre à son compte le projet d’un groupe d’officiers « jacobins » qui consiste à enlever le roi pour le soustraire à la domination étrangère. Il y renonce, ce qui lui vaudra la rancune des conjurés mais il adresse au souverain sa démission, celle de tous ses généraux, et quitte Varsovie pour Vienne où il arrive en octobre 1792 (l’Autriche n’est pas intervenue). Le cabinet de Saint-Pétersbourg presse la Hofburg d’éloigner Joseph.. Il se retrouve à Bruxelles en juillet 1793, auprès de sa sœur, la comtesse Tsszkiewicz.


La Belgique, conquise par Dumouriez, venait d’être livrée, par la trahison de celui-ci, aux impériaux, dont le chef d’état-major, le colonel Mack…..le futur vaincu d’Ulm…avait lui aussi bien connu le prince dans sa période viennoise. Bruxelles était alors dans une capitale de la coalition contre révolutionnaire….Autrichiens, Prussiens, Anglais, émigrés français s’y côtoyaient en conciliabules, fêtes, auxquels Joseph se trouva mêlé. C’est alors qu’il se liera avec une certaine comtesse de Vauban dont le mari est, selon toute vraisemblance, un agent du comte d’Artois. L’émigration polonaise à Paris n’ignore rien de tout cela et ne l’oubliera pas.

C’est à Bruxelles, dans cette atmosphère délétère, que Joseph apprend, au printemps de 1794, l’insurrection de Kosciuszko. Le prince a été tenu soigneusement à l’écart du complot, en raison notamment de ses attaches avec un roi honni. Celui-ci inquiet, lui demande de venir le rejoindre à Varsovie. Poniatowski veut d’abord se présenter à Kosciuszko qui le reçoit froidement…. « Que voulez-vous ? »…… « Servir comme simple soldat ». L’accueil dans la capitale est tout aussi réservé. La populace tirait de prison les partisans des Russes et les pendait en vue du Château Royal.


Le prince vit mal cette atmosphère d’exaltation révolutionnaire. Il n’en participe pas moins à des opérations contre les Prussiens lorsque parvient la fatale nouvelle…Kosciuszko blessé a été battu et pris par les Russes de Maciejowice. C’est la fin. Souvorov brûle Prague. Varsovie capitule. Bilan désastreux pour la Pologne partagée une troisième fois, et entièrement négatif pour le neveu du roi déchu.


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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Joseph Poniatowski Général Polonais Maréchal de l'Empire....   Jeu 9 Déc - 18:53

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Joseph Poniatowski... Général Polonais Maréchal de l'Empire...!

..... (Sources Jacques Dupuy).


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Comme en 1792, c’est à Vienne qu’il revient pour y passer six mornes années, en proie à des soucis d’argent. En 1798, le voilà revenu à Varsovie qui végète sous la domination Prussienne. Stanislas-Auguste meurt sans testament. La position du Prince est plus fausse que jamais. Il reçoit au château de Lazienki Louis XVIII et son entourage. Ses hôtes français ne tarissent pas d’imprécations contre la république des sans-culottes et le petit général corse.
Au même moment, les volontaires polonais affluent sous les plis du drapeau tricolore et se constituent en légions à l’armée d’Italie et sur les rives du Danube. Les chefs militaires de l’émigration, Sulkowski….aide de camp de Bonaparte…Dombrowski, Zayoncek…qui sera de l’expédition d’Egypte…Koosciuszko, libéré de sa geôle de Saint-Pétersbourg par l’empereur Paul, publient leur relation des évènements de 1794, qui ne fait pas la part belle au prince…

« Comme certains de nos généraux étaient attachés aux rois, ils étaient opposés à tout ce qui pouvait constituer une révolution, écrit le héros de l’indépendance polonaise…Au lieu d’encourager le peuple, ils le méprisaient et méprisaient ses armes…Je souhaite qu’on ne charge de défendre la liberté aucun général qui ne lui soit vraiment attaché. Je ne compte pas sur la fidélité qui est une vertu commune aux esclaves et aux valets ». Ce qui vise évidemment Joseph Poniatowski.

Celui-ci privé de ses biens patrimoniaux, se trouve à nouveau aux prises avec de graves difficultés financières. Il s’agit de la succession de Stanislas-Auguste. Le roi a laissé ses affaires dans le plus grand désordre. Son neveu, qui lui-même dépense sans compter, est accablé par une meute de créanciers et soumis à un sévère « audit » par les magistrats prussiens qui ne lui font grâce de rien….sommations, saisies se succèdent. Joseph harcelé, fait appel à la bienveillance du roi de Prusse, par l’intermédiaire de son ami le prince Antoine Radziwill qui a épousé une Hohenzollern. Au début de 1802, il se rend à Berlin…accueil compréhensif de Frédéric-Guillaume et de la belle reine Louise. Les affaires du prince s’arrangent.

Mais cette faveur de la maison royale de Prusse, dont les soldats occupent Varsovie, ne peut guère servir le solliciteur de Potsdam auprès de l’opinion patriote, en Pologne même. Le seigneur de Jablonna, revenu dans son palais favori, y même son train de vie habituel. Un témoin nous le décrit… « Il y passait des heures à jouer à la balle sur la pelouse, puis c’étaient des excursions à cheval, des chasses, des aventures galantes….il se levait tard, passait des nuits sans sommeil et se ruinait à la fois physiquement et moralement ». Il s’endette à nouveau. Ce long désoeuvrement….dix ans…1796 – 1806…ne le préparait guère à jouer un rôle de premier plan, à la faveur des grands évènements qui sont en train de bouleverser l’Europe.

Le fracas des victoires de Bonaparte avait ratenti jusqu’aux bords de la Vistule. Premier consul après l’Egypte, Empereur à près Marengo, Napoléon a rassemblé la Grande Armée au camp de Boulogne lorsqu’il apprend les préparatifs de la nouvelle coalition monarchique. Le tsar Alexandre, en ce qui le concerne, souhaite mettre l’atout polonais dans son jeu….il envisage la restauration d’une Pologne réunifiée sous son sceptre…projet qui sera réalisé partiellement au Congrès de Vienne en 1815….et fait pressentir Poniatowski par l’entremise du prince Adam Czartoryski, lié à la cour de Pétersbourg. Il recevra cordialement le neveu du dernier roi lors de son passage à Varsovie, mais restera dans le vague.

L’empereur, assez versatile, à trop besoin de l’appui militaire prussien pour risquer d’indisposer Berlin à ce stade avec son projet polonais. On connaît la suite….c’est Austerlitz (2 décembre 1805). La Prusse n’a pas osé intervenir avant la bataille décisive…elle va le faire après et subir une défaite écrasante à Iéna et Auerstaedt.

Frédéric-Guillaume, fuyant de ville en ville, écrit à « son féal amé Joseph » pour lui demander de former une milice capable de protéger Varsovie. Le prince accepte, à tort car il n’aura aucune prise sur les évènements…les avant-gardes françaises sont accueillies dans la capitale polonaise par une foule en délire. Murat caracole à leur tête. Il écrit à son maître…. « Je ne puis mieux vous rendre compte de ce qui s’est passé qu’en priant Votre Majesté de se reporter au jour où elle fit son entrée à Milan ».

Murat et Poniatowski sympathisent dès le premier contact….brillants cavaliers tous les deux, ils ont besoin l’un de l’autre, le prince pour prédisposer le beau-frère de l’empereur en faveur de son pays, l’ancien volontaire de 92 parce qu’il se verrait volontiers roi de Pologne….il dépeint son interlocuteur comme « homme raisonnable, injustement soupçonné de favoriser la Prusse ou la Russie, un bon Polonais en un mot ».
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Jean-Baptiste Guindey, 1785-1813
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MessageSujet: Re: Joseph Poniatowski Général Polonais Maréchal de l'Empire....   Ven 10 Déc - 17:39

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Joseph Poniatowski... Général Polonais Maréchal de l'Empire...!

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Le neveu de Stanislas-Auguste semble alors se réveiller d’un long sommeil. Au futur roi de Naples il expose des vues parfaitement sensées sur le fond des choses… « On ne peut attendre une participation générale des Polonais à la guerre contre les Russes et les Prussiens sans une garantie qui prendrait la forme d’une déclaration publique de Napoléon quant au rétablissement de la Pologne ». C’est précisément ce qu’avait demandé Kosciuszko.

L’empereur, qui accourait de Berlin en triomphateur, n’est pas disposé à entendre ce langage. Le maréchal Davout, vainqueur d’Auerstaedt, caractère spartiate, considère non sans méfiance ce rejeton d’une monarchie décadente, contre lequel les militaires des légions le mettent en garde. Quant à Napoléon, il écrit à Murat qu’il tient pour « une tête légère »…. « Les Polonais qui montrent tant de circonspection et demandent tant de garanties sont des égoïstes que l’amour de la patrie n’enflamme pas. Je suis vieux dans la connaissance des hommes. Ma grandeur n’est pas fondée sur le secours de quelques milliers de Polonais. C’est à eux de profiter avec enthousiasme de la circonstance actuelle, ce n’est pas à moi de faire le premier pas. Je connais Poniatowski mieux que vous parce que je suis depuis dix ans les affaires de Pologne. Il jouit de peu de considération à Varsovie. Faites-lui sentir que je ne viens pas mendier un trône pour les miens. Je ne manque pas de trônes à donner à ma famille ».

Kosciuszko s’étant dérobé aux instances françaises, l’empereur songe à charger Dombrowski de lever une armée polonaise. C’est alors que Poniatowski est reçu par Napoléon. Moment décisif dans la vie du prince. Il parle à cœur ouvert….. « La Pologne se souvient des paroles que vous avez dites dès 1796 au brave Sulkowski…Nous avions tant d’espérances alors, mais après la paix de Presbourg, ces espérances ont dû nous abandonner. Certaines garanties sont indispensables. La position des Polonais est pleine de difficultés. Moi-même, Sire, ne suis-je pas porté sur les cadres comme général russe, autrichien et prussien ? Il faut nous constituer une nation, militairement et civiquement sur la base de la constitution de 1790….Faites un royaume de Pologne. Nommez-y quelqu’un de votre famille. »

L’empereur écoute et ne s’engage pas sur le fond, car l’affaire polonaise est au cœur de ses relations avec l’Autriche et la Russie….il veut garder ce fer au feu. A l’égard du prince, sa méfiance ne se dissipera que progressivement lorsqu’il le verra à l’œuvre. Il accepte cependant de le nommer à titre provisoire directeur des affaires militaires au sein de la commission chargée du gouvernement des provinces libérées, avec pour mission de mettre sur pied un corps auxiliaire de quarante mille hommes.

Napoléon, livre à Eylau…en Prusse orientale…une bataille sanglante et indécise (février 1807). L’espoir renaît chez les Russes et les Prussiens. Joseph est à nouveau approché par les uns et les autres. L’empereur des Français en est informé. Il s’est installé au château de Finkenstein dès les premiers jours d’avril et y déploie une activité prodigieuse. Les courriers partent dans toutes les directions sur de mauvais chemins. Madame Walewska est là, jetée dans les bras de Napoléon par la noblesse de Varsovie.
L’empereur, au milieu de mille soucis, ne perd pas de vue la question toujours pendante du poste de directeur de la guerre. Il penche décidément pour Dombrowski. C’est Talleyrand qui le convainc de confirmer le prince Joseph dans ses fonctions. Les deux hommes sont du même monde.

En Juin 1807, c’est l’éclatante victoire de Friedland, l’entrevue de Tilsitt, la création du Grand-Duché de Varsovie…prélevé sur la Prusse….sous l’égide du roi de Saxe Frédéric-Auguste. Poniatowski est nommé ministre de la Guerre et commandant en chef de la force armée du nouvel Etat, comme ensuite, semble-t-il, à un accord secret entre les deux empereurs. Un nouveau chapitre commence.

Pendant deux ans, le prince Joseph va consacrer toute son énergie à reconstituer une armée polonaise suivant les critères français. Il se heurte à mille difficultés…la pénurie de cadres, les prétentions des uns et des autres, la pauvreté du pays, les différences de traditions, ses rapports avec Davout à qui Napoléon a donné des pouvoirs pro-consulaires, les imprudences de son propre entourage….Mme de Vauban entretient une correspondance avec Vienne qui a été interceptée.

Cependant sa franchise, sa loyauté, son activité contribuent à dissiper les préventions de l’empereur. Douze régiments d’infanterie et six de cavalerie sont formés avec l’artillerie correspondante. Mais, le trésor du Grand-duché étant vide, Napoléon prend à sa solde l’élite de ces unités et incorpore notamment à sa garde le beau régiment de chevau-légers qui chargera, sous ses yeux, à Somo-Sierra et lui ouvrira la route de Madrid.

Finalement c’est un peu moins de dix-sept milles hommes instruits qui restent alors disponibles en Pologne.

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MessageSujet: Re: Joseph Poniatowski Général Polonais Maréchal de l'Empire....   Sam 11 Déc - 19:13

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Joseph Poniatowski... Général Polonais Maréchal de l'Empire...!

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Le nonchalant gentilhomme de naguère a changé du tout au tout, il organise, affirme son autorité, rétablit la discipline mais reste le père de ses soldats, soucieux des moindres détails. « Coiffé de sa chapska surmonté d’une aigrette blanche, écrit l’un de ses officiers, il avait coutume, à la fin des revues de mettre pied à terre pour passer entre les rangs et interroger familièrement le troupier sur sa nourriture, sa solde et la façon dont le traitent ses supérieurs. Puis il prenait deux grognards à son bras et les emmenait dîner chez lui ».

Poniatowski a compris que dans la partie encore incertaine qui se joue à l’est, le seul atout de la Pologne et son armée.

En Avril 1809, l’Autriche refusant la création de la Confédération du Rhin et surtout encouragée par les évènements d’Espagne, reprend les armes et envahit le duché. Le général en chef polonais livre bataille à Raszyn, toujours au premier rang des combattants, face à ses anciens compagnons d’armes de l’armée impériale. Il parvient à les bloquer un instant mais l’ennemi, beaucoup plus nombreux, le déborde. Le prince doit évacuer Varsovie. Il surprend à son tour l’adversaire en prenant l’offensive en Galicie occidentale, d’obédience autrichienne. Opération périlleuse….Les Russes, malgré les accords d’Erfurt (1808), jouent double jeu. Ils s’efforcent d’entraver les mouvements des Polonais et d’occuper le terrain à leur seul profit.

Après Wagram, un armistice est signé. Poniatowski va de l’avant et fait son entrée à Cracovie, ancienne capitale de la Pologne, prenant de vitesse les soldats du Tsar. Moment exaltant entre tous et qui restera dans l’imagerie populaire comme l’apothéose du prince.

Une députation galicienne supplie Napoléon d’incorporer la province libérée du Grand-duché. L’empereur ne se prononce pas. A Erfurt, au cours d’entretiens si peu bénéfiques pour Napoléon, malgré « le parterre de rois », celui-ci avait pu constater l’insistance d’Alexandre à obtenir l’engagement de contenir les ambitions polonaises. Le souverain français fait traîner les choses en longueur. Puisqu’on lui refuse la main d’une princesse russe, après le divorce d’avec Joséphine, il épousera Marie-Louise, comme s’il pouvait pour autant compter sur l’alliance autrichienne. Dès ce moment, Talleyrand le trahit à fond.

A Varsovie on juge maintenant inévitable le choc des deux empires d’Orient et d’Occident. Poniatowski prend connaissance d’une lettre du Tsar qui envisage de brusquer les choses et lui promet….une fois de plus….la lieutenance générale du royaume de Pologne réunifié, s’il rejoint la coalition toujours prête à renaître de ses cendres. Le prince en informe ses interlocuteurs…Napoléon ne prend pas la menace au sérieux.

En Août 1811, le chef de l’armée polonaise se rend à Paris….qu’il ne connaît pas, profitant des fêtes données en l’honneur de la naissance du roi de Rome. Il est longuement reçu par l’empereur…pour celui-ci, le voile se déchire. Ainsi Saint-Pétersbourg veut décidément la guerre. Soit. Que l’on se prépare à dicter la paix à Moscou. Cela prendra du temps et du monde, mais les instructions partent aussitôt pour les préfets, les arsenaux, les armées, les ambassades. Quand au prince, il est devenu une vedette parisienne. On le voit aux Tuileries, à Fontainebleau, au baptême du roi de Rome, dans le salon de Pauline Borghèse, qui n’est pas insensible à son allure chevaleresque. Talleyrand et Murat le comble d’égards.

Il est prié de retarder son départ pour assister à la réception du corps diplomatique au cours de laquelle l’empereur foudroie l’ambassadeur russe de ces singulières paroles….. « Dussent vos armées camper sur les hauteurs de Montmartre, jamais je n’abandonnerai un seul pouce du territoire du Grand-duché. »…. Le gant est jeté.

C’est un autre Poniatowski qui rentre à Varsovie….mûri, résolu, identifié plus que jamais à l’Alliance française. Il prend le commandement du cinquième corps de la Grande Armée, soit trente-six milles hommes, et entre en campagne le 4 juin 1812. Les généraux polonais suggèrent de se rabattre sur les provinces situées au sud-ouest de la Russie, les plus fertiles…ce conseil n’est pas suivi.

Une masse hétéroclite de cinq cent mille hommes, français…en minorité, polonais, croates, allemands, italiens, suisses, théâtre des premières escarmouches entre chevau-légers et cosaques. Bientôt Napoléon prie Poniatowski de remplacer Davout au commandement de l’aile droite, mais en même temps il lui reproche la lenteur de sa marche, après quoi il couvre de fleurs le corps polonais.



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MessageSujet: Re: Joseph Poniatowski Général Polonais Maréchal de l'Empire....   Dim 12 Déc - 17:58

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En fait le prince chevauche, toujours à l'avant garde, à Smolensk, à la Moskowa, avec son habituel mépris du danger. Il entre à Moscou parmi les premiers, n'y reste que deux jours et se lance à la poursuite de l'ennemi....il livre à Tcharikow un combat acharné et on le verra lui-même le sabre à la main conduire ses escadrons jusqu'à la tombée de la nuit.

Lorsque, à la mi-octobre, les Russes reprennent l'offensive, ce sont encore les Polonais qui, avec Ney, couvrent la retraite en bon ordre. Ils supportent mieux le froid que les soldats des autres nationalités mais les pertes sont terribles. Leur chef est de retour à Varsovie dans la première quinzaine de décembre avec une poignée d'hommes. Trois jours auparavant Napoléon y est passé, quasi-incognito, accompagné du seul Caulincourt.

Le désastre de Russie est pour le duché une catastrophe militaire et politique qui boulverse fondamentalement la perspective d'avenir...l'Europe coalisé contre Alexandre va basculer contre Napoléon. De toutes parts les pressions s'exercent sur Poniatowski pour qu'il réponde aux avances du Tsar. Le Corps auxilière autrichien, chargé de la protection du Grand-Duché, aux termes des accords passés avec la France, fait savoir qu'il n'envisage pas de contenir les Russes. Le prince Joseph se replie sur Cracovie avec quatorze mille hommes et vingt canons, décidé à se frayer un chemin vers les positions françaises en Saxe, c'est à dire à quitter le sol polonais.

A un émissaire de la commission gouvernementale qui lui reproche de se perdre, et de perdre le pays avec lui, il répond " Voyez-vous ce pistolet. Cette nuit, par deux fois j'ai été sur le point de me brûler la cervelle pour sortir enfin du doute. Maintenant ma détermination est prise....je n'abandonnerai pas Napoléon". Malgré tous les efforts des Autrichiens, théoriquement neutres, pour retarder sa marche, il rejoint l'empereur à Dresde....heureuse surprise pour celui-ci qui ne comptait plus sur l'allié polonais. Il vient de perdre Duroc et Bessières au cours des récents combats victorieux de Lützen et de Bautzen.

Ce sont les derniers jours de répit pour les hommes de Poniatowski. L'autriche de Metternich jette le masque. Schwarzenberg prend le commandement suprême des armées alliées, y compris des Suédois de Bernadotte. le corps polonais, coude à coude avec la ligne française, recule pas à pas sous les murs de Leipzig....Le cercle de fer se referme. " La Bataille des nations" s'engage...trois cent mille coalisés, cent cinquante mille hommes du côté français dont beaucoup de "Marie-Louise". Les vieilles troupes sont restées en Espagne ou ont péri en Russie.

Le 12 octobre le prince est légèrment blessé en chargeant à la tête de ses lanciers. Le 15, Napoléon annonce lui-même à l'armée que Poniatowski "couvert de gloire" est fait maréchal. Les chefs de corps viennent féliciter le premier étranger promu à cette dignité. Le 18, ce qui reste de Polonais fait face à des masses prussiennes. Les Saxons passent à l'ennemi. Il faut battre en retraite sous une grêle de boulets. Le 19, les sapeurs français font sauter prématurément un pont sur la Pleiss.

Le prince Joseph, coupé de l'armée, ainsi que deux autres maréchaux, est à nouveau blessé. Ses officiers le supplient de se rendre. Il leur répond....."Mourons en braves !" et se jette à cheval dans les eaux de la Pleiss. Le courant l'entraîne. Un jeune officier français, qui lui est attaché, le capitaine de Bléchamp, l'aide à remonter sur la rive opposée. Facilement reconnaissable à son uniforme, le cavalier à bout de force est la cible de tirailleurs ennemis. Les voyant accourir, il se précipite dans l'Elster qui l'engloutit.

" Le vrai roi de Pologne, c"était Poniatowski, écrira Napoléon à Sainte-Hélène. Il en réunissait tous les titres. Il en avait tous les talents. Et il s'est tu."

....FIN...

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