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 Les unités militaires lituaniennes

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MessageSujet: Les unités militaires lituaniennes   Lun 31 Mar - 5:28

La formation des unités militaires lituaniennes (synthèse)

A la suite des trois partages de la Pologne-Lituanie (1772, 1793 et 1795), des milliers de Polonais et de Lituaniens se sont enfuis vers la France qui avait été pratiquement le seul Etat à s’opposer à cette partition. Napoléon s’est rapidement rendu compte du potentiel qu’ils offraient et c’est ainsi qu’il autorise la création de la Légion Polonaise, commandée par le général Jan Henryk Dąbrowski, intégrée à l’armée de la République de Lombardie. Mais il n’existe aucun chiffre sur le nombre exact de Lituaniens qui ont servi Napoléon pendant ses 18 années de règne, Lituaniens et Polonais étant affectés aux mêmes unités sans distinction.

Après l’instauration d’un Duché de Varsovie suite au traité de Tilsit en Juillet 1807, et bien que certains aient regretté que Napoléon n’ait pas libéré la Lituanie, des milliers de Lituaniens se sont précipités pour s’engager dans les rangs de ce Duché. Des nobles lituaniens de premier plan ont même commandé des unités du Duché de Varsovie et tous ces hommes se sont favorablement distingués lors de la campagne d’Autriche de 1809 contre les forces austro-russes.

Dès l’entrée de Napoléon à Vilnius, les habitants décidèrent de créer une Garde d’Honneur de Vilnius, pour ne pas être en reste vis-à-vis des Polonais qui avaient mis sur pied la garde d’honneur de Poznań à la création du duché de Varsovie. Formée de jeunes gens des plus nobles familles lituaniennes et d’étudiants de l’Université de Vilnius qui avaient abandonné leur études pour aider à la libération de leur pays, son commandement a été confié au colonel prince Gabriel Oginski (Gabrielius Oginskis 1783-1842), qui s’illustrera par la suite lors de la révolte de 1831 en conduisant les insurgés du district de Trakai (tiens, mais c'est "moi"!).

Le 1er Juillet, Napoléon décide de la création d’une Garde Nationale de Vilnius, composée de deux bataillons d’Infanterie de chacun 6 compagnies, totalisant 1 450 hommes, chargée de protéger les propriétés publiques et privées, ainsi que de surveiller les objectifs militaires et les prisons. Il crée également un Régiment de Gendarmerie par département , chargé d’aider les autorités françaises dans l’arrestation des déserteurs et des maraudeurs, afin de sécuriser les arrières.

Le 5 Juillet, Napoléon crée enfin une armée lituanienne constituée (en théorie) de 5 Régiments d’infanterie (10 000 hommes) et de 4 Régiments de cavalerie (4 000 hommes). Le recrutement fut difficile en raison du manque d’hommes, de ravitaillement et de chevaux, déjà réduits par les levées des Russes. Ni les autorités françaises, ni la Commission militaire lituanienne n’ayant d’argent, on nomme les nobles les plus fortunés comme officiers supérieurs, charge à eux de participer aux frais d’équipement et de personnels. Les colonels commandant les régiments sont nommés le 13 Juillet. La comtesse Sophie de Tyzenhausen raconte : « Mon frère fut nommé colonel d’emblée {…} Mon autre frère forma à ses frais une compagnie d’artilleurs à cheval ; on lui fournit seulement les canons ». Mais les apports des uns et des autres restent modestes. Napoléon lui-même ironise : « J’ai reçu un grand renfort de la Lituanie. Oginski est arrivé avec trois hommes de la garde d’honneur » ! (C'est toujours de "moi" dont il s'agit!) Il était toutefois espéré que ces unités puissent être opérationnelles à la mi-Novembre 1812.

Afin de s’attirer les faveurs de l’Empereur, le Gouvernement provisoire décrète de former des unités auxiliaires supplémentaires. C’est ainsi qu’est décidé en Aout la création de six bataillons de Chasseurs à Pied, à 6 compagnies de 130 hommes chacune. En Novembre, ce sont deux Régiments d’Infanterie Légère, à 3 bataillons chacun, qui doivent être formés. Les nobles sont également autorisés à mettre sur pied leurs propres unités, à leurs frais.

Napoléon s’occupe personnellement de la création du 3ème Régiment de chevau-légers – lanciers de la Garde, dont les cavaliers devaient avoir une certaine taille, leurs chevaux répondre à des normes particulières et leurs uniformes être impeccables pour ne pas jurer avec les autres régiments de ce corps. Comme par enchantement, de l’argent est débloqué et tout est trouvé ! Un escadron de cavaliers tatars, descendants de ces Tatars venus du temps du Grand-duc Vytautas, habillés et équipés à l’orientale, est rattaché à ce régiment de prestige.

Enfin, le 24 Aout 1812, Napoléon autorisa la création d’un Régiment de Tatars lituaniens. Ses membres étaient les descendants de familles tatares ramenées en Lituanie par le Grand-duc Vytautas, notamment pour lui servir de garde rapprochée à Trakai. L’Empereur confia l’unité à Mustafa Musa Achmatowicz. Mais, à la vérité, l’unité ne dépassa jamais la taille d‘une compagnie et les Tatars furent rattachés au 3ème Régiment de lanciers lituaniens de la Garde pour servir d’éclaireurs.
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Davin

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MessageSujet: Les tartares lithuaniens (complément)   Sam 26 Avr - 9:22

Un petit complément sur cette unité peu connue sunny
bonne study

UN PEU D' HISTOIRE

C 'est aux 14e et 15e siècles que des tribus musulmanes tartares ( ou Tatars) venues du fond de la Crimée vinrent s' installer en Lithuanie: un Grand Duché qui occupait alors outre le pays actuel, ( la Lituanie "sans h" ) une grande partie de l' Ukraine , de la Biélorussie et de la Pologne actuelles.
Ils forment alors de petites communautés villageoises, restant organisés en 4 grands clans.

En 1385, le Grand Duc s' étant converti au christianisme catholique, le royaume de Pologne et la Lithuanie s' unissent sous la bannière de la dynastie des Jagellon.
Durant 3 siècles, cette confédération lithuano-polonaise aura à lutter à la fois contre les Russes et contre des princes Allemands ou les Suédois.

Pendant tout ce temps, les descendants des tartares, ces excellents cavaliers, qui avaient adopté leur nouvelle patrie en parlant le polonais ou le russe, mais n' avaient pas renié leur religion, avaient obtenu outre la liberté de culte, de participer à la défense du territoire contre remise d' impôts. Chose qui avait été particulièrement appréciée.
Beaucoup, avaient même acquis des titres de noblesse polonais: partie par équivalence avec leurs anciens titres "Tartares" ( note 1)

La Russie annexe l' Ukraine et la Biélorussie au début du 18e siècle, puis à partir de 1772, la Pologne et la Lithuanie sont démembrées 3 fois au profit de leurs puissants voisins: Russie, Prusse et Autriche.
Lorsque la Lithuanie et une partie de la Pologne passent donc sous contrôle russe , ceux ci ne changeant pas de bonnes habitudes, y lèvent des troupes autochtones dont un régiment de cavalerie tartare.

En 1807, quand se reconstitue, sous l' influence française, la Pologne, sous la forme du Grand Duché de Varsovie, la Lithuanie fait toujours partie de l' Empire Russe.
Idem en 1809, quand le Grand Duché de Varsovie s' agrandit de la Galicie autrichienne.

Des tartares " polonais" servaient dans l' Armée du Duché de Varsovie en rangs dispersés et c' est dans l' esprit de certains officiers que naquit l' idée de former une unité spécifique en enrôlant leurs cousins de Lithuanie profitant de l' invasion française.


L' INTERVENTION FRANCAISE 1812-1814

23 Juin 1812, la Grande Armée passe le Niemen
1er Juillet 1812, elle s' empare de Vilnius ( Vilna) capitale de la province russe de Lithuanie.

L' Empereur persuadé que cette partie de l' Empire russe fraichement annexée fera facilement sécession décide alors de la recréation théorique d' un Grand Duché de Lithuanie incluant les anciennes frontières historiques et de la formation d' une armée nationale qui se met " à la suite" de l' Armée du Grand Duché de Varsovie. Dans les faits, l' enthousiasme de la population n' est pas énorme.

Le 2 Août, un appel est lancé à la levée d' une unité de cavalerie Tartare.
Le 24 Août le général Hogendorp, gouverneur militaire de la Lithuanie, nomme les premiers officiers.
L' unité est mise sous le commandement de Mustafa Murza Achmatowicz,, qui paye de sa cassette personnelle pour équiper ses hommes, un seul escadron peut être organisé..( Note 2)

Il compte alors un major,4 capitaines , 7 lieutenants ou sous lieutenants et 110 hommes
Il est mis à la suite du 3e régiment de Chevau- leger de la Garde, lui même d' origine lithuanienne et commandé par Konopka.

Tandis qu' une grande partie du 3e Chevau leger lanciers est détruit le 19 Octobre à Slonim,
le reste du régiment et les tartares en formation sont à Varsovie
A la fin de l' année 1812, il ne reste plus qu' une poignée de tartares: les autres ayant succombés sur la fin de la Retraite de Russie en défendant Vilna de l' avancée russe. ( du 10 au 12 Décembre où périt une grande partie de l' unité dont Achamtowitcz) ;
Retour à Varsovie en retraite
Le 13 Février 1813 on les retrouve à Kalisch....

En Fin février, 1813, les débris de l' unité sont avec ceux du 3e Chevau- leger lanciers de la Garde à Posen et Bessière décide de les amalgamer , au grand déplaisir des Tartares.

Le 22 mars 1813, il est décidé de les verser à la suite du 1er Chevau leger lanciers de la Garde.
L' opération s' effectue seulement vers le 11 Avril.
Nos tartares forment une famélique 15e compagnie avec a sa tête le capitaine: Sultan Samuel Murza Ulan , et les sous lieutenants Ibrahim et Hassan Alny.
Le capitaine part désespérément dans les dépôts de prisonniers à la recherche de compatriotes voire de tartares russes pour étoffer son unité.
Le lieutenant Lubanski commande alors provisoirement l' unité. Et il doit essayer de la rééquiper
Il ne restait plus alors sur le front que 1 officier et 46 sous officiers et cavaliers ! Ils sont à Lutzen.

Au 20 Juin 1813, il n' y a plus que 2 officiers et 29 hommes !
C 'est le 24 Juin que le capitaine rejoint le dépôt des chevau -léger lanciers polonais à Freyberg ramenant avec lui 24 recrues non équipées.....
C 'est cette petite cinquantaine d' hommes qui suit les combats du 1er chevau- leger lanciers polonais de la Garde: Dresde en Août , Hanau.
A Chantilly qu' on les retrouve avec les Polonais à la fin 1813

Décembre 1813, les Tartares lithuaniens sont versés dans le 3e Rgt d' Eclaireurs de la Garde.
Avec cette unité ils vont faire la campagne de France, coude à coude avec les polonais de la Garde:Bienne, Champaubert, Montmirail, Vauchamps .....Effectifs: moins d' une vingtaine en service actif.


Note 1 le nom d' origine turcophone de Mirza ou Murza signifie en fait "fils d Emir", tandis que le terme Ulhan ou oglan qui a d' ailleurs donné le nom à de nombreuses unités de lanciers de par le Monde signifie " chevalier" ou " noble"

Note 2 Achmatowicz servait dans l' Armée du Grand Duché de Varsovie avant de passer à la tête des tartares.
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