Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien

Association historique Premier et Second Empire (ouvert à tous les passionnés d'histoire napoléonienne)
 
AccueilSite APNFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 COURBET,Amédée,Anatole,Prosper. Vice-Amiral

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: COURBET,Amédée,Anatole,Prosper. Vice-Amiral   Ven 29 Jan - 11:11

Né à Abbeville le 26 juin 1827,mort à bord du Bayard le 11 juin 1885.

Il entre à l'école Polytechnique à l'âge de neuf ans.Secrétaire du Républicain Marrast en 1848,à la chute de Louis Philippe,il intègre la Royale à bord de "l'Océan", fasciné par les mers de Chine,le Pacifique et les côtes asiatiques.
En 1854 il part pour le proche Orient sur le brick "l'Olivier" puis pour la Crimée.
Lieutenant de vaisseau en 1856, il dresse les plans de la rade de Biarritz dans l'objectif de créer un port voulu par Napoléon III.
Il intègre ensuite l'école de canonnage et améliore les méthodes de tir d'artillerie à bord du Montebello et du Suffren. Le 22 octobre 1857 il est décoré de la légion d'honneur par Napoléon III.
En 1866 il est à l'état major de la division de cuirassés de la Manche.Parti aux Antilles en 1870 à bord de la Minerve il rentre en France et rédige un cours de tactique navale.Le 3 septembre Napoléon est fait prisonnier,annonçant sa fin de règne.
Après la démission de Thiers, Mac Mahon devient Président en 1873.Courbet est nommé capitaine de Vaisseau en 1874, il commande avec passion l'école de torpilles de Boyardville.
Chef d'état major de l'escadre de méditerranée,il est nommé gouverneur de la Nouvelle Calédonie où il mène à Nouméa des réformes administratives tout en développant l'agriculture en luttant efficacement contre les spéculations minières et foncières: rôle qu'il remplit admirablement mais qu'il quitte sans regret, sa vocation de marin prenant le dessus sur ces fonctions pour lesquelles il n'a aucune passion.
Il est nommé Contre-Amiral en 1880, Jules Ferry est président du conseil.
Considérant que la méditerranée n'est qu'un fossé dont les rives africaines doivent être l'extension naturelle des rives françaises, suivant les mots de Victor Hugo, Jules Ferry fit admettre qu'il était tout aussi naturel que cette expansion puisse se développer sur la Cochinchine et par extension au Tonkin où déjà la présence française, représenté par ce fameux corps expéditionnaire fort de dix mille hommes, va se renforcer de façon discrète.Après les assassinats de Francis Garnier dans les murs d'Hanoï et du commandant Rivière en 1883, il fallu faire admettre que la France était en lutte ouverte contre le vice roi Du Tonkin, comme de l'empereur d'Annam soutenus par la Chine.
En extrême Orient la marine ne disposait que de faibles moyens: quatre unités cuirassées : le Bayard, la Triomphante,la Galissonnière et l'Atalante, de croiseurs légers de second ordre et de plus vieillissant ou de canonnières hétérogènes: Volta, Duguay Trouin, d'Estaing, Chateaurenault, Villars, Aspic, Vipère, Saône, Perceval, Lynx .
C'est le contre amiral Courbet, alors inconnu, qui est nommé à la tête de l'escadre à laquelle on va adjoindre non pas une armée mais des renforts, encore que progressifs, qui s'avèreront insuffisants, façon inavouée que la guerre devenait réalité de fait.
Le 18 août 1883, arrivant à l'improviste devant Thuan-an (port de Hué) Courbet fait bombarder les forts, occupe l'imposante citadelle, et impose une paix immédiate.Le protectorat est ainsi réaffirmé sinon qu'imposé et par ricochet au Tonkin. Mais une paix signée n'a pas la même signification qu'en Europe: Pékin et Hué préparent la riposte ce que seul Courbet pressent en prenant les devants:
Le 16 décembre 1883, il occupe Song-Tay sur le fleuve rouge. Sur terre ou sur mer, peu lui importe: avec son canotier de paille orné du ruban noir de son vaisseau et sa vareuse de flanelle blanche il va contraindre la Chine à la signature du traité de Tien-Sin le 11 mai 1884, lui imposant un dédommagement de 250 millions.Bien entendu la chine se refusa à tout paiement de dettes.
Contre toute attente Courbet est remplacé un temps par le général Millot, conséquence probable de son désaccord avec Jules Ferry, puis rappelé à son poste après la rupture du traité par les chinois.Cette rupture conforte l'état de guerre, et bien des solutions furent envisagées pour la faire sans la déclarer.Courbet contraint et forcé envoya le contre amiral Lespès débarquer sur l'arsenal de Fou-Tchéou avec des moyens dérisoires accordés par le gouvernement.La preuve que Lespès échoua dans cette tentative: trop de navires, pas assez de troupes.Courbet attendait et espérait les ordres qui ne venaient pas: détruire l'arsenal avec seulement ses bâtiments et sortir de la rivière.Disposant de quatre croiseurs, de trois canonnières et deux torpilleurs,sans les cuirassés retenus plus bas que les passes à cause de leur tirant d'eau, Courbet mis sa marque sur le Volta qui pouvait remonter la rivière plus haut. L'ordre d'intervention fut enfin donné le 22 et dès l'aube du 23 août il attaqua.La flotte chinoise fut anéantie, deux de ses croiseurs furent coulés par les vedettes porte torpilles n° 45 et 46, les autres navires détruits au canon, l'arsenal bombardé, les batteries enlevées et transportées à bord des navires français. Descendant la rivière ceux-ci écrasèrent les batteries de la passe de Mengam, puis pulvérisèrent celles de la passe de Kempaî sur la rive droite, alors que les renforts chinois accouraient sans succès. Le 29 août 1883, la bataille navale était terminée au prix de dix tués parmi les français, trois mille côté chinois.Fou-Tchéou fut sans conteste une victoire militaire qui aurait du être complétée par l'occupation de Nankin.Courbet préférait et de loin attaquer au nord, mais pour cela il eut fallu les troupes que Jules Ferry, loin des réalités lui refusait, toujours hésitant à prendre des décisions,qui exigea même que Courbet ramenât ses forces sur Keelung (ou Chilung, près de Taipeh au nord de Formose) parce que c'était une autre façon d'obtenir des gages en faisant mains basses sur le charbon, ce dont les chinois se moquaient éperdument.Courbet d'ailleurs s'en doutait.C'était perdre la face, mais Courbet s'y résigna et enleva la ville sans coup férir le 1er octobre avec seulement deux mille hommes.Effectif insuffisant pour lancer des opérations intérieures. Courbet bloqua alors Formose tout au plus alors que Lespès essuyait un second échec dans sa tentative de débarquement devant Tamsoui, autre petit port de l'ile.
Pendant ce temps l'escadre chinoise sortie de Shangaï allait au devant de Courbet,qui, avisé à temps parti à sa rencontre et se lança contre elle: le 15 février 1885 la flotte chinoise était dispersée après avoir perdu une frégate et une corvette, coulés par les canots porte torpilles du Bayard.
Courbet qui ne pouvait frapper les armées chinoises au nord, faute de troupes, prit l'initiative de bloquer le port de Shangaï coupant ainsi le ravitaillement. Le 27 mars le général Négrier subissait un échec devant Lang-son. Courbet trois jours plus tard occupait les iles Pescadores qui commandent le détroit de Fou-Kien entre Formose et le continent.
Alors que le ministère Jules Ferry tombe le 30 mars 1885, la santé de Courbet décline.Le 23 juin suivant Courbet s'éteint à bord du Bayard, mort d'épuisement dit-on de façon pudique..de Diphtérie ou de Malaria..ou bien encore de cette maladie qui ne veut pas dire son nom.Pierre Loti (Propos D'exil) l'un des enseignes de Courbet écrira sur la fin tragique de l'Amiral qui fit pleurer les équipages, qui leur laissa le souvenir du chef intransigeant mais foncièrement humain qui se préoccupait avant tout d'économiser la vie de ses marins, en prêtant une attention particulière à ses blessés qu'il visitait régulièrement.Des lettres très vives que Courbet a rédigé à l'encontre de Jules Ferry ont été publiées.La paix fut signé à bord du Bayard, mais Courbet eu le temps d'exprimer ses vœux pour que ses biens soient légués à la société de sauvetage en mer des baies de Somme.
Le cimetière de Keelung où sont enterrés près de six cent marins est entretenu par la communauté française de l'ile de Taïwan.

" Il voulait voir tous ses blessés, même les plus humbles,leur serrer la main, et eux mourraient plus contents, plus réconfortés par sa visite" ( Pierre Loti.)
La Statue de L'amiral est érigée à Abbeville.

Bâtiments ayant porté son nom:
- Un cuirassé de 1er rang (1886/1909)
- Un navire de ligne (1913/1944) sabordé en Normandie face à Hermanville
(sword) le 9 mai 1944 pour servir de digue dans l'opération Gooseberry.
- un frégate mise en service en 1997, parrainée depuis le 9 mai 1999 par la ville d'Angers.
Revenir en haut Aller en bas
rémy Godbert
Modérateur
Modérateur
avatar

Nombre de messages : 816
Age : 66
Localisation : Fouilloy 80 Somme
Date d'inscription : 10/06/2007

MessageSujet: portrait de l'amiral Courbet et sa sépulture à Abbeville.   Ven 29 Jan - 12:32

Le sabre de l'amiral Courbet fut déposé dans la chapelle "Marine" de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
COURBET,Amédée,Anatole,Prosper. Vice-Amiral
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» COURBET,Amédée,Anatole,Prosper. Vice-Amiral
» ROSILY-MESROS (de) François, Etienne.Vice-Amiral
» DUMANOIR LE PELLEY,Vice Amiral.
» VILLENEUVE (de) Pierre,Charles,Jean-Baptiste.VICE-AMIRAL
» ALLEMAND Zacharie,Jacques,Théodore. Vice-Amiral

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum des Amis du Patrimoine Napoléonien :: BIOGRAPHIES :: - Salon Biographique des Deux Empires - :: Second Empire :: Les Militaires :: Les Gens de mer-
Sauter vers: