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 DECRES,Denis.Vice Amiral et ministre de la marine.

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MessageSujet: DECRES,Denis.Vice Amiral et ministre de la marine.   DECRES,Denis.Vice Amiral et ministre de la marine. Icon_minitimeMer 15 Juil - 11:52

Né à Chateau Villain (Haute Marne) le 18 juin 1761, mort par assassinat à Paris le 7 décembre 1820.
- Garde marine en 1779, navigue aux Antilles dans la flotte de l'Amiral De Grasse.
- Lieutenant de vaisseau en 1786, il fait campagne au nord des Amériques.
- Capitaine de vaisseau en 1793, il fait la campagne des Indes sous l'Amiral Saint félix.
- Détaché pour demander secours en France, il est arrêté à Lorient et destitué comme noble.
- Réintégré dans son grade en 1795, fait partie de l'escadre de Villeneuve qui va de Toulon à Brest, prend part à l'échec de l'expédition d'Irlande.
- Contre Amiral en 1798, affecté à l'armée navale d'Orient sous Brueys, est présent à Aboukir pendant la bataille et se réfugie à Malte.Il a été, comme Ganteaume et Villeneuve, de ceux qui ont soutenu Brueys dans ses mauvaises décisions qui ont abouti au désastre, non pas par conviction mais désir de plaire.Commandant le "Guillaume Tell" qui rapatrie des blessés depuis Malte il est attaqué par trois vaisseaux anglais et livre un beau combat face à un ennemi bien supérieur.Fait prisonnier,il est échangé puis rapatrié.Il reçoit du premier Consul un sabre d'Honneur en récompense de sa bravoure.
- Il est nommé préfet maritime de Lorient où il va se morfondre pendant quelques mois.Déjà ses conversations parmi les cercles parisiens mettent en avant le personnage qui a un profond désir de plaire, en bon coutisan qu'il est.Possédant les manières raffinées très aristocratiques de l'ancien régime, milieu dont il est issu,il garde néanmoins avec intelligence et à propos la rudesse de langage propre aux gens de mer.
- Quand Napoléon le rencontre en Egypte, il voit en lui un homme intelligent connaissant son métier.Forfait, alors ministre de la marine n'a plus dans sa fonction les qualités requises pour conserver ce poste.Pour reconstituer la flotte, et même s'il y a mis beaucoup de conviction, il ne s'est cependant employé qu'à la doter de petits bâtiments dans l'objectif d'envahir l'Angleterre, ce qui indispose les autres amiraux dont Decres qui ne voit en lui qu'un "ingénieur plus qu'un marin qui n'a jamais quitté le rivage et qui propose des conceptions navales aussi fausses que désastreuses" mais aussi de Napoléon dont il ne comprend pas les desseins.De plus doté d'un caractère entier et d'un esprit caustique, il indispose fortement son entourage.Son remplacement est inéluctable.Après avoir consulté Ganteaume, Napoléon nomme Decrès ministre de la marine alors qu'il est tout juste promu Vice Amiral,comme d'ailleurs Ganteaume et Villeneuve, les "Héros d'Aboukir" puis il renvoie Forfait pour le nommer conseiller d'état dans un rôle de technicien auquel il a toujours aspiré.
- Pour Decrès, prendre fonction comme ministre dans un palais place de la Concorde, c'est désormais se placer dans la puissance du pouvoir, et tout dans son physique rappelle celui de Napoléon qu'il prend pour modèle.Bonaparte, quand il ne se trompe pas dans le choix de ses collaborateurs est malgré tout souvent dans l'obligation de nommer des adjoints par contrainte en particulier dans la marine, faute de mieux.Concernant Decrès toutefois, il a avec lui quelques affinités. Mais il ne faut pas s'y tromper, il sait que le nouveau ministre n'est pas apprécié, et quelques propos rapportés montrent qu'il ne fait pas l'unanimité.
Madame de Rémusat disait de lui qu'il avait beaucoup d'esprit, mais qu'il était un flatteur inattendu.Thiers qu'il était homme de grand mérite, ne voyant jamais que le mauvais côté des choses,
et critique excellente des opérations d'autrui. Le capitaine de Vaisseau Leconte résumait aussi l'opinion des marins: homme de grand mérite, bon administrateur mais trop zélé courtisan, à la parole facile, élégante mais jetant à ses subordonnés des saillies grossières.Pour le général Thiébault c'était un bourru, incapable de ne pas dire des vérités, pour qui chacune de ses critiques était un éloge,chacun de ses reproches un compliment.
Bref, on ne l'aimait guère.L'empereur sera aussi partagé dans son appréciation, lui reconnaissant une administration rigoureuse, mais espérant aussi voir en lui celui qui remettrait à niveau l'état de " ma marine" et de ses approvisionnements.Propos sans appel plus tard dans le mémorial de Sainte Hélène quand il écrit:Il avait de l'esprit, et beaucoup,seulement pour la conversation.Il ne créait rien, exécutait mesquinement,marchait et ne voulait pas courir.Il eut du passer la moitié de son temps dans les ports ou sur les flottes d'exercice.J'en eusse tenu compte.mais le coutisan qu'il était craignait de s'éloigner de son portefeuille.Il me connaissait mal, il eut été bien mieux défendu là que dans une cour. Son éloignement aurait été son meilleur avocat.D 'après l'Amiral de la Gravière, Decrès ne s'entoure jamais que d'hommes médiocres,bien en dessous des tâches qui leur étaient confiées, par crainte de former des rivaux..Il ne croit pas plus en Napoléon qu'il ne croit en la marine, plein d'ironie pour ceux qui apportent des projets d'action navales: il souffle sur les enthousiasmes et décourage les ardeurs.Il estime aussi que la France ne peut rien contre l'Angleterre, que sa seule tactique consiste à enfermer ses navires dans les ports.Sceptique en tout
il exécute les ordres sans conviction"
Certains autres diront que Decrès a été bon ministre, un des seuls aussi à conserver son poste aussi longtemps ce qui est en soi une preuve de sa compétence.Et aussi de reconnaitre que la restauration et la monarchie recueilleront les fruits de son travail.C'est oublier que la marine ne devra son redressement que par la seule volonté de Napoléon, qui voit dans les colonies le seul moyen de conforter son économie.Cette volonté de faire de la marine un outil indispensable au rayonnement de l'Empire s'inscrit dans les moindres détails.Mais même les détails sont donnés par l'Empereur, alors qu'ils relèvent de la compétence du ministre, comme par exemple de constituer un corps homogène,donner au personnel des habitudes militaires, ne plus accepter que les officiers changent de poste à leur convenance et bien d'autres encore qui font que le corps de marine ne fait qu'attendre et se prépare, se forme et s'exerce très mal, attendant surtout que l'Empereur leur dicte une ligne de conduite qu'ils sont peu à entrevoir..
Certes, on peut mettre à l'actif de Decrès le bal magnifique qu'il organisa à son ministère, dont la façade illuminée fera l'admiration des parisiens, le 2 décembre, le jour du sacre.L'histoire ne dit pas que pour cette raison lui est conféré quelques jours plus tard la haute dignité de grand aigle de la légion d'honneur nouvellement crée,comme à Bruix,Ganteaume et Villaret Joyeuse...
à suivre..
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MessageSujet: Re: DECRES,Denis.Vice Amiral et ministre de la marine.   DECRES,Denis.Vice Amiral et ministre de la marine. Icon_minitimeJeu 16 Juil - 16:46

suite..
Après tout est ce que Decrès ne se complait pas dans son rôle de ministre, plus administrateur gérant de son ministère aux cabinets feutrés que chef suprême de la marine?serait-ce entièrement de sa faute s'il ne s'implique pas plus que cela dans la responsabilité de sa mission et presque toujours en désaccord avec ses amiraux? on peut se poser la question puisque Napoléon, omniprésent dans sa propension a être chef de guerre, ne lui laisse somme toute que peu de manoeuvre en la matière.Il est plus au courant que son ministre et sur tout.Par exemple quand il lui envoie un état des forces navales anglaises, le chargeant de vérifier.c'est donc admettre que son ministre n'en a aucune idée.Quand Napoléon connaît l'appareillage de Villeneuve, il s'adresse directement à Ganteaume pour le presser de partir.Et écrit parallèlement à Lauriston, parlant de Villeneuve "aidez et poussez l'amiral autant qu'il vous sera possible" alors qu'il demande à Villeneuve encore "partez et ne perdez aucun moment"
quand les échecs se succèdent c'est Decrès qui s'adresse alors à Napoléon pour lui dire" je deviens nuisible à la gloire de sa majesté...je me reproche de n'avoir pas persuadé votre majesté" Méa culpa,digne d'un grand courtisan,façon habile de rejeter les responsabilités sur d'autres en prenant sur soi l'origine de tous les malheurs.Comme il défendra ses amiraux, disant de Villeneuve,son camarade,par exemple "qu'il ne croit pas être un lâche, mais une tête perdue"ce qui n'est pas mieux.Ou encore dans l'affaire des brûlots où il laissera à un tribunal pour le moins incompétent le soin de juger des commandants de navire payants les errances de leurs chefs.En cas d'opposition du ministre avec ses amiraux, c'est Napoléon qui décide: dans l'affaire qui concerne la construction d'estacades à Toulon entre Emeriau et Allemand, c'est en core lui qui tranche le litige.Le 2 mars 1811 il écrit au ministre" vous recevrez un décret qui nomme le C.A.Emeriau au commandement de l'escadre de Toulon.Recommandez à celui-ci de maintenir la discipline,d'interdire toute communication avec la terre et d'appareiller pour prendre des frégates anglaises.Et à Decrès d'exécuter.Le 17 décembre 1813: Monsieur le Duc, faites sortir sur le champ de Brest le préfet maritime Bouvet, faites le remplacer par Cosmao, Troude, ou Violettte..il ne faut conserver que des hommes sur lesquels on puisse compter entièrement.Ou encore quand il sermonne sans détour Decrès,qui transmet des courriers de ses subordonnés sans avis sur la question à laquelle il répond: soyez donc ministre,en vrai ministre de la marine, cette turpitude de votre corps devrait s'arrêter à vous et ne point venir sous mes yeux! Quand il demande de fournir un corps de marine pour l'armée du Rhin,Decrès s'exécute mais aussitôt le verdict tombe "je ne dois pas vous dissimuler que ce contingent ne fait pas grand honneur à la marine,même si les officiers sont bons, sur mille hommes la moitié ne valent pas nos pontonniers.Envoyez nous de vrais marins.
Decrès se livre aussi à certaines confidences,aux dires du duc de Raguse qui les rapporte dans ses mémoires,au cours d'une conversation avec le ministre qui lui confie" Marmont,vous voila bien content d'être fait Maréchal.Vous voyez tout en beau.Voulez vous que moi..je vous dévoile l'avenir?l'Empereur est fou,tout à fait fou, et nous jettera tous,tant que nous sommes,cul par dessus tête, et tout cela finira par une catastrophe épouvantable"
Dont acte.Avec le recul,cette affirmation dévoile bien le fond de ses dispositions à servir Napoléon sans ardeur.On ne pouvait attendre de Decrès qu'un exécutant laborieux mais sans envergure.Mais Decrès a le beau rôle, se satisfaisant d'être le relais servile de Napoléon, simple intermédiaire se complaisant à un titre et une fonction de routine,lucrative au demeurant.Al'inverse ce sont les amiraux qui prennent les initiatives: Latouche Tréville qui édicte des règles d'habillement des équipages jusque là pour le moins hétéroclites, Bouvet qui exige que nul ne fut admis sans avoir à justifier de trois années de navigation.Et les exemples sont nombreux.Quant à Decrès il propose bien des dispositions à prendre comme celles qui consistent à installer des écoles à terre,mais la réplique de L'Empereur est immédiate:Monsieur le ministre,mettre une école de marine à terre,c'est comme si on mettait une école de cavalerie sur un vaisseau."Devant une gravure représentant la frégate "la Loire"au combat, Napoléon demande à Decrès " qui a livré ce combat?" "un fou rétorque l'Amiral, occupé à médire sur votre gouvernement et dont la place est à Charenton"
" un fou? j'aurais voulu qu'il y en en eut beaucoup dans ma flotte.Mais on pourra toujours évoquer l'impatience de Napoléon, pris et gagné par le temps, face à la lenteur administrative de Decrès à reconstruire une marine digne de ce nom, malgré une bonne volonté affichée qui n'était pas sans zones d'ombres.
Mis en congé, il restera fidèle à l'Empereur après son abdication, puis qu'aux cent jours il reprendra sa fonction de ministre.Mais en même temps, sûrement pressé par Fouché, il demandera à Napoléon de quitter la France à sa déchéance" rien ne s'oppose à son départ,l'intérêt de l'Etat et le sien exigent impérieusement qu'il parte sans délai"
A partir de là le règne de Louis XVIII sera le commencement d'une autre triste époque pour la marine, tout ce qui rappelle ou qui découle de l'organisation impériale sera aboli.Néanmoins la plupart des vaisseaux mis en chantier de 1804 à 1829 intègreront en 1830 la marine de Charles X.Napoléon dira à sa chûte " je n'ai assez point fait pour la marine" il en a fait plus que les régimes qui l'ont précédé ou suivi.Quant à Decrès ses fonctions honorifiques ont pris le pas sur ses fonctions stratégiques.Il était trop intelligent pour ne pas s'en apercevoir,barré qu'il était par un Empereur exigeant,lui laissant trop peu de marges de manoeuvre.Mais il était homme aussi à s'en satisfaire.
Decrès sera mis définitivement mis à la retraite à la seconde restauration.Son valet de chambre qui lui avait déjà dérobé son argent plaça sous son lit une bombe qui entraîna sa mort peu après.Il est enterré au cimetière du père Lachaise à Paris.Le "Guillaume Tell" est sculpté sur son impressionnant tombeau.

Nommé vice-amiral,il devient ministre de la marine de 1801 à 1815,et pair de France.
Chef de la 10ème cohorte en 1805,
Grand officier d'Empire en 1806,
Duc en 1813,
Chevalier de Saint Louis en 1814,
Son nom est inscrit pilier ouest de l'Arc de Triomphe.DECRES,Denis.Vice Amiral et ministre de la marine. Por0063_DECRES
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